21 mai 2008
Oh!91 au Pays de l’Or Noir
Bon, ben je dois l'admettre, je suis pris à mon propre piège. Il fallait que ça arrive. A force de m'essayer à quelque chose qui serait une sorte d'intégrité d'écriture - et de démarche - à force de vivre une sorte d'inadvertance sexuelle, et d'en parler, je suis rattrapé par ma propre caricature. Balmeyer a lancé la légende, et force est de constater qu'il a réussi à bien faire se marrer tout le monde.
Et voilà que Zarxas reprend le personnage à son compte, dans un récit qui valait plus qu'une simple parution dans un commentaire. Bon, du coup, je suis mal, moi qui avait en préparation un récit plus vrai que nature sur la pleine lune de lundi dernier... En même temps, ça tombe bien, je n'avais pas trop de temps pour le finir là tout de suite, alors en attendant la suite des aventures de Oh!91 chez Balmeyer (c'est pour samedi soir, à minuit), je te propose de découvrir ici le récit de Zarxas :
(Comme quoi je ne suis pas bégueule).
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Tu te demandes ce que je fais tout seul en plein désert libyen. Je suis venu prospecter du pétrole pour une joint venture socialiste et fraternelle entre le Val-de-Marne et la Jamahiriya Populaire. Mais Fiso a compulsivement taxé mon portable avec GPS pour sa collection et j’erre désorienté sur les dunes, vague après vague.
Que ne suis-je resté entre deux eaux ! Sur ce fait, qu’aperçois-je ? Mais c’est la piscine de Roger Legall, fort à propos délocalisée en plein Sahara, où de jeunes et fournis éphèbes du désert nagent en me faisant signe !
J'accoure, je plonge ! Las, ma gorge, doublement assoiffée à la vue des adolescents bédouins naturistes reste désespérément sèche, mon visage dans le sable. "Relève-toi, étranger, et monte !" ouïe-je, fort surpris d’entendre céans cet arabe marocain populaire mâtiné d’accent parisien banlieusard. Je lève lentement la tête, incrédule. Mais ce n’est pas une vision : ma main tremblante me prouvant la réalité du dromadaire devant moi, monté avec noblesse par un fier homme du désert aux yeux noirs, perçants et pourtant rieurs. A son invitation, je retrouve toute ma vigueur et monte prestement sur sa croupe (du dromadaire). Il m’explique que je serai son hôte dans son camp, proche. Je l’en remercie profusément et me présente ; il me répond se nommer WajDi.
Par Karl et Freiderich ! Mon émotion, à son comble, unie à la perception de son corps fin, dur et souple sous les vêtements amples, et la démarche de l’animal, ressuscite mes sens et mes organes, ce qui semble n’incommoder nullement mon généreux sauveur. Nous nous dirigeons droit vers sa somptueuse tente caïdale, parmi les joyeux cris de bienvenue et les premiers accords des musiciens.
A l’intérieur, un serviteur nous apporte le thé sur un plateau d’argent raffiné puis s’efface, me laissant seul avec mon héros. Il garde son turban et son écharpe : je ne connaîtrai pas encore son mystérieux visage. Ce n’est qu’alors que je remarque, à côté de la théière, les pièces disposées sur la table : "Vous aimez les échecs ?", m’exclame-je. "Certes", me répond-il, "désirez-vous jouer avec moi ?" "Oh, oui !" Alors que débute notre face à face silencieux, j’observe, au-delà de l’échiquier, que les vêtements lâches de mon hôte se tendent en leur partie centrale avec plus de force que sa tente caïdale. "Sidi WajDi, vous disposez là d’une fort belle pièce maîtresse", lui dis-je. "Vous de même, noble étranger", me répond-il, "Jouons donc une partie plus intime". Nous procédons à nous branler, au rythme des darboukas dont les échos nous parviennent feutrés, et dont l’accélération conduit notre transe sexuelle à son paroxysme : nous jouissons, de longs jets puissants, fournis.
Dans l’air du désert, nos spermes libérés se dessèchent en deux jets de sable dont les volutes s’entremêlent en de folles arabesques, tels deux serpents charmés par le son de la ney. C’est charmant, mais c’est fastidieux à nettoyer.
