13 juin 2008
la requête des vieilles dépravées

Ça fait longtemps que je ne t'ai pas fait le coup de la requête. C'est un de mes exercices préférés quand je manque d'inspiration. Ou quand mes collègues de boulot, ou plus précisément mes supérieurs hiérarchiques adorés, qui s'y entendent, se sont attachés à m'éprouver au cours de la journée. Il y a souvent un rapport de cause à effet.
L'exercice confirme toujours la nette prédominance des navigations à caractère sexuel ; il y a des fois où émergent quelques requêtes d'intérêt culturel. C'est pas chaque jour. Je m'autorise donc à les souligner.
Bon, ces petites séries ont plutôt tendance à m'amuser. En même temps, il faut que ça t'alerte sur les capacités dont sont dotés nos mouchards, il y a finalement peu, ou pas, de confidentialité avec les usages du Web. Et je trouve que ça fait peur. Quand je pense qu'on est là à chercher à nous offrir des sphères d'intimité avec les blogs, et voilà nos manies et petites perversités étalées au grand jour... La petite séquence ci-dessous, pour amusante qu'elle soit, en est une illustration.
Hier, tout a commencé à 0h12 avec cette requête so charming (je corrige les fautes d'orthographe, parce que je ne les supporte pas) : "branler des mecs à travers un trou dans le mur" hmmm ! bon, ben on va pas se coucher tout de suite alors...
Puis à 0h21, plus sérieux : "la vie de boudiafe". On peut filer sous la couette...
A 0h45 débarque un "BLOG BRANLE GAY". Et là, non seulement c'est plutôt sympa comme idée, enfin je parle pour moi, mais y'a comme une histoire qui commence. Parce que le gars, il reviendra avec la même requête à 0h51, à 8h43, puis le soir à 22h54 et 23h04.
Au tout petit matin, à 5h52, un fan de Wajdi, sans doute, débarque avec un "je jouis dans mes slips en cachette" (note qu'il vaut mieux que ce soit en cachette, enfin moi je dis ça...).
A 9h49, c'est le début des révisions du bac, avec "lorenzaccio explication" et à 10h26 la première pose de la matinée avec "pour branle ensemble".
La deuxième pose, c'est à 12h11, avec "recit de teub de copains". les révisions du bac m'avaient fait le même effet. Il faut dire que l'été 1982 avait été particulièrement chaud.
Tant de branlette méritaient bien, à 12h57, cet "éloge aux mains".
Le miracle, c'est que mon premier "prépuce" n'a débarqué qu'à 13h45 hier. Mais une fois dans la bergerie, il ne m'a plus lâché. Il est revenu à 13h54, 14h49, 15h22, 15h29, 16h04, 17h26, 17h34, 19h49, puis en rafale à 20h52, 20h56, 21h44 et 22h00. Dire que j'avais écris un jour que j'aimais mon prépuce... Mais la preuve est là : c'est le prépuce qui est dingue de moi !
Entre temps, à 14h24 et 14h55, c'est "entre2eaux" qui s'est rappelé à moi. Un pote, sans doute, salut à toi, qui que tu sois.
A 15h41, la lutte contre le coup de barre de l'après midi commence avec "branlette entre mecs". Je confirme, c'est efficace.
A 16h22, on commence à planifier ses "vacances naturistes". Pourquoi pas ?
Et à 16h29 commencent les premières introspections, avec "partagions la même chambre - frère". Et sa déclinaison incestueuse à 18h34, "branle entre frères", prévisible compte tenu des trois requêtes précédentes : "branlette massage" à 16h37, "raconte tes explois sexuels" à 17h01, et à 17h44, "je bande gay". (comme si il y avait une façon hétéro de bander, enfin bon...)
Nouvelle pause culturelle en access prime time avec à 18h58 "omayma khalil la chanteuse", puis un peu de politique à l'heure de l'apéro, comme à la bonne époque, avec à 19h26 "noyau de résistance".
Ce qui est impensable, à l'heure du coup d'envoi d'Autriche-Pologne, c'est ce "sites de vieilles dépravées" à 20h43, lancé là un peu comme une énigme...
