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11 décembre 2008

L'eau a besoin d'une gestion publique et démocratique

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144 communes de la Région parisienne se sont regroupées, depuis la Saint-Glin-Glin, pour gérer la distribution de l'eau potable à leurs concitoyens. Honorable disposition. Elles ont créé pour se faire un Syndicat intercommunal : le SEDIF, Syndicat des Eaux d'Ile-de-France.

Si tu habites une commune de la Région parisienne, il y a deux chances sur trois pour que tu boives, sans le savoir, de l'eau du SEDIF.

Depuis - tiens-toi bien - 1923, ce syndicat a fait le choix de déléguer à la Générale de Eaux, aujourd'hui Véolia, les services de l'eau.

Seulement voilà, cette gestion privée a des coûts faramineux et pèse lourd sur la facture d'eau, diverses études le prouvent. L'UFC Que-Choisir parle même de sur-profits de 90 millions d'euros par an.

Il se trouve que le contrat de cession de la gestion de l'eau à Véolia arrive à échéance en janvier 2011. Tu te dis : belle opportunité pour tout remettre sur la table, et pourquoi pas rendre à nouveau publique la gestion de l'eau. Tout comme la Ville de Paris a annoncé son intention de le faire.

Pour ça, il faudrait que la question soit débattue publiquement, que les quelques 4 millions de franciliens concernés aient leur mot à dire, que leurs maires leur donnent la parole, que les études soient rendues publiques, enfin, qu'il y ait un tout petit poil de démocratie dans cette affaire. On ne parle pas des croissants du matin, là. Mais de l'eau. D'un bien, précieux, fragile, soumis à des agressions et contaminations nombreuses liées à nos modes de vie. D'un bien pour lequel on est légitime à penser qu'avoir des comptes à rendre à des actionnaires, plutôt qu'à des usagers, n'est pas la meilleure des garanties possibles pour l'avenir.

sources_rubrik.jpgAlors voilà, je t'en parle aujourd'hui, parce que j'ai appris que le Conseil syndical du SEDIF, où siègent les maires, peut-être TON maire, se réunissait ce matin et s'apprêtait à voter la reconduction pour 10 ou 15 ans de la délégation de l'eau à Véolia. Dans la précipitation, sans débat, sans que tu n'en aies toi-même rien su, et malgré l'avis de cabinets d'étude commandités par le SEDIF lui-même ou plus récemment celui de la Commission consultative des services publics locaux.

L'auteur de ce déni de démocratie n'est ni plus ni moins que André SANTINI, président du SEDIF depuis vingt-cinq ans, mais aussi Maire d'Issy-les-Moulineaux, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, président du Comité de bassin Seine-Normandie, j'en passe et des meilleures.

Le 8 décembre dernier, plusieurs élus d'Ile de France ont lancé un appel pour réclamer un retour en régie publique de l'eau au SEDIF au cours d'une conférence de presse. Des associations et les représentants de communes, porteurs de plus de 700 signatures d'élus ont rappelé que l'eau était un bien commun de l'humanité.

A cette occasion, Danièle Mitterrand, a eu cette belle phrase : "l'eau est une parcelle de vie. Confier la vie au profit est une philosophie antinomique de l'humanisme".

Nouvel édit : on apprenait dans l'après-midi le résultat du vote. Sans surprise ? Au contraire, le vote laisse perplexe sur l'état de la démocratie (voir là)

11 janvier 2008

Quelle eau boira-t-on en région parisienne ?

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Est-ce qu'il t'arrive, quand tu portes un verre à tes lèvres, de t'interroger sur cette eau, si belle, si claire dans ce verre, si bonne en bouche, alors qu'elle sort à peine de ton robinet ? "C'est parce que tu n'as pas connu la guerre", aurait répondu ma grand-mère... Moi ça m'arrive, quelque fois, de m'interroger, et alors je suis toujours stupéfait qu'on n'en parle pas d'avantage, de l'eau. De sa gestion. De sa fabrication, de ses traitements, de son prix... (enfin si, moi, j'en ai déjà parlé ici)

Sous le titre La bataille du Sedif a commencé, Marc Laimé vient de publier un article qui devrait tous nous concerner (enfin au moins toi, si tu habites la région parisienne - sans faire mon Parigo - et si tu bois de l'eau - j'en profite pour te rappeler que, même dans le pastis, il y faut de l'eau ! Ca y est, là, tu te sens concerné ?...)

Il y parle du Syndicat des eaux d’lle-de-France (le Sedif) - présidé depuis 24 ans par M. André Santini, député-maire d’Issy-les-Moulineaux, actuel ministre de la Fonction publique, président du Comité de bassin Seine-Normandie (les a202fdc4749bc6abb8de1acddcae9664.jpgmauvaises langues prétendent qu'il ne cumule pas que les fonctions, cet homme-là, mais bien les primes qui vont avec) - qui regroupe pas moins de 144 communes de la région parisienne, et alimente en eau potable plus de 4 millions de Franciliens. (Pour savoir si ta ville en fait partie, tu as un lien )

Il y rappelle que le Sedif, donc, a confié sans discontinuer depuis 1923 à la Générale des Eaux (filiale de Veolia) la gestion de la production et de la distribution de l’eau potable. Sévèrement mis en cause depuis plusieurs années, notamment par l'UFC-Que Choisir, le mode de gestion du Sedif, qui conférerait des marges exceptionnelles au leader mondial de l’eau Veolia, pourrait évoluer à l’expiration de l’actuel contrat, le 31 décembre 2010. En coulisses tous les acteurs concernés retiennent leur souffle. Car des décisions doivent être prises dès le second semestre 2008. Demain matin, en somme. En as-tu entendu parler ?

Moi, ce silence me fait drôle. L'eau, c'est quand même vital, non ?

La bataille du Sedif, qui s'annonce rude, est donc à lire ici. Et c'est instructif.

Je ne sais pas si tu as l'intention de t'en mêler. Mais moi, je serais toi (ben oui, mon petit village de la grande couronne n'appartient pas au Sedif) je crois que je demanderais à mon futur maire ce qu'il compte faire.