16 juillet 2008
il n'y a que Seiji

Une semaine déjà. La Thailande me glisse dessus comme l'eau sur la peau hydrophobique des dauphins.
Nous avons une piscine dans notre hôtel de Chiang Mai. Enfin, un petit bassin d'une quinzaine de mètres de long. En rentrant d'excursion en fin d'après midi hier, je m'y suis jeté avec rage, j'ai enchaîné les longueurs, multipliant les virages. J'étais un lion en cage condamné à tourner en rond, à se contorsionner, j'y mettais toute ma haine, et me heurtant chaque fois trop tôt à l'extrémité, j'enrageais d'avantage encore. J'avais Seiji en point de mire.
Du reste, il n'y a que Seiji dans mes pensées, dans mes temps morts, dans mes temps vivants, dans mes absences, dans mes soubresauts. En bon chef de troupe, j'occupe systématiquement dans les voitures qui nous conduisent la place du passager. Personne ainsi ne peut voir mon regard perdu dans le vague. Je donne le change, j'anime les conversations, je fais parler les filles de leurs impressions, mais qu'un blanc s'instille et Seiji revient en force. Il est comme ma deuxième peau, ma raison de vivre. Je repasse en revue les souvenirs, ceux que j'ai oubliés dans ce billet, mais qui font tout autant partie du tourbillon : nos tours nocturnes dans son quartier pour trouver une place de parking ; ses sandwichs aux nouilles froides ; le grain de beauté au dessus de sa lèvre ; son petit nez nippon écrasé à s'enivrer contre mon boxer blanc ; ces pictogrammes de la lune et du livre, qui accolés l'un à l'autre veulent dire Japon, et que je croise par là dans quelque boutique ou restaurant parce qu'il m'a appris à les reconnaitre...
Nous avons visité hier des manufactures d'articles artisanaux. Chacun y a fait ses emplettes, y a acheté un souvenir pour celui-ci, ou pour celle-la, et moi j'ai réalisé que les objets ne m'inspiraient rien, si ce n'est à l'aune du cadeau que je pouvais en faire à Seiji : une chemisette, un tapis de table tissé, un porte-bougies, une gourmette, une casquette, un petit sac en cuir rouge avec des dessins de Mikey... Trop sophistiqué, trop basique, trop cheap, trop extravagant, trop trop... les objets me glissaient des mains, j'étais sans prise sur la posture, sur les attentes, je ne savais plus si je cherchais à lui faire plaisir, à le provoquer, à l'impressionner, mais je sais que j'étais incapable de chercher pour qui que ce soit d'autre.
Il m'a écrit hier, un mail froid et cassant, puis nous nous sommes parlé au téléphone, huit petites minutes et demi. Il a été d'une dureté que je ne lui ai jamais connue mais qui ne dit pas qu'il ne m'aime plus. Je me dis qu'il y a une explication, que bientôt je comprendrai, qu'il y a encore de la place, qu'il provoque peut-être d'intention cet état ou je me trouve pour lui me conquérir entièrement. Il était mon ami, mon amant, mon objet de lutte, mon havre, cet "ami très spécial, nul et embêtant", mon chagrin d'amour, mon espoir dévasté, ma tragédie, il devient peu à peu un mythe. Loin de lui dans ce trouble foudroyant, je lui donne à présent des proportions qui le dépassent, j'en fais un idéal que l'on ne saura plus assumer ni lui ni moi, quoi qu'il arrive. Je sais que je marche sur ces lignes de feu sans savoir jusqu'à quel point le champ est miné. Je sais aussi que je lui fais mal. Mais s'il n'avait pas mal, à quoi pourrais-je me raccrocher, dès lors que j'ai besoin de garder l'espoir ?
Je crois qu'il a aimé en moi ce qu'à présent il fuit, de peur d'en souffrir : cet homme fort, libre, assumé, sexuellement capable de légèreté, d'aventure et fondamentalement d'infidélité - attributs sans lesquels nous ne nous serions d'ailleurs jamais rencontrés ni aimés - parce que lui se veut ou se croit incapable de tout cela. Mais il me découvre aujourd'hui sous un jour qu'il n'a jamais eu à aimer : l'homme faible et dépourvu de dignité.