Mon petit favori a débarqué à 22h08 ("mecs vestiaires nus"), suivi à 22h23 de son ingrédient naturel ("la vérité lune"). J'en profite pour te rappeler qu'elle n'est plus croissante que pour quelques jours, la lune, et qu'elle sera pleine le 18, mercredi.
La deuxième incursion féminine, un tout petit peu plus ragoûtante que la première, intervient à 22h27, avec un "femme nue sous l'eau" qui me rappelle mon petit balet sensoriel d'avant-hier au soir (oups, je m'étais juré de ne rien en dire !...)
Et puis à la nuit tombée, c'est la jeunesse qui se lâche, normal, on a tous connu ça : 23h13, "vive la branle", 23h30 "branlette entre ados", 23h40, "hommes se branlent devant webcam" et 23h42 "branle gay"
00:17 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : blog, homosexualité, bisexualité, branlette
05 juin 2008
Excusez-moi !

Il y avait un beau black mercredi soir dans ma ligne d'eau. Je l'y voyais pour la première fois. Jeune, belle gueule, rigolard, le corps sec et musclé, petit moule-burne serré gris clair, mais avec ça plutôt malhabile dans l'eau... Je l'ai dépassé plusieurs fois, l'effleurant sans intention. A un moment, nous retrouvant côte à côte en bout de ligne, il me dit : "c'est drôle, vous dites tout le temps pardon" ! Et voilà, que c'était reparti, merde, putain ! Je m'en étais même pas rendu compte. "Oui je sais, je lui réponds, on me le reproche bien assez. Mais vaut mieux ça que de donner des coups dans tous les sens sans rien dire à personne, non ?"
Donc c'est comme ça : je suis en trop. Jamais à la bonne place. Jamais au bon moment. Une espèce de bidule encombrant au milieu des jambes, la contrebasse dans un studio d'étudiant, le cheveu sur la soupe, l'éléphant dans un magasin de porcelaine, le chien dans le jeu de quilles, que sais-je ? C'est comme ça, j'arrive pas à me percevoir autrement.
Alors je m'excuse tout le temps. Et forcément, ça énerve. Et pour le coup, je n'ai pas besoin de passer des heures sur un divan pour savoir d'où ça me vient... Ah! sacrée maman, tu nous as peut-être pas si mal réussis, mon frère et moi, mais si tu avais pu te la garder pour toi, cette putain de saloperie de culpabilité à la con, toujours mal placée, cette gêne aussi idiote que permanente, je te jure, on t'en aurait pas voulu tant que ça !
Si je fais un peu de prospection dans mes souvenirs, je me suis toujours vu soit complètement transparent, invisible, un peu comme si ma
présence quelque part, parmi des amis, ne comptait pour rien, juste une truc comme ça, sans impact d'aucune sorte, dépourvu de sens, incapable de s'installer dans un champ de vision.
Soit totalement encombrant. A m'excuser à tout bout de champ.
L'invisibilité avait un mérite : elle alimentait des rêves érotiques dans mon enfance : je circulais parmi d'autres garçons. Parfois exhibitionniste, j'étais au milieu de tous les autres, mais seul moi me savais nu. D'autres fois en mateur acharné, j'avais la faculté de voir les autres nus grâce à des lunettes magiques. Il y avait surtout des garçons dans ces rêves-là, sauf une grande et mince fille noire, je ne saurais trop dire pourquoi. Mais bon, là n'est pas mon propos.
Encombrant ou invisible, en tout cas, j'ai toujours pensé que où que je fus, le mieux était de ne pas y être. Au pire ça ne changeait rien, au mieux ça soulageait.
