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<title>entre deux eaux - laurent-l-amant-epistolaire</title>
<description>entre marée haute et marée basse, entre eau douce et eau salée, entre hier et aujourd'hui, entre mer d'huile et tsunami, entre voile et vapeur... dans une transition sans fin, où la première eau est de préférence... à jeter</description>
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<lastBuildDate>Tue, 29 Dec 2009 23:01:53 +0100</lastBuildDate>
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<title>Laurent, l'épilogue (in)attendu</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/09/15/laurent-l-epilogue-in-attendu.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Tue, 16 Sep 2008 08:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/01/1664924272.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/01/1890859687.2.jpg&quot; id=&quot;media-1281830&quot; alt=&quot;jakedumercredi.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1281830&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dédicace spéciale et multiple, accompagnée d'une reconnaissance que vous n'en avez même pas idée, à &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;Azulamine&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/02/dans-la-peau-de-laurent-a.html&quot;&gt;Azulamine&lt;/a&gt;, &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;la contribution d'Olivier Autissier&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/10/dans-la-peau-de-laurent-e.html&quot;&gt;Olivier Autissier&lt;/a&gt;, &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;la contribution de Lancelot&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/08/dans-la-peau-de-laurent-d.html&quot;&gt;Lancelot&lt;/a&gt;, &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;la contribution de JG&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/03/dans-la-peau-de-laurent-b.html&quot;&gt;JG&lt;/a&gt;, &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;la dernière&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/14/dans-la-peau-de-laurent-g-la-derniere.html&quot;&gt;Manu Causse-Plisson&lt;/a&gt; et &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;une petite chose de M.&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/24/dans-la-peau-de-laurent-m.html&quot;&gt;M.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Où je reviens vers Laurent. Plutôt : où Laurent revient à moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;une cicatrice au delà du regard&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/13/laurent-une-cicatrice-sous-le-regard.html&quot;&gt;Laurent&lt;/a&gt;, tu t'en souviens ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une rencontre en 1986, dans un train, au fin-fond de la Sibérie. Un amour secret, enfoui au fond de moi, puis un perdu-de-vue comme la vie en fabrique parfois, mais des retrouvailles et des tentatives maladroites, dissimulées, de lui dire ma flamme dix ans plus tard, sans que je sache dire si c'était par amour sincère ou parce que me projetant en lui je croyais acquerrir le pouvoir de sortir d'un placard de plus en plus inconfortable...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au bout de ce processus, des lettres, une lettre, surtout, entre ressentiment et provocation. Puis, derrière, l'attente, un silence, un long silence, qui me disait que je devais affronter seul la chose, en sortir seul, m'en sortir seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Te racontant cette histoire, et laissant à ces épisodes un goût d'inachevé, je t'ouvrais la porte et tu entrais. Pendant plusieurs semaines cet hiver, tu es venu imaginer la réponse que j'avais du attendre. Ou celle qu'il aurait pu me faire. Et je me mis, aussi, à &lt;a target=&quot;_self&quot; title=&quot;ma contribution&quot; href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/24/dans-la-peau-de-laurent-0.html&quot;&gt;écrire à sa place&lt;/a&gt;. Ce faisant, je crois que nul, ici, ne s'est autorisé à juger. Ni l'homme, ni son choix, ni son attitude, ni son embarras. Moi, j'ai grandi, j'ai compris cette période mieux que je ne l'avais jamais comprise, je me suis en partie découvert à travers ton regard (tu vois, M., c'est à ça aussi que servent &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;les petites choses, un an déjà&quot; href=&quot;http://lespetiteschoses.zeblog.com/351672-un-an/&quot;&gt;les miroirs&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un matin de la semaine dernière, je trouvais tôt au réveil un courriel dans ma boîte hotmail. En objet, cette inscription &quot;&lt;i&gt;après tout, parce que tu le mérites&lt;/i&gt;&quot;. Et puis dans le corps du message, une lettre. Sa lettre. Sa réponse. Douze ans après. Il avait trouvé mon blog dans la nuit, et avait lu. Tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne dirai rien du contenu de sa lettre, par respect pour lui et par pudeur, car quelquefois il en faut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a je crois des amours profondes, intenses, trop évidentes pour être vécues autrement que sur le mode de l'amitié et du respect. C'est peut être la condition pour qu'elles durent la vie entière, et c'est très bien ainsi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce matin, je pense à lui, et à son horizon qui vient de se trouver, quelque part à Montréal, un point d'accroche dont le sourire porte un peu de cette Sibérie où nous nous sommes connus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant à la photo de Jake Gyllenhaal, en clin d'oeil à Brokeback Mountain, c'est aussi parce que j'ai comme l'impression de devoir contrebalancer un effet Dany Boon inopportun. Il me comprendra.&lt;/p&gt; 
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<title>dans la peau de Laurent (G) la dernière</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/14/dans-la-peau-de-laurent-g-la-derniere.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Sat, 15 Mar 2008 09:53:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-904147&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/01/1308197481.jpg&quot; alt=&quot;1484423424.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-904147&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Et voilà. La dernière. C'est drôle, la dernière, non ? &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/13/laurent&quot; title=&quot;Laurent, une cicatrice au delà du regard&quot;&gt;Laurent&lt;/a&gt;, j'ai commencé à t'en parler dans la logique &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2007/12/09/menem.html&quot; title=&quot;mes amours secrètes (1) Menem&quot;&gt;des hommes que j'avais aimés&lt;/a&gt;. C'était une façon d'évoquer cette période douloureuse, encore mystérieuse pour moi, qui a précédé mon coming out tardif. Une période qui reviendra, forcément, d'une façon ou d'une autre dans les pages de ce blog.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis j'avais ces lettres, ces doubles. Les publier me permettait de me raconter sans effort, de te dire ces moments de ma vie où je voyageais à travers le monde, mais où je me cassait le nez à ne pas savoir par où sortir de mon enfermement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'avais un récit et trois lettres. Pas de quoi fouetter un chat. Seulement voilà, alors que j'évoquais mes dérèglements et mes chagrins, un autre chagrin venait me prendre en plein vol. Je m'en ouvrais ici, et &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://manucausse.blogspot.com/&quot; title=&quot;dans ton blog&quot;&gt;Manu&lt;/a&gt;, parmi d'autres, m'a tendu la main et m'a prêté l'oreille. Et il eut cette idée. Au vrai, une idée toute bête, suggérée avec simplicité. Mais qui disait subtilement&amp;nbsp;comment il était rentré dans cette histoire, ce qui déjà me troublait. J'en fis &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/17/laurent-7-et-s-il-avait-repondu.html&quot; title=&quot;et s'il avait répondu ?&quot;&gt;un défi&lt;/a&gt; et je t'ai proposé de le relever, de le relever avec moi. Manu lui donna un titre, &quot;&lt;i&gt;dans la peau de Laurent&lt;/i&gt;&quot;, ça voulait dire qu'il acquiesçait. Je me sentais moins seul, mais surtout, surtout, sans même le savoir, j'ouvrais une porte à des émotions fortes, fulgurantes, intenses, certaines étonnamment résistantes et prometteuses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ca se termine en coup de poing. Comment s'en étonner, de la part d'un auteur, talentueux mais qui ne s'épargne jamais beaucoup lui-même, qui a cette faculté étonnante de se voir évoluer d'en dehors de lui, et de se raconter avec lucidité, détachement, ironie et indulgence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette aventure a pu te lasser, je le sais, parce qu'elle était exigeante, ou dérangeante. Je ne sors pas indemne de cette traversée du miroir, mais je ne la regrette pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dans la peau de Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;proposition N°7&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par &lt;i&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://manucausse.blogspot.com/&quot; title=&quot;dans ton blog&quot;&gt;Manu Causse-Plisson&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Oh,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je te parle de mon cul et tu me parles du monde.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;C’est, visiblement, un joli décor pour toi. Le monde, pas mon cul.