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27 novembre 2007

Eaux troubles : l’alchimie des multinationales

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Tu en as sûrement entendu parler : l’UFC-Que choisir a récemment révélé que le prix de l’eau pouvait aller du simple au double, selon que la distribution était assurée par une régie municipale, ou déléguée à une entreprise privée.
A Lyon, à la veille de la renégociation de son contrat, et de peur de perdre le marché, Veolia vient même de baisser ses tarifs de 16 % du jour au lendemain, preuve que ses marges étaient… disons : confortables.
Elles sont comme ça, nos multinationales de l’eau : elles ont acquis l’art de transformer l’eau en or. Elles prennent l’eau qui appartient à tout le monde, la distribuent à chacun, et au passage empochent le pactole. Des décennies que ça dure. Elles ont tellement amassé qu’en quinze ans, elles ont pu investir dans les media, dans les télécommunications, dans les pompes funèbres, dans les transports, dans les déchets, dans les loisirs… jusqu’à acheter un jour les studios Universal (Vivendi et Jean-Marie Messier, tu te souviens ?). La Générale des Eaux (Veolia)  et la Lyonnaise des Eaux (Suez) sont ainsi devenues des géantes planétaires.
Au passage, elles ont arrosé un peu le personnel politique. Bref, elles ont fait en sorte que non seulement le débat sur le sujet ne fasse jamais trop de vagues, mais qu’on prenne l’habitude de les encenser comme des fleurons de la réussite économique à la française…
La France est ainsi le seul pays au monde où plus de 80 % de la distribution de l’eau est entre les mains de sociétés privées. Nos services public y ont perdu du contrôle, des compétences et des savoir-faire.
On comprend pourquoi elles aimeraient bien convaincre que promouvoir l’accès de tous à l’eau (rappelons qu’un tiers de l’humanité n’a pas d’accès à l’eau potable) passe par la privatisation des services partout dans le monde. C'est un marché quasiment vierge, et potentiellement colossal.
Si le sujet t’intéresse, tu pourras consulter un site très bien documenté sur le sujet (Les eaux glacées du calcul égoïste), qui fait une large place au débat sur le prix de l’eau en France. Ou revenir vers ces pages, car j’en reparlerai…