Pourquoi suis-je ainsi incapable de me voir comme un élément de la scène, un personnage dont le rôle conditionne celui des autres ? Voire comme simplement quelqu'un qui compte ? Qui n'a pas besoin de s'excuser d'être là, mais juste de vivre là au milieu des autres. J'ai beaucoup compensé ces travers. Avec de l'action publique. Avec du militantisme, des convictions, avec de la prise de responsabilités. Il y a ainsi de nombreux contextes où je dissimule ce travers, où on ne le soupçonne même pas. C'est dans ces cas là que je me vis dans l'usurpation. Mais très régulièrement, il ressurgit. Et un beau black musclé dans une ligne d'eau, sans complexe, peut même s'en étonner ouvertement... Excusez-moi.
23:38 Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : homosexualité, amitié, gay, bi, bisexualité
16 mai 2008
Six mois de subvertion

Ce blog a six mois aujourd'hui.
C'est quoi, la durée de vie moyenne des blogs ? Et c'est à combien, leur âge de raison ? Quand est-on dans l'expérimentation ? Et quand dans la vitesse de croisière ? A quoi juger s'il joue un rôle ? Ou s'il n'en joue plus ? Pourquoi tu y trouves quelque chose, au point d'y revenir ? pourquoi d'autres s'échappent à toute jambe ? Est-ce important d'être lu ? Ou dérisoire ? Y a-t-il une utilité à tout ça ? Je crois que oui, mais de quelle ordre ?
Une fenêtre ? un lien ? Un zoom sur la vie ? Une façon d'être dans la parole, un acte de résistance ? La soumission à une mode ? Une compétition ? Une façon d'exister, de s'affirmer ? D'avoir un pied ailleurs que dans la vie ? Une fuite, en somme ? L'espérance d'un ailleurs ? Cette maison d'hôte avant l'heure, le contre-point en contre-jour ? Une anti-dote à l'habitude, une façon d'éviter les sorties de route ?
Ce blog a été ouvert dans l'anonymat total. J'y reviendrai. Je n'avais mis que deux de mes amis dans la confidence. Deux amis rencontrés eux même dans l'univers bloguesque, et donc déjà rompus, d'une certaine façon, à ma façon gentiment impudique d'exposer des bribes de ma vie. A cette "liberté de parole" que me jalouse - à tort - Manu, et qui était possible du fait même de cet anonymat.
Puis nous avons commencé à nous voir, à nous parler. Parfois à nous aimer. Désormais, tu me lis et fais partie de mon intimité. Tu es à la fois sujet et objet. Tu observais mes infidélités, tu les subis aujourd'hui. Tu t'amusais de mes petites perversités, de mes branlettes ou de mes touche-pipi improbables, voilà que tu pourrais aujourd'hui y voir de l'inconséquence ou de l'abandon.
Ton regard s'est subverti. Comment ma langue n'en serait-elle pas corrompue ?
Je me fais un devoir de rester dans cette "liberté d'écriture". Au risque de te choquer, ou de te lasser. C'est une façon pour moi de rester fidèle à l'intention originelle, d'éprouver ma capacité à lutter contre cette corruption-là.
C'est peu dire que ma vie a connu des chamboulements depuis le début de cette aventure. J'y ai gagné du détachement, la conviction de ce que le plus important à réussir dans sa vie, c'est sa vie (merci à toi de m'avoir donné cette clé). Et de ça, je reparlerai.
11:12 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : blog, amitié, homosexualité, bisexualité
15 mai 2008
vingt-quatre heures, parmi d'autres

A la demande générale - et en particulier de Manu et de Bougrenette (putain, faites chier !), et pour légitimer si besoin un travail en cours de Balmeyer - voici une vraie note, écrite sur du temps volé, au milieu du défilé de mes collègues, et de mes dossiers qui restent en plan.
J'aurais pu appeler ça séquence récente (s'ensuivront, la note ne le dit pas, une nuit épouvantable à ne pas trouver le sommeil, et la voiture retrouvée à la fourrière au petit matin... et dire que demain mon blog a six mois). Avant ça, va jeter un coup d'oeil ici : y'en a encore une qui fait à l'eau un joli festival.
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Zéro heure trente : "Quand on veut biberonner, faut s'en donner les moyens". C'est sur cette phrase gentilment énigmatique que je m'endors avec le sourire.