14:23 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : wajdi, fiso, balmeyer, homosexualité, éjaculation
24 mars 2008
merci, Maestro !

Que retenir de ce beau week-end en Arles : les prouesses gastronomiques de Boby, chacune de ses petites attentions, sa parole dépolie et intarissable ? Ou le rire enfantin de Fiso devant son - non, ses - toreaux en chocolat ? Ou les opportunes intrusions téléphoniques de notre ami commun, celui à qui l'on devait d'être ainsi réunis et dont nous parlâmes tant, forcément ? Ou les yeux hypnotiques, d'un magistral bleu-roi de ma blogueuse jumelle, la troublante effervescence amoureuse où elle se trouvait, son bonheur visible de nous serrer dans ses bras ? Ou le sourire encore perplexe mais déjà épanoui d'un jeune homme qui sait à peu près de quoi il se libère et à peu près où il va ? Ou les maaloumehs de Pâques d'une restauratrice libanaise récemment installée ?...
Le toreau s'était d'abord présenté à nous sous la forme d'une fabuleuse guardiane aux olives noires, avec Boby en maestro. Je n'avais plus vu de corrida depuis au moins quinze ans. C'est à Nîmes, plutôt que nous avions l'habitude d'aller faire la fête, pour Pentecôte. A l'époque, on ne risquait pas d'entendre du Claude François dans les bodégas, ç'aurait été du dernier des ringards.
Igor n'aime pas la corrida, ne supporte pas l'idée que je puisse aimer ça, alors tout comme j'ai arrêté d'aller au ski depuis que nous sommes ensemble, ou comme je ne vais pratiquement plus au cinéma, j'avais mis en veille mes passions tauromachiques. Je ne sais pas si ça répond à l'interpellation de Patrick sur ce qu'est l'amour avec un grand A...
Pour couper court aux polémiques que j'entends d'ici, disons-le tout de suite : oui, c'est cruel, oui c'est barbare, et pour tout dire, je suis
convaincu que dans une société humanisée, harmonieuse, où les inégalités et les oppressions auront disparu, où les cultures populaires ne seront plus écrasées, éliminées par l'uniformisation et la marchandisation, les corridas pourront rentrer sereinement dans le registre des patrimoines mémoriels.
Mais parce que nous n'en sommes pas là, parce que la diversité culturelle est gravement menacée, et doit être préservée pied à pied, identité par identité, je suis un résistant, et donc un ardent défenseur de la corrida. Doublé d'un aficionado. Imagine Lille sans sa grande braderie, l'Irlande sans la Saint-Patrick...
Il y a autour de la corrida, en fait plus qu'une vague culture populaire, mais toute une érudition populaire - c'est un peu comme avec le vin - qui va bien au delà de l'esprit "jeux du cirque" que lui attribuent souvent ses détracteurs. J'écoutais samedi les gens autour de nous observer les toraux qui entraient dans l'arène, commenter leurs qualités, leurs défaillences, leurs travers, ou la stratégie des matadors, le travail des picadores, la faena de chacun, leurs naturelles à droites, leurs naturelles à gauche, imperceptiblement plus difficiles... Au delà des grandes envolées collectives - il y en eut peu, samedi, notre corrida fut soignée, mais sans plus - chacun y allait de son petit couplet avec un regard aiguisé, singulier, intraitable, sur la bête comme sur l'homme. et j'aime cette appropriation, ce savoir-là, qui participe de l'intelligence humaine.
Donc voilà, c'est ainsi. Si tout va bien, je me suis définitivement fâché avec la moitié de mes lecteurs. Peut-être aussi la moitié de mes amants. Mais bon, c'est ainsi.
Arles en fête, la ville investie par la foule, les peñas à chaque coin de rue, les fanfaronnades, les odeurs de paellas géantes dans la nuit, les grandes tablées bruyantes... Hmmm ! Que c'était bon de renouer avec ces sensations, de laisser glisser son regard sur de beaux garçons, de tenter d'harponner un regard, de laisser son pied, sa jambe, sa hanche s'animer au rythme de Magnolias.
