<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>entre deux eaux - quand_je_chavire</title>
        <description>entre marée haute et marée basse, entre eau douce et eau salée, entre hier et aujourd'hui, entre mer d'huile et tsunami, entre voile et vapeur... dans une transition sans fin, où la première eau est de préférence... à jeter</description>
        <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/quand_je_chavire/</link>
        <lastBuildDate>Tue, 07 Oct 2008 14:13:59 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/10/04/parler-avec-son-corps.html</guid>
                <title>parler avec son corps</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/10/04/parler-avec-son-corps.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Sat, 04 Oct 2008 11:16:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/01/1217245330.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/01/165651642.jpg&quot; id=&quot;media-1311611&quot; alt=&quot;brutos7339_by_HowardRofman.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1311611&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&quot;&lt;span style=&quot;color: #800080;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Il y a des jours de la sorte. Le corps s'impose. Parle. Dicte. Hurle. Sort de son silence. Il y a des jours comme ça, on l'écoute. Et tout d'un coup, une nouvelle vision des choses s'ouvre&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;la saison des mots&quot; href=&quot;http://desmotsetunevie.blogspot.com/&quot;&gt;Chiron&lt;/a&gt; qui m'a déposé ce commentaire l'autre jour, en rapport avec mon angine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je crois que j'ai longtemps considéré mon corps comme une excroissance inutile. il y avait moi, qui m'en sortais comme je pouvais, jamais brillant, mais jamais à jeter, et puis il y avait cette espèce de machin, là, gourd et creux,&amp;nbsp; qui m'encombrait, qui me valait des railleries. Du coup, je ne m'en occupais pas - il n'aurait plus manqué que ça, tiens ! C'était mon boulet plus que mon outil. Le passage au garage, c'était exclusivement pour les pannes sérieuses ou pour soigner les bosses, et puis ça repartait. Il n'était pas vraiment un partenaire, mon corps, encore moins un ami, ou un frère. Je ne communiquais pas avec lui. Je lui &lt;i&gt;infligeais&lt;/i&gt;. Tout. Mon oisiveté, ou ma suractivité, mon stress, ou ma déprime. C'est comme ça, sans doute un malentendu né dans l'enfance, dans un malaise d'adolescent, dans ma différence, le rejet du sport découlant de tout cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'avais trente ans quand j'ai commencé à m'y intéresser. Quand j'ai pensé qu'il pourrait m'être utile, et que pour ça, il fallait aussi que je lui rende un peu service.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En passant &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;nager, ma passion&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2007/11/24/nager-ma-passion.html&quot;&gt;la porte de la piscine&lt;/a&gt;, je faisais de lui mon complice, et lui m'ouvrait la voie vers de nouveaux plaisirs. Ceux de la glisse, ceux du &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;le bourrin souverain&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/06/01/le-bourrin-souverain.html&quot;&gt;dépassement&lt;/a&gt;, ceux des rencontres, ceux du sexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce dialogue naissant, on ne s'est pas toujours bien entendu, il y avait parfois des petits dérapages, des impatiences, des alertes que j'ignorais. Il se vengeait, il m'infligrait des tendinites, des séances chez l'ORL, que sais-je encore. Puis peu à peu, &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;à l'écoute de mon corps&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/04/09/a-l-ecoute-de-mon-corps.html&quot;&gt;je l'ai dompté&lt;/a&gt;, je reconnaissais ses premiers signes, je lui offrais les premiers soins réparateurs, je le dorlotais. Lui et moi, on a appris à surmonter beaucoup de choses. Aujourd'hui, je peux dire qu'on s'entend bien en général, peut-être même qu'il est mon plus fidèle amant. Si parfois, submergé par plus fort que moi, par plus fort que lui, il se met en vrille, je prends alors le temps de l'écouter, de le comprendre, et nous dénouons ensemble les abcès.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'aurait été que moi, je n'aurais pas pensé avoir besoin d'assistance. Seulement voila, au cours de ces derniers mois, le hasard de mes &lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/02/265655729.jpg&quot; id=&quot;media-1311615&quot; alt=&quot;brutos9512.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-1311615&quot; /&gt;rencontres m'ont conduit auprès d'hommes qui ont pour métier, comment dire, l'inter-médiation - ? - entre le corps et le mental. Un musichothérapeute japonnais, un relaxologue formateur, un chiropacteur andalous, un cosmétologue parisien, un masseur en formation...