Sept heures trente: je dépose Igor à l'aéroport pour 15 jours de vacances à Vienne et Budapest.
Huit heure cinq : mon rendez-vous de huit heure cinq - apaisé.
Huit heure trente cinq: je rentre dans le tunnel.
(Commence une séquence noire où se suivent réunions internes, réunions externes, relectures diverses, parapheurs et tutti quanti, prises de bec juste comme il faut, rencontre avec des associations...)
(Oups ! avec quand même la publication d'une petite note alibi en milieu d'après-midi - parce que j'ai pas pu résister)
Vingt heures trente : sortie du tunnel. Finalement, ç'aurait pu être pire !
Vingt-et-une heure: nocturne naturiste à la piscine Roger Legall. J'avais besoin de nager, et à cette heure-ci y'avait plus que ça. Et puis j'aime, même si je n'y vais pas souvent -rapport au fait que j'habite loin et que j'ai un Igor qui m'attend à la maison.
Qu'en dire ? Qu'il y a bien des mecs qui "bandent bas" - je confirme -, et que ça leur rend bien service (c'était encore le cas hier soir d'un magnifique métis au corps effilé, avec qui il m'était arrivé juste une fois, il y a de cela deux ou trois ans, de me branler de concert). Que le gel-douche magique de ma copine Fiso, que j'expérimentais pour l'occasion, et son supposé effet Mr. Freeze, ne m'a pas du tout permis de contrôler ma bandaison, mais m'a au contraire provoqué un phénomène incontrôlable (tu parles d'une congélation ! Ça m'a rappelé la juvénile époque de mes éjaculations précoces), que j'ai bien et beaucoup nagé, dans des lignes pas trop encombrées - comme j'arrive peu à le faire ces derniers temps - sans me perdre dans d'inutiles batifolages (c'est l'avantage de s'être branlé avant, même malgré soi), qu'en sortant, un magnifique garçon chevelu et ébouriffé, Christophe, le visage jovial, un beau regard perçant, a eu du plaisir à se laisser regarder -et toucher-, qu'il m'a proposé de nous retrouver à la sortie, que j'ai sereinement décliné l'offre ayant d'autres projets pour la nuit, que mon dauphin palmé, Sylvain, arrivant sur ces entrefaites (de façon inattendue car il ne vient pas le mercredi en général), je lui ai laissé ma place sous la douche, les ai présentés l'un à l'autre, et que je ne sais pas ce qu'il est advenu de leur rencontre...
Vingt-deux heures cinquante: J'arrive chez Seiji, il me prépare des spaghettis à la carbonara, il a déjà mangé, il est triste : l'incertitude de son rendez-vous à la préfecture la semaine prochaine, sa carte bleue piratée, son dos qui ne le lâche pas, et, à mots couverts, des questions sur où mène notre relation. Je le rassure, mais ne peux pas tout sur tout. Je suis content d'être chez lui, sa tendresse a un côté perpétuel, qui moi me rassure.
Zéro heure trente: Est-ce la lune, ou les images emmagasinées à Roger Legall, je suis à fleur de peau en lui faisant l'amour. Mais cette fois je n'y mettrai que quatre étoiles, parce que je n'ai pas joui de sa main alors que j'étais à deux doigts.
12:29 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : homosexualité, gay, bi, bisexualité, naturisme, natation, nager
08 mai 2008
quand WajDi fait sa croisette

Lus cette nuit ces mots laissés sur ma messagerie instantanée :
"- bon j'espere ke tu vas faire un billet sur l'événement culturel de la semaine : le festival du court-metrage sur l'intimité qu'on cache.
Organisé en moins de trois jours... prends en de la graine vieux ! avec un budget de zéro...
et kan t'auras tourné un film sur l'histoire de toi et ton reuf dans la baignoire, j'te promets ke j'le sélectionne."
