22 juillet 2008
la troisième mêlée
Après la grande fête de l'auto-célébration, le 12 juillet dernier, des vertus sociales et solidaires du sport, du grand mythe, ou je préfère dire du grand rêve de 1998, une petite dédicace spéciale à mon auteur-blogueur-rugbyman préféré, Manu Causse-Plisson (ça fait longtemps qu'on n'a pas de niouses, tiens ?), et cette célébration des vertus tendres de la confrontation sportive, bienvenue à quelques jours de l'ouverture des JO :
J'en profite pour reproduire ce billet, qui en son temps, forcément, m'avait ravi :
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Action men
publié par Manu Causse-Plisson, le 17 avril 2008

Si je vous informe ici de résultats sportifs dont vous vous tapez peut-être la paupière, c'est que l'équipe des Tou'win, nos honorables adversaires, possède une particularité qui ne cesse de m'enchanter : c'est en effet la première équipe Gay & Friendly de la région toulousaine.
Et moi, bin, je ne sais pas pourquoi, je trouve ça génial, de remettre en question le côté "onépadépédé" du sport, et du rugby en particulier - où le délicat terme de "gros n'enculé" s'utilise (s'utilisait ?) couramment pour décrire des sentiments inamicaux. Oh, ça ne nous a pas empêché les plaisanteries plus ou moins fines, mais on les fait de toute façon, alors hein... l'année prochaine, si tout va bien, on les échangera avec nos adversaires - là, on était encore un peu empruntés.
Bon, Oh!91 et son pote WajDi risquent de me dire que tout le monde sait déjà qu'on peut être homo et sportif (p'tain, deux subordonnées, c'est lourd comme phrase, faut que je me surveille, moi) ; mais voilà, hop, c'est dit. Et vous, vous en pensez quoi ?
02:12 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : manu causse, rugby, homosexualité, sport
21 juillet 2008
Joséphine Baker de retour à Paris Plage -

Là je prends un risque. Mais c'était annoncé sur le blog de Fauvette dès le 4 juillet. La vie va te dire aujourd'hui si le défi est en effet relevé : pour le lancement de Paris-Plage, la piscine flottante Joséphine Baker, remise plus ou moins de ses avanies de toutes sortes, devait rouvrir au public. De là où je suis depuis presque deux semaines, impossible à vérifier !
(Sinon, Fauvette, c'est pas grave si c'est la deuxième fois que je te cite en moins de trois jours ? une façon comme une autre de m'en tenir au silence auquel je m'astreint...)
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18 juillet 2008
happy birthday, Mister Mandela

Une parenthèse - mais méritée - dans la litanie improvisée consacrée a Seiji, qui a chamboulé mes vacances, sa quiétude, et tout le déroulé de billets préprogrammés tel que je l'avais conçu avant mon départ en vacances. J'en reprends ici le fil, à partir d'une actualité importante et symbolique :
Pour moi, il n'y a pas de doute possible : Mandela est le plus grand homme vivant que compte notre planète. Son combat, ce à quoi il a survécu, la transition pacifique qu'il a su organiser dans son pays, la clarté visionnaire de son propos en toute circonstance, son à-propos sans fausse pudeur dans son engagement contre le Sida... Cet homme n'aura jamais déçu, jamais.
Dans ma jeunesse, je m'étais engagé dans le combat contre l'Apartheid. J'en avais raconté un épisode ici. L'exigence de sa libération était notre porte drapeau. J'étais même allé à Wembley assister, en 1988, à un grand concert anti-apartheid. J'ai eu la chance, en septembre 1995, prenant de nouvelles fonctions au sein d'une organisation internationale de jeunesse, de me retrouver dans un dîner qu'il organisait à Pretoria à l'occasion de la visite d'un chef d'État africain, et me tenant dans sa proximité, j'en avais ressenti un indicible frisson.
Dès le 28 juin, Fauvette lui rendait hommage là. Et moi, de tout mon coffre, de là où je suis, je lui lance un tonitruant "happy birthday, Nelson !"
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10 juillet 2008
vous êtes impatients
C'est pas parce que c'est les vacances, que ce blog doit s'arrêter de vivre. J'ai donc préposté et programmé quelques clins-d'oeil, en forme de rétrospectives, qui égrenneront les jours, avec plus ou moins de régularité, jusqu'à mon retour.