&lt;br /&gt; Comme si quelqu'un nous avait observé de l'extérieur et avait voulu nous dire : &quot;&lt;i&gt;Hou là là !il est temps que vous passiez à la médiation de couple, vous, je ne donne pas cher de la survie du ménage, sinon.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien qu'on avait vraiment acquis un bon feeling, mon corps et moi, c'est avec eux que j'ai perçu qu'il demeurait sans doute des non-dits parfois, comme là, au dedans de l'omoplate gauche. Ou là, au niveau de la gaine abdominale. Ou encore là, où apparaissent quelques stigmates des ans. Ou que parfois, mon corps exprimait aussi des choses de l'âme, qu'il manifestait à ma place ce que je n'exprimais pas moi-même.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que je me suis retrouvé pour la première fois l'autre jour entre les mains d'un chiropracteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce moment se tient à Paris le &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;le site officiel du salon zen de Paris&quot; href=&quot;http://www.salon-zen.fr/index2.html&quot;&gt;salon zen&lt;/a&gt;, consacré au développement personnel et au bien-être. C'est Porte de Champéret jusqu'à dimanche soir. C'est étrange, il y a peu je me serais détourné de ce type d'événement, j'aurais dénigré ces professions, j'aurais en tout cas abordé ce sujet avec défiance, me disant que parmi les 320 exposants annoncés, on doit compter pas mal de commerçants miteux, âpres au gain, qui ont décidé de surfer sur une vague lucrative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais aujourd'hui, quoi, peu importe les charlatans, où n'en trouve-t-on pas ? La réappropriation de son corps, c'est plutôt un beau projet. On est mieux avec les autres quand on est bien avec soi-même. Plus lucide. Plus à l'écoute. Il faudrait que ce soit le début de tout, peut-être.&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/09/28/sylvain-le-dauphin-affranchi.html</guid>
                <title>Sylvain, le dauphin affranchi</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/09/28/sylvain-le-dauphin-affranchi.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Mon, 29 Sep 2008 00:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/02/138420495.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/02/1393161226.jpg&quot; id=&quot;media-1301943&quot; alt=&quot;plongeon6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1301943&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sylvain, c'est mon partenaire occasionnel des nocturnes de Roger Le Gall (&lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;les nocturnes naturistes de Roger Le Gall&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2007/12/18/sylvain-la-danse-des-dauphins.html&quot;&gt;voir là&lt;/a&gt;). Je ne devrais pas dire &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt;, c'est un peu possessif. Ce que je veux dire, c'est qu'en dehors de nos jeux, je le connais peu. Il est arrivé&amp;nbsp; trois ou quatre fois tout au plus, au terme de voisinages chorégraphiques dans l'eau, que nous nous offrîmes l'un à l'autre, avec ou sans l'assistance d'un complice, des prolongements sensuels, sexuels, et un plaisir connivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne l'avais pas revu depuis la fin du printemps. A cause de l'été, à cause du &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;l'assouvi et l'inassouvi&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/30/l-assouvi-et-l-inassouvi.html&quot;&gt;chagrin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après avoir nagé mes presque deux kilomètres, vendredi soir, après avoir hésité à rentrer en vitesse à la maison car il était fort tard et que j'étais attendu, j'ai finalement fait le choix du détour par la cabine de sauna, qui se trouve à l'étage, en quête de chaleur sèche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y était depuis un moment. Un peu comme s'il m'avait attendu, ou même gardé la place près de lui. Comme si nous nous y étions donné rendez-vous. Il y avait beaucoup d'évidences dans le salut &quot;langue-oureux&quot; que nous nous sommes donné (&lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;ohlebeaujour, le blog de Laurent Delpit&quot; href=&quot;http://ohlebeaujour.blogspot.com/&quot;&gt;Laurent&lt;/a&gt;, pardonne-moi l'emprunt), et dans la façon que nous avons eu d'immédiatement nous toucher. De l'évidence et du besoin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je le trouvais changé. Quelques questions et son langage, sa parole libre, épanouie, confirmaient qu'il changeait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sylvain, pas &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;Sylvain, la danse des dauphins&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2007/12/18/sylvain-la-danse-des-dauphins.html&quot;&gt;mon dauphin dansant&lt;/a&gt;, mais l'homme, j'ai commencé à le découvrir ce vendredi soir. Et je m'en vais te parler de lui parce qu'il m'en a donné l'autorisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sylvain, d'abord, il est beau : il a de grands yeux généreux où tu lis que la méchanceté lui est étrangère. Il est jeune. Enfin, il fait jeune. Je lui &lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/01/1206965224.jpg&quot; id=&quot;media-1301983&quot; alt=&quot;brutos6430_Alex_ChaosMen.