Ai-je seulement une chance, sous ce masque-la, de retrouver son chemin ?
02:41 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : seiji, thailande
15 juillet 2008
mon vrai jour

Toi et moi. Ce blog s'est fait de mes histoires. C'est un blog.
Il y eut déjà dans ces histoires quelques chagrins, quelques douleurs, de beaux moments d'exaltation aussi. Mes histoires d'amour, je ne te les ai pas encore toutes racontées, j'ai du temps devant moi et j'ai prévu de faire vivre ce blog encore longtemps. Mais je t'en ai déjà beaucoup dites. Certaines furent passionnées, les premières impossibles et secrètes. Beaucoup m'ont construites.
Je t'en ai parlé au passé, forcément. Un passé de plusieurs années, ou au moins de plusieurs mois. Ces histoires étaient des objets froids, prêts a être étudiés comme en laboratoire. Les disséquant, j'accomplissait ce retour sur moi qui, avec ton regard, m'a fait gagner en assurance. En beauté, j'ose le dire. Toi, avec plus ou moins de distance, tu pouvais t'y reconnaître, ou pas, au moins me comprendre et percevoir quelque chose de ma personnalité. Nous avons ainsi fait connaissance. Et lui m'a ainsi aimé.
Tu m'as vu fort, chargé d'engagements, de convictions, une vie enviable, sans doute. Cette assurance, je l'ai gagnée aussi en livrant mes penchants les plus intimes, qui sont l'autre coeur de ce blog. Et tandis que mes histoires se disaient au passé, mon sexe, lui, je l'ai toujours écrit au présent.
Mais j'ai été surpris par l'orage - et je t'y ai embarqué car pour la première fois, j'ai ce moyen de ne pas être seul face à moi même quand la tourmente gronde. Tu te trouves malgré toi au coeur d'une histoire vivante. A cause de ce besoin vital de balancer mon désarroi à la gueule du monde, pour ne pas devenir fou, pour m'obliger à un semblant de lucidité grâce à l'écriture.
La gueule du monde, c'est toi. J'imagine assez ton malaise. L'histoire d'aujourd'hui s'est tramée sous tes yeux. Tu y as vu de l'amour avant que je n'en vîmes moi-même. Et dans ce cyclone, au coeur de ce tsunami qui ne me construit plus mais qui me désagrège, qui me ramène a un état de sable, tu es impuissant a m'aider. Tu me vois dans cette terrible dérive hystérique, hors de contrôle. Tu me vois sous ce nouveau jour, tu découvres ce monstre qui sommeille en moi, que je connais bien, moi, mais que je croyais avoir dompté. Je ne te demande pas d'être complaisant.
Peut-être ce visage-la va-t-il l'effrayer aussi. Pour l'heure, concours de circonstances ou volonté délibérée, il se protège de mes foudres : il a disparu de mes mouchards blog-it, il ne réponds plus à mes mails, son appartement est en chantier, son ordinateur hors service et il squatte comme il peut, je n'ai plus de téléphone portable... Ça me permet de croire au concours de circonstances.
Tu me dis que le temps m'aidera. A quoi ? A oublier, à tourner la page, à gagner ? Moi j'ai en tête l'existence d'un rival, qui me rend mauvais et qui fait du temps un ennemi. J'ai appris - comme quoi il m'a finalement servi de vivre - qu'un mortier, même de mauvaise qualité, pouvait parfois prendre vite.
Je pourrais attendre que la plaie se referme, j'ai tant de fois attendu par obligation. Mais je n'y peux rien, un vent, un vent furieux revient sans cesse depuis ces jours souffler sur les braises encore palpitantes. J'ai le coeur ardent.
Loin de tout, dans une course vaine et effrénée contre la montre, j'ai décidé de me battre pour le reconquérir. Et tu en es témoin : je suis mort de trouille car j'ai peu d'armes là ou je suis.