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Sauf que mon monde à moi ressemble pas mal à un cul – avec ses deux hémisphères, Sébastien et moi, et sa zone d’ombre, son entrée secrète et gardée.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;En lisant ton premier feuillet, je me suis dit que j’allais la faire partager à ma moitié. En lisant le deuxième, j’ai compris que je ne le ferais pas.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Que ce serait une intrusion insupportable dans notre quotidien.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je regarde autour de moi les murs de notre trois pièces. Rien ne ressemble à Budapest, au Sahara, à tes mots. Ce n’est pas que ce soit triste, non, évidemment. Ou alors si peu. Mais tout est banal. Banal à pleurer. Sauf que je ne pleure plus depuis longtemps.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Tu parcours le monde et poses sur ses habitants un regard tendre&amp;nbsp;; je parcours l’espace entre la cuisine et le salon, et tout ce que je vois, ce sont des images sans couleurs.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Il y a peut-être, au fond de moi, un cœur secret qui n’a pas renoncé à se dire&amp;nbsp;; mais il est loin, si loin que plus personne ne peut l’entendre. Alors à qui crois-tu parler&amp;nbsp;? Enlisé dans ma vie je reçois tes mots qui ne me concernent pas, qui ne me regardent pas. Ils glissent sur moi – non, ils glissent à la surface de l’océan d’indifférence pendant que je me coule en ses profondeurs.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Oh – oh, oh. Te voilà sous mon charme, dirait-on. Si je voulais être honnête, je reconnaîtrais que c’est ce que j’ai voulu. Que j’ai su dès nos premiers moments que tu vivais dans la peau d’un autre – cet hétéro enthousiaste, engagé, engageant, ce n’était pas toi, pas vraiment. J’ai lu les questions dans tes yeux, et j’ai joué au plus malin pour y répondre. Ou plutôt pour ne pas y répondre.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Si j’étais honnête, je te dirais qu’à chacune de tes lettres je te voyais avancer vers cette dernière, celle que tu me lances comme un ultimatum&amp;nbsp;; que je t’y guidais par mon silence, par mes mots lorsque nous nous rencontrions. Par ma façon de te charmer par petites touches – tu ne me crois pas innocent à ce point, oh, au moins&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Maintenant, nous y sommes. Tu as franchi une ligne – celle d’arrivée ou celle de départ, à toi de décider. Et tu me lances ce résultat au visage, content comme un gosse qui a trouvé un caillou – ou même, l’image vaut ce qu’elle vaut, qui brandit une poignée de sa merde, pensant faire la fierté de ses parents.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Tu veux connaître mes réactions&amp;nbsp;? Flatté, évidemment. Séduire un hétéro, l’attirer dans ma toile, c’est une victoire amusante dans mon ennui habituel.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Heureux et fier&amp;nbsp;? Je pourrais l’être, si je pensais encore que t’aider à te découvrir était une bonne chose. Mais je sais trop à quel point mon égoïsme était à l’œuvre&amp;nbsp;; après tout, je voulais simplement que tu deviennes comme moi. Ou que tu deviennes moi, simplement – peut-être pour que je devienne toi, pour voir Buda et le désert par tes yeux plutôt qu’au travers de mon prisme d’indifférence.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;S’il me restait une quelconque capacité d’indignation, je me mettrais en colère. Sans doute contre moi – j’ai réussi à perdre le seul ami hétéro que j’avais – et contre toi, aussi.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je pourrais même te détester – de quel droit viens-tu me déranger dans ma mort confortable&amp;nbsp;? Ou bien tomber amoureux de ton ardeur. Parce que, bien sûr, je pourrais avoir envie de te croire. D’écouter ta demande, de me précipiter vers toi&amp;nbsp;; de souffler un peu sur les cendres de mon cœur pour voir s’il y reste des braises. Peut-être ton enthousiasme pourrait-il me faire croire que la vie peut m’accorder davantage.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Mais cela durerait combien, dis-moi&amp;nbsp;? Deux jours&amp;nbsp;? Une semaine&amp;nbsp;? Ou alors nous condamnerions-nous à vivre ensemble, collés l’un contre l’autre comme deux fesses dans un boxer moulant, comme un vieux couple dans un trois pièces&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Ce n’est pas que ma vie avec Sébastien me satisfait&amp;nbsp;; elle est simplement aussi ennuyeuse qu’une autre, elle me convient donc très bien. Si je voulais être honnête (mais j’arrête avec cette formule, l’honnêteté m’ennuie, à quoi peut-elle être utile&amp;nbsp;?) je te dirais que je ne mérite pas mieux, et que remplacer Sébastien par toi ou un autre n’aurait pas plus de sens que de mettre un vieux sous-vêtement à la machine en pensant qu’il en ressortira tout neuf.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Disons que je t’ai tendu la main parce que je n’avais rien de mieux à faire. Tu l’as prise, c’était ton choix&amp;nbsp;; maintenant, comme dit le prince charmant à la petite fille dans la blague de Coluche, ça t’ennuierait de me lâcher&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;J’ai jeté ta lettre – simplement à la poubelle, même pas brûlé ou jeté à la Seine, ç’aurait été trop théâtral. J’ai jeté ta lettre entre un paquet de mauvais café, une peau de mandarine et une capote usagée.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je me déteste pour t’avoir arraché ces mots (mais je me déteste depuis si longtemps qu’au fond cela ne fait pas de différence), et tu m’ennuies à vouloir m’en arracher d’autres. Je dois t’avouer enfin qu’une joie malsaine – c’est toujours une joie pourtant – me remplit à l’idée que tu attendras pendant des jours et des années une réponse de ma part.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Rassure-toi, elle ne viendra jamais. Que tu passes ta vie à m’espérer m’amuse. Cela me confère un soupçon d’existence tout en m’épargnant le souci de penser à toi.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Oh, je t’emmerde. Peut-être pas autant que je m’emmerde moi, mais ce serait un effort inutile.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Adieu, ou plutôt à jamais,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>dans la peau de Laurent (F)</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/24/dans-la-peau-de-laurent-0.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 00:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-900031&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/01/334077681.jpg&quot; alt=&quot;206032516.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-900031&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Je m'y suis mis aussi. Après tout, n'est-ce pas à moi que &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/17/laurent-7-et-s-il-avait-repondu.html&quot; title=&quot;Laurent, et s'il avait répondu&quot;&gt;ce défi&lt;/a&gt; avait été initialement lancé ? J'ai eu un avantage sur toi : je connais &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/13/laurent-une-cicatrice-sous-le-regard.html&quot; title=&quot;Laurent, une cicatricce au delàdu regard&quot;&gt;Laurent&lt;/a&gt;. J'ai de lui des choses que je ne t'ai jamais dite, et qui m'ont nourri. Toi, tu n'as de Laurent que peu de choses, des bribes de son histoire ancienne, Jean-Pierre, quelques fractions de son présent, un Sébastien en sommeil. Mais j'ai eu un désavantage : je suis prisonnier de ma propre attente. Depuis douze ans cette histoire tourne en rond dans ma tête, et m'en défaire est un exercice. Toi, tu as pu me mettre face à mes contradictions et me tendre un miroir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai écrit cette proposition avant de lire celles que tu m'envoyais, pour ne pas me laisser d'avantage conditionner. Au final, c'est une version qui, du coup, m'arrange bien : de loin, ce n'est pas la plus intéressante, j'en suis conscient, mais elle exprime - dans les limites de ce que je sais de lui - à peu près tout ce qu'il m'apparaît &lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt; raisonnable d'avoir pu en espérer &lt;i&gt;à l'époque&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;Elle ne clôt pas la série. En tout bien, tout honneur, le dernier mot sera donné samedi par notre donneur d'ordre, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://manucausse.blogspot.com/&quot; title=&quot;dans ton blog&quot;&gt;Manu Causse-Plisson&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dans la peau de Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;proposition N°6&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/&quot; title=&quot;mon blog - page d'accueil&quot;&gt;Oh!91&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Mon cher O.,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;On a un beau printemps par chez nous. Avec Seb, on a fait le tri dans nos affaires ce week-end, dans nos papiers, dans nos amis, dans notre vie, on a passé un grand coup de serpillère, et on se sent mieux pour passer l'été.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Que te dire, O. ?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;A la radio, j'en ai ras-le-bol du standard, mais je devrais décrocher un poste d'assistant de réalisation pour cet été auprès d'une chroniqueuse que j'apprécie.