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-1301983&quot; /&gt;donnais une trentaine d'années, avec quelques brouettes, il se trouve qu'il est mon aîné d'une bonne vingtaine de mois. Il a été marié pendant vingt ans. Il a trois enfants - trois garçons - dont le plus jeune a 17 ans. A donner le vertige...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son coming out est très récent, deux ans tout au plus, si je compte bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a quelques mois, il est rentré dans une démarche - comment pourrais-je la qualifier ? - de réappropriation de lui-même, ou de réconciliation de son corps et de son mental. C'est étonnant, je me rends compte que depuis quelques mois, le hasard de mes rencontres me font me rapprocher de tels profiles. Je crois que j'en parlerai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'est rendu compte qu'il s'était tant imprégné du schéma de vie qui avait été le sien dans son mariage, fait de renoncements douloureux, par la force des choses - j'en sais &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;Menem, moes amours impossibles&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2007/12/09/menem.html&quot;&gt;quelque chose&lt;/a&gt; - qu'il en était arrivé à le reproduire quasi à l'identique avec son nouveau partenaire de vie. Il a commencé un apprentissage des massages, avec une visée professionnelle, il a entrepris un travail de développement personnel, et le garçon jeune et timide a disparu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vendredi soir, il était souriant, spontané, ouvert, heureux et assumé. Son regard avait la clarté du bonheur, la petite étincelle craintive avait disparu de sa pupille, et moi, j'étais heureux de sentir chez lui un plaisir sincère à me retrouver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les remarques d'une partie de l'entourage teintées d'un brin de légitime puritanisme nous ont empêché d'aller au bout de nos caresses, mais le sexe n'était plus indispensable dans ce partage. Il me parlait de sa vie, il me donnait, il m'incluait dans cette phase nouvelle de libération dans laquelle il se trouvait... Nos longs baisers d'adieu sur le boulevard des Maréchaux, dans ma voiture, suffirent à promettre à cette découverte un certain lendemain.&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/09/21/en-attendant-l-iftar.html</guid>
                <title>en attendant l'iftar (*)</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/09/21/en-attendant-l-iftar.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Tue, 23 Sep 2008 00:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/01/154822196.jpg&quot; id=&quot;media-1291863&quot; alt=&quot;hamam12.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1291863&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La voûte est bleue, elle pourrait être céleste. Il s'agit d'un bleu patiné, pigmenté de tons roi ou turquoise. Il fait chaud, lourd, la pièce est saturée d'humidité. Sur les banquettes de marbres, disposées en diwan tout autour des colonnes, les corps nus s'alanguissent. On entend des murmures, des bruits d'eau. La coupole centrale est parsemée de tessons transpercés de lumière teinte. La vapeur se condense à son contact, des gouttes y apparaissent, et tombent. Allongé sur le dos, je regarde cette voûte pleuvoir. Quelques concrétions calcaires assignent à l'eau ses parcours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trois mètres au dessus de mes yeux. Le temps de les voir, les gouttes sont déjà au sol. Certaines s'écrasent derrière mes épaules, d'autres sur mon front, sur le menton, mes yeux se croient visés. A deux pas, j'entends des seaux d'eau froide se verser sur les corps en sueur. A chaque goutte, mes yeux se ferment par réflexe. J'essaie d'en saisir une toutefois, la voir se former, se décrocher, filer à toute vitesse vers le sol, accélérer même, grossir démesurément à l'approche de l'oeil puis s'exploser la tronche en mille gouttelettes quasi microscopiques. Aussitôt j'essaie de me reconstituer cette chute comme au ralenti. Fixer en moi cette traînée blanche, ce fil d'Ariane, cet aplomb imperturbable, ce grossissement effrayant. Ici, il n'y a jamais de &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;la dernière goutte&quot; href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/08/29/la-derniere-goute.html&quot;&gt;dernière goutte&lt;/a&gt;. Je me relève, m'accroupis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des odeurs d'essences, de gels aromatisés ou de shampoings s'immiscent dans cette vapeur. Un regard. Persistant. Un sourire affleurant. Un rapprochement. Il s'appelle Stéphane. L'iftar approche mais ne nous concerne pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il fait chaud sous cette voûte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(*) L'&lt;i&gt;iftar&lt;/i&gt;, c'est la rupture du jeûne. L'heure où, le soleil enfin couché, les Musulmans rompent le carême du Ramadan. C'est la délivrance et la fête.&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/09/07/retour-sur-une-banniere.html</guid>