02:17 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : seiji
12 juillet 2008
le jour où j'ai embrassé Zizou
Ce qui est bien, en France, c'est qu'on aime tellement les célébrations, qu'on célèbre les célébrations. Ainsi, il y a tout juste dix ans, avec la victoire au Mondial, on célébrait la France black-blanc-beur. L'émotion est intacte, paraît-il. Par contre, peu de choses ont avancé depuis dans la lutte contre les discriminations : on en a beaucoup parlé, ça oui, mais au fond quoi de neuf ? La ghettoisation des cités aidant, on continue à accéder plus mal à un logement, à un emploi, à rentrer plus difficilement en boîte quand on est noir ou rebeu.
N'empêche, elle nous a bien fait rêver, cette équipe. Et on a cru qu'on allait s'en sortir. Moi je crois qu'on aurait pu. Avec les trente-cinq heures et les emplois jeunes, Jospin et son gouvernement avaient commencé un beau parcours. Pour la première fois, on pouvait être jeune et voir l'avenir autrement qu'à travers la précarité. Pourquoi, comment il en est venu à ses simagrées, à ses renoncements ? Comment il a réussi à flinguer sa propre politique, à la rendre impopulaire, jusqu'à livrer le pouvoir à Chirac, puis à Sarko, ça reste une énigme. Et du gâchis.
Dans cette "belle époque" des années Jospin, le hasard m'a fait rencontrer trois fois Zinédine Zidane. Trois fois. Bon, la première, elle ne compte pas vraiment, c'est quasi du virtuel, juste un copain qui m'a ramené un jour un autographe de Zizou "à O." Il avait pu visiter Clairefontaine à l'occasion d'un reportage, à l'avant-veille du France-Croatie, et il avait pensé à moi. Sympa le copain, non ?
La deuxième fois ne compte pas vraiment non plus. Quoique. On s'est retrouvé dans le même vol, entre Paris et Genève. Lui, au dernier rang de la classe affaire, siège couloir, aile gauche. Moi, au premier rang de la classe économique, siège couloir, aile droite. Un rideau nous séparait. Autant dire que j'aurais pu le toucher rien qu'à tendre le bras dans les phases d'atterrissage et de decollage.
De tout le temps où le rideau de séparation fut ouvert, je n'ai pas pu décoller mon regard de son profile arrière. Aussi beau que nature. Tout le monde se montra respectueux, jusqu'à la fin, où un monsieur de la classe affaire, n'y pouvant plus a fini par aller l'aborder.
La troisième fois est carrément plus sérieuse : C'était à la veille du match France-Algérie - de triste mémoire (pas tellement l'événement mais ce qu'on en fit). Le 5 octobre 2001. Pour l'occasion, le ministre algérien des sports avait fait le déplacement, et les circonstances ont voulu que je l'accompagne pour une visite du centre de Clairefontaine.
Discrètement, le ministre avait fait savoir qu'il ne verrait pas d'un mauvais oeil de pouvoir saluer le champion. Et de fait, peu de temps avant la fin de la visite des installations, Zizou est sorti du vestiaire pour venir à la rencontre de la délégation.
Et ma chance, c'est que comme cela se fait "au pays", il s'est mis à embrasser ses compatriotes, moi dans le lot - qui faisais parfaitement illusion. j'ai cru un temps vaciller, manquer à mes obligations professionnelles, perdre le sud et le nord... Heureusement, nos hôtes en étaient tout chamboulés aussi, et le temps de quelques photos, j'avais repris du poil de la bête (qu'elle a vraiment joli, d'ailleurs, le poil, la bête...).
00:05 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foot, zinedine zidane, zizou
05 juillet 2008
avec un grand A (5 et fin)
Ma vie s'étale sous tes yeux, depuis des semaines. Tu peux ne voir dans mes infidélités qu'une légèreté coupable. Moi je sais que je vis l'amour, l'amitié, ma relation à l'autre en général dans la sincérité et dans le respect. Et dans la densité.
