Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27 mai 2009

voir l'amour et mourir (tryptique - 3)

Gloeden,_Wilhem_von_(1856-1931)_-_1902_ca._-_Caino.jpg

Le Musée d'Orsay propose ces jours-ci une exposition intitulée "Voir l'Italie et mourir" (*). On y découvre comment l'Italie a fasciné les artistes européens, aux 19e et 20e siècles, d'abord par le tempérament de ses hommes et de ses paysages, puis avec l'apparition de la photographie, par la puissance de la résurgente Antiquité patrimoniale.

On y redécouvre que Goethe fut le premier à dire "voir Palerme et mourir", qui se décline depuis sur le mode de Florence, de Venise ou de Rome. On y apprend que Michelet voyait en Rome "un jardin abandonné" où il aimait se perdre. Et au détour des salles où prennent vie les différentes phases d'une imagerie italienne fantasmée, consciente ou inconsciente, de beaux hommes nus témoignent avec nonchalance d'une homosexualité sous-jacente.

L'Italie donc. Si belle qu'après l'avoir rencontrée, on peut s'éteindre. Si belle qu'autour, qu'après, qu'ailleurs, tout est forcément laid à mourir. Si belle qu'à l'avoir simplement aperçue on en est accompli, et que plus rien ne vaut.

J'ai une Italie dans le cœur qui me torture, lancinante : peut on survivre à l'amour ? Est-ce que ça vaut seulement la peine de poursuivre sa route et de laisser le plus beau à jamais derrière
soi ?

Le plus beau derrière soi...

A jamais.

Rien que d'écrire ces lignes, j'en frissonne et des larmes me viennent. Car cela a-t-il seulement un sens ? Un sens pour soi, un sens pour la société, que de vouloir avancer encore quand on a touché le graal ?

Je n'ai jamais eu peur de mourir. J'ai même souhaité la mort éperdument pour m'être laissé piéger dans le mensonge et l'usurpation sexuelle, jusqu'à ce que je découvre une sortie plus heureuse. Cette mort-là que je rêvais les yeux ouverts était simplement un salut. Mais ce n'est qu'au crépuscule de l'amour que la mort a de telles évidences. Pas tellement la mort, du reste, elle est toujours hideuse, mais la fin. Qui préserve le passé dans l'écrin des histoires.

Je ne sais pas vraiment où va m'emmener ce billet. Il fait suite à celui-ci, de la dissociation du sexe et de l'amour, et à celui là, de l'impossible réciprocité de l'amour. Parce que je me l'étais promis, et que je le porte en moi.

Voilà où réside l'épine douloureuse : mon cœur a embrassé Rome, Palerme, Florence, Venise dans la même étreinte. Il avançait sur une voie 13.jpgimpériale, gravissant à son insu l'Aventin. Et lorsque parvenu à un sommet il put constater l'étendu de ses conquêtes - un regard aimant, des attentions inattendues, de la reconnaissance, de la fierté, de l'engagement, de la lucidité, de la complicité, de la disponibilité parfois fabriquée à la force du poignet, des gestes tendres, de la confiance reconstruite, des victoires contre la bureaucratie, et contre les fragilités de l'âme, aussi - lorsque contemplant tout cela il commençait à former sur sa membrane profonde le mot "bonheur" et à battre d'évidence, alors mon cœur vit le Vésuve éructer, cracher ses coulées de lave et ravager en quelques heures le territoire de l'amour.

N'avais-je pas été heureux, comme jamais heureux, c'est à dire accueillant en mon sein à la fois la flamme et la sérénité, la tension et la certitude ?

Mais à mes pieds, il restait Pompei, et aucun cœur, aucun, ne survit à Pompei. La lave le carbonise d'abord. Et puis le fige. Et c'est le silence.

