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20 décembre 2007

L'eau : quand l'exemple vient de Suisse

On peut vraiment penser ce qu’on veut des Suisses, de leurs pâturages, de leur fromage, de leur lac de Genève et de leur goût pour le secret bancaire. Mais eux, ils l’ont fait : inscrire dans leur constitution – graver dans le marbre, quoi – que l’eau, c’est un Bien commun, et qu’à ce titre, elle doit être gérée par le secteur public, et par personne d’autre. Un belle leçon pour nous, si fiers de nos « exceptions à la française », mais qui avons délégué au privé pratiquement partout, le service de la potabilisation et de la distribution de l’eau, même si ça nous coûte jusqu’à 50 % plus cher (voir ici)…

Les Genevois disent oui au monopole public des services de l’eau

Les citoyennes et citoyens genevois, à une large majorité, ont décidé ce week-end d’inscrire dans leur Constitution cantonale le monopole public de l’approvisionnement et de la distribution d’eau. Ce sont les Services industriels de Genève qui ont mandat d’exercer ces tâches de même que celles concernant l’évacuation et le traitement des eaux usées, activité qui ne peut être sous-traitée à des tiers.

Ce scrutin est l’aboutissement d’un processus démocratique qui a commencé en 2004 avec la récolte des 10.000 signatures nécessaires au lancement d’une initiative populaire. Le gouvernement cantonal l’a approuvée, estimant qu’un tel monopole permettrait de légaliser une situation de fait (les Services Industriels sont les seuls à fournir de l’eau à tous les habitants du canton de Genève). Le Parlement genevois lui aussi a par la suite donné son aval à l’initiative. Ne restait plus qu’à confier le verdict définitif aux citoyens et citoyennes : 75,89% de oui contre 24,11% de non (43 communes sur 45 ont voté en faveur de l’initiative).

Pour mémoire, l'eau est en Suisse un bien protégé par la Constitution fédérale. Mais c’est aux 26 États cantonaux qu’il appartient de disposer des ressources en eau et notamment de réglementer la distribution de l’eau potable.
Dans la foulée, les Genevois ont également accepté par 58 % de oui le principe du monopole public de l’approvisionnement et de la distribution de l’électricité, qui, contrairement au domaine de l’eau, avait pourtant été rejeté par le législatif cantonal. (en savoir plus ici)

Une Commune des Vosges reprend le contrôle de la gestion de l’eau

Dans le même ordre d’idées, il n’est pas anodin qu’une commune des Vosges ait repris en main la gestion de l’eau. Marc Laimé t’en parle ici et t’explique que c’est pratiquement une mise en œuvre du principe de précaution.

A quand nos grandes villes ?