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05 décembre 2007

Attila, le soleil en bandoulière


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Encore un petit flash-back, tiens, histoire d'ensoleiller la grisaille du matin.

Attila (ça, c'est un nom, hein ?) : il avait 19 ans, il étudiait la chimie à Veszprém, en Hongrie. Il est le premier de mes amants à avoir accédé au statut de petit ami officiel : durant l'été 97, je l'emmenais en vacance chez ma mère près de Marseille. Ma pauvre mère, je ne lui ai pas épargné grand chose sur ce coup-là. Déjà, mon coming out, je lui avais fait par téléphone, tout juste 24 heures après ma copine, lui disant simplement que elle et moi, c'était fini, mais que c'était pas grave, puisque c'était simplement parce que j'aimais les hommes. Et deux mois plus tard, je ramenai ce jeune mec à la maison... Qu’est-ce que je pouvais être centré sur moi-même à cette époque, tu parles d'une phase de libération!...

Attila, il aimait la fantaisie, étaient-ce des jeux de son âge ? Par exemple, au début, ce qu'il adorait, c'était enduire mon corps et mon sexe de crème dessert, et me lécher, me sucer goulûment, après quoi il se tartinait lui-même de crème et attendait de moi que je le dévore. Plusieurs fois, il m'avait proposé de faire l'amour avec lui devant sa copine Barbara, elle le lui avait demandé, elle aurait voulu se branler en nous regardant, mais cette idée était vraiment trop farfelue, et j'y avais toujours résisté. A Marseille, nous allions sur les plages gay. A nous deux, nous devions avoir une vraie puissance divinatoire. Les mecs nous regardaient, nous enviaient, nous finissions chez l'un ou chez l'autre dans des plans á trois. Une fois, étrange anecdote, un de ces mecs cueillis là s'était vanté d'avoir couché avec Jean-Claude Gaudin. Beurk !

5f929c1a913db02b963fa895d3e087d8.jpgAttila, je l'avais rencontré dans un bain turc de Budapest. Le Rácz, qui aujourd'hui n'existe plus, promis à une opération hôtelière d'envergure. Ce fut fulgurant. C'est dans l'espace sec et boisé du sauna que nous nous étions immédiatement cloués l'un dans l'autre du regard. Puis dans les eaux du bain, à peine dissimulés, nous avions rapidement éprouvé nos érections, simulant des pénétrations, et avions aussitôt décidé de sortir pour nous retrouver seuls chez moi. Le tout, en 5 ou 10 minutes ? Pour parler entre nous, c'était pas très commode, il ne connaissait aucune langue étrangère, et le hongrois, je n'en étais qu'à mes premiers rudiments. Mais il s'en foutait, il me regardait, il souriait d'un soleil comme ça, et il me baisait, il ne voulait que du sexe, encore du sexe, et moi, qui n'en demandais pas tant, exultais. Une fois seulement, si ma mémoire est bonne, je l'ai rejoint à Veszprém en semaine, au tout début, la semaine de notre rencontre. Le week-end, c'est lui qui venait à Budapest, notamment pour voir sa sœur, auprès de qui il m'introduisit également. Nous avons emmené une fois ses nièces au zoo. En retournant à Veszprém pour la première fois l'été dernier, en voiture, je m'appliquais à reconnaître la cité universitaire où je l'avais retrouvé, et la promenade de cette soirée exotique.

Avec Attila, c'est moi qui n'ai pas pu tenir le rythme, les envies de son âge me dépassaient, mais je n'avais pas le droit de l'en priver. Alors peu de temps après la fin de l'été, nous nous sommes séparés. J'ai pensé à ma mère, qu'a-t-elle jamais pensé de cette relation, elle qui revoyait son fils pour la première fois sous ce jour inconnu ? Quant à lui, 29 ans aujourd'hui, mon Dieu !, je ne sais pas ce qu'il est devenu.