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10 mars 2009

parent ni plus ni moins

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L'avant-projet de loi sur le statut des beaux-parents a donné lieu récemment à un débat sur l'homoparentalité. Il est question - sans accorder de droits nouveaux dans ce domaines aux couples homosexuels désireux de se porter candidats à l'adoption - de reconnaître la situation de fait de dizaines de milliers de parents homosexuels, à travers les droits de parents tiers y compris de même sexe. C'est une avancée, mais pas une révolution.

La situation de fait, je la connais bien. Même si elle me demeure interdite.

J'ai une cousine qui, après avoir fabriqué deux magnifiques filles, s'est séparée de son mari, s'est découverte homosexuelle, et a vécu depuis avec des femmes. Cela fait des années.

Outre que ses filles, aujourd'hui grandes, titulaire pour l'une d'un concours de la fonction publique dans l'administration pénitentiaire, et pour l'autre de diplômes en beaux arts, outre, donc, qu'elles entretiennent une relation conflictuelle avec leur père, qu'elles aiment toutefois beaucoup leur demi-soeur et la voient souvent, qu'elles s'entendent bien et adorent leur mère, ainsi que leurs belles-mères, qu'elles ont sur la vie, sur la politique, des idées assez arrêtées, qu'elles connaissent bien l'homosexualité, l'ayant approchée de près comme un fait ordinaire de leur vie de tous les jours, outre que ces filles, donc, sont belles et intelligentes, agréables à rencontrer et à regarder, outre tout cela, il se trouve qu'elles sont en tout point normales.

Tant et si bien qu'elles ont toutes deux un petit copain.

Ah ! au fait, à ma connaissance, elles n'ont jamais volé, jamais fugué, on ne leur connaît pas de tentative de suicide et elles n'ont ni l'une ni l'autre manifesté un goût particulier pour le RMI, ni pour l'alcoolisme. Il me semble qu'elles fument. Et pas seulement du tabac. Encore que c'est à vérifier.

Mais il paraît que cela ne signifie rien. Des réacs blogueurs - car il y en a, ce qui ne manque jamais de me surprendre - n'en finissent pas de trouver que ces situations contreviennent aux saintes lois de la nature. N'a-t-on jamais, en effet, vu deux hommes entre-eux s'engrosser, l'eussent-ils maintes fois essayé ?

Bien que je doute que ces arguments puissent jamais dérouiller ces dinosaures de la pensée, voici toutefois une étude récente - sur les enfants nés dans des familles lesbiennes grâce aux techniques d'assistance médicale à la procréation - qui montre qu'il n'y a pas d'effets négatifs à long terme.

Depuis les années 80 en effet, l'université libre de Bruxelles accorde les techniques de l'assistance médicale à la procréation aux familles lesbiennes, ce qui a suscité beaucoup de critiques de toutes parts.

La plupart des critiques se centraient sur "les effets négatifs potentiels sur le développement psychologique des enfants nés dans des familles lesbiennes".

Le docteur Katrien Vanfraussen a lancé récemment une étude de suivi en interrogeant 37 enfants et leurs mères, à la fois dans des familles hétérosexuelles et dans des familles lesbiennes. Les enfants ont entre 7 et 17 ans et sont nés grâce à l'assistance médicale à la procréation.

Elle a trouvé que le fait de grandir dans une famille lesbienne n'a pas d'effet négatif sur l'ensemble du développement psychologique des enfants.

L'étude était centrée sur les points suivants :

  • impact de l'utilisation d'un donneur anonyme sur les enfants
  • impact d'une vie dans une famille non traditionnelle sur le bien-être général des enfants
  • réaction des autres enfants et des enseignants
  • la fréquence d'actes de violence

L'étude ne montre aucune différence entre le développement émotionnel et comportemental des enfants des familles hétérosexuelles et des enfants vivant dans les familles lesbiennes.

Les enfants des familles hétérosexuelles et des familles lesbiennes vivent le même degré de violence. La violence est surtout liée à des aspects typiques (apparence, intelligence) mais 25% des enfants ont été victimes de violences liées à la nature de leur famille telle que l'homosexualité de leurs mères. Ce qui tendrait à prouver que ce n'est pas dans la composition de la famille que peuvent apparaître des problèmes, mais éventuellement dans le regard de la société. Et que la priorité est plutôt de sensibiliser, d'éduquer, de promouvoir la tolerance dans la société, plutôt que de prohiber - la prohibition légitimant les attitudes violentes de rejet.

L'Association des parents gays et lesbiens tient à ta disposition de très nombreuses autres études.

Pour finir, j'ai trouvé sur le blog de Serge Hefez cette intéressante réflexion (l'avis d'un psychiatre) : "Comment sortir de cette opposition très contemporaine entre parent «biologique» et «parent social» ? Alors que chacun sait que l’engendrement n’est pas l’accouplement et la fécondation, que c’est un acte social et non un acte naturel. Comme le souligne Maurice Godelier «nulle part un homme et une femme ne suffisent à faire un enfant»…"