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18 avril 2012

"une occasion extraordinaire de tout changer"

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Cette campagne m'entête. A mesure que la cime approche, l'oxygène manque. Dans le tourbillon des ultimes effets de manche, quand la boussole des sondages perd ses pôles, on pourrait négliger ses repères, oublier l'essentiel, bref... se laisser avoir.
 
Nicolas Sarkozy est à la peine, semble-t-il. Les girouettes "d'ouverture" qu'il avait ralliées à sa cause quittent son navire en perdition, espérant sans doute trouver à rebondir, ou sauver leur honneur sali, auprès du rival en vogue. Pas sûr que l'afflux de tant d'anciens ministres sarkozistes vers le giron de François Hollande, dans le sillage du "clan" Chirac, ne soit de nature à rassurer sur le contenu de gauche de son projet politique.

Mais ça fait une dynamique. Et de fait, il décolle. Il prend des couleurs. Pas tant lui, toujours aussi fade, même la voix éraillée, mais sa campagne. Chaque fois que j'écoute François Hollande, j'ai l'impression d'entendre un bulletin météo de Joël Collado : c'est précis, la syntaxe est alambiquée mais irréprochable, je comprends tout. Sauf qu'à la fin, je me demande quel temps il va faire.

Au moins, ça nous donne une certitude : la gauche peut gagner, il est même probable qu'elle gagnera. La question, à cet instant, la seule question, c'est de savoir pour mettre en œuvre quelle politique. Sortir de l'entêtement grisant de cette perspective si longtemps attendue pour se projeter sur l'après. Car il s'agit évidemment d'effacer le terrible cauchemar de ces cinq années ahurissantes de violence et de bêtise, de rude déshumanitude.

Mais il s'agit aussi de mettre notre vieille Europe sur de nouveaux rails - sinon, à quoi sert de voter pour le changement ? Faire de l'Europe un levier pour désincarcérer le monde de l'étau mortifère de la financiarisation où l'a enfermé le capitalisme.

Il s'agit donc d'ouvrir une brèche, d'enclencher la désobéissance aux marchés, d'envoyer des méluche.jpgsignaux à tous les peuples d'Europe sans qui rien n'est possible. De résister.

Je prends le vote Mélenchon comme le seul capable de donner du tonus à la gauche pour rentrer, vaillante, dans cette bataille, au lieu de louvoyer en croyant pouvoir passer au travers des goutes, et finalement succomber à ce qui serait une sorte d'austérité à visage humain. Comme le vote qui ira parler au cœur des hommes et des femmes qui, en proie aux mêmes craintes austéritaires, regardent notre pays avec des yeux d'espoir.

Il s'agit de reléguer l'extrême-droite, malgré le visage souriant dont elle s'est affublée, dans les catacombes de l'histoire de France. Au moins à l'arrière scène. Pourquoi Mélenchon est-il le seul qui se soit engagé comme il l'a fait pour démasquer l'opération de dédiabolisation des Le Pen ? Pourquoi a-t-il fallu, à chaque fois, que ce soit lui et lui seul qui dénonce leur programme rétrograde pour les femmes avec la fin du remboursement de l'IVG, qui combatte leurs obsessions haineuses à l'égard des étrangers, qui démasque leurs références persistantes à la littérature collaborationniste ? Qui d'autre l'aura affrontée, la Marine, dans cette campagne ?

Je prends le vote Mélenchon comme celui qui achèvera le travail. Mélenchon avant Le Pen, dimanche soir, ça aura de la gueule, et notre pays ne vivra plus les débats politiques de la même façon, ça c'est sûr ! Avec un Sarkozy qui dévisse, le FN a repris du poil de la bête dans les sondages ces dernières heures, alors je compte sur toi pour contribuer à faire passer Mélenchon devant.

Il s'agit d'affirmer comment nous voulons vivre. Voulons-nous nous tuer au travail, accumuler des heures supplémentaires, renoncer à des vacances, au temps libre, à la culture, aux sorties, à une retraite paisible et méritée ? Courir derrière l'emploi, vivre l'humiliation de précarités imposées ? Ou nous épanouir, au travail et dans la vie, disposer d'un revenu décent, profiter de la retraite dès 60 ans, avoir du temps pour aller au spectacle ou participer à la vie associative ?

Je prends le vote Mélenchon comme celui qui met l'humain en avant, dans une rupture radicale mais concrète des hiérarchies politiques et économiques, les banques étant mises au service d'un cercle vertueux, avec une écologie, une sobriété, une démocratie à échelle humaine qui deviennent des clés partagées. "Une occasion extraordinaire de tout changer", selon les mots du généticien Albert Jacquard.

Allez ! Si tu le veux, il peut se passer quelque chose de neuf, d'assez sensationnel, de porteur de sens, dans cette élection. Battre Sarkozy, ce sera déjà bien. Entendre pulser une petite musique de révolte, de confiance retrouvée, c'est aussi ce qui nous aidera le plus pour traverser ces prochaines années.

Voici ce que dit de Jean-Luc Mélenchon le grand écrivain humaniste Patrick Chamoiseau : "Il a le discours qui me paraît le plus acceptable, le plus revitalisant, le plus chargé de futur. Il me semble en effet qu’il nous faut de la radicalité. La raison d’Etat, la responsabilité d’Etat, le sérieux de gestion, ça doit commencer par une radicalité de la pensée. Comme disait René Char : "Les plus belles récoltes, les plus pures, émergent de sols qui n’existent pas encore."

Il faut refuser le sol capitaliste, ne pas entrer dans les petits accommodements, changer complètement le sol. Mélenchon est proche de l’humain, il fonde sa radicalité sur l’humain. Il y a quelque chose qui relève du poétique."