Et les coups de gueule en font partie partie, même si l'été on se doit d'avoir le coeur léger.
Voici donc un billet d'Olivier Autissier (lire ici le texte dans son écrin d'origine), qui tient un de ces blogs en alerte de salubrité publique.
J'en profite pour te glisser, l'égo tout émoustillé, qu'Olivier m'a un jour rendu un hommage appuyé, que je n'en ai pas dérosi depuis, ça s'était passé là.
_________________________4.300.000 €
publié par Olivier Autissier, le 23 juin 2008
En voilà une petite somme bien rondelette qui nous permettrait de belles et féeriques vacances sans doute. Et tant d'autres choses aussi.
Une petite somme bien rondelette qui pourrait servir à essuyer une partie des déficits de certaines caisses peut-être, à construire des logements quelque part, à soulager la misère de quelques foyers démunis. Et tant d'autres choses aussi.
Mais ne rêvons pas !
Cette petite somme bien rondelette de 4 300 000 €, eh bien je vais la dépenser. Banco, cash, comme ça ! Sans me gêner. Et sans regarder les faibles à côté de moi.
Mais cette fois-ci, vous ne rêvez pas !
Car cette petite somme bien rondelette, je ne vais pas la dépenser seul. Oh non alors. Vous allez participer à ma joie et la dépenser avec moi.
En effet, à travers nous, c'est l'Etat Français qui va signer le chèque, qui va prendre dans ses caisses déclarées vides il y a quelques mois.
Et pour faire quoi ? Pour une campagne publicitaire déclinée en panneaux 4x4 et en spots télé.
Et pour dire quoi ? Diantre, pour nous convaincre, nous payeurs, que les mesures de l'Etat en faveur du pouvoir d'achat son efficaces. C'est dire que le discours, lui, ne l'est pas puisque une telle dépense semble nécessaire à cet effet.
Voilà ce que j'apprends à l'instant via Le Monde.
Et je me dis, à défaut de me le demander, que finalement, de l'argent il y en a. A perdre, à jeter par les fenêtres et même par les petites lucarnes.
Je dis aussi, à défaut de le demander, qu'on persiste à nous prendre pour des imbéciles d'une part, mais aussi pour des ignares qui ne comprennent pas que l'Empereur, sa femme et leurs petits princes n'agissent que pour notre bien, notre confort et notre avenir.
Enfin, je me dis aussi et cette fois sans me le demander que c'est une chance qu'il reste encore de la publicité sur le service public. Ça va me permettre de voir que j'ai payé pour voir ce que j'ai payé.
C'est sûr, il y en a qui ont de la chance de vivre en France. Aujourd'hui plus que jamais.
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08 juillet 2008
déjà la troisième tablée

J'ai l'esprit ailleurs, mais ce serait pas cool de passer à la trappe ma troisième soirée Paris-Carnet de mercredi dernier (oui, je sais, je suis à la bourre, mais visiblement, y'a pas que moi !). Je ne rentrerai pas dans les détails, cette fois. Je préfère te renvoyer à l'excellent compte-rendu de Lancelot, plein de détails dont je partage le vécu (ou au non moins excellent montage photographique de Bougrenette). Avec pour moi un peu de stress en moins, parce que c'en est presque une routine, maintenant (la troisième, tu penses !), mais un peu d'indisponibilité mentale en plus (en plein chagrin d'amour, avec des doutes dans tous les sens). M'enfin, j'ai pris sur moi, aidé en cela par l'affabilité de la tablée, la première de Bougrenette et d'Alex, et d'autres surprises de taille. Je m'en suis voulu d'avoir été un peu effacé, pris de court par la présence inattendue de Lancelot, et un peu en manque d'imagination pour rebondir sur les situations.
Je me souviendrai surtout, l'haleine à l'envers pour cause d'ail tardif et d'alcool allongé, m'être ensuite imposé pour la nuit chez Seiji, l'avoir blessé comme je n'imaginais pas pouvoir le faire, l'avoir vu me voir lui manquer de respect, mais finalement avoir passé la nuit à lui dire et à lui entendre dire des choses qui se devaient de sortir, où le respect a retrouvé la place.