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Ta lettre m'est arrivée comme un pavé en travers de la gueule. D'abord, que tu le saches, j'en garde tout, je ne saurais pas te regarder à l'avenir avec des faux semblants entre-nous. Mais je ne suis pas bien sûr de tout comprendre. Ou plutôt, si. Tu me places dans une situation délicate, tu m'accuses violemment. J'ai cru pouvoir être simple avec toi, naturel, tu es un de mes rares potes hétéros, et j'ai pensé que je pouvais te parler ouvertement comme je le fais avec mes meilleurs amis homos.&amp;nbsp;Y compris de sexe. Je n'ai pas pris de gant parce que je n'ai pas cru qu'il y en avait besoin. Pour moi, tu es quelqu'un de fort, j'ai parfois envie de m'accrocher à toi pour grandir, pour trouver la confiance qui me manque, tu es le copain qui compte dans ma vie, dont je suis fier et auquel je m'identifie parfois. Je ne voulais pas t'ébranler parce que j'ai besoin de toi tel que tu es, je n'ai jamais cherché à t'entraîner vers d'autres territoires.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;La violence de ton propos me chahute comme jamais. Tu sais combien ton amitié m'est précieuse, mais tu viens menacer de la déchirer sous mon nez. Comment répondre à cela ?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;On cherche tous à séduire, O. C'est notre lot. A notre corps défendant. Pour moi qui suis si mal dans ma peau, c'est ma bouée de survie. Vis-à-vis de toi, c'est aussi pour entretenir notre amitié.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;je crois que tu te trompes, O., que tu te trompes de combat. Tu me prends pour cible, de ta haine ou de ton amour, ce n'est pas très clair, mais c'est contre autre chose que tu te débats. J'ai relu tes lettres depuis que tu es à Budapest. J'y perçois effectivement un certain trouble, peut-être dit-il des choses de toi que tu n'arrives pas encore à formuler clairement, comme une sorte d'enfermement. Je suis prêt à t'accompagner dans ce combat-là, à t'aider à comprendre de quoi tu es prisonnier. Ca me ferait drôle qu'au bout du chemin tu y découvres un goût pour les hommes, parce que parmi les choses que j'ai toujours admiré chez toi, c'est ton amour pour les femmes, ta fidélité, le respect que tu leur témoigne, et à côté de ça ta tolérance. Mais si c'est le cas, autant te le dire, je serais scotché bien sûr, mais tu resteras évidemment mon ami.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Tu veux mettre mes sentiments à nu ? Soit. Je croyais qu'ils l'étaient, alors ne t'attends pas à de grandes révélations... J'aime Sébastien, parce qu'il est jeune et fragile, et qu'il m'apporte une stabilité qui m'a toujours manqué. Si je devais être tout à fait sincère, j'aime surtout la vie que nous sommes en train de nous construire. Mais j'ai aimé plus que lui avant mon motard bourguignon. Au plan sexe, c'était dix fois mieux. Et j'ai aimé jean-pierre avant cela comme un malade, je lui suis redevable de tout ce que je suis devenu. Sans lui, j'aurais pu finir au fond du trou.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Quant à toi, je t'aime comme un ami, je peux même dire comme mon meilleur ami, donc d'une amitié que je n'ai pas envie de jouer à pile ou face. Si par contre tu attends de moi de l'amour, tu fais fausse route. On se connaît trop pour que je puisse envisager avec toi un tel niveau d'intimité. Peut-être qu'au tout début, durant notre voyage sur le transsibérien, j'ai eu une vraie attirance pour toi, elle s'est déplacée vers le secteur calme et apaisé de mes émotions. Mais je ne crois pas que tu m'aimes d'amour non plus. Tu projettes en moi des sentiments et des pulsions que tu refoules par ailleurs, et ce sont celles-ci que je veux bien t'aider à déceler. Si tu es prêt à faire un grand saut et à t'engager sur ce chemin. Ta lettre me laisse penser que tu l'es.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Si tu le souhaites, on en parle à ta prochaine visite.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;J'espère que ce mot te rassurera : tu n'as rien brisé d'irréparable.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;J'ai hâte de te revoir. J'ai aimé ton évocation du Sahara : t'en as quand même de la chance, mon salaud, de pouvoir te faire tous ces voyages !&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je t'embrasse.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>dans la peau de Laurent (E)</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/10/dans-la-peau-de-laurent-e.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Tue, 11 Mar 2008 00:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-896241&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/00/1403037583.jpg&quot; alt=&quot;280870500.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0px; margin: 0.7em 0px; width: 103px; height: 116px;&quot; id=&quot;media-896241&quot; width=&quot;103&quot; height=&quot;116&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Cela va faire deux mois que tu m'accompagnes dans &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/17/laurent-7-et-s-il-avait-repondu.html&quot; title=&quot;Laurent, et s'il avait répondu ?&quot;&gt;cette aventure épistolaire&lt;/a&gt;, depuis &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/13/laurent-une-cicatrice-sous-le-regard.html&quot; title=&quot;Laurent, une cicatrice au delà du regard&quot;&gt;le récit de ma rencontre&lt;/a&gt; avec Laurent à bord du &lt;i&gt;Transsibérien&lt;/i&gt;. Moi, ça fait 22 ans bientôt que Laurent me poursuit. Par séquences. Nos brouilles ont finalement été assez nombreuses, parfois longues, mais nous nous sommes toujours retrouvés. Laurent, c'est mon intermittent de l'amitié. C'est mon épopée, elle n'a pas de fin. C'est toi qui la prolonge aujourd'hui en lui ouvrant la porte de l'amour. Et de la jouissance ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En passant une soirée entre amis chez les Ch'tis, l'autre jour, j'ai réalisé qu'il avait queque chose de Dany Boon. Dans le sourire. Et peut-être surtout dans les oreilles, en un poil plus blond et plus coquin. J'espère n'avoir pas cassé ton imaginaire, là...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dans la peau de Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;proposition N°5&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par &lt;i&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;lhttp://www.olivier-autissier.com/blog/&quot; title=&quot;le blog d'Olivier Autissier&quot;&gt;Olivier Autissier&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Cher Olivier,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Sans doute as-tu raison quand tu dis que les mots de démarrage sont les plus difficiles à trouver. C’est souvent le cas pour celui qui écrit, parfois moins pour celui qui répond tant il a normalement matière à rebondir.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Pour cette réponse, si effectivement la matière ne manque pas, ce sera dans l’intention que je trouverai mes premiers mots. Ils me sont d’une réelle évidence.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je suis déçu&amp;nbsp;! Profondément, étonnement aussi, déçu. Et le contenu de tes phrases n’est pas responsable. Tes idées, tes sentiments et tes désirs exprimés pas davantage. Ma déception n’est que le fruit de ta manière même si je te concède qu’il doit y avoir de ma part un facteur d’impatience non négligeable.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Comme tu en as mis du temps&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;A m’écrire ton quotidien, à décrire ton décor, à évoquer Budapest. Ça n’était pas inintéressant, bien sûr. Mais l’expérience que j’ai, précisément celle que tu n’as pas, encore ou définitivement, m’avait depuis la première lettre permis de lire plus loin. Je devinais tes détours, je les ressentais et très vite quelque chose s’est allumé en moi. Si tu savais combien de fois je me suis interdit et retenu de bousculer ton style. Ou tes. J’ai trouvé plus délicieux, plus excitant – n’est-ce pas de cela dont il t’est question&amp;nbsp;? – de te laisser jouer. Et là, je veux bien m’excuser du verbe employé, s’il te blessait, pourtant n’est-il pas de lui dont il s’agit. Tu jouais, je jouais. Nous jouions donc. Nous jouerons. Que ça te rassure ou que ça t’inquiète. Je te laisse le seul loisir de décider ou non d’en changer qu’une seule voyelle.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Alors, tu peux bien m’accuser autant que tu voudras. Je peux aisément te renvoyer la verve. Seul l’avenir décidera lequel de nous deux se posera en victime. Doux présage par conséquent puisque je te sais trop fort pour ne pas perdre. N’est-ce pas&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Enfin, parce que je n’ai ni ton talent ni ton goût pour les aventures épistolaires, je vais mettre un terme à ce courrier, le seul que tu recevras de moi. Il t’appartient désormais de choisir et de décider. Je te laisse les pourquoi, les comment et les quand. Je me charge des où. Je t’y attends avec autant de détermination que de joie. Mes pluriels sont évidemment choisis et voulus.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je t’embrasse.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Sébastien te remercie pour tes salutations à son intention. Il dort à cet instant précis.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>dans la peau de Laurent (D)</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/08/dans-la-peau-de-laurent-d.