WajDi, je commence à sentir le scénar, pour mon "reuf" et moi. Mais je crois pas que je serais en mesure de tenir la caméra. Pour les cinéphiles, plutôt qe d'attendre, je leur recommande de passer ces jours-ci sur ton blog. Tu leur as choisi quelques courts-métrages de qualité. Enfin, j'ai vu que les deux premiers, et chacun dans son genre était puissant. Tu nous promets de nouveaux films toute cette semaine, dont deux pour la seule journée d'aujourd'hui. Je doute pas qu'il va y avoir du monde pour s'intéresser sous cet angle à "l'intimité qu'on cache".
Moi aussi, je fais dans le court, ces temps-ci. Mais ni dans le même genre, ni pour les mêmes raisons. Putain ! Le temps de rien ! Vivement la fin du mois...
01:44 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cannes, cinéma, courts-métrages, homosexualité, bisexualité, trioloisme
06 mai 2008
la porte de la salle de bain (suite)

Donc, j'en ai parlé. Ça doit être aussi un effet "blog". Et j'ai pu vérifier que ça n'avait jamais traumatisé que moi. J'avais entre 6 et 7 ans, lui entre 7 et 8, il avait refermé sous mon nez la porte de la salle de bain, avait revendiqué son droit à l'intimité, ou à simplement devenir grand, et j'étais resté seul avec ce manque, qui deviendrait une quête, où s'est peut-être nourrie mon attrait pour les hommes. J'en avais parlé là (voir le jour où la porte s'est fermée).
C'est ma mère que j'ai interrogée la première. Elle m'a confirmé qu'elle n'en avait gardé aucun souvenir. Elle s'est contentée de dire qu'on était vraiment très petits encore quand on prenait notre bain ensemble. Puis avant-hier, j'ai demandé à mon frère. Pareil. Effacé de son disque dur. Cet épisode n'a donc bien eu de sens que pour moi. Dans le secret.
Mais mon frère m'a par contre raconté une autre anecdote, qui n'est sans doute pas sans rapport.
Maman avait un collègue, prof d'EPS en collège. Il était venu un soir à la maison, accompagné de son fils, un poil plus âgé que nous. Il serait entré dans la salle de bain par inadvertance. Et nous voyant ensemble dans la baignoire, il se serait marré comme un tordu. Mon frère dit qu'il n'en ressentit pas de gêne, mais le seul fait qu'il s'en souvienne semble indiquer le contraire.
Sans doute, la honte qu'il avait ressenti n'était pas tant d'avoir été vu nu, mais d'avoir été vu plus enfant qu'il n'eut souhaité le paraître devant un grand ! En m'excluant de son bain, il franchissait un échelon d'âge. Dans mon esprit, il faisait de la nudité un graal, et donc très vite mon phantasme.
Et voilà comment j'arrive à me faire tout seul des petites séances de psychothérapie perso et pas chères à l'occasion de retrouvailles familiales...
00:05 Publié dans mon coming out | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : sexe, homosexualité, bisexualité, gay
27 avril 2008
mes ragnagnas

J'ai un bonne copine - une copine spéciale, plutôt - elle me racontait l'autre jour comment, avant un rencart important pour elle, programmé - pas de bol ! - juste le jour de ses dérèglements menstruels, elle avait utilisé un bloqueur de je sais pas quoi pour se les retarder et préserver jusqu'au bout la magie espérée de sa nuit.
J'aurais pu me dire : on a du bol, nous les hommes, on est opérationnel 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
Et pourtant. J'ai bien noté chez moi l'existence d'un cycle, assez précisément calqué sur celui de la lune.
A la lune croissante, je bande pour un oui pour un non. J'ai l'amour érectile. Plus la lune se fait grande, plus j'ai l'éjaculation abondante, puissante, facile. Une caresse d'un dos de la main, un simple souffle, peut m'envoyer au 7ème ciel. Même du volant de ma voiture. Puis à la lune décroissante, ma libido se met en RTT, j'ai l'érection laborieuse, il faut aller la chercher loin, renouveler sans cesse l'effet de surprise pour la tenir en éveil, sinon j'ai la bandaison qui se disperse. Et la jouissance qui joue à Colin-maillard.