                <title>une bannière entre eaux et bonheur</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/09/07/retour-sur-une-banniere.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Mon, 08 Sep 2008 22:41:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/02/1453374583.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/02/2146674038.jpg&quot; id=&quot;media-1265589&quot; alt=&quot;tattoo22.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1265589&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;J'ai retrouvé par hasard le nom du personnage qui, depuis peu, figure sur la bannière de mon blog. Et comme j'aime restituer à César ce qui lui appartient, je me dois de dire qu'il se nomme &lt;b&gt;Leandro Okabe&lt;/b&gt;, ce qui semble indiquer qu'il résulte d'un joli métissage italiano-japonais. Et figure-toi que vérification faite (merci Saiichi), le tatouage qu'il porte ne signifie pas moins que... &lt;i&gt;bonheur&lt;/i&gt;. Oui, je sais, &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;le blog de Bougrenette&quot; href=&quot;http://voyagesdenuit.hautetfort.com/&quot;&gt;Bougrenette&lt;/a&gt;, tu t'en serais passé, mais là, trouves-tu encore à y redire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/00/39710371.jpg&quot; id=&quot;media-1265590&quot; alt=&quot;leandrookabe-1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1265590&quot; /&gt;Tu trouveras &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;leandro Okabe&quot; href=&quot;http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://bp0.blogger.com/_rxMrZ46CrAY/Red6NyQ8_DI/AAAAAAAACRc/Il38rOxyjO4/s400/Okabe%2B6.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://americanurge.blogspot.com/2007/03/boy-leandro-okabe-hot.html&amp;amp;h=287&amp;amp;w=400&amp;amp;sz=18&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=15&amp;amp;sig2=kzN3IHeMan4-f4bCdKkZ4A&amp;amp;um=1&amp;amp;usg=__t4x7ZwUzm0EyVSYf3KhDFQNnrOA=&amp;amp;tbnid=WyRj47UREHScoM:&amp;amp;tbnh=89&amp;amp;tbnw=124&amp;amp;ei=lk3ESPnXA4HW0AWkpLnJCw&amp;amp;prev=/images%3Fq%3Dokabe%26um%3D1%26hl%3Dfr&quot;&gt;là&lt;/a&gt; quelques photos supplémentaires de ce bel homme qui aime se montrer dans des tenues de combat, un kimono béant, ce qui ne devrait pas déplaire à &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;le blog de Wajdi&quot; href=&quot;http://wajdi.over-blog.com/&quot;&gt;Wajdi&lt;/a&gt; et que personnellement je trouve particulièrement... comment dire : efficace ?&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/08/29/la-derniere-goute.html</guid>
                <title>la dernière goutte</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/08/29/la-derniere-goute.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Fri, 29 Aug 2008 23:49:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/01/239178664.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/01/622368060.jpg&quot; id=&quot;media-1250198&quot; alt=&quot;240901.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1250198&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Plic, plic, plic, plic...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le maillot de bain est accroché à un bout de bois, balancé par le vent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plic, ploc ! Avec la régularité d'un métronome, il goutte : plic, ploc... le vent le balance doucement, le soleil l'inonde, et il goutte : plic... ploc...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derrière, au delà des deux pans du hamac, un carré de vigne, deux ou trois collines, la cime des chênes, un cyprès.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PLic... ploc... le bout de bois tournoie et le maillot oscille, le goutte à goutte persévère sans s'encombrer des à-coups du vent ni de l'alentour enchanteur. A peine ralenti à présent, insensiblement... pluc... pluc... Le soleil, le vent, le son d'un déversoir à la façon d'une fontaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le goutte à goutte s'éreinte, je saisis du regard chaque goutte avant qu'elle ne se décroche du maillot. Pluuuuuuuc... Pluuuuuuuc... les gouttes luttent désormais avant de se défaire. Elles se forment avec peine. Le soleil et le vent leur contestent la légitimité. Une s'arrête un instant, hésite, se rétracte... et puis cède. Pluuuuuuuuuuuuc ! Une autre vient au combat, après être restée recluse. Pluuuuuuuuuuuuc ! Puis la suivante hésite d'avantage encore, croit se former mais s'assèche, se gorge à nouveau, les couleurs toscanes s'oublient, la goutte s'accroche. Une trêve du vent, et elle lâche. Pluc !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'attends la suivante, elle vient, elle ne vient pas, elle vient, puis à nouveau s'estompe, puis vient finalement, commence à rassembler son énergie, c'est-à-dire ses fluides embusqués, hésite encore une seconde, puis se rompt comme les précédentes. Ce sera la dernière, elle ne pouvait pas le savoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le maillot peut commencer à sécher. Et l'été à s'éclipser.&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/08/17/corps-a-corps.html</guid>