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Sun, 09 Mar 2008 00:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-891298&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/00/2045945772.jpg&quot; alt=&quot;1557692963.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-891298&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;Il y a une mode inter-blogs de jeux partagés. Bien plus que des chaînes, comme celle des &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://boatonthesea.hautetfort.com/archive/2008/03/01/la-cha%C3%AEne-tic-toc.html&quot; title=&quot;les six petites choses chez lancelot&quot;&gt;six&lt;/a&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://anydris.hautetfort.com/archive/2008/02/29/sans-importance.html&quot; title=&quot;les six petites choses chez Anydris&quot;&gt;petites&lt;/a&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://voyagesdenuit.hautetfort.com/archive/2008/02/28/six-choses.html&quot; title=&quot;les six petites choses chez Bougrenette&quot;&gt;choses&lt;/a&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://leblogdelelephant.blogspot.com/2008/03/il-parat-qu-faut.html&quot; title=&quot;les six petites choses chez l'Eléphant&quot;&gt;sans&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/23/quelques-petites-choses-sans-importance-quoique.html&quot; title=&quot;les six petites cochonneries me concernant&quot;&gt;importance&lt;/a&gt;, ce sont des exercices littéraires. Mes amis &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://balmeyer.blogspot.com/&quot; title=&quot;balmeyer's blog&quot;&gt;balmeyer&lt;/a&gt; et &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delasexualitedesaraignees.blogspot.com/&quot; title=&quot;de la sexualité des araignées&quot;&gt;Zoridae&lt;/a&gt; aiment bien ces défis-là. Avant la thématique &lt;i&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delasexualitedesaraignees.blogspot.com/2008/02/changer-de-sexe.html&quot; title=&quot;la liste des participants, avec leurs liens&quot;&gt;changer de sexe&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui a donné lieu à un certain nombre de contributions croustillantes, ce sont les &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://delasexualitedesaraignees.blogspot.com/2008/02/mon-uf.html&quot; title=&quot;liste des participants, avec leurs liens&quot;&gt;&lt;i&gt;tortues de mer&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui avaient occupé les neurones de nos joyeux lurons. Je dois dire que cette forme d'exercice est assez rigolote, et dans ce domaine, je suis sensible aux productions désaxées. Un peu novice en la matière, quand m'est venue l'idée de &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/17/laurent-7-et-s-il-avait-repondu.html&quot; title=&quot;et si laurent avait répondu ?&quot;&gt;la lettre de Laurent&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, je n'ai pas pensé solliciter d'autres blogs pour ça. Déjà, des plumes, ça me faisait honte, mais mobiliser des pages, de l'espace mémoire, des publics, des audiences... Je n'ai pas l'âme d'un intrus (même si j'en ai parfois les pratiques, suivez mon regard).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;Tout ignorant des bonnes moeurs, j'ai donc mis à ta disposition &lt;a href=&quot;mailto:oh94@hotmail.fr&quot; class=&quot;null&quot;&gt;une boîte mail&lt;/a&gt;. Et grâce à toi (nous avons été 7 à ce jour, moi compris, à &quot;&lt;i&gt;jouer&lt;/i&gt;&quot;), j'occupe mon blog, je le fais vivre. Enfin, tu le fais vivre. C'est un peu égoïste de ma part, mais c'est tellement généreux de la tienne. Tellement. Et puis avec ce système, des lecteurs non-dépositaires d'un blog ont pu participer aussi, et de quelle façon, finalement, ce n'est pas si mal non plus.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dans la peau de Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;proposition N° 4&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par &lt;i&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://boatonthesea.hautetfort.com/&quot; title=&quot;boat on the sea, le blog de lancelot&quot;&gt;lancelot&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Cher Olivier&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Je réalise avec étonnement en démarrant cette lettre à quel point il m’est difficile de combler par l’écriture ce vide creusé par des années de mutisme. Tu vas peut-être trouver ce qui va suivre étonnant car il y a certains aspects en moi que je t’ai toujours soigneusement cachés. Mais voici&amp;nbsp;: écrire sur moi-même, décrire ma vie, mes envies, mes craintes, mes terreurs, mes plaisirs, mes joies, ça je sais. Parler des autres, les commenter, les jauger, les juger même (mon plus grand défaut dans mes relations à autrui), ça je sais encore mieux. Mais depuis ce défi que tu as lancé, redevenir au milieu des autres le Laurent que tu as connu, en train de nager vers toi, debout sur le rebord de cette piscine olympique, chacun essayant son rythme, sa grâce, sa force, sa direction, son mouvement, dans une compétition virtuelle, putain que c’est dur.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;J’ai toutefois l’orgueil, la faiblesse de penser que le principal intéressé (moi-même en l’occurrence) a le droit de prendre part au jeu.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;J’ai tremblé quand j’ai lu ce message il y a cinq jours sur ton blog parce que j’ai su que quoiqu’il arrive, je me devais de le relever. J’avais déjà négligé pas mal d’autres enjeux avec des haussements d’épaules&amp;nbsp;: &quot;&lt;/i&gt;C’est pas pour moi&quot; &lt;i&gt;&quot;&lt;/i&gt;Ca m’ennuie&quot; &lt;i&gt;&quot;&lt;/i&gt;C’est ridicule&quot; &lt;i&gt;&quot;&lt;/i&gt;Je ne suis pas fait pour ça&quot;&lt;i&gt;. J’ai rêvé pendant des années que je pouvais écrire. Je me passais mille petites faiblesses parce que tout est permis au&lt;/i&gt; Génie Méconnu &lt;i&gt;(qui ressemble comme un frère au&lt;/i&gt; Raté Bien Connu&amp;nbsp;&lt;i&gt;!). Et puis, je suis mis au pied du mur. Il y a une échéance, dimanche prochain à minuit. Dans une de tes lettres, tu me disais que tu faisais trop souvent allusion à la mort. C’est vrai aussi pour toute échéance, c’est une petite mort en soi. Si on meurt, c’est toujours trop tôt – ou trop tard. Quand le trait est tiré, il faut faire la somme. On n’est rien d’autre que ses actes, on n’est rien d’autre que sa vie. Donc, ce matin, je conjure le silence, et la mort, pour quelques minutes au moins. J’agis. J’écris. Je t’écris.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Le O, l’O, l’Oh&amp;nbsp;! , l’Eau qui signe chacune des missives que tu m’envoies, ponctuée de tes souvenirs, de pays en pays, année après année, jour après jour, sur ton blog quotidien aujourd’hui, je l’ai longuement médité. Un cercle que j’arpente sans fin aujourd’hui. Des lèvres exprimant la surprise, ou le désir. Tu pourrais être Olivier bien sûr, mais aussi Oscar, pourquoi pas&amp;nbsp;? Et c’est JUSTE après m’être fait cette réflexion que je suis tombé sur ta dernière lettre où, à l’occasion du faux départ de Castro de la vie politique, tu évoquais ce jeune Cubain qui n’est pas toi.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Alors, comme je ne peux imaginer que tu aies fait l’amour à Cuba avec ton homonyme, j’écris à Olivier. Celui dont je n’ai jamais oublié le nom. Celui dont j’avais repéré les boucles, la barbe, le regard pétillant à bord du transsibérien. Celui qui m’avait épaté lorsque je l’écoutais jouer de la flûte alto. Non pas que les airs que tu en tirais m’aient exalté, mais c’était l’engagement de l’apprenti flûtiste en soi qui m’épatait. Une flûte alto traversant la Sibérie, WAOW. Pourquoi pas, au fond&amp;nbsp;? Aurais-je trouvé moins audacieux et plus banal de te voir transporter une balalaïka&amp;nbsp;? (un peu d’humour…).&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Après ces années de silence, T’écrire, écrire à TOI enfin me libère, m’éloigne de mon cœur, me fait du bien. Les jours où je me sens débordé de regrets, étouffé de frustrations, il m’est souvent arrivé de me réfugier dans la page blanche. Mais cela, tu ne l’as jamais su. C’est un secret que je n’accepte de te confier qu’aujourd’hui. Habitué que tu es à mes courriers parcimonieux, à mes silences, tu n‘aurais jamais cru cela de moi, avoue… L’écriture, dérisoire tentative d’oubli, me sort du cœur, comme un long filet de sang, au rythme où ma mémoire se souvient. J’écris comme on exorcise. Quelquefois il faut s’arrêter, se résoudre à l’idée qu’on ne peut jamais aller jusqu’au bout, au plus profond, dépasser le moment où généralement on a une crampe au poignet ou au cœur et que ça devient trop difficile.