Sur le chemin du retour vers la maison de Boby, encore chauffée par l'ambiance de la Bodega Juan Bautista (du nom du jeune matador arlésien que nous avions vu dans l'après-midi), Fiso s'est laissée aller à nous montrer un tout petit bout de son vaste répertoire Claude François. Extraits de la foule dans les petites rues retirées, Comme d'habitude nous enchantait.
20:04 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : tauromachie, arles, féria, boby, fiso
06 mars 2008
Changement de sexe

Le titre de ce billet est un peu étrange, il a même assez peu à voir avec la choucroute, mais j’ai vu qu’il y avait un jeu dans l’air, dont je n’ai pas bien compris les règles mais auquel il me plaît malgré tout de participer pour y retrouver des blogueurs de talent rencontrés ce week-end.
En effet, samedi a été une journée pleine d’émotions tout le temps, et de sexes changeants quelques fois (changeant d’état, à défaut de changer de genre).
D’abord, les retrouvailles avec Reivax, l’un des fils de Boby, trompettiste du groupe Funde, dans son château des bords de Seine. D’accord, ce n’est pas vraiment un château, mais plutôt la vaste demeure des domestiques, et il n’y occupe qu’une chambre chez l’habitant, mais quand-même, quel cadre ! J’ai eu plaisir à retrouver ce même sourire, et la même profondeur sensible et naïve du regard, que lors de nos deux rencontres précédentes. Là, il ne fut question ni de sexe ni de changement, sauf l’évocation de la difficulté à faire venir sa petite copine chez soi quand on habite une chambre chez l’habitant. Fût-ce dans un château.
Ensuite, ce fut la soirée des blogueurs, joliment qualifiée de Kremlin-Carnet par l’un des invités de choix. Puisque je parle de lui, il m’a fallu ravaler mon chapeau, ou plutôt le sien, qu’il a joli, d’ailleurs, enfin, qu’il avait joli dans mon imaginaire, ce qui est une autre façon de dire que le
choc de la rencontre n’a pas été moins violent que s’il avait récemment changé de sexe.
Il y avait aussi sa séduisante compagne – j’en profite tout de suite pour glisser qu’il est lui-même fort séduisant du haut des vingt-cinq ans de moins que ce que lui donnait mon imaginaire – à la sexualité tout aussi débridée, parfaitement animale et - ma foi, à la lecture de ses pages - toujours très inventive.
Il y avait évidemment notre hôte, à l’initiative de ce beau rendez-vous, plus débonnaire qu’à l’accoutumé – il faut dire que je ne l’avais vu jusque-là que dans son bleu de travail. Je lui ai entendu débiter moins d’avis, et moins d’âneries qu’il n’a l’habitude d’en servir sur ses blogs. Et je dois ajouter que je ne sais pas dans quelle mesure il aurait ou non récemment changé de sexe ou de sexualité, car c’est un sujet qu’il aborde assez peu si ce n’est au travers de plaisanteries graveleuses avec ma copine Fiso, ou de liens non moins douteux vers mon blog.
Elle, tiens, puisqu’on la tient, était là aussi, toute auréolée, non pas de ses deux années de pratique, mais de ses récents billets pleins d’impudeurs sentimentales et touchants à souhait.
Il y avait un petit mignon avec sa petite mignonne, l’un bloguant, dans un registre raffiné, littéraire et parfois espiègle, l’autre pas. Il y avait un éditeur provincial plein de projets et, déjà, de réalisations, mais que le nom de blog donne envie de dégorger. Il y avait d’autres amis dont mon Igor, dont des étrangers, certains de couleur, ce qui ne peut en aucun cas être interprété du point de vue d’un éventuel changement de sexe, quand bien même la Guyane et le Brésil forment ensemble la plus grande frontière française.