Mardi dernier, Seiji m'a pris pour la première fois. Nous étions bien l'un et l'autre, l'un dans l'autre, à connaître cette fulgurance fusionnelle. A nous abandonner. Mais tout le temps où il était en moi, je n'ai pas réussi à jouir. Comme déconnecté de mon corps. Il nous a fallu passer d'un jeu à l'autre, nous surprendre longtemps, caresser son visage de mon sexe, nous glisser entre les jambes l'un de l'autre, puis nous empoigner ensemble, nous oublier pour que s'échappe la pression et revenir à notre écoute, longtemps, pour que j'y parvienne.
Cette observation m'est en fait assez personnelle. Je n'ai pas eu l'occasion d'en discuter avec d'autres mecs. Serait-ce incongru de demander à ceux qui lisent ce blog : et toi, tu fais comment avec tes ragnagnas ?
18:38 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, bi, bisexualité, sexualité, cycle menstruel
21 avril 2008
une semaine dans la vie d'un blog

Le nouvel outil statistique que j'ai installé sur mon blog il y a de celà quelques semaines, sur les conseils de Nicolas, commence à porter ses fruits. Il me permet de jouer un peu, à l'heure de la sieste avec mes visiteurs du vent.
Je lui ai demandé de me sortir les mots clés par lesquels on est arrivé jusqu'à mon blog ces derniers jours via les moteurs de recherche. Je suis plutôt pas mal instruit par ses résultats :
En sept jours (de samedi 0 h à samedi 0 h), 88 mots clés ont conduit jusqu'ici :
J'exclue d'enblée les quatre qui sont pipés, ceux de mes amis, ou connaissances (salut à eux), qui pour des raisons qui leur appartiennent préfèrent pour me rejoindre passer par google que par leurs favoris (seiji violoncelliste, entre2eaux, funde reivax, et oh entre deux eaux). A eux quatre, ces mots clés m'ont valu 76 visites.
Après, on rentre dans le vif du sujet.
Champion toutes catégories, avec ou sans accent, mais toujours sans article, le prépuce : 45 visites, sans compter, dans la même veine, les saloperie de circoncision, photo petite bite rasée cisrconcise, comment dérouler prépuce enfant, circoncis naturiste, branler circoncis, et même "blog des prépuces", comme si c'était un titre, ça, la mère de toutes les batailles : Oh!91, le père de tous les prépuces ! Si j'avais su provoquer ça en parlant un jour d'un petit détail anatomique anodin et des services qu'il me rendait. J'ai envie d'ajouter dans cette liste, le réservoir de Passy, même si pour le coup, là, ça fait un sacré prépuce !
Ensuite, on trouve - logique - la thématique de la masturbation, dans ses formulations les plus poétiques, du genre : technique de branle, blog branlette masculine, bonne branle entre vieux (pourtant...), branle aux vestiaires (alors là oui !), branle entre garçons, branle entre mecs, branle gay blog, branler circoncis (bis), je la branle, branlettes à deux (un truc que j'affectionne), branlettes douches (tout comme ça), comment branler un mec, plus précis : comment on fait pour branler un garçon (je t'épargne les fautes de syntaxe, c'est dingue, y'en a qui mettent un roman dans leur recherche google...), sauna branle première fois, vestiaire branler, et même pratiques onanistes, pour les plus raffinés.
Ensuite vient Lorenzaccio, commentaire de Lorenzaccio, de quoi parle lorenzaccio, lorenzaccio gérard philippe, preuve que ce blog est également un haut lieu de culture.
J'en veux pour preuve qu'on y trouve aussi Abou Nouasse ou Nouasse, et c'est pas donné à tout le monde de connaître ce grand poète arabe. C'est un résultat méritoire, d'ailleurs, parce que je n'en ai encore jamais parlé, ça ne reste qu'un projet. Mais la culture orientale ne s'arrête pas là, puisque dans la liste, on trouve Marcel Khalifé ya bahariyyeh et Omayma Khalil.
Budapest apparaît aussi une valeur sûre, dans le registre plan+tramway (moué), appartement gays ou gay friendly (quand même), ou plus cruement Budapest sexe.