Je ne sais plus si je cherche aujourd'hui à retrouver le silence ou la ville monumentale que je m'étais construite. Je ne sais plus si cette ville était réelle ou si je l'avais simplement rêvée. La ville pourtant existait, il me semble bien. Il m'a vraiment aimé, je l'ai vraiment aimé. Il lui est même arrivé de me le dire il s'en souvient, ce qui venant de lui n'avait rien d'évident. Il a vraiment voulu que je l'aime et s'est battu comme un chien pour ça, avec habileté et patience. Vraiment.

Vraiment.

Peut-être simplement n'était-elle pas aussi belle que je me la représente, cette ville. Le Colysée n'était qu'un vulgaire chapiteau de cirque, qui sait, et j'ai peut-être fait d'un robinet de fonte la fontaine de Trevise. C'est par reconstruction mentale que cette histoire s'est à ce point fantasmée pour devenir indépassable.

Va savoir s'il ne s'agissait pas de sauver Pompei en image, à défaut d'en préserver les âmes et les murs !

"Veux-tu donc que je m'empoisonne ou que je saute d'ans l'Arno ? Veux-tu donc que je sois un spectre et qu'en frappant sur ce squelette il n'en sorte aucun son ? Si je suis l'ombre de moi-même, veux-tu donc que je rompe le seul fil qui rattache aujourd'hui mon cœur à quelques fibres de mon cœur d'autrefois ? Crois-tu donc que je n'ai plus d'orgueil parce que je n'ai plus de honte ?"

Je suis Musset à Florence, Goethe à Palerme et Michelet à Rome. Je suis cet intellectuel européen du 19e ou du 20e siècle tourné vers l'inacarnation idéalisée du romantisme. Mon jardin est immense mais totalement abandonné. Michelet ajoutait : "le désert commence dans Rome". Alors oui je peux à présent mourir. (**)

_________________________

(*) jusqu'au 19 juillet, de 9h à 18h sauf lundi, nocturne jeudi jusqu'à 22h, 9,50 €

(**) Hé ! C'est une image - je préfère éviter les interprétations : je n'ai pas de tendance suicidaire. C'est d'ailleurs pour ça que je poursuis cette amitié amoureuse, si pleine de frustration et révélatrice d'une douloureuse vacuité, que rompre, qui serait le vrai suicide.

05 mai 2009

de l'impossible réciprocité de l'amour (tryptique - 2)

brutos12865.jpg

Je n'vais plus pleurer
Je n'vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
Mais
Ne me quitte pas...


De l'impossible réciprocité de l'amour. Voilà un titre qui annonce la couleur. Des couleurs. Ternes. Plus que celles d'illusions délavées, celles d'un deuil impossible. Tout est parti de ce billet : de la dissociation de l'amour et du sexe. Boby m'a écrit qu'il ne l'avait pas aimé, trop désabusé, trop proche de ses propres déceptions. Deef et d'autres l'ont trouvé trop pessimiste. Moi, je l'ai relu, plusieurs fois. Et il m'a convaincu. Sincère, authentique, pas trop mal écrit : pour moi, il est dans le top 10 de mon blog. (T'as vu, Manu ? Après le teasing, l'auto-promo...) Tout au plus peut-on lui reprocher d'être un peu hors sujet. Parce que j'y décrivais surtout comment le sexe avait changé de statut, à défaut de fréquence, dans la déception amoureuse. J'aurais du l'intituler de la dissociation du sexe et du chagrin d'amour, ou de la résidualité du sexe dans les dépressions amoureuses.

M'enfin ! Les choses sont faites. Et écrites. Je peux donc poursuivre : l'amour, ce grand Unilatéral... Hou la la ! je m'attaque à gros, là. J'espère que tu vas avoir mille récits à me livrer pour me prouver que tout ce qui suit n'est que foutaise. Et que ça vaut donc le coup d'y croire, de chercher - ou de construire, fût-ce par défaut.

