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01 septembre 2008

en septembre, à tous les charmes laisse-toi prendre...

 

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Le décathlon tient une place à part. Il dépasse les autres disciplines de l'athlétisme parce qu'il les rassemble toutes. Héritier des travaux d'Hercule, il se déroule pourtant dans l'indifférence générale d'un stade tendu vers les seules stars du moment, et des médias qui ne savent traiter que du brillant et de l'éphémère.  On ne brille pas au décathlon comme sur une finale du 100m. On souffre simplement. Le javelot lancé, il faut se reconcentrer sur le saut en hauteur. Tu dois non seulement être complet, mais solide, te remobiliser, ne jamais exulter, ne jamais t'abattre, deux jours durant tenir tête, d'abord à toi même. Et ce n'est jamais le rêve de gloire qui peut te porter, mais juste des défis que tu te donnes parce que tu as quelque chose à te prouver. Rien d'étonnant à ce qu'il faille des Romains couillus pour y porter le fer...

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Romain Barras est le talentueux représentant français dans cette épreuve antique. Il a fini à la cinquième place à Pékin, battant neuf records personnels sur dix épreuves, alors qu'il n'osait même pas former le rêve de se retrouver dans les 8 ou 12 premiers.

Donc puisqu'il s'est gentiment proposé de se mettre à nu pour nous ouvrir le mois de septembre, répondant à l'initiative des étudiants contre le Sida, ç'aurait été dommage de ne pas lui rendre la monnaie de sa pièce.

Tu pourras découvrir ici une photo choisie au hasard parmi celles de son site, et là l'interview qu'il donna au site gay à cause des garçons, où il se dit heureux de se voir flatté par les sites gays, où il raconte aussi comment il s'est débattu en vain, au risque de se détruire, dans un terrible chagrin d'amour, il y a deux ans de cela, allant jusqu'à lancer un appel désespéré en live à la télé, depuis le stade, au cours des championnats d'Europe d'athlétisme...

Bravo l'athlète !

28 août 2008

deux plongeons en un

 

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Ai-je mal choisi mon choucou ?

Pris dans mon élan, mon penchant, plutôt, pour la gent japonaise, et séduit par des yeux et des épaules qui s'y prêtaient bien, j'ai fait un choix, arbitraire forcément, pour dire du sport qu'il était magnifique des corps et des postures qu'il engendrait. Aussi.

J'aurais en fait pu en choisir un autre. Pas moins élégant, plus jeune, puisqu'il n'a que vingt an. Médaillé, lui, et pas dans n'importe quelle discipline : celle où les Chinois avaient prévu de rafler la totalité des huit titres en jeux : le plongeon accrobatique.

L'air de rien, Matthew Mitcham est venu déjouer ces plans. Il s'est glissé au milieu des plongeurs chinois et a décroché l'or dans l'épreuve du sautoir à dix mètres.

matthew mitcham face.jpgOn n'a pas beaucoup vu ce sport, par chez nous. C'est le nationalisme de nos media qui éclipse tout le temps les disciplines où excellent les champions adverses. Et pourtant, non content de décrocher l'or olympique, notre sauteur australien a tout simplement... fait son coming out, en s'offrant le luxe de faire le voyage de Pékin avec son petit ami.

Ca valait bien une note, quand même, non ?

24 août 2008

le préféré de mes chouchous

 

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J'aime beaucoup de choses dans le sport, à commencer pas ses valeurs éducatives et certaines vertus sociales, bien malmenées, il faut le dire, par l'emprise de l'argent et du marketting.

Les Jeux Olympiques lui offrent une tribune d'exception tous les quatre ans, et l'air de rien, hors mis l'omniprésence des écrans publicitaires à la télévision, l'absence de sponsors visibles dans les arènes sportives dénote d'avec toutes les autres compétitions. Pour l'instant, cette digue-là tient. Jusqu'à quand ?

L'autre chose que j'aime bien, c'est qu'on y voit de beaux athlètes. Beaux par le physique, bien-sûr, parce que leur corps est musculeux et, selon leur discipline, équilibré et harmonieux. Mais beaux aussi de leurs doutes, ou leurs esquives.

tomita05.jpgJ'ai un petit préféré cette année. Qu'on a peu vu parce qu'il n'a pas décroché de médaille, contrairement à Athènes : c'est le gymnaste japonais Hiroyuki Tomita, qui a des inflexions, des relâchements, et des perplexités au bord du tapis qui le rendent touchant.

19 août 2008

la moitié du ciel

 

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A ce jour, et probablement jusqu'à la fin des Jeux, la Chine est le pays qui conquiert le plus grand nombre de titres olympiques. Et 60 % des médailles qu'elle a acquises jusque-là l'ont été par des femmes. Quel beau symbole dans le pays de l'enfant unique, où les familles redoutent la naissance d'une fille, mais où Mao disait des femmes qu'elles pouvaient soutenir la moitié du ciel.

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(et là, c'est pas du japonais, c'est du chinois. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit...)

La France est à l'inverse : sur 29 médailles obtenues ce jour, 32 si l'on tient compte des trois dores et déjà acquises par nos boxeurs, seules trois se vivent au féminin. Et les 4 médailles d'or sont toutes masculines. Sur la piste d'athlétisme, les Aron, Pérec, Barber ont laissé place aux Doucouré, Baala, Mekhissi. Dans le grand bassin, Manaudou et Métella ont laissé la leur à Bernard, Leveaux et Duboscq. Sur le tapis de gymnastique, le sourire d'Emilie le Pennec s'est éclipsé derrière celui, non moins radieux, de Thomas Bouhail ou de Benoît Caranobe. A Sydney surtout, puis encore à Athènes, l'olympisme français se conjugait au féminin. Il se compresse désormais au masculin.

Il n'y a pas de secret, pour promouvoir le sport féminin, il faut une politique. Il y faut de la volonté. Les médias et l'argent, pour ne pas dire la nature humaine, privilégient en toute circonstance le sport au masculin parce qu'il est symbole de force et de performances. La discrimination est partout : l'exposition médiatique, le montant des primes et des salaires, la part de gloire... C'est comme pour la parité en politique, ça ne se contrebalance pas de soi même. Il y faut une politique. Avec Jean-François Lamour, et maintenant avec Bernard Laporte, ce dossier est à l'abandon, et on en récolte les résultats ravageurs.

Je suis à peu près sûr que les filles n'ont pas encore dit leur dernier mot. Mais en attendant, j'ai envie de rendre hommage aux trois Françaises du tir à l'arc, qui ont ouvert le compteur à médailles au deuxième jour des Jeux (Virginie Arnold, Sophie Dodemont et Bérengère Schuh), et aux deux judokates Lucie Décosse et Stéphanie Possamai, respectivement en argent et en bronze. L'avenir leur appartient.