Je me souviendrai une fuite au tout petit matin pour retrouver gare Montparnasse une mission professionnelle vers Poitiers. A ce stade, l'haleine n'était plus seule à l'envers. J'en étais tout out of everywhere.
Et maintenant, j'ai juste une prière : je te livre de moi une image triste. C'est comme ça. Mais plus que tout, je voudrais que tu n'altères en rien ton regard sur Seiji. Il écrit peu ici, mais je veux que tu l'aimes, il n'est pour rien dans ma douleur, ni ingrat, ni gougeat, nous traversons juste, lui comme moi, notre inéluctable.
Ferons-nous de cette épreuve quelque chose de grand, comme nous nous le sommes promis ? Dépasserais-je cette jalousie imbécile pour ne plus que lui souhaiter la réussite d'une rencontre heureuse ? Je le voudrais tant. Je n'en ai pas encore la force, mais j'en ai déjà le souhait.
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11 juin 2008
1964, la malédiction de la betterave rouge
Il a du se passer quelque chose en 1964. Ou dans les crèches de France dans les années qui ont suivi, ou plus tard encore dans les cantines scolaires des écoles primaires, ou de nos collèges. Comme un nuage, genre Tchernobyl, qui serait passé juste au dessus de notre génération...
Récemment, j'ai fait la connaissance, par hasard, de plusieurs personnes qui sont nées la même année que moi. Bon, un Japonais, ça compte pas, rapport aux cantines scolaires, on joue pas dans la même catégorie. Et trop loin de Tchernobyl, pas crédible. Mais avec tous les autres, on s'est découvert un gros point commun : mais un gros ! On n'aime pas les betteraves rouges.
Et je ne parle pas de simple préférence, d'une petite coquetterie de banlieue, de quelque disgrâce occasionnelle ou futile. Je parle d'un vrai rejet, d'une chose majeure, d'un truc si fort qu'il s'impose avec une évidence insolente à la première évocation, au point d'aller s'inscrire sur des blogs, c'est dire. Un vrai dégoût, plus sérieux, plus profond, plus mystérieux, plus structurant qu'autre chose. Il est étrange, ce désamour indépassable, inclassable, qui s'est installé entre notre génération et cette denrée mythique, non ? Pourtant, qu'est-ce qu'on a pu nous en servir à l'école ! L'échec d'une thérapie ?
Je m'excuse, ça nous fait un sujet un peu léger, cette coïncidence . Mais fallait que je le dise. Et puis je me l'autorise parce que je vais bien. Il vaut mieux prendre la betterave comme un punching-ball que se la traîner au fond du gosier. Je sais que ça aussi, c'est possible, comme une douleur déraisonnable, une boule qui te fait t'interroger, injustement douter. Je veux te dire qu'on a pourtant ça, toujours, encore, en commun. Entre plein d'autres choses.
Même si c'est dérisoire de le dire.
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10 juin 2008
l'espérence et le sursis : mon 2.000ème commentaire
"Et chaque jour nous rapproche un peu plus de nos buts ... Comme chaque jour nous rapproche un peu plus de notre propre fin... Et chaque lendemain est une nouvelle étape d'espérance et de sursis [...]"
Bon, on peut jamais savoir où et comment ça tombe. Mais compte tenu de la note à laquelle il était consacré, il était peu probable que ça nous ferait un commentaire joyeux. Celui-ci, on le doit à Céphée, dont le blog poétique balance entre esthétisme et surréalisme.
(Note qu'on a eu du bol, par ce qu'à un près, Anydris nous faisait un 2.000ème comme ça : "...................")
Par chez elle, ces jours-ci, on pouvait trouver, sous le titre "Les mauvaises langues diront gare au scandale..." cette petite devise, qui semble presque m'être dédiée :
"Les amours clandestines ont une saveur de fruit défendu particulièrement
agréable au palais non !?.."
Ainsi que ces quelques vers d'un haïku et son illustration, que je reprends tels quels, avec un gros clin d'oeil à Seiji :
Haïku livide ...
Tomber de son lit,
Méli-mélo, vague l'esprit !
Un las sable pli [...]
Autrement, le 1.000ème, on l'avait du à un grand timide, pas moins poète, mais qui n'a plus refait trop d'apparition par ici, et dont le blog a semble-t-il fermé depuis. Bah! C'est la vie...