Même si je n'ai jamais eu envie de dissimuler derrière des grands mots que je ne suis qu'un incorrigible queutard, je n'ai évidemment jamais mis de grand A à mes branlettes en solitaire devant une vidéo. Ni même un grand B. Quoique.
Je n'en ai pas mis non plus à mes parties de touche-pipi dans les douches de la piscine.
J'en ai mis un, par contre, à cet état où je me trouvais, à cette bulle émotive, à cette tension d'adolescent, où coexistaient des amants, des amis avec lesquels j'avais envie de croire que tout était possible, que je voulais ne jamais banaliser, pour laquelle je voulais qu'on inventa et qu'on inventa encore des choses totalement insensées, qu'on créa du défi, qu'on projeta des étapes de feu pour continuer à nous y épuiser...
J'en ai mis un aussi à ce que je vis avec Igor, à cet amour démarré sur un coup de foudre, sur un coup de tête, tourbillonnant les premières semaines, fusionnel les premières années, parfois routinier aujourd'hui, presque ennuyeux à certains moments, voire asphyxiant, mais qui tient bon parce que son cadre a su évoluer. C'est un amour qui m'a fait renoncer à beaucoup de mes habitudes ou de mes plaisirs, un amour où je m'éreinte à me sentir le porter seul, qui me pèse quand je voudrais m'en extraire, mais où restent ces bouffées de fraîcheur dont seul Igor est capable, une spontanéité totale, avec ces jugements à l'emporte pièce absolument insupportables, mais une perception souvent prémonitoires des gens, sa misanthropie maladive, mais ses passions ethnographiques. Nous sommes opposés sur presque tout, c'est peut-être pour ça que ça tient, que ça tient encore...
Je voudrais avant tout que tu y vois la preuve de ma fidélité. Je n'ai jamais quitté Igor, même quand certains chagrins d'amour m'y poussaient violemment, même si j'ai souffert en faisant souffrir quelques amants, aussi rares que précieux. Mais qu'aurait valu un engagement à leur égard sur la base d'une rupture avec Igor, fondée sur cette fragilité fondatrice, sur la preuve de ce que je peux tout larguer, tout casser, sur une simple rencontre ou sur un coup de tête ?
En écho, j'ai mis un grand A aux paroles de Jacques Brel et à sa sublissime chanson des vieux amants - mais d'autres l'y avaient mis avant moi.
Je l'ai mis aussi à une tirade de Musset qui avait marqué mon adolescence, parce que ça me permettait de croire au possible des impossibles, comme dans un conte de fées.
Je l'ai mis aux mots de M. parce qu'elle nous livre chaque jour, par ce qu'elle vit et écrit cette densité capable de le porter.
Mais il y a un autre grand A.
C'est celui qui te prend par surprise, qui s'approche à pas feutrés, qui te parle doucement à l'oreille, comme une brise d'été légère, qui t'habitue à sa caresse, qui s'insinue, subreptice, discret comme une meute de lionnes, dont tu ne te vois pas être peu à peu cerné. C'est celui qui te piège comme l'alcool, dont tu te découvres accroc au seul moment où tu en es privé.
Un petit a devenu grand à ton insu. Ton havre, ton matin calme, tes journées claires, qui un jour ferment pour maintenance. Tu t'étais habitué à aller t'y amarrer au gré de tes envies ou de tes possibilités, mais on y a ouvert un chantier et le ponton a du être supprimé.
Ce grand A devient alors immense, c'est un A de géant qui occupe toute la place mais qui est à la dérive.
D'un coup, une chose qui t'était devenue plus qu'une habitude : un besoin, un du, qui était devenue toi, une chose sans consistance mais battante, vivante, souriante, présente, surtout présente, se dérobe à tes yeux, à tes mains, à ta bouche, à ton coeur, tu es englouti dans des sables mouvants et il devient inutile de te débattre, dangereux même. Tu t'étais aventuré en connaissance de cause au bord de cette rivière, précautionneux de ses berges : tu en connaissais l'étiage, tu en devinais les crues, tu savais que quelque part s'étaient formées des vases, mais tu y étais allé parce qu'il y faisait bon vivre, bon respirer, et quand tu t'es trouvé pris dans la nasse du fleuve, tu n'en connaissais plus rien.