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;J’ai su que tu m’aimais avant même que tu ne le saches toi-même. J’aimais ton regard qui glissait sur moi comme une caresse. Lorsque nous étions ensemble en tête à tête, j’aimais tes silences, même si ma volubilité était une fausse et inutile tentative pour les conjurer. Bien sûr, je n’étais pas prêt. De l’amour des hommes, du vrai, j’entends, je ne connaissais que ce que Jean-Pierre m’avait laissé entrevoir. Non, nous n’avons jamais été amants, lui et moi. Mais nous avons été mieux que cela. Il était mon guide, mon mentor, mon maître à penser, même si ces expressions peuvent paraître galvaudées et maladroitement emphatiques aujourd’hui. Lui, je l’aimais. Véritablement, passionnément et totalement. Bien sûr, j’étais au courant de sa séropositivité. Elle n’aurait jamais constitué un obstacle pour moi. Mais lui m’a fait comprendre, sans même le formuler verbalement, que je devais trouver ma voie ailleurs. Que, malgré moi, il n’était, pour moi, qu’une étape avant que je ne reprenne mon chemin. Il s’est toujours refusé à moi. Son côté sage, exact, inébranlable, droit et pur. Et, plus tard, lorsqu’il est parti pour toujours, malgré mon chagrin, j’ai senti en lui tenant la main, à cet instant ultime, sa hâte d’oiseau captif, fait pour s’enfuir à tout jamais vers l’immensité. Il m’a laissé comme dernier cadeau, après tant d’autres, sa bonté, comme un éclat, paradoxalement douloureux, lové dans mon cœur à tout jamais.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Quand nous nous sommes connus toi et moi, j’essayais de m’échapper. D’échapper à son influence sur moi. Mais c’était une emprise qu’il n’a jamais exercée volontairement. J’en étais le seul acteur, l’unique moteur. Le lien qu’il avait tissé entre nous avait toujours été léger et impalpable. Jean-Pierre m’emmenait sans m’emporter, il me tenait sans me prendre, il m’aimait sans me vouloir. J’ai senti, compris, intégré cela très vite, mais sans l’admettre avec mes tripes. Contrairement à toi, je n’avais pas peur de mon désir pour les hommes en général, ni pour lui en particulier. Avant de le connaître, rien n’avait d’importance réelle à mes yeux. Les filles, les hommes que j’avais étreints lors de mes errances, il me paraissait tout naturel que je les oublie comme eux m’oublieraient. La vie comme une partie de Marelle. On ne reste jamais prisonnier dans l’enfer ou le paradis. On saute par-dessus, et on retombe sur ses deux pieds.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Jean-Pierre m’a appris, entre mille autres choses, l’acuité du cœur. Lors de ces soirées de voyage à travers la Sibérie, quand nous nous retrouvions tous les quatre, Laurent, Florence, toi et moi, je sentais (c’était physique) ton désir glisser vers moi, malgré ta neutralité étudiée. Et, plus de vingt ans après, j’ai honte de te l’avouer, Olivier, je reconnais en avoir joué. Ce désir amoureux, qui allait au-delà, je pense, de la simple attraction physique (notre complicité, notre amitié, très fortes, la classait bien au-dessus), ce désir donc, j’ai aimé le regarder grandir, croître et évoluer. J’étais pour toi ce que Jean-Pierre était pour moi et cela me procurait un sentiment de puissance, de revanche. J’espère que ces mots ne te blesseront pas. Je marche sur des œufs en ce moment, tu sais. Mais, je te sais suffisamment intelligent pour comprendre aussi (aujourd’hui en tout cas, si à l’époque tout cela te paraissait désespérément flou et ambigu) que ce jeu n’était possible pour moi que dans la mesure où je t’aimais, moi aussi, très fort. Ce n’était pas Jean-Pierre que je «&lt;/i&gt; punissais&amp;nbsp;&lt;i&gt;» à travers toi, c’était moi-même. Sans que j’aie jamais éprouvé pour toi autre chose qu’une amitié instinctive, et une tendresse sauvage, physique, je peux te dire aujourd’hui que je te désirais. Mais je connaissais ton parcours passé, j’entrevoyais ton chemin à venir, et je savais que je ne pourrais te donner ce à quoi tu aspirais véritablement et inconsciemment à ce moment-là. Je savais que je ne pourrais être qu’un obstacle, et non un pont, sur la route que tu allais entreprendre. Un chemin que tu ne saurais suivre seul, bien sûr, mais j’étais trop jeune pour te tendre la main alors.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;La vie a brouillé à nouveau les cartes, et nos méandres respectifs ne se sont plus croisés qu’occasionnellement. J’ai été paresseux, lâche, pusillanime même dans le domaine de nos relations par courrier. Mais j’ai toujours gardé précieusement tes lettres. Elles sont belles. Tes mots, jaillis de ton esprit, de ta chair, de ton cœur. Emplis de toi. Tristes, amers, ou gais et pleins d’espoir. Ou nobles, héroïques même. Tes mots sont des hommes.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Ce matin, très tôt, avant de t’écrire, je me suis levé en faisant attention à ne pas réveiller Sébastien qui dormait comme un ange, insensible à la lumière qui filtrait à travers les stores. Je me suis rendu à la cuisine et j’ai regardé par la fenêtre, sur le lac. Lino se tenait sur les rochers et s’amusait à faire des ricochets avec des galets sur l’eau face au lever du soleil.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Depuis une semaine que nous sommes en vacances ici, à Lendas, nous avons vu et revu Lino. C’est un jeune étudiant en droit d’origine italienne avec lequel nous avons un peu conversé. Il est de toute évidence gay et nous a clairement laissé sous-entendre qu’il n’aurait rien contre une expérience à trois. Son corps est splendide. Il est adepte de gymnastique au sol et nous a fait quelques démonstrations (&quot;&lt;/i&gt;exhibitions&lt;i&gt;&quot;, devrais-je dire) sur la plage, c’est très impressionnant. Il est blond, et sa peau a cette nuance de hâle doré si rare et si particulière. Son torse comme un bouclier cuivré. Son seul défaut, immense, qui fait encore ressortir sa perfection physique&amp;nbsp;: il est d’une stupidité à toute épreuve, ses plaisanteries sont lourdes et sa conversation d’un ennui mortel. Sébastien, qui lui a la chance de ne jamais se laisser complètement aveugler par la beauté des corps, ne cesse de me taquiner et de faire des paris pour savoir ce qui en moi l’emportera, de la concupiscence physique ou du découragement intellectuel.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Mais ce matin je repense à toi et à Jean-Pierre. Et Lino n’a rien pour lui. Seulement un corps doré magnifique en train de projeter sans but des cailloux plats sur la surface de l’eau.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Laurent&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>dans la peau de Laurent (C)</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/24/dans-la-peau-de-laurent-m.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Fri, 07 Mar 2008 00:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/01/1965544645.jpg&quot; alt=&quot;1126467807.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-888284&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/13/laurent-une-cicatrice-sous-le-regard.html&quot; title=&quot;Laurent, une cicatrice au delà du regard&quot;&gt;Laurent&lt;/a&gt;, il y a de la poésie aussi. Tu l'as perçue dans mes lettres, et tu m'en as donnée. De la poésie de situation, de la poésie de littérature. De la poésie de vie. Une poésie que j'ai aussi plaisir à trouver et à retrouver dans les pages de ton blog. Ou dans tes mails. Tu m'as déjà offert du Abou Nouas, et maintenant du René Char. Tu m'as donné une matière enracinée dans la vie, sans époque, éternelle. J'en ferai quelque chose dans ces pages, c'est un serment. Comme tu as su en faire, &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/17/laurent-7-et-s-il-avait-repondu.html&quot; title=&quot;Laurent, et s'il avait répondu ?&quot;&gt;par défi&lt;/a&gt;,&amp;nbsp;du Laurent. Du Laurent au masculin ou au féminin, au passé ou au présent, au réel ou au virtuel...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dans la peau de Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;proposition N° 3&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par &lt;i&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lespetiteschoses.zeblog.com/&quot; title=&quot;les petites choses&quot;&gt;M.&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;O.,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/11/laurent-5-la-declaration.html&quot; title=&quot;Laurent, la déclaration&quot;&gt;Ta lettre&lt;/a&gt; entre les mains il y a une minute encore. Maintenant posée sur la table, près de la feuille blanche que je viens de me décider à sortir. Pourtant, j'ai hésité...&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Je l'ai lue et relue, ta lettre. Tiens, je la relis encore...&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Si je la lis autant, c'est que je ne sais comment réagir. Ou plutôt faire le choix entre les deux sentiments qu'elle m'inspire. Faire un choix, ce que toi, tu ne fais pas.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Que veux tu, O. ? Me parler franchement de toi, ou joliement du Sahara ? J'ai besoin de le savoir, pour te répondre. Dans le premier cas, je te lirai avec attention, avant de chercher puis peser mes mots, je les voudrai justes, pour soutenir les tiens. Dans le second, je garderai ta lettre précieusement, avec les autres, pour les relire un jour, plus tard, quand j'aurais envie de voyager depuis mon rocking-chair.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;O., O., O...&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Que te dire ?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Tes lettres me touchent, elles démontrent l'amitié que tu as pour moi, et en même temps elle me frustrent, parce que tu ne me fais pas confiance. Pas assez pour me parler ouvertement. Pour abandonner ces chemins détournés que tu empruntes par... Par quoi, au fait ? Par jeu ? Par peur ? Par...oserais-je le dire? Par lâcheté ?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Oh, je sais que c'est difficile de faire un choix. Mais c'est souvent nécessaire. Et je crois que ça l'est, maintenant, pour toi.