"L'homme n'est pas un animal monogame". Des biologistes ont avancé cette hypothèse. Trois ans, tout au plus : le prix à payer pour notre intelligence d'humains. C'est comme ça, le développement de notre cerveau a fait de notre tête une excroissance incompatible avec l'appareil génital féminin, il nous faut donc naître prématurément, exister comme des êtres sans autonomie - pendant plus de deux ans, contrairement à la plupart des mammifères. Alors il a fallu faire opérer la chimie : durant trois ans, faire l'homme rester près de sa compagne, le temps que l'enfant se détache d'elle et qu'elle retrouve les moyens d'aller chercher elle même sa subsistance et celle de son enfant. Trois ans où la relation amoureuse peut exister sur un mode fusionnel, dixit la chimie biologique. Où l'homme n'éprouve pas le besoin d'aller voir ailleurs, la tension le tient, le lie. Et puis après, pfiou...!

Bon, on pourrait penser ces théories un peu commodes, pour justifier les adultères et infidélités de tout poil - surtout les masculines, of course. Mais. Qui peut dire qu'il n'y a pas de ça ?

Aimé, et pas aimant, aimant, mais pas aimé... Flatté d'abord de susciter l'intérêt ou la convoitise, puis agacé, fatigué, apeuré par une cour qui oblige. Ou au contraire intrigué, happé, fasciné par une personnalité, mais sans prise, paralysé, tétanisé, et dépossédé finalement de toute séduction.

Combien de fois s'est-il produit, ce schéma. Combien de fois ai-je vu des amis, de tout sexe, confrontés à ces histoires, à ces quêtes impossibles, dérisoires ou vertigineuses. Et s'y fracasser. Je les comprenais de loin, mais leur fragilité me dépassait.

J'ai moi-même été amoureux plusieurs fois. Plusieurs fois cet amour n'a pas été impossible. C'est donc qu'il était réciproque. Mais pourquoi alors ce titre ? Eh bien, justement parce que ce ne sont pas celles de la chimie biologique, qui m'intéressent, mais les amours qui transforment jusqu'à la personnalité parce qu'elles se vivent sur le mode de la passion.

C'est comme ça, du reste, que j'aurais du titrer ce billet : de l'impossible réciprocité de la passion amoureuse. Parce que oui, la passion te transforme. D'abord, elle exclue : le reste, à peu près tout le reste. Elle hypnotise, ensuite, tu focalises sur un objet - si terriblement vivant - dans lequel tu t'identifies, que tu voudrais pénétrer, mieux, que tu voudrais être (c'est mon cas : chercher à habiter celui qui nourrit ma passion, tous ses talents, tout son rayonnement, toutes ses douleurs aussi que tu lui vois indissociables et qui rendent ses travers acceptables, nobles même, sublimes au point que tu te mets à les vénérer, et à mimer, reproduire, adopter des gestes et des manies, même les plus insignifiants). Puis elle asphyxie, ou elle tétanise, au choix. Tu la montres, elle fait peur, tu la dissimules, tu y laisses tes propres désirs, tes propres choix, ta personnalité. Et te dépersonnifiant, tu n'es plus aimable - on n'aime pas quelqu'un sans personnalité, sans histoire, sans trajectoire, qui ne laisse pas apparaître ses profondes failles intérieures à lui...

Elle te perd, donc, pour finir, parce qu'elle n'a plus de destination. Et de toute façon, elle est une douleur.

Une telle passion est forcément unilatérale, elle est vouée à t'envoyer dans le mur. En même temps, tu t'y es engagé parce que tu y as perçu - oh ! juste un temps - un possible, et que ce possible était beau.

Pourquoi récemment, un ami de chagrin, croisé souvent dans les lignes d'eau de Roger Le Gall, ou une lectrice, qui me raconte discrètement de loin en loin son propre désespoir, ont-ils employé les mêmes mots : plutôt nourrir cette douleur, que continuer à vivre sans ? Assimilant ainsi la rupture salvatrice à une forme de suicide. Ils ont d'ailleurs l'un et l'autre, presque dans la même semaine, employé ce mot pour me parler de leur tourment. Et ce mot équivaut à ce que je ressentais moi-même. C'est ce quelque chose qui m'empêche de tourner la page, parce que le vide s'apparente à la fin et est de toute façon plus pénible que la braise ardente.