Je suis redevenu cet adolescent puéril qui s'agite dans tous les sens au risque de tout gâcher, de perdre pied, oubliant ce que la vie lui a appris.
Ce grand A-ci, je m'en croyais prémuni, mais en fait je le connaissais mal. Je pensais devoir en protéger l'autre, redoutant qu'il s'y engouffre parce que je n'avais rien à offrir. Mais l'autre s'est protégé tout seul parce qu'il était plus fort que moi.
Alors tu te raisonnes pour reconstruire à la force de ta maturité, ou tu vas chercher du sexe, vivre un truc pour ressentir du dégoût, tu veux toucher le dégoût, l'atteindre parce que tu te dégoûtes, parce que de toute façon plus rien n'a goût de rien.
Ce grand A, tu n'as rien à lui reprocher, parce qu'il était intégralement inscrit dans le début de l'histoire, mais rien n'y fait : tu te demandes s'il n'était pas le plus beau de tous, s'il n'était pas le plus possible des impossibles, le plus riche en promesses.
Et ton deuil commence.
Découvrez Johann Sebastian Bach!
18:00 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : amour, amant, seiji
27 juin 2008
les violons aussi savent pleurer
Ceci n'est pas une dédicace de plus à Seiji. C'est un peu le contraire, un message d'amour que lui m'envoie, une offrande. J'ai pleuré en entendant les premières envolées, il sait pourquoi. J'aime la rugosité du violon de Suwanai. C'est une virtuose admirable. Ce qu'elle interprète ici, c'est un peu mon concerto fétiche. J'ai l'impression que Tchaïkovsky m'a toujours accompagné avec cette composition au romantisme charnel.
Les deux premières vidéos forment le premier mouvement de ce concerto pour violon en ré :
L'orchestre (le philharmonique de Moscou je crois) ne livre pas là la meilleure interprétation que je connaisse, mais les solos de violons de Suwanai sont saisissants :
Et c'est surtout dans ce deuxième mouvement, sur un registre tout en émotion (malheureusement ici un peu tronqué)....
...puis dans le troisième, avec une vélocité qui embrasse les octaves, que le violon se met à nu...
... et laisse paraître son âme.
21:56 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : seiji, musique, tchaikovsky, suwanai
23 juin 2008
L'orgie

Ceci est ma 200ème note (en fait, c'était la précédente, mais pour une 200ème, il vaut mieux un feu d'artifice qu'un règlement de compte, non ?)
J'ai vécu récemment une nouvelle expérience, étonnante et délicieuse. J'aime autant te prévenir tout de suite, c'est un peu hard, et du coup pas simple à raconter. Par défi, je vais m'y essayer malgré tout. En toute (im)pudeur.
Un ami, ou plutôt une fréquentation, de celles qu'il m'arrive de contracter aux nocturnes de Roger legall, m'avait proposé le principe d'un dîner "en cercle resserré" histoire de faire plus ample connaissance. J'en avais accepté l'augure, mais fus néanmoins surpris, recevant l'invitation par courriel, de découvrir qu'il s'agirait d'un dîner "fesses à l'air". Était-ce une boutade ? Une provo ? Un vrai projet ?
Espérant pouvoir associer Seiji à cette invitation, je demandais à cet ami quoi emmener, glissant entre la suggestion d'une boisson ou d'un dessert celle de mon amant. Il me pria d'emmener du vin, je n'imposai donc point mon Seiji. En tout cas pas cette fois-ci.
Y., notre hôte, était effectivement tout nu derrière un tablier de cuisine en recevant ses invités les uns après les autres. Cadre au sein d'une structure qui oeuvre à la promotion de la culture française à l'étranger, je découvrai que j'avais le même jour - drôle de hasard - adressé un courrier à son propre patron, pour des besoins professionnels.