                <title>corps à corps</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/08/17/corps-a-corps.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Sun, 17 Aug 2008 19:17:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/02/343238381.jpg&quot; id=&quot;media-1223709&quot; alt=&quot;2221746351_c3959bd6cf.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1223709&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Je me faisais une drôle d'idée des massages thaïlandais. Souvenirs vagues de discussions d'adultes, d'hommes un tantinet macho, avec des sourires entendus ou des rires plus graveleux. Qui sait donc ce qui pouvait se passer sur les tables de massage, une fois le rideau tiré ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Heureusement, avant de partir en Thaïlande le mois dernier, un pote à moi, qui en connaît un rayon sur les massages, m'en a parlé et m'a dit de ne surtout pas passer à côté : &quot;&lt;i&gt;tu vas voir, c'est spécial, très physique, ça vaut vraiment le coup. Tu t'en fais deux, à une semaine d'intervalle, tu vas te sentir évoluer&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toute appréhension levée, je me suis donc laissé tenter. D'autant que où que tu sois, les sollicitations ne manquent pas : à Bangkok, à Chiang Mai, à Phuket, dans des petits cabinets de fortune, dans des marchés, à même la rue, dans des instituts plus sophistiqués, des femmes sans âge te haranguent. L'heure de massage te coûte 3 euros environ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le préliminaire est assez agréable : on t'immerge les pieds dans une barrique d'eau tiède, puis on te les savonne, te les rince et te les sèche dans une serviette moelleuse. Là, tu commences à être relâché.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Puis dans la salle de massage, tu te déshabilles et enfiles une tenue ample taillée dans un linge léger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur un matelas à même le sol, tu t'allonges d'abord sur le dos, la masseuse se présente à tes pieds, dis une sorte de prière, baisse la tête les mains serrées devant elle, et puis attaque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Là, pendant une heure, tu n'as plus qu'à te laisser faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le massage est physique, en effet. Tout ton corps y passe, de haut en bas. Des extrémités les plus extrêmes jusqu'aux plus épaisses masses musculaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors évidemment, sur ta peau, dans tes muscles, à travers tes os, tu es malaxé, on prend soin de toi, et rien que ça, ça fait du bien. Même les points douloureux te font prendre conscience de ton corps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plus étonnant, c'est la façon dont la masseuse investit tout son corps. Elle te masse des mains, des avant-bras, du plat du pied, des épaules, ses membres sont des leviers, tes articulations sont des pivots, elle t'étire de tout son poids, prenant appui sur ton abdomen.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fois fini, tu te retrouves en paix avec toi-même, en accord. Un petit thé à la main, tu goûtes cet instant de relaxation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce pourrait être un &quot;&lt;i&gt;truc&lt;/i&gt;&quot; pour les touristes, mais c'est un authentique phénomène culturel. Tu vois souvent dans les cafés, dans les boutiques, les Thaïlandais se masser entre eux. En prenant le temps de bien le faire. Ou de se malaxer les pieds, la face ou le cuir chevelu. Il n'y a pas comme chez nous le tabou du bien-être.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;la tempête&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/13/la-tempete.html&quot;&gt;le trou où je me trouvais à ce moment-là&lt;/a&gt;, ce premier massage m'avait apporté la première nuit sans larme.&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/08/10/restons-amants.html</guid>