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04 juin 2008
le petit Alexis

Une petite boule de parole. Toute blonde. Il voyageait seul lundi soir entre Paris et Toulouse. L'hôtesse était venue me dire :"Monsieur, s'il vous plait, puisque cet enfant est à côté de vous, soyez gentil de vérifier qu'il a la ceinture bien attachée. Et merci de lui appliquer son masque à oxygège si nécessaire". J'avais acquiescé, et il m'avait adopté.
Six ans et demi, un petit écureuil en peluche comme compagnon de voyage, quelques chewing gums pour l'atterrissage, une barre Lion pour le quatre heures. Il n'a pas suppporté que je lise le journal ("moi ma maman elle lit jamais le journal"), encore moins que j'essaye de dormir ("il faut te réveiller, il faut attendre d'avoir mangé pour dormir")... Une teigne que j'aurais étranglé dès la première minute. Mais à côté de ça, toute la naïveté de l'enfance, un tutoiement désarmant, des comparaisons flatteuses avec son père, des histoires à raconter dans tous les sens, une façon d'offrir sans calcul ses gateaux en partage...
J'avais lu avant de décoller cette histoire du petit Thomas, et bien qu'elle n'aie rien à voir, j'y pensais fort en compagnie du petit Alexis. Parce que l'enfance. Parce que l'enfance.
Autrement, chez Manu et Emma de Toulouse, leurs zig et leurs zags n'y étaient justement pas hier soir. J'étais content de partager un bout de leur intimité, au détour de ce déplacement professionnel, de goûter à leurs talents culinaires. Je me suis beaucoup excusé de ma visite impromptue, de mon arrivée les mains vides, de mon coucher précipité pour cause de lever matinal... (Putain, maman, pourquoi tu m'as inculqué cette saloperie ?!?...) Ca a beaucoup énervé Manu, qui lui même a beaucoup été désolé, de je ne sais plus trop quoi, d'ailleurs.
Tous les deux parlent entre eux sur l'amour comme ils y écrivent : en cherchant. J'ai pourtant pas l'impression qu'ils soient très loin du bonheur. Mais chercher, ça doit être une façon d'avancer. (Merci à tous les deux, en tout cas - j'ai passé une super soirée)
10:15 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : fauvette, emmanuelle urien, manu causse-plisson
02 juin 2008
avec ou sans grand A (4)
Ce n'est pas moi qui ai lancé cette histoire de majuscule. J'ai été interpellé, par Patrick. Et après m'être pris longtemps la tête, j'ai entrepris de relever ce défi. Peu importe, au fond, que le A soit grand ou petit, ou qu'on lui préfère un B, ou autre chose. Ce qui compte, c'est la façon qu'on a de vivre l'amour. C'est ce qu'on a à donner, c'est cette façon de ne pas s'oublier tout en donnant tout, de ne jamais renoncer au bonheur.
Moi non plus M. , je ne sais pas lancer des "je t'aime" sans sincérité. Je préfère les taire plutôt que les arracher sans conviction de ma poitrine. En tout cas, ton texte me parle, chaque mot. Il a résonné fort dans ma tête, et j'ai voulu le reprendre ici.
[Retrouver l'amour avec un grand A, (version 1), (version 2) et (version 3)].
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La majuscule a des maîtresses. Et moi j'ai des amants. Pourtant, je l'aime. Je le rêve, encore, parfois. Je pense à lui, chaque jour. Je lui écris, je lui parle. Il me manque. Mais il a des maîtresses et j'ai des amants. Voilà.
C'est une histoire de moitié d'orange, de Bachert ou d'Aristophane. C'est une histoire vraie d'amour pur. Pur et simple. Sans besoin de promesse, d'engagement, de fidélité. Sans même besoin de relation. Hors de l'espace et du temps, il serait toujours majuscule et je l'aimerais. Toujours.
L'amour n'a besoin de rien pour exister.
Dès la première fois, la toute première minute, j'ai su. Comme on sait qu'on a besoin d'air pour respirer, d'eau pour vivre, de terre pour planter. Il est mon air, mon eau, ma terre. Il est le monde dans lequel je vis avec envie, parce que le monde est beau de le porter. Et que sans lui, quelque chose cloche. La planète tourne moins rond.