Pour le reste, c'est un peu à l'avenant : mais avec une vraie place pour l'eau ou la nage : bain saunas, baise dans l'eau, laure manaudou troisième nageoire, nager nue en mer, piscine roger legall paris, savon dans douche de mec (ah ! le classique !)
Quelques sujets spécifique ont été décelés, ce qui me fait évidemment plaisir, parce qu'ils correspondent à de vrais centres d'intérêt pour moi : robert Davezies, gran Scala, déesse des eaux, c koi l'ambition, crâne de hottentot.
Enfin, des coups d'épé, parfois limite dégueu, parfois incompréhensibles, parfois pleins de poésie. D'ailleurs : yeux noisette, trois mois, texte cicatrice, tatouage d'ailes, sof° infidélité (M., fais gaffe à ta copine), sarkosiland, qui aime avoir le pubis homme rasé, premier sauna sperme récit, parole d'une courte scène entre deux hommes, je voudrais qu'on me prenne par derrière (moi aussi, tiens, mais je passe rarement par google pour ça), je t'aime avec un grand a blog (oui, Patrick, j'oublie pas, je rame, c'est tout !), etre deux (d'ailleurs, tu vois !...), coin chaud entre les jambes, blogs naturistes, blog sauna hétéro, et, last but not least : papy baise mami.
Moralité, heureusement qu'il y a des visiteurs réguliers pour réhausser le niveau, parce que les surfeurs de hasard, c'est vraiment souvent raz des pâquerettes ! Je te dis merci ?
dernière minute
Avant de poster mon billet, je consulte les mots clés de ces toutes dernières heures. Je les cite aussi, malgré la triste désoltation la branlette du 4 à 8, parce qu'ils vont malgré tout me permettre de te renvoyer sur deux de mes billets parmi ceux que j'aime le plus :
Au milieu de mes habituels blog première au sauna (15h 11), plonger sexy (15h 21), plusieurs façons de se branler (16h 14), branle masturbation (16h 20), branlette manuelle (17h 21), branlette main (18h 54), PREPUCE (en majuscules pour de vrai, à 18h 54), branle entre voisins (19h 20), branlette douce (19h 46), je bande gay (20h 34), et aire de repos gay (21h 10) - comme quoi, on est vraiment en période de pleine lune ! - j'ai trouvé puybrun, qui renvoie à ça, et castelet pour marionettes, qui renvoie à ça.
21:54 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : sexe, homosexualité, bisexualité, gay, budapest, blog, moteurs de recherche
22 mars 2008
ma part d'usurpation
Je suis un usurpateur.
Je ne suis pas celui que l'on croit. Je n'ai pas les qualités que l'on me prête. Et ça fait vingt cinq ans que ça dure. Je n'ai ni talent, ni courage, ni culture. Je ne suis qu'un illusionniste : piètre corde à mon arc, même si elle m'a conduit loin.
Je joue des rôles, et je deviens les rôles que je joue. Je choisis un habit et je deviens le personnage. Seul moi sais encore qu'il s'agit d'une fiction. Le bon à l'école, pour plaire aux parents. Le bon en maths pour impressionner les copains. L'enfant enjoué, pour amuser la famille, le leader étudiant pour l'illusion du pouvoir, le bon en arabe pour épater la galerie, le praticien des relations internationales pour accéder au toit du monde, le bon en sport pour me glisser dans la grande arène de la république, l'organisateur, le modérateur, le synthétiseur, le manageur... Tous ces rôles, l'un après l'autre, je les ai endossés sans y croire, en m'efforçant d'y entrer au chausse-pied. Comment et pourquoi m'y a-t-on toujours vu à la hauteur ?
Il n'y a qu'un rôle que je n'ai pu jouer jusqu'au bout, parce qu'il m'enfermait trop loin des territoires où je devais aller, c'est celui de l'hétéro. L'homme marié promis à une belle progéniture, c'est la seule usurpation d'où je sois finalement sorti, c'était la plus insupportable, elle m'était trop douloureuse, je n'ai jamais réussi à m'y fondre, l'habit était trop grand, ou trop étroit pour moi.