Enfin, notre Boby, patriarche surprise, à la bannière rafraîchie, a fait sensation même s’il n’a pu à son tour présenter son blog à l’assistance parce qu’il nous fallait partir pour notre deuxième partie de soirée, épisode qui dit à lui seul la frustration que nous avons à la fois infligée et ressentie à ce moment-là de la soirée…
La deuxième partie de soirée, justement, et troisième épisode de ce billet, si tu me fais l’amabilité de me suivre, se déroulait dans un Pub irlandais de Saint-Ouen, pour le concert des Starloozes. Là, on était dans le registre de la relâche totale, et je dois dire au risque de te décevoir qu’il n’y eut pas le moindre indice de transformisme, excepté les larges lunettes à écran rouge enfilées en milieu du concert par notre tromboniste préféré dont Fiso anime le fan-club.
Là, l’émotion résidait dans la rencontre attendue entre Yo, aux yeux plus bleus qu’un lagon polynésien (l’expression est empruntée), plus profonds aussi, à la nuque toujours aussi soyeuse, au sourire infiniment plus riche qu’une caverne d’Ali Baba, et Boby. Je fais confiance à ce dernier pour livrer sur son blog, une fois l’émotion absorbée, les mots qui diront comment il en a chaviré. Je retiens aussi une salsa endiablée que m’a offerte ma p’tite Fiso, où on s’est donné du contact comme on aime, du vrai, sensuel à souhait, avec même un petit bisou dans le cou à la fin, sans se poser plus de question… Là, il y avait aussi des copines de ma copine, Esperanza, Charlotte, une guest star, Karine, qui m’a dit une chose que je n’oublierai pas de sitôt, et une ambiance fort sympathique.
Pour ne pas nous quitter sur cette note jugée par tous insuffisamment tardive, et bien que j’étais pour ma part prêt à rentrer dare-dare me glisser sous une couette, nous avons joué les prolongations dans un bar de Bastille. Finalement, ce n’était pas une si mauvaise idée. Ça nous a permis de nous parler mieux les uns aux autres, dans des configurations changeantes, presque comme dans un club de parole échangiste. Enfin, de parole… en descendant aux toilettes, un regard venu de la table à côté m’a alpagué, puis m’a suivi. Je ne m’étais encore jamais fait serrer comme ça dans le recoin d’un bar ordinaire. Cinq ou dix petites minutes de câlinage forcené, avec un Erwan, qui a fait passer mon sexe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. La choucroute n’était pas sauvée. Mais le titre de mon billet, oui.
00:05 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : blog, fiso, starloozes, homosexualité
27 février 2008
en vrac

Et voilà, à moi de faire un petit en vrac, histoire de lâcher deux ou trois choses que je voulais te dire, et pas du tout à cause d'une panne d'inspiration (je te réserve quelques petits billets avec un petit peu de sens, encore, du moins j'espère, ne t'inquiètes pas).
D'abord, un petit coup de colère contre Haut et Fort, mon hébergeur. Il est en panne de commentaires. J'étais en pleine déception de voir mes billets de dimanche et de lundi restés presque sans suite, comme si le Liban ou Cuba ne t'avaient pas interessé, ou si tu avais eu une lassitude devant l'hyper-fréquence de mes bavardages, comme si j'arrivais au bout de quelque chose avec toi. Bon, il y a peut-être de ça, je ne t'en veux pas. Mais il y a surtout cette satanée mise à jour, dimanche, qui nous a livré une interface moins fonctionnelle et a rendu inacccessible l'enregistrement de la plupart des commentaires. Alors ça me rassure et je m'accroche à cette explication.
Pour combler le tout, c'est Hotmail qui était en drapeau tout hier. Pas moyen de se connecter sur MSN, de prendre des nouvelles de la grande rencontre du jour, ni de lire tes messages, peut-être ta contribution à cet exercice littéraire lancé par mon copain Manu. J'en profite pour te relancer, te signaler que j'ai désormais cinq textes sous le coude, que j'en suis tout chose, vraiment tout chose, tu comprendras pourquoi à leur lecture la semaine prochaine, et te rappeler que si tu voulais y participer, c'est tout simple : le règlement est là, et tu as jusqu'à dimanche minuit.