                <title>quoiqu'il advienne restons amants</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/08/10/restons-amants.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Mon, 11 Aug 2008 22:33:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/01/903095378.jpg&quot; alt=&quot;brutos3256_By_DylanRosser.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1215123&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;Tiens, on entend ça un peu partout en ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le grand retour de Maxime Le Forestier,&amp;nbsp;qui fit mon &lt;i&gt;éducation sentimentale&lt;/i&gt; en chanson, de sa voix chaude, de ses mélodies suaves et de ses textes sensibles. Il y a vingt-cinq ans. L'autre jour dans le Lot, en buvant un café avec mes amis, je me suis laisser aller à écouter les paroles plus attentivement...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi, Saiichi, as-tu pensé, toi,&amp;nbsp;que ça ne pouvait pas&amp;nbsp;être possible ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Qu'un jour les choses le temps pas rose&lt;br /&gt; Les événements nous imposent&lt;br /&gt; La fin des sentiments&lt;br /&gt; Qu'un jour se suivent les invectives&lt;br /&gt; Les égarements la dérive&lt;br /&gt; Chacun séparément&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quoi qu'il arrive restons amants&lt;br /&gt; Restons amants des hôtels sombres&lt;br /&gt; Des rendez-vous dissimulés&lt;br /&gt; Où vont s'entrelacer les ombres&lt;br /&gt; Aux dangers mélangées&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Restons amants des plages vides&lt;br /&gt; Où novembre aimait nous jeter&lt;br /&gt; Laissons frémir aux vents avides&lt;br /&gt; Les lèvres dérobées&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Même si les gares si les regards&lt;br /&gt; Indifféremment nous séparent&lt;br /&gt; De plus en plus souvent&lt;br /&gt; Même si se tiennent ta main la mienne&lt;br /&gt; Pour la fin des temps que nos vies deviennent&lt;br /&gt; Celles de tous les gens&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quoi qu'il advienne restons amants&lt;br /&gt; Restons amants des impatiences&lt;br /&gt; Des minutes qui sont comptées&lt;br /&gt; Des trésors de ruse et de science&lt;br /&gt; Pour se retrouver&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Restons amants des corps à corps&lt;br /&gt; Des peaux qui savent où se trouver&lt;br /&gt; Laissons les coeurs qui battent encore&lt;br /&gt; L'un à l'autre mêlés&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La petite mort&lt;br /&gt; L'éternité...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;width: 220px; height: 55px;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot; codebase=&quot;http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0&quot; classid=&quot;clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000&quot;&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=861987&amp;amp;colorBackground=0x555552&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0x39D1FD&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt; &lt;embed height=&quot;55&quot; width=&quot;220&quot; src=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=861987&amp;amp;colorBackground=0x555552&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;colorVolume=0x39D1FD&amp;amp;autoplay=0&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/31/le-martyr-immacule.html</guid>
                <title>le martyr immaculé</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/31/le-martyr-immacule.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Tue, 05 Aug 2008 00:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/00/50854027.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1166169&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/00/803366031.jpg&quot; alt=&quot;guido_reni.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1166169&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le tronc noir et légèrement oblique de l'arbre servant de poteau d'exécution se détachait sur un fond de forêt sombre et de ciel crépusculaire, ténébreux et lointain, dans le style de Titien. Un jeune homme d'une beauté remarquable était attaché nu au tronc d'arbre. Ses mains croisées étaient levées très haut et les courroies qui lui liaient les poignets étaient fixées à l'arbre. Aucun autre lien n'était visible et le seul vêtement qui couvrît la nudité du jeune homme était une grossière étoffe blanche nouée lâchement autour des reins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je crus deviner que le tableau représentait le martyr d'un chrétien. Mais comme il était l'oeuvre d'un peintre épris de beauté, appartenant à l'école eclectique issue de la Renaissance, même cette image de la mort d'un saint chrétien dégageait une forte odeur de paganisme. Le corps du jeune homme (...) ne montre aucune aucune trace des épreuves du missionnaire ou de la décrépitude qu'on trouve dans les représentations d'autres saints ; au contraire, il n'y a là rien d'autre que le printemps de la jeunesse, rien que lumière, beauté et plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Son incomparable nudité blanche rayonne sur un fond de crépuscule. Ses bras musclés, les bras d'un garde prétorien accoutumé à bander l'arc et à manier l'épée, sont levés selon un angle gracieux et ses poignets liés sont croisés juste au dessus de sa tête. Son visage est légèrement tourné vers le ciel et ses yeux grands ouverts contemplent avec une profonde sérénité la gloire céleste. Ce n'est pas la souffrance qui erre sur sa poitrine tendue, son ventre rigide, ses hanches légèrement torses, mais une lueur d'un mélancolique plaisir, pareil à la musique. N'étaient les flêches aux traits profondément enfoncés