Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30 novembre 2008

le rideau s'est levé sur le Dame de Canton

concert-funde.jpg

Samedi soir, c'était Reggae Roots avec Funde. Je te laisse aller découvrir chez Fiso le compte rendu de cette soirée cool et de qualité, et son cadre, l'ex-Guinguette pirate devenue la Dame de Canton, ainsi que la façon, un poil édulcorée sous sa plume, dont elle s'est laissée outrageusement draguer par un magnifique sportif professionnel, dont j'aurais moi-même volontiers fait mon dessert...

Moi, j'en resterai à des choses plus sentimentales, comme d'hab'. Par exemple à ce sourire généreux de Reivax - le trompettiste-arrangeur de la troupe - qui exprime sous une demi tonne de dreadlocks une insondable gentillesse, et qui m'avait invité. Je me souviens quand en janvier dernier, peu de temps après la mort de sa mère, je l'avais entendu chanter puisque la vie est éphémère. Son oeil ne s'était pas départi d'une petite lumière, et j'avais fixé cette étoile sans pouvoir m'en dégager. Où a-t-il donc chipé cette force de bonheur ?

Soit dit en passant, ce groupe a acquis une vraie maturité, ils s'autorisent de belles divagations, et l'ensemble reste charpenté. Xav et son cuivre n'y sont pas pour rien. Avec eux, on vibre, et ils aiment ça.

J'ai aussi eu ce message, après avoir garé la voiture au sous-sol de la Grande bibliothèque : "le rideau se lève". Il avait donc pensé à moi. A l'heure des premières mesures, au moment de rassembler toute sa concentration sur son jeu, il eut cette incroyable délicatesse de m'envoyer une pensée d'Outre-Manche. Comme s'il avait eu dans sa poche ou autour de son cou le pendentif que j'avais rêvé lui confier en guise de porte-bonheur.

J'ai eu droit au cours de la soirée à quelques oeillades amicales - ou plus, si affinité - et à une complicité avec un jeune homme, survolté peut-être pas seulement sous l'effet de la musique et de l'alcool, plein d'idées sur la transe, la communion et le rôle des artistes, qui a même réussi à me faire bander à force d'approche tactile, le con.

Boby, fier du fiston, et content de m'avoir introduit, en tout début de soirée, dans un bout de son univers parisien, s'est laissé aller - qui l'eût cru - à des plongées dans quelque paire d'yeux. L'incorrigible !

La semaine qui s'ouvre s'annonçant chargée, je suis rentré tôt malgré la déception de Boby qui aurait bien voulu jouer les prolongations autour d'un verre. Mais bien m'en a pris. Une fois arrivé dans ma lointaine banlieue, une neige dense se mettait à tomber.

23:00 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : boby, funde, fiso, reggae, musique

21 janvier 2008

puisque la vie est éphé-mère

465ed41f15a15e3590ef63f21a026115.jpg

Samedi soir, avec ma copine Fiso, après avoir manifesté en solidarité avec les sans-papiers, avoir nagé, avoir tenté de rejoindre au coeur de Paris, en voiture, en pleine saturation du traffic, parce que des fois, pris par une dynamique aveugle on se surprend à faire de vraies conneries, un salon de thé qui s'est avéré être fermé à l'heure où on y est arrivés, et avoir mangé un tajine accompagné d'un boulaouane bien frais qui, pris en apéritif nous a bien ouvert l'apétit, on est allé écouter Fundé à Montreuil. (Tu vois que moi aussi je sais en faire, des phrases à rallonge !)

Dire que je suis fan de reggae ? Moué, j'aime bien, disons que c'est cool, autour du reggae, on rencontre souvent des gens sympas, tolérants, qui sont plus dans l'être que dans l'avoir. Alors, quand se présente une opportunité, pourquoi pas.

Je ne suis pas très noctambule en général, le clubbing ou autre discothèques, c'est pas mon truc. Il faut toujours un moteur de plus pour que je sorte, que simplement de l'éclate avec de la musique.

Là, le moteur, c'était rencontrer le travail de Xavier et de son groupe. Sans être un spécialiste, je peux dire qu'ils assurent bien, leur répertoire est varié, les enchaînements travaillés. Ils nous ont tenus en haleine et je me suis bien lâché. J'ai même tenu plus que Fiso sur le plancher à me déhancher, c'est dire.

Nous étions dans une petite salle de quartier, équipée d'un beau plateau technique. Il n'y avait pas foule, beaucoup de jeunes du coin, dont un gars sur un fauteuil roulant qui s'en donnait à coeur joie et faisait plaisir à voir.
Xavier, ou plutôt Reivax, puisque c'est son nom de scène, à la trompette, apportait, avec son pote saxophoniste, les accents cuivrés à un son bien maîtrisé.

d1a27783cd396310e36604d90752513f.jpgYoha, le leader du groupe, a lancé la chanson Absence, en évoquant la peine que laisse le décès d'un être aimé, le vide qu'il creuse dans la poitrine, mais "la joie qu'il nous souhaitait de pouvoir ressentir quand, de ce vide, on arrive à faire quelque chose et à le remplir". Il s'est alors approché de Reivax, et j'ai écouté cette chanson sans le quitter des yeux. J'ai reconnu sur son visage, dissimulés derrière sa barbe et un mètre cinquante de dreadlocks remontés au dessus de la tête, des traits de Monique. Elle vibrait dans cette pupille brillante.

A la fin du concert, Xavier est resté avec nous, trés attentionné, nous avons parlé de choses et d'autres, qui disaient la difficile vie d'artiste. On a parlé de Boby, évidemment, oui, de toi, Boby, il nous a dit combien nous comptions pour toi, nous, tes amis du moment. Nous le savions mais c'est différent de l'entendre, surtout de Xavier.

Il nous a dit qu'ils te poussaient à l'écrire, ce livre que tu as au bout du stylo, au coeur de la poitrine, dont les bribes sont déjà là, éparses, dans ton blog...

On a passé une bonne soirée. C'est toujours ce qu'on se dit quand on rencontre de la générosité.

_________________________

Absence


Combien de fois mon cœur a espéré,
Rien qu’une fois, dans mes bras te serrer
Une page blanche de souvenirs effacés,
Reste de toi des mots sur un cahier

Puisque la vie est éphé-mère
Je veux en saisir la beauté,
Puisqu’il me reste la prière
Qui puise sa force dans la fragilité

J’ai tant prié pour ta présence
Mais j’ai tant appris de ton absence
Peine d’hier devenue paix
Aujourd’hui

Oh combien ma foi,
En moi, fût éprouvée
Pour qu’une fois
Je puisse te retrouver
Mais le silence fini par vous confier
Qu’aux apparences, une âme ne peut se fier

Puisque la vie est éphé-mère
Je veux en saisir la beauté,
Puisqu’il me reste la prière
Qui puise sa force dans la fragilité

J’ai tant prié pour ta présence
Mais j’ai tant appris de ton absence
Peine d’hier devenue paix
A jamais

Tu peux t’en aller
En paix sur l’autre rive,
Tu peux t’en aller
A jamais