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Je t'avoue que jamais je ne t'aurais écrit ainsi sans ta dernière lettre. Je t'ai dit avoir hésité. Oui, j'ai beaucoup hésité. Entre rester silencieux, parce que ce serait bien plus simple pour toi d'oublier cette lettre, ces fausses moitiés d'aveux, et poursuivre sur la voie que tu as choisis, celle de la facilité, ce dont je ne peux te blâmer. Et te répondre, comme je le fais, pas comme tu l'attends mais comme tu as besoin que je le fasses, je le sens, et je crois que tu le sens aussi. Je crois qu'un peu malgré toi tu me pousses à te brusquer. De toutes façons, je ne pouvais te répondre sans te brusquer.&lt;br /&gt; O., je suis toute à toi.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Si tu choisis de me parler, fais le franchement. Je serai là pour t'écouter, et bien sûr te comprendre. Je dis bien sûr, parce que je ne peux que te comprendre, tu le sais bien. Si tu veux faire ce premier pas, vers moi et vers les autres, je te tiendrai la main.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;Si, au contraire, tu choisis de te taire, de me parler sans le faire comme tu sembles t'y obstiner, je t'informe dès à présent que je ne te répondrai pas. Parce que je n'ai pas ton goût de l'écriture et des descriptions, je ne saurais te parler de rien sur des pages et des pages, comme tu le fais si bien. Parce que tu le fais bien, c'est indéniable, il est toujours très agréable de te lire. Mais pour moi le fond a toujours plus d'importance que la forme.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;i&gt;Si tu le permets, je vais terminer en te retournant tes propos : &quot;&lt;/i&gt;C'est à toi, à présent, de déterminer ton – ou tes – attitude(s). Quant à moi, je me retranche dans le silence et l'attente. L'attente de ton signal, quel qu'il soit. Pour continuer notre amitié. Pour la dépasser. Pour la suspendre. Pour inventer autre chose...?&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;A ton choix,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;M.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;width: 180px; height: 25px;&quot;&gt;&lt;object height=&quot;25&quot; width=&quot;180&quot; codebase=&quot;http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0&quot; classid=&quot;clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000&quot;&gt;&lt;param name=&quot;quality&quot; value=&quot;high&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;menu&quot; value=&quot;false&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;wmode&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget.swf?idSong=185113&amp;amp;colorBackground=0x525252&amp;amp;colorButtons=0xDDDDDD&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;autoplay=0&quot; /&gt; &lt;embed height=&quot;25&quot; width=&quot;180&quot; src=&quot;http://www.deezer.com/embedded/small-widget.swf?idSong=185113&amp;amp;colorBackground=0x525252&amp;amp;colorButtons=0xDDDDDD&amp;amp;textColor1=0xFFFFFF&amp;amp;autoplay=0&quot; menu=&quot;false&quot; quality=&quot;high&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt; 
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<title>dans la peau de Laurent (B)</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Wed, 05 Mar 2008 00:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-884337&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/02/169076773.jpg&quot; alt=&quot;1832973126.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-884337&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/13/laurent-une-cicatrice-sous-le-regard.html&quot; title=&quot;Laurent, une cicatrice au delà du regard&quot;&gt;Laurent&lt;/a&gt;, c'est un jeu. Il existe, évidemment, mais &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/02/dans-la-peau-de-laurent-a.html&quot; title=&quot;dans la peau de Laurent&quot;&gt;le défi&lt;/a&gt; qu'il est devenu, de toi à moi, c'est un jeu. Tu l'as bien senti, un jeu avec mon imaginaire, avec le tien, un jeu qui les fait dialoguer, s'approcher, et pourquoi pas, s'aimer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce jeu, on peut le regarder parce qu'on n'a pas compris comment y trouver sa place. On peut s'en éloigner, pour ne pas s'y perdre. On peut s'y essayer et rebrousser. On peut hésiter et y revenir. On peut s'y engloutir et le regretter. On peut s'en foutre parce qu'on a mieux à faire, ou trouver que ce n'est pas le meilleur de ce blog. On peut tout, et je n'attends rien de toi. Je ne verrai jamais moins d'amour dans ta pudeur ou ta retenue que dans ta parole, sois-en sûr. Il n'y aura d'ailleurs pas de juge, pas de jury, ce n'est pas le truc de la maison, encore moins celui du juré pressenti. On ne compare pas des lettres d'amour. On ne les toise pas non plus. Les commentaires seront ouverts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai employé lundi le mot &lt;i&gt;pardon&lt;/i&gt;, et je sais qu'il a pu te faire peur. Je croyais désacraliser, te libérer d'une pression, excuse-moi si tu l'as ressenti à l'inverse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai peur parfois de faire peur, comme j'ai en son temps pu faire peur à Laurent. Merci de me rappeler à de la douceur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dans la peau de Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;proposition N° 2&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par &lt;i&gt;JG&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Mon cher Olivier,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;J’ai mis du temps à répondre à tes différents courriers.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Depuis plus de deux mois, je cherche à repousser le moment où je vais m’installer pour t’écrire et je saisis la moindre occasion qui m’est offerte pour décaler ce moment que je crains. Combien je préfère les paroles échangées lors de nos rencontres, y compris à Budapest, à cette lettre que je ne sais par quel bout prendre&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;J’ai trop de choses à te dire, trop d’évènements bouleversent ma vie et je ne sais pas si je dois les partager avec toi.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je n’arrive pas à saisir notre relation lorsque j’essaie d’y intégrer d’autres personnes. En face de toi, ou lorsque je pense à toi seul, tout me semble clair, heureux et facile. Mais nous ne sommes pas seuls et tu est loin…&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je reprends cette lettre après une nuit de sommeil qui m’a permis de clarifier un peu mes idées.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;J’envie tes talents d’écriture. Tu sais que ce n’est pas mon cas. Tes descriptions de tes voyages et de ta vie me donnent l’impression d’y &quot;&lt;/i&gt;être&lt;i&gt;&quot; et en visitant Budapest j’ai eu l’impression d’y revenir.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Tu as retracé notre relation&amp;nbsp;: de ce voyage en train à nos promenades parisiennes.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Tu me vois avec beaucoup trop de complaisance&amp;nbsp;: je n’ai pas l’impression de pouvoir t’apporter grand chose et je passe beaucoup de temps à essayer de me débattre avec moi même et les autres.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je me suis demandé si tu ne me voyais pas comme le frère aîné que tu n’as pas eu. Celui que l’on envie. Mais aussi je te l’avoue, je me suis demandé si tu ne me voyais pas comme un amant.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Tu connais un peu mon histoire. Tu as rencontré longuement Jean Pierre et puis Sébastien. Comme tu l’as noté dans une de tes lettres, ma vie te parait facile et t’&quot;&lt;/i&gt;émoustille&lt;i&gt;&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Tu as raison de te demander si cela est aussi facile qu’il y paraît.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Plus j’ai vécu avec des garçons, plus je me suis senti attiré par mon contraire, par la découverte de rivages éloignés… Bref par une relation féminine.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Toute ma vie depuis mes 16 ans est guidée par la facilité, et je m’en veux. Depuis mon départ des Ardennes, j’ai saisi les mains que me tendaient des personnes attirées par ma jeunesse. J’ai succombé par facilité à ces relations qui me permettaient d’exister dans leurs yeux, alors que mon enfance a manqué d’amour.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Pourquoi te dire cela&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je veux être honnête avec toi. Je ne suis plus de taille à accepter une relation basée sur le désir avec un homme. Ma vie avec Sébastien est terminée et je vis avec une fille, Armelle (Par coïncidence, il me semble que c’était aussi le prénom de ton amie).&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Elle m’apporte ce que je recherche. La tendresse, la douceur dont j’ai besoin et elle m’ouvre de nouveaux horizons.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je suis comme un grand convalescent dont on doit prendre soin pour qu’il ne rechute pas.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Tu cherches en moi le garçon, souvenir de notre voyage en train.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je cherche la compagne dont j’ai souvent rêvé.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Nos chemins ne peuvent se croiser, au moins pour l’instant.