dans son aisselle gauche et son côté droit, il ressemblerait plutôt à un athlète romain se reposant, appuyé contre un arbre sombre, dans un jardin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les flèches ont mordu dans la jeune chair ferme et parfumée et vont consumer son corps au plus profond par les flammes de la souffrance et de l'extase suprême. Mais il n'y a ni sang répandu, ni même cette multitude de flèche qu'on voit sur d'autres représentations du martyr de saint Sébastien. Deux flèches seulement projettent leur ombre tranquille et gracieuse sur la douceur de sa peau, comme l'ombre d'un arbuste tombant sur un escalier de marbre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est plus tard que toutes ces interprétations et ces observations me vinrent à l'esprit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce jour-là, à l'instant même où je jetais les yeux sur cette image, tout mon être se mit à trembler d'une joie païenne. Mon sang bouillonnait, mes reins se gonflaient comme sous l'effet de la colère. La partie monstrueuse de ma personne qui était prête à éclater attendait que j'en fisse usage, avec une ardeur jusque là inconnue, me reprochant mon ignorance, haletante d'indignation. Mes mains, tout à fait inconsciemment, commencèrent un geste qu'on ne leur avait jamais enseigné. Je sentis un je ne sais quoi secret et radieux bondir rapidement à l'attaque, venu d'au dedans de moi. Soudain la chose jaillit, apportant un enivrement aveuglant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un moment s'écoula, puis, en proie à des sentiments de profonde tristesse, je portai mes regards autour du pupitre devant lequel j'étais assis. Un érable, en face de la fenêtre, jetait alentour un reflet brillant - sur la bouteille d'encre, sur mes livres de classe et mes cahiers, sur le dictionnaire et sur l'image de saint Sébastien. Il y avait un peu partout des taches d'un blanc de nuage - sur le titre imprimé en lettres d'or d'un manuel, sur le flanc de la bouteille d'encre, sur un angle du dictionnaire. Certains objets laissaient échapper des gouttes molles, comme du plomb, d'autres luisaient d'un reflet terne, comme les yeux d'un poisson mort. Par bonheur, un mouvement réflexe de ma main pour protéger l'image avait empêché que le livre ne fût souillé.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce fut ma première éjaculation. Ce fut aussi le début, maladroit et nullement prémédité, de mes &quot;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2007/11/30/eloge-de-la-branlette.html&quot; title=&quot;éloge de la branlette&quot;&gt;mauvaises habitudes&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Yukio Mishima, &lt;em&gt;Confession d'un masque&lt;/em&gt;. (trad. Renée Villoteau - Gallimard - merci Fiso)&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/31/aimer-l-amour-jusqu-a-le-briser.html</guid>
                <title>nos jolis mots usés</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/31/aimer-l-amour-jusqu-a-le-briser.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Fri, 01 Aug 2008 00:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/02/1432536299.jpg&quot; alt=&quot;mer.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1166001&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&quot;&lt;em&gt;Je l'aime. On ne peut pas dire cela d'une façon plus courte, ni plus longue, du reste. Nous n'avons à notre disposition que nos mots usés. Ils se mettent parfois en travers du chemin, d'autres fois, ils ne suffisent pas, mais sans eux, il n'y aurait pas d'histoire, rien que le mutisme têtu des choses et des instants qui s'enfuient en passant fugacement. Sans les mots, nous ne sommes personne. J'en connais la tentation, mais je connais aussi l'impression de chercher désespérément son souffle, lorsque l'on est sur le point de disparaître ou de resurgir.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ne sais ni comment l'amour survient, ni comment il s'éteint, et j'ai cessé de me le demander. Mais je ne crois pas que l'amour se trompe ou doute de son apparence. On n'aime jamais en vain, mais l'on aime parfois aveuglément, voire même malgré ce que l'on voit. Je sais qu'il y a des amours heureuses et malheureuses, cependant, je n'en sais guère plus. Quelquefois, on aime l'amour jusqu'à le briser, d'autres fois il dévore tout le reste. De temps en temps, il meurt, mais il est aussi capable de survenir aux moments les plus inattendus. Et ça, je l'avais oublié&lt;/em&gt;.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une nouvelle citation de l'un de mes&amp;nbsp;livres de vacance,&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/22/l-intervalle-silencieux1.html&quot; title=&quot;l'intervalle silencieux&quot;&gt;Bruits du coeur&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, du Danois Jens Christian Grøndahl. C'est presque à la fin, un extrait qui annonce un dénoument heureux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'y suis sensible parce que je crois aussi que les mots sont importants pour dire l'amour. Peut-être ai-je trop longtemps vécu dans le secret d'une sexualité non assumée, peut-être mes premières amours ravageuses ne pouvaient-elles ainsi qu'être tues, mais j'ai aujourd'hui besoin de mots, fussent-ils usés pour dire l'amour, et crois aussi que sans eux il n'y a pas d'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme j'en ai besoin pour affronter une rupture. Et ces mots-là, je les ai enfin eus.&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/12/le-jour-ou-j-ai-embrasse-zizou.html</guid>