T., arrivé avant moi quoique toujours vêtu, préparait les caipirinhas avec de la glace pilée. Il s'avère qu'il travaillait dans le même siège social que ma copine Fiso. Les coïncidences s'arrêtent là.
Puis arrivèrent Fl., d'origine québécoise - d'où son discret accent et quelques expressions fleuries -, scénariste d'une série française qui fait un tabac depuis des années sur une chaîne du service public, et son ami Fr., fatigué d'expériences dans l'informatique et le marketting, qui s'exerce depuis peu à la maçonnerie sur le dos d'une ancienne maison normande.
Enfin, B. est arrivé, péruvien, ultime touche exotique à notre soirée, en partance trois jours plus tard pour Lima où il devait effectuer son stage de fin de master en sciences politiques.
La politique, justement, il en fut assez peu question. Peut-être valait-il mieux. Durant l'apéritif, on parla surtout de nos jobs respectifs (respectives en québécois, question de genre).
C'est au moment de passer à table que Fl. et Fr. donnèrent le signal, s'éclipsèrent en coup de vent dans la chambre à coucher et revinrent dans la tenue d'Adam. Caipirinha aidant, j'embrayai, suivi de T., puis de B., le plus hésitant, visiblement persuadé d'être le seul pour qui l'expérience était nouvelle.
Dans les premières minutes, on put observer chez chacun une érection légère et passagère, comme sous l'effet du premier trouble.
Pendant le repas, la conversation prit la tournure d'une galerie de portraits, chacun décrivant à tour de rôle des personnages fantasques de son entourage. On rit beaucoup sur la pasta aux coquilles saint-jacques.
Y., notre hôte, était assis à ma droite. Au fil du repas, nos contacts furent de plus en plus explicites, tout comme ceux de Fl. et Fr., ou ceux
plus tardifs de T. et de B., au dessert nous commençâmes à nous embrasser.
Ce fut le coup de sifflet.
Je suis absolument incapable de décrire ce qui suivit. Et comme les tours de tailles ou les longueurs de bite n'ont pas grande importance non plus, je vais me contenter de dire que ce fut une orgie, comme tirée de fantasmes fous, avec quelque chose d'antique dans cette capacité sublime à l'oubli.
C'est autour d'Y. et moi que les choses s'organisèrent d'abord, puis le centre de gravité se déporta sur l'érection magistrale de Fr. Il s'était écoulé sans doute pas mal de temps déjà quand on entendit une porte claquer : T. nous quittait se sentant délaissé. "Un courant d'air", dit Y. avec détachement.
B. se tenait souvent à l'écart, toujours gêné, attendant d'être invité d'un regard ou d'un mouvement de la main pour se joindre au groupe. Fl. me jetait des regards continuellement souriants.
Notre corps à corps dura bien trois ou quatre heures, sans grandes respirations. Sur le parquet de bois. Sur les tapis du salon. Couché, debout, accroupi, tu n'avais rien à faire, les bites venaient à toi, en toi, et toi, des bouches ouvertes et langoureuses venaient te couvrir d'attentions et te prodiguer mille attentions.
Après avoir joui respectivement une et deux fois, Fl. et Fr. nous quittèrent au milieu de la nuit non sans m'avoir l'un et l'autre, l'un puis l'autre, et dans l'autre sens, accordé de putains de bons baisers... d'amour ? d'adieu ?
Le jour pointait déjà. B. resta dormir dans le salon tandis que Y. m'ouvrit son lit pour m'offrir près de lui quelques courts instants de repos. A l'heure du réveil, c'est quand je fus en lui qu'il jouit, et j'en fus heureux parce que je dois dire qu'il a une queue agréable au toucher, au peser, au goûter, et que depuis qu'elle m'était passée en main j'avais eu en plusieurs
circonstances l'occasion d'en nourrir mon imaginaire pour parvenir moi même à jouir.
