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07 mars 2009

les esthètes

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Bon ben voilà, je l'ai fait.

Je m'étais arrangé pour passer la nuit non loin de la Bastille. J'avais mis le réveil à 5h15. A 5h37, j'y étais, ça m'a valu le ticket n° 24 : jolie prouesse pour une première ! La petite ribambelle déjà en place était plutôt joyeuse, et en verve malgré l'heure matinale. Le n°9, arrivé à 3h15 m'a dit que la n° 1 était sans doute arrivée vers 3 heures moins le quart.

Je me suis mis de côté, il me restait juste quelques pages à lire pour finir mon thriller, un livre que m'a offert Laurent il y a quelques semaines, J'ai épousé un inconnu, de Patricia MacDonald, traduit par son amie Nicole.

Les prosélytes lyriques sont arrivés assez vite, j'avais fini ma lecture.

Le ballet rituel a commencé. Premier café, au Falstaff après l'appel de 6h. Pas de croissant, il y avait de l'arrêt maladie en cuisine. Après l'appel de 7h, nous sommes allés aux Associés. La rue s'animait. Après celui de 8h, j'ai quitté le groupe pour rejoindre mon hôte de la nuit dans la lumière du jour et lui porter des pains au chocolat avant son départ au travail. Pour me prémunir, j'en ai profité pour placer à ma lucarne un ticket d'horodateur valable jusqu'à 11h.

Après l'appel de 9h, la file d'attente s'est mise en place sur le trottoir. Mes voisins de queue commentaient leurs derniers spectacles, leurs impressions sur le Werther, encore fraîches, et Zeffirelli ceci, et Peter Sellars celà, et que je l'ai connu meilleur, et que sa mise en scène a vieilli, et qu'au dernier Fidelio je suis parti à l'entracte... J'avais l'impression d'être perdu au milieu de ce monde d'esthètes, fallait-il porter toute cette culture en soi pour apprécier l'opéra ? Avais-je besoin de ce sens critique, de ces outils pour oser m'avancer vers Verdi et Shakespear ? je me faisais tout petit. Je disais que c'était ma première, que j'avais juste aimé le Lady Macbeth de Mzensk, de Chostakovitch, fin janvier, ça m'évitait de jouer un rôle de composition. Et de toute façon, Macbeth ou autre chose...

A 9h30, les portes du hall se sont ouvertes, et les agents d'accueil de l'Opéra Bastille troquaient nos tickets de fortune contre un numéro d'appel officiel. Il restait une heure à attendre. Nespresso faisait de la pub pour sa nouvelle cafetière et offrait le café. J'en ai commandé un plutôt fruité et suave. J'ai cherché George Clooney du regard. Ça m'a permis de constater qu'il y avait quelques beaux garçons.

Kozlika a sorti son tableau et les commandes des uns et des autres, a vérifié d'un ou deux coups de fil que personne ne s'était oublié en route, a distribué les commandes, les noms, les dates, et les nombres de billets à acheter. Ils iront tous le 7 avril. Sauf moi, ma contrainte des mardis soir, qui irai à la première, le 4 avril.

Puis à 10h30, par groupes de 30, nous avons été invités à rejoindre la salle de la billetterie. Je faisais partie du premier wagon. Dans la file, on s'enflammait encore. J'ai eu les places que j'escomptais, au rang 7 du premier balcon, celles qui sont à 20 euros, mais où l'on voit comme à 70, sur-titres bien visibles.

A 11h, billets en poche, je rejoignais ma voiture pour aller au turbin. Sur les marches de l'Opéra, il y avait quelques jeunes, jeans à mi-fesse baillant aux genoux, sac à dos en toile kaki.

Je continue à découvrir l'Opéra, j'espère longtemps y trouver goût en ingénue.

Tiens, un autre ticket en passant : le 400. Ceci est ma 400ème note.