                <title>le jour où j'ai embrassé Zizou</title>
                <link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/07/12/le-jour-ou-j-ai-embrasse-zizou.html</link>
                <author>noreply@ (entre2eaux)</author>
                                                <category>eaux douces et autres amants</category>
                                                <pubDate>Sat, 12 Jul 2008 00:05:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/02/1472653205.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1113196&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/02/903188612.jpg&quot; alt=&quot;black-blanc-beur.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1113196&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ce qui est bien, en France, c'est qu'on aime tellement les célébrations, qu'on célèbre les célébrations. Ainsi, il y a tout juste dix ans, avec la victoire au Mondial, on célébrait la France black-blanc-beur. L'émotion est intacte, paraît-il. Par contre, peu de choses ont avancé depuis dans la lutte contre les discriminations :&amp;nbsp;on en a beaucoup parlé, ça oui, mais au fond quoi de neuf ? La ghettoisation des cités aidant, on continue à accéder plus mal à un logement, à un emploi, à rentrer plus difficilement en boîte quand on est noir ou rebeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N'empêche, elle nous a bien fait rêver, cette équipe. Et on a cru qu'on allait s'en sortir. Moi je crois qu'on aurait pu. Avec les trente-cinq heures et les emplois jeunes, Jospin et son gouvernement avaient commencé un beau parcours. Pour la première fois, on pouvait être jeune et voir l'avenir autrement qu'à travers la précarité. Pourquoi, comment il en est venu à ses simagrées, à ses renoncements ? Comment il a réussi à flinguer sa propre politique, à la rendre impopulaire, jusqu'à livrer le pouvoir à Chirac, puis à Sarko, ça reste une énigme. Et du gâchis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette &quot;&lt;em&gt;belle époque&lt;/em&gt;&quot; des années Jospin, le hasard m'a fait rencontrer trois fois Zinédine Zidane. Trois fois. Bon, la première, elle ne compte pas vraiment, c'est quasi du virtuel, juste un copain qui m'a ramené un jour un autographe de Zizou &quot;&lt;em&gt;à O&lt;/em&gt;.&quot; Il avait pu visiter Clairefontaine à l'occasion d'un reportage, à l'avant-veille du France-Croatie, et il avait pensé à moi. Sympa le copain, non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La deuxième fois ne compte pas vraiment non plus. Quoique. On s'est retrouvé dans le même vol, entre Paris et Genève. Lui, au dernier rang de la classe affaire, siège couloir, aile gauche. Moi, au premier rang de la classe économique, siège couloir, aile droite. Un rideau nous séparait. Autant dire que j'aurais pu le toucher rien qu'à tendre le bras dans les phases d'atterrissage et de decollage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De tout le temps où le rideau de séparation fut ouvert, je n'ai pas pu décoller mon regard de son profile arrière. Aussi beau que nature. Tout le monde se montra respectueux, jusqu'à la fin, où un monsieur de la classe affaire, n'y pouvant plus a fini par aller l'aborder.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La troisième fois est carrément plus sérieuse : C'était à la veille du match&amp;nbsp;France-Algérie - de triste mémoire (pas tellement l'événement mais ce qu'on en fit). Le 5 octobre 2001. Pour l'occasion, le ministre algérien des sports avait fait le déplacement, et les circonstances ont voulu que je l'accompagne pour une visite du&amp;nbsp;centre de Clairefontaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Discrètement, le ministre avait fait savoir&amp;nbsp;qu'il ne verrait pas d'un mauvais oeil de pouvoir saluer le champion. Et de fait, peu de temps avant la fin de la visite des installations, Zizou est sorti du vestiaire pour venir à la rencontre de la délégation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et ma chance, c'est que comme cela se fait &quot;&lt;em&gt;au pays&lt;/em&gt;&quot;, il s'est mis à embrasser ses compatriotes, moi dans le lot - qui faisais parfaitement illusion. j'ai cru un temps vaciller, manquer à mes obligations professionnelles, perdre le sud et le nord... Heureusement, nos hôtes en étaient tout chamboulés aussi, et le temps de quelques photos, j'avais repris du poil de la bête (qu'elle a vraiment joli, d'ailleurs, le poil, la bête...).&lt;/p&gt; 
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>