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30 mars 2010

voie de délestage

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Ça y est. L'A6b est fermée. Depuis 22 heures hier soir. Pas pour une nuit de travaux, pas pour une semaine de maintenance. Pour huit mois. Nuit et jour. On rentre encore dans Paris, mais on n'en repart plus depuis la Porte d'Italie. Pour moi, l'enfer commence.

Il s'agit de couvrir le tronçon qui file jusqu'à la sortie d'Arcueil, et d'améliorer le cadre de vie des habitants d'Arcueil, de Gentilly, et du Kremlin-Bicêtre. Enfouir l'autoroute pour redonner de la continuité aux villes, il fallait y penser, et franchement, je suis content pour ces territoires qui méritent cette renaissance promise.

Mais je redoute le piège. Mes retours à la maison passent presque toujours par l'A6b. Mes retours de piscine, mes retours du psy, mes retours d'opéra... J'ignore encore quels contournements il me faudra emprunter et où ils se trouvent. Ce que je sais, c'est que l'A86, la rocade de petite couronne, est déjà durement saturée. Et puis je sais aussi qu'ils se sont arrangés pour se coordonner au mieux (vous avez dit gouvernance ?) : au sud, les voies possibles de délestage sont toutes, TOUTES, actuellement en travaux : Nationale 7, construction d'une ligne de tramway entre Villejuif et Athis-Mons ; Nationale 6 : transformation de la voie rapide en boulevard urbain ; A6a à Porte d'Orléans, travaux de prolongation defin-autor.gif la ligne de métro, maréchaux sud-est, prolongation de la ligne de tramway de la petite ceinture...

Comment faire ?

Demain soir, et tous les soirs suivants, je serai dans l'entonnoir. Je te remercie à l'avance pour la petite pensée que tu auras pour moi.

Au fond, c'est toujours au moment de sortir qu'on se rend compte de la fluidité perdue. J'en sais quelque chose, moi qui suis rentré dans l'amour sans m'en rendre compte et m'y suis piégé, qui depuis bientôt deux ans m'embourbe dans des voies de délestage impraticables, m'engage sans qu'on m'en dissuade dans l'impasse du silence puis rebrousse chemin, tente sans succès des escarpes érotiques périlleuses, quitte les grands axes de l'eau de rose pour toujours y revenir, sans égard pour le carburant que j'y laisse ni l'état de ma carrosserie. On se fait des gestes complices, d'une fenêtre à l'autre, entre compagnons et compagnones de mésaventure - avec ou sans enfant. Nous sommes toujours plus nombreux qu'on ne le croit, enfermés ainsi dans un douloureux sur-place.

Si seulement pour eux, comme pour moi, au bout de ces huit mois il y avait enfin la décongestion...