Aimer C., c'est comme avoir les yeux bleus. C'est un fait. Presque une nature.
Je l'aime quand un autre m'embrasse, je l'aime quand un autre me baise, et je n'en aime pas moins celui qui m'embrasse et celui qui me baise (parfois même, c'est le même). Il n'y a pas moins de place dans mon coeur et dans ma vie. Je n'ai pas moins d'amour à donner.
Alors certains pensent que je suis facile. D'autres que je suis légère. Moi je pense juste être honnête. Peut-être trop. Mais j'aime la démesure, je suis excessive.
Je me souviens qu'Olivier parlait d'amour avec un grand A mais pourquoi faut-il absolument un grand A ? Ici, il n'y a que de petites choses, et pourtant elles sont pleines d'amour, sous plusieurs formes, de plusieurs façons, mais de l'amour tout le temps. Pas plus à droite qu'à gauche, pas moins fort ni moins beau. Jamais moins vrai.
Et si je t'aime, je ne l'aimerai pas moins lui.
Et si je l'aime, je ne t'aimerai pas moins toi.
Et pourquoi a-t-on un problème avec l'amour ?
Pourquoi attend-on toujours des plombes pour dire je t'aime, pourquoi en fait-on une telle cérémonie ? Pourquoi donner tant de poids à trois tout petits mots ?
On a aucun mal à dire qu'on aime le chocolat, les voyages ou son chat.
Je ne sais pas comment vivre l'amour. A deux, je veux dire. Je me pose beaucoup de questions. Sur la vie de couple, la fidélité, l'engagement. La signification, au fond, de tout ça. Je ne sais pas comment on peut vivre avec quelqu'un et faire en sorte que ça fonctionne. Comment il est possible de fonder une famille. Ce à quoi j'aspire, malgré tout. Malgré mes doutes, mes certitudes aussi, mes craintes et mes incompréhensions. Malgré ma résignation. Mais je sais qu'avant de le vivre, il faut le ressentir. Qu'avant d'envisager l'avenir il faut s'autoriser le présent. En bref, avant de soigner les formes, peut-être faudrait-il avoir un fond.
On se donne des rendez-vous. On se fait la cour. On se séduit, on se respecte, on se prouve. On s'ennuie, aussi. Mais on ne s'aime pas. Pas le temps, le courage, l'idée.
J'ai toujours dit je t'aime avec la plus grande sincérité. A l'instant précis où j'ai prononcé ces mots, je les pensais. Je n'ai pas pour autant signé pour l'instant d'après. Demain est toujours un autre jour.
Il est remparts bien plus hauts que ceux construits autour d'une ville.
Mon coeur est comme les fenêtres de ma maison : grand ouvert. D'artichaut, d'éponge, peu importe. De chair et de battements, en tous cas. Il a aimé, il a pleuré, il aimera, il pleurera. It's like that and that's the way it is. Oiseaux de passage ou véritables conquérants, tous sont bienvenus. Tous et toutes. J'ai le coeur grand ouvert, j'ai dit. Comme les yeux. Et les oreilles.
Mon côté Amélie Poulain, sûrement.
Je pense que la connerie est un rempart à l'amour.
La connerie, et la masturbation mentale. Ceux qui réfléchissent trop ne savent pas aimer. Ceux qui se regardent trop le nombril non plus. Le monde n'a pas de centre, il est donc inutile de s'y croire.
Les personnes les plus malheureuses que je connais sont celles qui n'aiment pas.
Je crois qu'il n'y a pas de grand A. Pas de degré, pas d'échelle. Pas de choix. Je crois qu'il y a de l'amour partout, qu'il est le seul moteur, l'amour d'un être, l'amour de l'art, l'amour de l'argent.
Je crois aussi qu'on s'acharne à réfléchir sur un point qui ne demande nulle réflexion, mais juste une sensation. Des sensations. Mais il est plus facile de réfléchir que de ressentir. Et il est difficile d'accepter ce que l'on ne comprend pas.
Je l'aime. Ni trop ni pour de faux. Sans souffrance ni extravagance. Juste je l'aime.