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Notre amitié sera peut être détruite par cet aveu&amp;nbsp;; mais je préfère la clarté à l’ambiguïté dont je souffre avec toi depuis quelques mois.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je t’envoie ce soir cette lettre qui te dira de manière sans doute maladroite mais sincère l’amitié que je te porte.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>dans la peau de Laurent (A)</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/03/02/dans-la-peau-de-laurent-a.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Mon, 03 Mar 2008 00:10:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-880540&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/02/726706096.jpg&quot; alt=&quot;1663236153.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-880540&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ce que tu viens de faire est tout simplement incroyable. J'en suis bouleversé, sans nuance. Il y a tout à la fois tellement de Laurent dans ce que tu as écrit, du Laurent tel que je l'aurais voulu être au moment de ces lettres, du Laurent tel qu'il était vraiment, les deux se confondant dans un flou troublant, et tellement aussi de toi, d'un toi qui parle au moi d'aujourd'hui... J'en suis confondu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment, où as-tu pris la force de me donner ça ? Ce temps, ces pensées, cette plongée, cette beauté ? J'ai reçu tes propositions comme une bouffée vertigineuse, j'y ai vu des repères pour la première fois se brouiller. Comme si j'avais reçu vraiment la réponse si longtemps attendue. J'ai oscillé à leur lecture, vascillé, chacune me permettant de pénétrer à nouveau cette époque - la plus confuse, et la plus ouverte aussi - de ma vie,&amp;nbsp;douze ans après, par des angles insoupçonnés.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je te connais peu aussi, et je réalise qu'en quelques lectures tu m'as tant compris. En ai-je donc tant dit de moi sur les pages de ce blog ? Que tu sois proche de moi en âge, ou loin, en géographie, en sexe, en sexualité, en langue, en goût pour l'écriture... me suis-je donc rendu si transparent de toi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un cadeau énorme que tu m'as fait en tout cas durant ces deux semaines où je t'ai invité à &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/17/laurent-7-et-s-il-avait-repondu.html&quot; title=&quot;et s'il avait répondu, appel à contribution&quot;&gt;imaginer une réponse&lt;/a&gt; à la &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/11/laurent-5-la-declaration.html&quot; title=&quot;Laurent, la déclaration&quot;&gt;lettre à Laurent&lt;/a&gt;. Tu t'es mis dans sa peau. Ce n'était au départ qu'une idée en l'air, lancée à mon endroit par &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://manucausse.blogspot.com/&quot; title=&quot;Dans ton blog&quot;&gt;Manu Causse-plisson&lt;/a&gt;. J'en ai fait un défi que je t'ai adressé. Ton répondant à lui seul légitime l'investissement que je mets dans ce blog.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais donc commencer à publier ces lettres. En dehors de celle d'aujourd'hui, que par sa brièveté je vais pouvoir publier à la suite de ce billet, leur nombre et leur longueur justifient que je n'en poste qu'une par jour. Je les publierai telles quelles, sans commentaire, peut-être avec juste un numéro de passage et le nom de son auteur, sauf lorsque tu m'as demandé l'anonymat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certains se sont laissé aller à imaginer un prénom à ce O. qui disait autrement mon &lt;i&gt;Oh!&lt;/i&gt; Je respecterai la responsabilité qu'ils ont prise, elle leur appartient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pour ne pas lasser les lecteurs qui ne sont pas &quot;&lt;i&gt;rentrés&lt;/i&gt;&quot; dans le cycle sur Laurent (ben oui, va, je te pardonne !), j'alternerai avec des billets d'humeur plus ordinaires à ma sauce. Ca devrait bien nous occuper une petite quinzaine, et ça laisse aux retardataires - qui se reconnaitront - l'occasion de se rattrapper.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bonne lecture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dans la peau de Laurent&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;proposition N° 1&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;par &lt;i&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://talonsaiguilles.hautetfort.com/&quot; title=&quot;talons aiguille et porte-jaretelles&quot;&gt;Azulamine&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Olivier,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je t'aime également.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;L.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Laurent (7) et s'il avait répondu ?...</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/17/laurent-7-et-s-il-avait-repondu.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 00:05:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-851795&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/01/a6b9e0e992b488d0437dceecda93b2a6.jpg&quot; alt=&quot;98a469efa399956f63eb3a0abebb5b55.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-851795&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;L'autre jour, après que j'eus lancé des SOS pour m'échapper aux fragilités qui me tenaillaient, mon copain &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://manucausse.blogspot.com/&quot; title=&quot;le blog de Manu Causse-plisson&quot;&gt;Manu Causse-Plisson&lt;/a&gt; a fait partie de ceux qui m'ont tendu la main. On s'est parlé au téléphone une petite demi-heure, entre partie de play-station et dîner des enfants. Après qu'on eut évoqué l'affaire qui me tracassait, Manu m'a parlé de mes lettres à Laurent, surtout &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/11/laurent-5-la-declaration.html&quot; title=&quot;laurent (5) la déclaration&quot;&gt;de la dernière, celle qui resta sans réponse&lt;/a&gt;, et après laquelle je laissai le silence s'installer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il m'a redit ce qu'il avait écrit en commentaire, sur une probable lâcheté de Laurent, mais sur un implicite pardon dû au fait que cette lettre, je me l'étais en partie aussi écrite à moi même. Et puis il m'a fait une proposition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'aurais du m'en douter, parler avec un écrivain, ça comporte des risques. Celui d'être mis au défi, d'être abordé comme un partenaire de plume, ou comme un apprenti. Et donc :&amp;nbsp;c'est un exercice littéraire qu'il m'a proposé : écrire &lt;b&gt;la lettre que j'aurais aimé recevoir en réponse&lt;/b&gt;. Là, presque douze ans après, essayer de verbaliser le beaume que&amp;nbsp;j'aspirai à&amp;nbsp;apposer sur ma peau brûlante. Imaginer par quels mots j'aurais voulu qu'il réagisse, dessiner sous ses traits un chemin par lequel&amp;nbsp;il aurait décelé où je voulais qu'il m'emmenât (Manu, n'hésite pas à me corriger les concordances de temps...).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jamais je n'avais pensé être confronté à un exercice de ce type. Mais pourquoi pas :&amp;nbsp;quitter un temps le récit de ma vie pour imaginer ce qu'elle aurait pu être si un aiguillage avait été orienté autrement. Imaginer au moins la forme qu'aurait pu avoir cet aiguillage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais relever ce défi, je le lui ai promis. Je m'y attaquerai ce week-end, peut-être. Mais auparavant, il y a cette interpellation de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://boatonthesea.hautetfort.com/&quot; title=&quot;boat on the sea, le blog de lancelot&quot;&gt;lancelot&lt;/a&gt; hier : &quot;&lt;i&gt;Nous retrouvons bien sûr un peu de toi en chacun de nous, mais aussi (et c'est plus subtil) un peu de Laurent (...) aujourd'hui, des dizaines de Laurents te demandent de leur réécrire&lt;/i&gt;&quot;:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, parce que je ne vois pas pourquoi je devrais être le seul à travailler, il m'est venu cette idée, sans trop savoir si tu seras prêt à jouer le jeu : &lt;b&gt;et si tu l'imaginais toi aussi, cette réponse de laurent&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Pris au dépourvu, pris au piège, presque pris en otage par un de tes meilleurs amis, mais confronté subitement à la violence de son enfermement, comment toi tu aurais pu lui répondre.&lt;/b&gt; Ca te dit ? Bah ! N'ésites pas à y mettre de toi, dedans, évidemment...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, donc je lance un appel à contribution. Si ça se trouve, ça va faire flop, je m'y attends. Mais si ça se trouve...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;----------&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;appel à contrubution&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; : &quot;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #993366;&quot;&gt;la réponse que j'aurais aimé recevoir à&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/11/laurent-5-la-declaration.html&quot; title=&quot;Laurent (5) la déclaration&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;cette&amp;nbsp;déclaration cachée&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(sans te laisser polluer la tête par la fausse lettre, jamais envoyée, &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/11/laurent-6-l-avortement.html&quot; title=&quot;Laurent (6) L'avortement&quot;&gt;publiée hier&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'you-plé, envoies-moi ta proposition à mon adresse mail:&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;mailto:oh94@hotmail.fr&quot;&gt;oh94@hotmail.