J'aimais bien être le gendre idéal, une certaine socialisation qui allait avec, mais je me voyais trop comme l'usurpateur que j'étais pour m'y complaire vraiment. Et puis il y avait ce manque, si durement ressenti, si lancinant, la conviction grandissante, que "ça" ne passerait pas, que j'étais condamné à vivre avec, et qu'aucun miroir ne pourrait jamais me rassurer.
Je me suis arc-bouté comme un malade pour ne pas avoir d'enfant, tellement je me serais méprisé de les avoir pris en otage de mon mensonge
et de ma lâcheté. C'est ce que je regrette le plus : aujourd'hui où je suis tranquille avec moi-même, notamment avec ma sexualité, je m'imagine volontiers élever des mômes, une petite fille, un petit garçon, les deux, même, les voir grandir auprès d'Igor et de moi, auprès de leur mère aussi, comme beaucoup d'enfants de familles recomposées, inventer avec eux des formes d'harmonie qui leur permettent de se construire. Témoigner au jour le jour d'une vie non usurpée, transmettre des valeurs, affronter avec eux les plus dures aspérités de la vie pour leur apprendre à en déjouer les pièges.
Je suis convaincu aujourd'hui que c'était un possible. Un vrai possible. Un beau possible. J'envie ceux pour qui ça en reste un.
L'usurpation, je ne l'ai esquivée que cette fois-là, et putain : c'était juste celle où j'avais tort de le faire.
10:00 Publié dans mon coming out | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : homosexualité, coming out, gay, bi, bisexualité, homoparentalité
14 mars 2008
le tourbillon

Je vais bien. J'ai fait l'amour, hier. Une fois, deux fois, trois fois. A la piscine, dans un bref face-à-face torride et tactile, athlétique et musculeux, face contre face, bouche contre bouche. Il s'appelait Vincent, et puisqu'il m'a dit son nom, c'est qu'il n'y avait ni honte ni regret. Puis dans les bras de Seiji et leur incomparable tendresse, je l'ai retrouvé plus serein, il avait même envie de rire, je lui ai découvert ses traits d'humour. Parce qu'il sait que je suis là et qu'il peut compter sur moi. Son regard, sa peau et son accent me font vibrer. Puis dans des mots d'amour échangés sur le net, forts, envoûtants, recouverts de brassées d'étoiles.
C'était différent à chaque fois. Mais beau et unique à chaque fois. J'y puise une force incroyable.
J'ai fait l'amour avant-hier aussi, mais là, c'était autre chose, c'était un accomplissement, un pèlerinage, un rendez-vous avec moi-même, avec mon cercle. L'orgasme s'est produit, aussi intense que j'avais pu l'espérer, plus pur encore, sans éjaculation précoce ni de débandade inopinée, juste comme il fallait que ce fut. Là aussi, je crois qu'on a scellé quelque chose. Et là surtout, j'y puise de la force.
Et pourtant. Et pourtant, je m'épuise, je t'épuise, je m'entête, ça ne sert plus à rien, j'écris, j'aligne, je m'oblige, je déroule à n'en plus finir - avec ta complicité - le jeu de Laurent, et je te perds, et je me perds... Je n'ai plus de temps, pourtant. Ni pour te lire, ni pour m'ouvrir. Je m'obstine sans te donner les moyens de me suivre. Je me suis trop grisé. Je réalise que j'en ai même oublié de répondre à tes commentaires récents.
Ce billet du jour, auquel je m'applique, et qui me fait perdre le sens du plaisir, et celui des priorités. Normal que je te dilue ainsi.
Donc j'arrête là. J'arrête cette frénésie, je lève le pied, je m'adapte à mes capacités, à mes envies, et je retrouverai peut-être les tiennes. En tout cas, j'aurais ainsi le temps de revenir sur tes sentiers. J'en fais le serment.
00:25 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : blog, journal intime, homosexualité, bisexualité, amitié