Ah ! Encore une chose, j'aurais du te signaler l'exposition où mon Igor expose depuis vendredi soir, je manque à tous mes devoirs - pourtant, elle a de la gueule, la biennale d'Art contemporain d'Eragny-sur-Oise. Mais ma copine Fiso, qui nous accompagnait au vernissage vendredi
dernier - une vraie pro du cocktail gagnant, soit dit en passant - m'a devancé et a fait ça très bien : ça se passe ici.
Et puis une toute dernière chose, parce que là je pense à lui : mon ami Saiichi traverse des épreuves qui vont lui demander beaucoup de courage : il a à affronter Sarkozy, Hortefeux et tout un arsenal légal qui cherche à lui faire quitter la France à toute force, alors que c'est le pays qu'il aime. Il souffre profondément dans son coeur et dans son âme, à en oublier son dos. Je t'en reparlerai dès qu'il disposera d'une stratégie sûre, conçue avec un avocat, parce qu'il aura peut-être besoin de ton aide. Lundi soir, après l'amour, nous nous sommes caressés de notre sperme, je ne l'avais encore jamais fait ainsi. J'aime chez Saiichi comment, en dépit de tout, il perçoit mes messages les plus subliminaux : pour moi, il s'était rasé les couilles et tondu les poils pubiens.
00:05 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : blog, fiso, saiichi
31 janvier 2008
lendemain de grippe

Lendemain de grippe... C'est pas très bon, ça, comme titre. Enfin, pas très juste. Est-ce qu'une grippe a une fin, d'abord ? D'après le Docteur, oui. D'après le thermomètre, aussi. Sauf que depuis ma sortie-de-grippe théorique, mes jambes, elles, continuent à faire flagada, ma tête diling-diling, et que surtout, surtout, je n'ai pas retrouvé le goût de rien.
Ma grippe s'est déclenchée le mardi de la semaine dernière. Avec, peut-être, si je suis honnête, un arrêt des érections dès le lundi soir (ben oui, c'est un critère !). Eh! bien nous sommes le jeudi de la semaine suivante, et rien, oualou ! Si, dimanche matin, à l'heure du petit réveil, une toute petite, qui m'a fait croire à la guérison. Las, fausse alerte !
Donc depuis lundi, où le docteur m'a autorisé à reprendre mes activités normales, donc le boulot, je continue à me traîner une fatigue désagréable, un manque d'entrain épouvantable, je repousse tout à plus tard. Dès que la pression retombe, je suis gagné par la somnolence. Dès qu'une discussion s'anime, je n'arrive pas à m'affirmer. Mon esprit zappe d'un sujet à l'autre... Bref ! une grippe n'a pas de fin, mais une queue. Et je suis dans la queue. Du coup la mienne est aux abonnés absents. Et l'on ne sait pas où est le bout.
Un collègue ce matin m'a dit : "te laisse pas abattre, va nager !" Il m'a raconté toute une théorie sur la fabrication des globules rouges par le corps, en ajoutant : "y'a que le sport, pour ça."
Je l'ai écouté, je suis allé à la piscine, et je me suis fait un programme modeste, de remise en route. Je l'ai fait sans souffrir. J'ai senti ma somnolence s'estomper, c'est déjà ça. Effet "blogules rouges" (pour reprendre la jolie expression lâchée par ma copine Fiso qui m'a accompagné dans l'efforrt, tout émoustillée par - par quoi, d'ailleurs ? - tu nous diras, hein ?).
En revanche, pas d'effet douche. Il va falloir que mes nouveaux globules tout neufs, rouges ou pas, se fassent dare dare un petit tour du propriétaire et découvrent le chemin de... l'ensemble des cavités spongieuses destinées à les recevoir ! Non mais !
Enfin, tout ceci pour t'expliquer la pauvreté du billet du jour. Je sais. Pardon.
08:00 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : grippe, piscine, natation, Fiso
15 décembre 2007
un mois pour moi

Je voulais te préparer une note sur le premier mois de mon blog (ben oui, c'est aujourd'hui : 16 novembre – 15 décembre). Sans trop savoir sous quel angle l'aborder. Le temps passé à écrire ? La montée en puissance des statistiques ? Leur suivi en temps réel avec Blog-it Express, dans une frénésie pas encore tout à fait maladive ? Tes commentaires ? La recherche de connivences avec d'autres blogueurs, qui confine parfois au tapinage ? Les rencontres, celles qui ont eu lieu, celles qui sont promises ? L'état du regard sur moi ? L'état de ma ligne éditoriale ?... C'aurait pu te faire un billet à rallonge (déjà que j'ai tendance à pas faire court...)