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Disons, d'ici la fin du mois ? (ça me laisse le temps d'écrire la mienne)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;----------&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis, ben, un jour prochain, comme ça, si tu m'en as envoyées, je les publierai. Manu sera le jury, et il sera tenu de &lt;img name=&quot;media-851802&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/00/01/70394ae2349d21929966f5c96362c7cd.jpg&quot; alt=&quot;bf2d1432192015bfd916659298282051.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-851802&quot; /&gt;commenter son verdict, évidemment... (bon, j'ai été malin sur ce coup là, et l'air de rien, je viens de gagner 15 jours pour rendre mon devoir à la maison).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et comme je ne suis pas totalement vicelard, si tu veux te remettre dans le contexte, en relisant l'histoire de notre rencontre et quelques lettres précédentes, voici un petit historique :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/13/laurent-une-cicatrice-sous-le-regard.html&quot; title=&quot;Laurent, une cicatrice au-delà du regard, le 14 janvier 2008&quot;&gt;Laurent (1) une cicatrice au-delà du regard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/20/laurent-2-a-cote-de-l-essentiel.html&quot; title=&quot;Laurent, à côté de l'essentiel, le 23 janvier 2008&quot;&gt;Laurent (2) à côté de l'essentiel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/24/laurent-3-retour-de-calcutta.html&quot; title=&quot;Laurent, retour de Calcutta, le 29 janvier 2008&quot;&gt;Laurent (3) retour de Calcutta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/03/laurent-4-ecrire-pour-te-faire-parler.html&quot; title=&quot;Laurent (4) écrire pour te faire parler&quot;&gt;Laurent (4) écrire pour te faire parler&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Accessoirement, sur le pourquoi, j'ai conservé ces lettres, &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/01/15/mes-bouteilles-a-la-mer1.html&quot; title=&quot;mes bouteilles à la mer, le 20 janvier 2008&quot;&gt;c'est ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Laurent (6) l'avortement</title>
<link>http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/11/laurent-6-l-avortement.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (entre2eaux)</author>
<category>Laurent, l'amant épistolaire</category>
<pubDate>Tue, 19 Feb 2008 00:05:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-839579&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/02/01/63e11888851485a237c36b524f709b33.jpg&quot; alt=&quot;7756fa21daa12163575326af921a5ca4.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-839579&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Je ne t'ai pas tout dit. Cette lettre à tiroirs, que je t'ai publiée &lt;a href=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2008/02/11/laurent-5-la-declaration.html&quot; title=&quot;Laurent (5) la déclaration&quot;&gt;là&lt;/a&gt;, comportait un feuillet de plus. Un feuillet 2 bis, en quelque sorte, un arrière fond, un compartiment&amp;nbsp;secret, dont j'ai retrouvé l'original, au milieu des copies des autres lettres, un feuillet écrit, soupesé plus encore sans doute que tous les autres, mais que je n'ai pas eu le courage de joindre. C'est donc un texte jamais lu par Laurent, celui de mon aveu avorté, que je te donne à lire aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;_________________________&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Feuillet 2bis&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Et puis j'ajoute un mot pour sortir du non-dit. Tu me séduis terriblement. Tu me plais et – ai-je envie de dire – je t'aime. Je t'aime pour ton caractère et ta personnalité, pour ta tignasse blonde, pour ton oeil rieur et ton sourire en coin, pour tes choix, pour ton parcours, pour tout ce que tu assumes.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Depuis longtemps, des fantasmes homosexuels accompagnent ma recherche du plaisir, que je le prenne seul ou que je le partage avec une femme. C'est mon jardin secret. Parfois, il s'embrase, je brûle et j'en souffre : emporterai-je avec moi des années de désirs refoulés ? Et parfois je me sens en paix avec moi-même. Car j'aime le contact avec un corps de femme, sa douceur, ses formes souples, sa fragilité, sa chaleur. La pensée d'un corps hirsute, poilu et boutonneux à mes côtés me dégoûte. Je regarde les hommes que je trouve beaux, mais le plus souvent, lorsque je me représente avec eux, en situation, alors ils me révulsent. Le moindre défaut, du visage ou du corps, prend des proportions de géant qui m'effraient.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Les hommes de mes fantasmes sont beaux, virils et&amp;nbsp; fins, musclés et tendres, souples, lisses, sans rien de féminin en dehors de&lt;img name=&quot;media-851897&quot; src=&quot;http://entre2eaux.hautetfort.com/media/01/02/48637ea8fa18bde16191e45505f76797.jpg&quot; alt=&quot;8311f43badf0a27ff62e2f2b2fe31d1d.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-851897&quot; /&gt; la grâce infinie qu'ils dégagent. Ils sont jeunes, l'oeil est clair et perçant, ils rient. Ils sont construits à partir de l'image d'un film saisie au vol, d'une photo de magazine, d'un sportif vu à la télé, puis l'imagination les déshabille, les resculpte, les anime. Ce qu'ils ont dans la tête est indifférent, ce sont des hommes de fantasmes. S'ils font l'amour, c'est souvent avec une femme, c'est parfois entre eux ; ils me conduisent vers la frontière ténue entre ce que je suis et ce que je voudrais être. Quand leur sexe est dans ma bouche, je suis prêt à jouir. Une harmonie parfaite et absolue m'inonde, une perfection mille fois conçue, défaite et reconstruite. Et je me dit qu'aucun rapport physique réel ne pourrait reproduire à ce point la conjonction de l'extrême et du parfait. Je n'ai pas de telles exigences de perfection avec une femme, peut-être est-ce pour cela que c'est plus facile.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Il m'est arrivé par ailleurs d'aimer des hommes, c'est à dire de m'y attacher, d'y investir beaucoup de moi-même, à en chialer. Le plus souvent, sans aucun désir sexuel. Parfois si. Comme si cohabitaient en moi deux homosexualités distinctes : celle du fantasme érotique, et celle d'une amitié intense, qui correspondait plus à un besoin affectif qu'à un désir sexuel.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Pourquoi est-ce que j'éprouve le besoin de te dire tout cela ? Pourquoi maintenant ? Peut-être parce que de tous ceux qu'il m'est arrivé d'aimer, tu es le seul à être homosexuel. Le seul à qui je puisse ainsi me découvrir. Je ne tiens d'ailleurs pas à m'exposer, et tout ceci reste entre toi et moi. Toi et moi, seulement. Je suis enfermé depuis trop longtemps dans le mensonge pour qu'un affirmation soudaine de mon moi réel ne brise d'un coup tout l'univers que je me suis construit, tous les liens sociaux que j'ai tissés et qui me procurent une grande satisfaction. Mon homosexualité affirmée, j'aurais peut-être, comme tant d'autres, été enfermés dans le ghetto. Vivre hors du milieu m'a ouvert des portes et des horizons. J'ai côtoyer et j'ai travaillé avec de gens extraordinaires auprès de qui j'ai appris beaucoup, au plan politique, bien-sûr, mais aussi aux niveaux culturels et intellectuels. Vivre en refoulant des désirs, des besoins immédiats, physiques et matériels, m'a aussi donné une force de caractère, un sens du don de soi, une humilité qui, je pense, ont fait beaucoup pour les responsabilités qu'on m'a confiées. Je crois pouvoir dire que je suis plutôt apprécié de ceux avec qui je travaille, de ceux avec qui j'ai fait mes études. Je ne manque pas d'amis – sauf ici à Budapest, bien-sûr. Je ne regrette rien de tout cela, et j'aurais trop peur de tout briser.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;Je supporte d'autant plus ce mensonge que je sais prendre du plaisir auprès d'une femme. J'aime chez la femme l'impulsivité, la franchise, la lucidité, le besoin de comprendre. La femme est exigeante, elle te remet les pieds sur terre. Ma stabilité avec Armelle s'est construite dans cette confrontation permanente, secrète, avec moi-même. J'ai toujours pu me raccrocher à elle, pourtant si fragile. Et c'est pourquoi dans ces moments, elle me manque et je l'aime.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;color: #808000;&quot;&gt;_________________________&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Voilà, c'est pas top, je m'en excuse. Visiblement, en l'écrivant, j'étais déterminé à l'envoyer, j'aurais sinon pris moins de détours par mon rapport aux femmes pour légitimer où j'en étais. Puis va savoir, un moment d'effroi, un de plus, et je l'ai rangée. Mais je crois que mon appréhension d'alors pour des contacts homosexuels y est exprimée avec justesse. Il m'arrive de l'oublier parfois, mais cette letttre me rappelle que j'ai longtemps porté en moi quelque chose de profondément homophobe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Qui que tu sois, tu y trouveras sans doute quelque chose de toi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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