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27 novembre 2007

les Gitans des mers

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L’eau encore (je t’avais prévenu, Christophe) mais dans sa version destructrice…

Cet après midi, une délégation de pêcheurs thaïlandais nous rendait visite à mon travail. Invités en France par le Secours populaire, ils venaient témoigner de l’œuvre de reconstruction accomplie depuis le tsunami de 2003. Ils nous ont raconté comment leurs villages ont vécu diversement les désastres d’alors. Les communautés de pêcheurs les plus traditionnelles, aux habitations protégées par la mangrove, en réchappant pour l’essentiel, alors que les ports de pêche des petites villes voyaient leurs embarcations toutes anéanties.

30363405cfa7d04ddc3fae823a3c436a.jpgLa reconstruction a été l’occasion pour ces gens de s’interroger sur les modes de développement. Avec des choix à faire. Quelles cultures ? Quelle activité piscicole ? Un tourisme de masse, ou de luxe, qui sacrifie tout à une économie immédiate et illusoire ? Ou un tourisme raisonné, moins prodigue en argent, mais compatible avec le maintien de modes de vie traditionnels, qui protègent les enfants de la tentation de l’exode ?


Avec les aides reçues, ils ont réparé des maisons, reconstruit des bateaux, retissé des filets, mutualisant les outils et les ateliers. Ils ont mis en place des écoles où ils ré-apprennent aux jeunes génération à cultiver le palmier à sucre : c’est la plantation la plus adaptée, la plus respectueuse de la ressource en eau, celle qui fournit une base pour toute l’alimentation, mais qui avait été délaissée pour des productions moins éprouvantes et plus productives.

Wirat, nomade des mers, nous a raconté comment lui et sa communauté avaient senti arriver la vague, mais n’avaient pas été écoutés par les autres villageois, parce que, comme tous les Gitans du monde, leur savoir traditionnel était déconsidéré.

J’ai rencontré des gens simples, aujourd'hui, pauvres, analphabètes, beaux jusqu’au fond de la poitrine, et ils m’ont donné une belle leçon d’humilité et d’humanité.04e242d923e35e75b61095a9639b9b22.jpg