En route vers le boulot, les yeux en gelée et le corps en charpie, je n'eus pas une seconde de culpabilité, je ne me sentais pas sale, je ne me traînais aucune impression malveillante du doute. J'étais juste épanoui, plein d'images dans la tête et de sensations sur la peau, de goûts en bouche, souvenirs qui ont vocation, sans doute, à durer longtemps avant que l'on songe à remettre le couvert.
23:55 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, partouze, orgie
18 juin 2008
le fils de la lune

Je suis le fils de la lune. Bercé malgré moi par son cycle immuable. Aujourd'hui elle est pleine, et toutes les superstitions ressuscitent. Comme dit zarxas : Feliz luna nueva !
00:42 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : lune, pleine lune
07 juin 2008
La vérité de la pleine lune (ou comment j'ai niqué balmeyer)

Bon, je m'étais trompé. Ca peut arriver à tout le monde. J'avais cru, à quelques événements sensoriels il y a un peu plus d'un mois, que la lune était dans un cycle croissant. Et sans l'avoir vu de mes yeux, mais m'étant référé à un calendrier que j'avais lu à l'envers, ou m'étant trompé d'année, je m'étais ici même enfermé dans mon erreur.
Or, la lune est seule à connaître sa vérité. Son mystère. Il vaut donc mieux la voir pour la connaître. Les Musulmans l'ont bien compris, d'ailleurs, qui aiment entretenir le suspens sur le jour exact de la sortie du Ramadan. J'avais donc été victime d'un surcroît de chaleur, une sorte d'arrivée impromptue de l'été, d'un beau début de mois de mai. Et j'ai pu vérifier à cette occasion que l'effet chaleur soudaine n'est pas moins radical que l'effet lune.
La dernière pleine lune, c'était donc en fait dans la nuit du 19 au 20 mai. Et une fois de plus, elle n'avait pas menti.
C'était un lundi soir, donc, au début de la nuit. J'étais dans une forme resplendissante. Une petite pointe dans l'épaule droite, qui me faisait craindre un début de tendinite, mais de l'énergie à revendre, de la sérénité, j'ai nagé mille mètres sur le dos, puis mille encore en crawl, brasse et papillon. La présence de ces corps nus comme en apesanteur, dans ce grand bassin calme de Roger Legall, m'était une évidence.
Avec un gars bien bâti, à la queue épaisse, un rien stressé par le contexte et du coup très attentif à notre discrétion, nous nous sommes enfermés dans une cabine. Il m'a enfilé une capote pour me sucer, une capote colorée et parfumée. J'ai débandé en pensant à Oh!91 (les aventures de balmeyer étaient encore toutes fraiches à ce moment là). Ca m'a fait chier que ces histoires de blog se permettent de surgir au milieu de quelque chose. Je me suis ressaisi en le caressant, puis en le suçant je me suis branlé dans la capote. Il y avait à la fois l'épaisseur exceptionnelle de sa queue, et puis malgré son apparence robuste, ce rien de fébrilité à faire une chose interdite dans un lieu interdit. Du coup, j'ai joui jaune fluorescent, abondemment, et sans qu'il n'y ait rien à nettoyer (juste hop ! pic, poc, poubelle !). Tu le crois ? Il en était heureux et fier, mais n'a pas souhaité aller plus loin.
J'ai vite recommencé à bander sous les douches. Car Yves d'abord s'y trouvait, puis Sylvain. Nous nous sommes caresssés très simplement en nous savonnant les dos. A trois, nous étions tour à tour savonneurs, savonnés, parfois pris en sandwich. Sylvain nous a
appris qu'il allait commencer une formation de masseur. Je ne sais pas grand chose d'Yves, si ce n'est qu'il a l'intention de prendre l'initiative d'un dîner pour faire mieux connaissance. J'ai aimé laisser sa queue savonnée en érection me glisser des mains tout en me plaquant contre son dos. Du monde arrivait dans les douches, pleins de regards complaisants, j'y ai vu parmi les autres mon premier amant de la soirée, le regard vague que je devinais envieux de cette liberté que nous nous offrions. Je n'ai pas voulu aller plus loin avec eux, ne sachant pas de quelle énergie la pleine lune me laisserait disposer encore pour ma nuit avec Seiji.