Et puis un déjeuner hier, une de ces rencontres, justement. Avec un bougre d'ange (vas voir comme elle parle de moi, elle dit des choses si gentilles, et attardes-toi à l'occasion, j'aime sa façon d'assembler les mots). Et à la fin d'une merveilleuse discussion où le dire et l'écoute tournaient en orbite autour de nos vies, cette question : « mais au fond, avec ton blog, tu cherches quoi ? » Putain! Je cherche quoi ? Sec, le bonhomme. Complètement pris à défaut : je cherche quoi ? J'engage tout mon être dans cette aventure, entêtante, obsédante, j'y laisse des heures de sommeil, je fragilise ma concentration au boulot, je mets en péril quelques uns des équilibres de ma vie, et je ne sais pas ce que j'y cherche ? Allez, un effort.
Je me suis avancé : « pouvoir me dire dans mon entièreté, peut-être : avec du superficiel et de l'intime, du privé et du public, du personnel et du professionnel, des valeurs et du sexe, de l'engagement et de la lâcheté, de la force et de la failesse, de la bienveillance et des règlements de compte ». Relier ainsi les deux eaux qui sont en moi, celle qui boue et celle qui gèle – c'est important pour entretenir mon intérieur à 37 °C - l'eau qui dort et celle qui court, celle qui y croit et celle qui n'y croit pas, celle qui doute et celle qui fonce, celle qui s'expose et celle qui se cache. (Bougrenette, tu vois, j'ai paufiné ma réponse depuis hier...)
Et me dire ainsi pour être accepté ainsi.
Elle m'a demandé : « Pour être reconnu comme ça ? ». Etre reconnu, oui. Dans les deux sens du terme. Gagner de la reconnaissance (tu m'en apportes beaucoup, tu sais, tes commentaires, ta présence régulière, si tu savais ce qu'ils représentent), et être découvert. C'est vrai que j'aime cette idée de jouer avec un anonymat ébrêché, disséminer ici et là mille indices, prendre le risque, plus ou moins consciemment, qu'un collègue, un supérieur, un ami d'avant, un membre de ma famille découvre mon blog, et donc me reconnaisse derrière le masque. Prendre le risque d'y perdre toute ma crédibilité. Et d'y gagner autre chose, de plus grand, de plus authentique. Vivre à travers le blog cette petite peur-là.
J'ai remarqué que la notion de honte était très présente dans mes billets. J'affirme ne plus en avoir dès la présentation que j'ai faite de moi le premier jour. Et je passe mon temps et mes lignes à vouloir m'en laver. Alors oui, je crois vouloir vivre ce besoin d'être accepté pour ce que je suis, tout ce que je suis.
Et puis il y a WajDi, Fiso et Boby. Mes trois matrices. Celui qui m'a attiré dans l'oeil du cyclône, celle qui m'a montré le comment faire - ma coach, quoi ! - et celui dont l'épreuve m'a obligé. Le petit cercle, cet anneau fusionnel que je voudrais tant préserver quand le cercle s'élargit. Que je voudrais emmener avec moi partout, arracher au virtuel, sans en même temps m'y enfermer pour ne pas devenir fou.
J'ai fait le plus facile. J'ai parlé de mes souvenirs, j'ai raconté des choses vues, des moments fugaces, j'ai déséroticisé le sexe pour arriver à en parler, et j'ai dans mes souvenirs des choses plus profondes encore à livrer. Bientôt.
Mais je parle peu en fait de ce qui est au fond de moi. De la souffrance présente, de mes doutes présents. Je t'implique peu, en fait, dans mon fort intérieur. Je voudrais y arriver. Arriver à t'en parler pour arriver à me les avouer. j'ai besoin de temps encore pour m'écouter plus au moment présent, pour ne pas jouer de rôle. J'ai des faux-semblants encore à abattre.
