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27 novembre 2008

Entre deux Eaux : l'instant propice

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Donc, j'y suis allé, hein !... C'était rue de la Folie-Méricourt. A deux pas de chez Saiichi, avec qui j'avais passé la soirée. De toute façon, j'avais promis : non mais un bar gay, naturiste, qui s'appelle Entre deux Eaux, quand même, j'avais pas trop le choix, si ?

Une petite appréhension ? Même pas ! Malgré les réserves d'un lecteur occasionnel de ce blog, chris, et de celles de Saiichi, qui n'en gardait pas un souvenir mémorable, il était 22h 30 environ quand je franchissais ce samedi la porte du numéro 45.

Cette frontière est étrange. Tu passes du dehors au dedans, du froid au chaud, du clair de la nuit à la nuit de la nuit, du monde des conventions à celui de l'inavouable, sans véritable sas. Dès l'entrée, à gauche, alors que tu es presque dans le noir, un homme au corps sublime, et remarquablement outillé soit dit en passant - Laurent, me dira-t-il à l'heure du départ - te tends un sac poubelle noir enroulé. Tu fais remarquer que c'est ta première fois, alors il prend le temps de t'expliquer que c'est 11 euros, que ça comprends deux conso, que tu règles à la fin, que pour commencer, tu dois mettre toutes tes fringues dans ce sac, garder juste tes chaussettes et tes baskets, et qu'il te refilera un numéro en échange. Là, tu ne te poses pas de question, enfin, tu évites, tu as déjà repéré derrière les rideaux que tout le monde était totalement nu, alors tu te jettes à l'eau.

Dans les toutes premières minutes, tu ne sais pas exactement quoi faire. Balancer les bras, agiter tes mains, les laisser le long de ton corps, les glisser derrière ta tête ? Déambuler dans les lieux, pour voir comment c'est aménagé ? T'asseoir sur un tabouret de comptoir, l'air de rien et commander une première bière ? Regarder avec suffisamment de détachement l'enculade en règle que t'offre l'écran plasma au dessus de l'armoire ? Te joindre l'air de rien au groupe en pleine conversation ? Avoir l'air absorbé par un problème ? Te palucher ou te la jouer insouciant ?... J'étais dans ces pensées et ces hésitations quand Jérémy, un professeur de musique - vivant et travaillant dans le quartier - vint me mettre à l'aise, probablement attiré par mon érection non dissimulée. Petit et sec, comme j'aime, glabre, sans doute pas loin de la cinquantaine, mais la gueule d'ange, le sourire de l'habitué heureux de découvrir de la chair fraiche, il s'est offert à mes caresses et m'a offert ma première pipe.

Évidemment, après, c'était plus simple.

21.jpgLe groupe en plein bavardage s'est disloqué, un ou deux se sont rhabillés et sont partis, d'autres sont allés étrenner l'arrière boutique, et deux jeunes gens manifestement habitués, aux corps d'éphèbes - Yvan et Peter, partenaires dans la soirée mais aussi dans la vie : import-export d'ustensiles muséographiques, ça en jette, non ? - sont restés collés au comptoir et l'un à l'autre, offrant de temps en temps leur peau à quelques contacts innocents.

Hummm! ce Peter : un nageur, tiens ! Qui fait de la compète. Ça te fabrique un corps !... Il m'a laissé lui embrasser le pubis.

Il n'y a pas franchement de backroom. Ni de cabine. Tout au plus un ample rideau de fines perles, qui sépare la zone bar de la zone sexe. En toute transparence. Derrière, un canapé et quelques fauteuils te permettent d'attendre l'instant propice, ou de te détendre.

Jérémy était depuis longtemps parti papillonner ailleurs, je suis allé m'approcher d'un couple en pleine action, ma bière à la main. Ils étaient debout, jambes écartées, le sexe tendu sous l'aine de l'autre, comme offerts à de plus collectives caresses. Je m'y suis laissé glisser, ils l'attendaient. L'un était latino, mais grand. Petit sexe. L'autre avait un engin impressionnant. Ils étaient arrimés l'un à l'autre de façon frénétique, ils m'attiraient à eux, cherchaient ma bouche.

Chaque minute, ils se sortaient de la chaussette un flacon de popper, qu'ils respiraient à pleine narine. Je n'ai pas voulu m'y essayer,  toutes les drogues me rebutent. Puis le Latino s'est retourné, s'est fait enculer. Assis devant eux, je le branlais, et il a joui sur moi.