Ce quelque chose qui me fait préférer devenir l'ombre de l'ombre, l'ombre de la main, l'ombre du chien même, plutôt que de quitter ou d'être quitté. Tout en l'entendant me dire que c'est ainsi, que nul ne peut en expliquer les raisons, que sans doute la réciprocité dans l'amour n'existe pas. Mais quoi ?

Au fond bien sûr, les sociétés ont su inventer des mécanismes pour stabiliser les choses et prévenir les passions. Pour permettre à la vie d'être sans heurt. Les mariages, arrangés autrefois ou ailleurs, et des règles pour faire prévaloir les apparences sociales sur le feu tourbillonnant des sentiments.

Fallait-il ça pour faire civilisation ?

Rien n'y fait, menace ou prière
L'un parle bien l'autre se tait
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit mais il me plaît

L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola
L'amour est loin tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus il est là

Tout autour de toi vite vite
Il vient s'en va puis il revient
Tu crois le tenir, il t'évite
Tu crois l'éviter, il te tient

(à suivre avec - comment ai-je dit ? Voir l'amour et mourir)

23 avril 2009

de la dissociation du sexe et de l'amour (tryptique - 1)

brutos8333_by_TIM.jpg

Je suis allé nager à Roger Le Gall, hier midi. A une dizaine de mètres de moi dans le vestiaire, un garçon se séchait tandis que je me déshabillais. Il me regardait, je le regardais. J'enfilais mon maillot, lui son boxer. Nos sexes étaient lourds et se gonflaient.  Nous avons tous deux marqué un temps d'arrêt, effleuré nos sexes pour en souligner les marques du désir, les avons empoignés l'un et l'autre en nous regardant toujours. Les choses auraient pu en rester là, j'aurais pu finir d'ajuster mon maillot, rejoindre les douches et filer nager. Comme souvent cela arrive. Mais je suis allé me glisser dans une cabine de déshabillage, et il m'y a rejoint quelques secondes plus tard. Il a ôté son boxer, j'ai conservé mon maillot à mi-cuisse, il s'est accroupi et s'est livré à une fellation magistrale. J'aurais pu jouir dans sa bouche, n'eussent été mes principes dans ce domaine, et j'ai pensé que je ne m'étais pas laissé aller ainsi depuis longtemps. Il a appuyé son visage contre ma hanche, a observé mon sexe se ranger doucement, mon sperme couler sur mon ventre, s'est astiqué quelques minutes encore, deux ou trois, pas plus, et a joui à son tour. Je suis sorti le premier de la cabine pour aller me doucher. Nous n'avons pas échangé un mot.

brutos12845.jpgJ'avais souvent vu ce garçon auparavant par ici. Au tout début, il était un peu rondouillard, mais son assiduité au bassin lui a donné un abdomen agréable. J'ai moi-même retrouvé des rythmes et des fréquences de nage plus soutenus, et mes petites fossettes abdominales se sont reconstituées. Ce qui me donne au moins un peu de confiance en moi, mais ne rend pas mon chagrin moins douloureux.

Mon ami Manu, celui qui me touche toujours tant par cet à-fleur-de-peau qu'il se trimbale partout et lui interdit la paix, m'a assez profondément troublé dans un commentaire, l'autre jour. Il a repris cette phrase où je disais que "l'essentiel de ma vie se (jouait) ailleurs" pour constater : "le lecteur que je suis pourrait le regretter, ou regretter au moins que cet essentiel ne passe plus par le filtre de ce blog. C'est égoïste, un lecteur. Ça voudrait tout partager, tout savoir, épauler quand il faut, rassurer quand c'est bien, piquer quand ça s'amollit, être ému, tourmenté, intrigué "à la place de"... Les manques risquent de se faire vifs si les deux eaux se séparent, si l'Oh vivant et l'Oh écrivant s'éloignent l'un de l'autre."