Je crois que j'y suis : avec ce blog, je voudrais que tu m'aides à soritr de mon mentir-vrai.
13:25 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blog, homosexualité, WajDi, Boby, Fiso
30 novembre 2007
Nage libre
Une version libre - et libertine - de la nage, dénichée avec complicité sur le blog de ma copine Fiso, qui l'y avait déposé aux premiers jours de lété... (voir ici sa version originale, et le chapelet de poèmes apportés alors par ses commentateurs-trices)
"Poésie de mon corps dans l'espace miroitant
Vaguelettes et remous sur un gouffre sans fond.
Par à coups réguliers, mes nageoires de dentelle
Troublent la surface plane et font jaillir des gerbes.
Entre mes doigts des rubans glissent et s'envolent
Goulées d'air avalées, souffle qui s'accélère,
Fluide de la vie qui remplit
Et dilate doucement mes muscles alanguis.
Lente mouvance du corps qui flotte et qui s'enfonce
Dans la ouate nacrée et chaude.
A l'écoute des sons feutrés et chuchotés
Mes doigts cherchent dans l'air un appui, un refuge,
Cramponnée aux parois, d'un pic vertigineux, je plonge".
08:44 Publié dans eaux douces et autres amants | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Fiso, nager, natation, érotisme
17 novembre 2007
Fiso, une belette devenue reine
Comment te parler de Fiso ? D'abord, te dire que sans elle, ce blog n'aurait pas vu le jour. Si WajDi en est le César (voir ici), elle en est la césarienne. Bon, l'image est douteuse, mais c'est elle qui a fini par me convaincre d'aller au bout de cet accouchement difficile. Fiso, elle est LE truc bien qui m'est arrivé au cours de ces derniers mois, LA fille qui pourrait me faire croire que même douze ans après, je serais peut-être capable d'aimer encore des femmes d'amour.
Va savoir pourquoi, elle faisait partie des très rares lectrices du blog de WajDi, et à ce titre notre furieux boxeur lui avait mis le grapin dessus. Mais pendant ce mois d'août où il avait déserté la place, elle réagissait aux récits que je postais, presque chaque jour. Et un dialogue s'était instauré. Je l'émouvais, elle se livrait, nos histoires se faisaient écho. Au bout de ce mois, comme d'évidence, nous devions nous voir. Nous appartenions à la même communauté des WajDi friendly, mais nous n'avions, ni elle ni moi cette impérieuse obligation de rester enfermés dans la bulle virtuelle. Alors nous nous sommes vus. Timidement d'abord, puis plus franchement, nous nous sommes invités mutuellement au théâtre, au resto, dans nos maisons respectives, et nous voilà totalement addictes l'un de l'autre. On s'appelle chaque jour plusieurs fois, on passe des plombes sur MSN, je ricane tout seul devant mon écran quand elle glousse sous le regard bienveillant de son frangin, son coloc. Moi qui croyait avoir passé l'âge de ce genre de choses...!
Fiso, comment te dire, c'est un puits de vie. Son regard est une étincelle. Son sourire respire l'enfance, il est l'innocence totale. Sa voix gouailleuse pourtant te dit un parcours rocailleux. Partout où elle passe, elle est la reine. Etre son ami fait donc de moi un roi.
Pourquoi a-t-elle si vite pris une telle place ? Un lien vers WajDi, l'intouchable ? Non, pas ça, plus ça. Les circonstances font qu'elle a été introduite dans ma vie par le biais de ma plus profonde intimité. Le reste - c'est à dire mon moi social, ma famille, mon boulot, mon mec, ma respectabilité, quoi ! - est venu après. Le contraire d'à peu près toute amitié normale où l'intime ne se dévoile jamais complètement. Ca fait de Fiso la seule avec qui je puisse évoquer sans rougir une petite branlette dans les douches après une séance de natation sur le même ton que mon pot-au-feu de la veille. Une amie comme je n'en ai jamais eu, en fait. Est-ce ça aussi le miracle des blogs ?
12:05 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Fiso, blog, WajDi