Plus tard, un jeune homme que j'avais repéré à son arrivée mais qui était resté ténébreux au comptoir, la belle gueule d'un bad-boy, mal rasé, s'est présenté dans la zone d'action. Un anneau étrange autour de la bite, qui enserrait en spirale à la fois et séparément la base du pénis et les couilles. Sa verge était magnifique, exactement à ma dimension, et j'eus un grand plaisir à la sucer. Longtemps. Sans lassitude. Enfin, il s'est lassé avant moi.

Ça m'a permis d'aller commander ma deuxième bière (je rappelle qu'il s'agit d'un bar).

Entre temps, une partouze en règle s'est mise en place : à partir de là, c'est participe qui veut. T'as plus qu'à te servir. Et à t'offrir. Tu peux brutos8196.jpgvarier les coups, et les partenaires. A la fin du service, j'ai eu un jet plutôt flatteur, et ils furent deux à me demander de nettoyer les dégats à coup de sopalin.

Il n'était que minuit et demi quand j'en suis reparti, du monde arrivait encore à cette heure. Il me semblait que les consommations avaient été à la hauteur du prix d'entrée. Je mentirais si je disais que l'expérience m'a déplu.

Mais si c'était à refaire, je crois que je préfèrerais y emmener un ami. Juste pour le confort des premières minutes.

23 octobre 2008

entre deux eaux

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Entre deux eaux. Je ne sais plus bien pourquoi j'avais ainsi appelé mon blog, il y a presque un an de ça. J'ai écrit là une explication, qui vaut ce qu'elle vaut, parce qu'il faut bien donner des explications aux choses : il me semblait que dans l'idée du balancement, de la médaille et de son revers, de la face cachée de la lune, du ying et du yang... il y avait un petit quelque chose dans quoi je me reconnaissais, tout comme chacun pouvait se reconnaître. C'était aussi un prolongement à ce pseudo, Oh!91, que j'avais créé quelques mois plus tôt pour intervenir sur des blogs avant d'être happé par la tentation d'en tenir un moi-même, une construction sur la thématique de l'eau, parce qu'elle remplit mes journées (quand je ne suis pas en arrêt maladie)... Peut-être encore que je lui trouvais la sonorité d'un vaillant polar, où le flic, gentil et américain, réglait son compte au gangster à coup de revolver depuis une baignoire tout en buvant une coupe de champagne.

Bref. J'aimais ce nom.

Je pris une seule précaution : vérifier que ce nom n'était pas déjà occupé sur la plateforme hautetfort que j'avais choisie pour m'héberger. Il était libre.

Mais - inexpérience ? - je ne pris pas le soin de vérifier le tableau des marques déposées, ni même de regarder sur google à quoi ce nom pouvait bien renvoyer. Et pendant des mois, je ne m'en suis pas préoccupé.

Récemment, d'un air entendu, on m'a plusieurs fois glissé à l'oreille des "je sais bien pourquoi t'as appelé ton blog comme ça", ou des "petit coquin, va !", ou encore "et tu y es allé y'a pas longtemps ?"

Interloqué, il m'a donc fallu mener mon enquête (google, c'est bienpour les enquêtes) pour comprendre de quoi il s'agissait. Eh bien je te le donne en mille : Entre deux eaux est le nom d'un bar à Paris, situé non loin des rendez-vous mensuels de Paris-carnet, dans le 11ème arrondissement. Jusque-là, tout va bien.

Mais pas n'importe quel bar, puisqu'il s'agit d'un établissement gay - soit - qui plus est naturiste - je ne savais même pas qu'on pouvait boire tout nu - et qui semble virer très sexe à certains moments de la semaine (à ce qu'on peut deviner en lisant, pardon en mâtant, leur site...).

Je te jure, jamais au grand jamais je n'avais visité cet établissement auparavant, jamais même en avais-je supputé l'existence avant d'ouvrir ce blog.

Dois-je pousser plus loin mes investigations en me rendant sur les lieux ? Histoire de vérifier qu'on y parle politique et qu'on y trouve des chroniqueurs... gastronomiques ou culturels ? Bah ! Je suis assuré d'y trouver matière à un nouveau billet.

Et je leur devais bien ce petit coup de pub, non ?