Alors je lui ai répondu ceci, qu'il me vient à présent à l'esprit de préciser : "Ce que je veux dire, manu, c'est pourquoi parler d'un écart libertin s'il n'a ni sens ni saveur ? Le blog continue à livrer l'essentiel de moi, rassure-toi. C'est l'essentiel qui n'est plus le même."

Des anecdotes comme celles que je viens de te raconter, que j'appelais avec délice mes petits péchés du jour, il m'en est arrivées quelques unes ces derniers temps. Et pas seulement à Roger Le Gall. Je ne suis même pas sûr qu'il m'en arrive moins que l'an dernier, quand je te donnais à voir l'homme exultant que j'étais. Le chagrin n'y a pas fait grand chose.

Ce qui a changé est différent. Mais pour l'expliquer, il me faut revenir là-dessus : j'avais une vie terne, rangée, sans passion, sans élan, une vie de couple d'où le sexe avait disparu depuis, quoi, au moins cinq ans. Au point que de crise en crise, nous avions repoussé les frontières du libertinage que nous nous autorisions l'un à l'autre. Et ces petits péchés devenaient le sel de ma vie. Il me plaisait de les partager avec toi, parce que ton regard me rassurait, extirpait de moi le sentiment peut-être de n'être que pervers et libidineux, il restaurait le droit à un intime désocialisé. Il me permettait de me jouer du grand comme du petit amour, parce qu'au fond le droit au plaisir autorisait qu'on déplaça les tabous. Et je pouvais continuer à me dire amoureux d'Igor, puisque nous n'avions jamais envisagé de remettre en cause notre union ou notre vie commune.

Et puis j'ai connu l'amour, et puis le chagrin d'amour. Et c'est ça qui a tout changé. Je n'ai pas moins batifolé en étant amoureux. Et des bites ont continué à croiser ma route au cœur de mon chagrin. Un tout petit peu moins qu'auparavant, peut-être. Mais dans tout cela, ce n'est pas le sexe, qui a changé - même si dans le chagrin, une fois passée la fulgurance des rencontres, la relation qui se prolonge me plonge dans une affreuse incongruité, voire un terrible ennui. Ce qui a changé, c'est la place que je lui accorde, au sexe. Être privé de mettre du sexe dans mon amitié amoureuse me déchire à présent, alors que mes petits péchés du jour sont devenu subalternes, pitoyables, pathétiques.

Vois-tu, Manu, je n'ai rien de plus à cacher aujourd'hui qu'hier. L'Oh! vivant et l'Oh! écrivant sont toujours les mêmes. Quand l'essentiel se joue ailleurs, ce n'est pas qu'il se cache à présent derrière la porte d'une cabine pour expurger son sperme, c'est simplement que ce sperme n'a plus vraiment "ni sens ni saveur", c'est ça, et qu'il m'apparait dérisoire d'en rapporter ici les éclats. Et du coup, ce que je te livre à présent y est beaucoup plus précieux, car beaucoup plus intime, je ne suis plus devant toi arrogant, mais le cœur à vif, et bien toujours totalement nu.

J'ai eu une longue discussion l'autre soir avec mon ami d'amour. Nous parlions de l'extinction du désir comme d'un phénomène inéluctable dans un couple. Et pour autant de la foi dans les envies de construire de l'en-commun, du sous-le-même-toit. Dans lequel de ces deux termes se trouve l'amour, dans le désir ou dans l'envie de construction ?

Si l'amour n'était voué, pour durer, qu'à se libérer du sexe, si ce n'était que ça, alors il devrait être possible. C'est donc qu'il y a d'autres hic. Je vais poursuivre cette exploration de mes doutes du coup, avec deux billets peut-être, dont j'ai déjà les titres :

de l'impossible réciprocité de l'amour

et voir l'amour et mourir

à suivre, donc...