14:00 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : amour
21 mai 2008
Oh!91 au Pays de l’Or Noir
Bon, ben je dois l'admettre, je suis pris à mon propre piège. Il fallait que ça arrive. A force de m'essayer à quelque chose qui serait une sorte d'intégrité d'écriture - et de démarche - à force de vivre une sorte d'inadvertance sexuelle, et d'en parler, je suis rattrapé par ma propre caricature. Balmeyer a lancé la légende, et force est de constater qu'il a réussi à bien faire se marrer tout le monde.
Et voilà que Zarxas reprend le personnage à son compte, dans un récit qui valait plus qu'une simple parution dans un commentaire. Bon, du coup, je suis mal, moi qui avait en préparation un récit plus vrai que nature sur la pleine lune de lundi dernier... En même temps, ça tombe bien, je n'avais pas trop de temps pour le finir là tout de suite, alors en attendant la suite des aventures de Oh!91 chez Balmeyer (c'est pour samedi soir, à minuit), je te propose de découvrir ici le récit de Zarxas :
(Comme quoi je ne suis pas bégueule).
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Tu te demandes ce que je fais tout seul en plein désert libyen. Je suis venu prospecter du pétrole pour une joint venture socialiste et fraternelle entre le Val-de-Marne et la Jamahiriya Populaire. Mais Fiso a compulsivement taxé mon portable avec GPS pour sa collection et j’erre désorienté sur les dunes, vague après vague.
Que ne suis-je resté entre deux eaux ! Sur ce fait, qu’aperçois-je ? Mais c’est la piscine de Roger Legall, fort à propos délocalisée en plein Sahara, où de jeunes et fournis éphèbes du désert nagent en me faisant signe !
J'accoure, je plonge ! Las, ma gorge, doublement assoiffée à la vue des adolescents bédouins naturistes reste désespérément sèche, mon visage dans le sable. "Relève-toi, étranger, et monte !" ouïe-je, fort surpris d’entendre céans cet arabe marocain populaire mâtiné d’accent parisien banlieusard. Je lève lentement la tête, incrédule. Mais ce n’est pas une vision : ma main tremblante me prouvant la réalité du dromadaire devant moi, monté avec noblesse par un fier homme du désert aux yeux noirs, perçants et pourtant rieurs. A son invitation, je retrouve toute ma vigueur et monte prestement sur sa croupe (du dromadaire). Il m’explique que je serai son hôte dans son camp, proche. Je l’en remercie profusément et me présente ; il me répond se nommer WajDi.
Par Karl et Freiderich ! Mon émotion, à son comble, unie à la perception de son corps fin, dur et souple sous les vêtements amples, et la démarche de l’animal, ressuscite mes sens et mes organes, ce qui semble n’incommoder nullement mon généreux sauveur. Nous nous dirigeons droit vers sa somptueuse tente caïdale, parmi les joyeux cris de bienvenue et les premiers accords des musiciens.
A l’intérieur, un serviteur nous apporte le thé sur un plateau d’argent raffiné puis s’efface, me laissant seul avec mon héros. Il garde son turban et son écharpe : je ne connaîtrai pas encore son mystérieux visage. Ce n’est qu’alors que je remarque, à côté de la théière, les pièces disposées sur la table : "Vous aimez les échecs ?", m’exclame-je. "Certes", me répond-il, "désirez-vous jouer avec moi ?" "Oh, oui !" Alors que débute notre face à face silencieux, j’observe, au-delà de l’échiquier, que les vêtements lâches de mon hôte se tendent en leur partie centrale avec plus de force que sa tente caïdale. "Sidi WajDi, vous disposez là d’une fort belle pièce maîtresse", lui dis-je. "Vous de même, noble étranger", me répond-il, "Jouons donc une partie plus intime". Nous procédons à nous branler, au rythme des darboukas dont les échos nous parviennent feutrés, et dont l’accélération conduit notre transe sexuelle à son paroxysme : nous jouissons, de longs jets puissants, fournis.
Dans l’air du désert, nos spermes libérés se dessèchent en deux jets de sable dont les volutes s’entremêlent en de folles arabesques, tels deux serpents charmés par le son de la ney. C’est charmant, mais c’est fastidieux à nettoyer.
14:23 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : wajdi, fiso, balmeyer, homosexualité, éjaculation






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