C'est le moment où j'étais étouffé par le boulot, mais où Igor étant parti pour quelques jours en Autriche, je retrouvais Seiji chaque soir. Il m'avait préparé à manger. Avec Seiji, nos corps s'électrisent l'un l'autre, nous nous aimantons, toujours, nous ne pouvons être l'un près de l'autre sans que nos mains n'aient besoin de rencontrer nos membres, nos peaux. Ce soir-là, j'ai eu un plaisir infini à lui faire l'amour, j'aurais voulu qu'il me prenne (putain de dos qui le handicape !), mais rien que de me l'imaginer sous la douceur de ses caresses, la vigueur de ses doigts... J'ai été surpris de l'abondance de mon sperme. Oh!91 n'est pas venu me hanter, balmeyer était niqué, tout comme ses avatars ! Seiji, tout en maîtrise, a joui aussitôt après moi, comme d'habitude, presque sur commande.
Cette vérité de la pleine lune est à nouveau en formation, prépare-toi, la prochaine est pour le 18 juin. D'ici-là, je te laisse profiter de son cycle croissant, on est en plein dedans.
11:37 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : piscine, nager, homosexualité, naturisme, blog, balmeyer, seiji
31 mai 2008
grosse fatigue

C'est toujours méchant, les lendemains de fête. Je n'aime pas leurs vents contraires.
D'un côté, tu as l'impression qu'une fois la partie dans le dos, tu vas avoir du temps pour reprendre ton souffle, tu vas être à nouveau disponible pour toi et pour les autres, mais tu réalises que tu as tellement repoussé de choses à plus tard, qu'elles se rappellent toutes à toi en même temps, et qu'au milieu des premiers bilans, tu n'as toujours le temps de rien...
D'un autre côté, à la première RTT venue, au premier vrai moment de relâchement, c'est le coup de blues qui s'installe. Pas vraiment de la tristesse, mais plutôt comme une grosse fatigue qui te submerge. Tu ne sais pas vraiment la nommer, tu ne sais pas vraiment quoi en faire, tu t'étais dit "chouette, je retrouve de l'espace pour faire ce que j'aime", mais le temps entre tes mains, tu le laisses s'échapper bêtement, et tu te rends compte que tu restes sec.
Ceci pour te dire que là, je me sens un peu con. Même les quelques bites qui se sont offertes à mon regard et à mes mains, hier, dans les recoins du vestiaires de la piscine, même les caresses d'un homme ou le sourire de l'eau chaude, même une éjaculation prise à la dérobée (tiens, c'est bizare ce lapsus, j'avais d'abord écrit évacuation...), comme un sevrage qui échoue, m'ont laissé le moral dans les chaussettes.
Et puis il y a Seiji, devenu mon tendre amant, avec qui nous commencions à prendre l'habitude de nous retrouver chaque soir, et que le retour de mon mec éloigne de mon quotidien.
Bon, je ne voulais pas vraiment me plaindre. Mais trop tard, c'est fait. J'espère qu'au moins tu me pardonneras ce temps mort, et que tu le laisseras filer avec moi, le temps que je revienne vraiment.
08:16 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : seiji, homosexualité, gay, japon, piscine, masturbation
28 mai 2008
mahrajân lilma'
Je t'en ai parlé, on célébrait l'eau à Paris et dans le Val-de-Marne ce week-end. Je suis content parce qu'à cet étonnant festival de l'Oh!, qui a rassemblé des foules, notamment dimanche où le soleil a finalement prévalu, j'y ai vu plein de potes, et je sais que d'autres, que je n'ai pas vus y étaient aussi. Eh! bien figure-toi qu'on en parle jusque sur Dubaï-TV. C'est con que tu comprennes pas l'arabe, parce que les commentaires sont justes, et qu'ils ont bien capté l'esprit de cette fête.
16:51 Publié dans quand je chavire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : festival de l'oh!, eau




