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14 juin 2012

Arabella, Première !

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Ce soir, c'est la Première d'Arabella, à Bastille. Censément mon dernier opéra de la saison (mais j'ai plus d'un tour dans mon sac). Un pastiche de Richard Strauss, léger et brillant, où Renée Fleming excelle dans le rôle-titre. Derrière le vaudeville, où se mêlent lustre, stupre, cupidité, perce la satire d'une Autriche décadente. On est loin du Strauss de Salomé ou d'Elektra, qui empruntaient leur gravité à des mythologies morbides. Loin aussi de son Ariane à Naxos, où se confrontaient des discours sur l'art et pointait une réflexion sur les rapports entre argent et création. Là, tout jubile. Mais l'humour est souvent dans le second degré des situations : tout en retenue dans le premier acte mis en scène par Marco Arturo Marelli, puis largement débridé dans le second...
 
Comme à son habitude, l'élégant Philippe Jordan dirige l'Orchestre national de Paris avec excellence, ce Jordan-photo-jean-françois-leclercq-opera-de-paris.jpgqui n'est pas une mince affaire avec une partition aux harmonies dissimulées, aux accords atonaux, qui doit malgré tout trouver des marques légères et souriantes. Le décors mêle l'épure totale d'un plateau blanc brillant qu'un véléda à des dimensions cinémascopes. L'astuce de la sortie du cadre, jusqu'au dessus de la fosse, à gauche de l'orchestre pour se fondre dans la salle, donne l'impression au spectateur d'être hâpé par la scène.

Comme il est de mode, les allées et venues de quelques figurants, mimant l'enlèvement du mobilier de valeur par un huissier de justice avant même que la représentation ne commence, et alors que le public en est encore à prendre place dans la salle, contribuent largement à cette relation inclusive que Marelli cherche à mettre en place. Contraste avec le parti-pris glacial de son environnement scénique.

Ah, ah... Tu te demandes comment j'en sais autant, pour te parler de tout ça, de l’œuvre et de sa mise en scène, alors même que la Première n'aura lieu que ce soir. Et qu'il s'agit d'une nouvelle production, jamais encore montée ? Et bien c'est qu'il m'est arrivé une chose inattendue : je me suis découvert une amie, Martine, par ailleurs amie avec quelqu'un qui travaille à l'opéra, qui m'a proposé de profiter d'une des invitations qu'elle avait pour la Générale. C'était lundi dernier.

C'est donc avant tout le monde, gratos, et au troisième rang du premier balcon, de face que j'ai pu profiter de la représentation - car aux générales, l'on n'est pas placé. On choisit sa place dans l'ordre où l'on arrive, et je suis quelqu'un qui n'a pas peur des queues, qui sais courir vite quand il faut. Mal m'en a pris d'oublier mon arthrose du dos, d'ailleurs, car les marches quatre par quatre, c'est un peu antinomique. Mais ça m'a permis, ainsi qu'à Martine et sa petite bande d'invités, de profiter au mieux de la chance d'être là.

Voilà.

Et crois-moi. Après ce premier tour calamiteux des législatives, il me fallait au moins ça pour remettre un peu de baume à mon cœur.

J'ai plein d'autres choses en retard à te raconter. Le Gaveau du RSO. La triste fin de mon permis de conduire. Le combat merveilleux de Berezovsky sur le deuxième concerto de Prokofiev... J'espère que cette fin de semaine y sera propice.

08 juin 2012

Pujadas, l'affiche verte

législatives 2012

Dans la circonscription d'Hénin-Beaumont se joue quelque chose de gros ces dimanches. Ou la fille Le Pen entre à l'Assemblée, et dispose d'un tremplin inespéré pour incarner, en France, la face la plus hideuse de ce que nourrit en Europe la crise capitaliste actuelle : la montée, pourtant faillible, d'une Extrême-droite pétrie de haine et de rejet de l'autre. Ou une voix nouvelle l'emporte, une voix découverte lors de la présidentielle, qui revendique sa filiation avec une gauche européenne neuve, qui n'a plus peur de refuser les recettes libérales et prétend résister à l'arrogance de la finance.

La bataille est féroce, mais elle a du sens. Elle mérite d'être éclairée. On a beaucoup reproché à Jean-Luc Mélenchon de s'y être lancé, mais comment, sinon, ce débat aurait-il pu avoir la place qu'il devait avoir, qu'il aurait du avoir, face à la poussée des menaces fascistes en Europe ?

Sur place, alors que le candidat du Front de gauche mène une plutôt belle campagne, s'efforce de parler avec dignité au monde du travail, redonne en terres ouvrières ses vertus solidaires aux vagues migratoires successives et à leurs enfants, en réveille les valeurs de résistance et de créativité, les coups les plus tordus sont lâchés. Tracts anonymes, dénonciation d'un patrimoine et de revenus farfelus, faux flyers pour essayer de faire du vote Mélenchon un acte communautaire, religieux même, musulman donc anti-français. Le faux-tract sur fond vert, écrit dans un pseudo arabe - inversé donc illisible, en vrai - que les sbires de Marine Le Pen ont été pris en flagrant délit de distribution, n'a rien à législatives 2012envier à l'affiche rouge du régime nazi. Même procédé, fondé sur la peur de l'étranger et la dénonciation de l'anti-France. Le Pen a du en admettre l'initiative, prise qu'elle était la main dans le sac, mais tout le monde médiatique semble s'amuser des simagrées par lesquelles elle banalise l'affaire.

législatives 2012Hier, c'est une effigie de Mélenchon grimé en Hitler, sur fond de camp de concentration, qui a été diffusée. Paroxysme de l'abject. Mais l'on n'entend rien d'autre que des commentaires badins, qui se contentent d'y voir, ainsi agrémentée, la thèse du grand cirque médiatique que constituerait le duel Mélenchon-Le Pen  - commode pour renvoyer les protagonistes dos à dos, à égale responsabilité de cette chose ! Incroyable lecture !...

Bien triste illustration dans le journal de France 2, hier soir. Pujadas reçoit Marine Le Pen. Après deux-trois considérations embrouillées sur le retour de la retraite à 60 ans, et une tribune jamais contrariée sur la nouvelle version de la préférence nationale - "avec moi, c'est les nôtres plutôt que les autres" -, on en arrive à la séquence Hénin-Beaumont. Tandis que l'on voit à l'image, sans l'entendre, Jean-Luc Mélenchon présenter à la presse les deux nouveaux faux-tracts qui le calomnient et troublent profondément les esprits dans un contexte de campagne électorale, la Le Pen, déploie sans contradiction ses talents de sainte-nitouche. Tribune insupportable à 72 heures du scrutin.

Et là, faisant mine de vouloir la titiller, sur le ton de "là, on tient quelque chose..." Pujadas lance une pastille : on y voit Marine Le Pen dans une rue d'Hénin. Passe une BMW décapotée, deux jeunes à bord, manifestement d'origine maghrébine. Ils crient à son endroit : "Mélenchon, mélenchon". Et elle de les interpeler : "vous l'avez eu comment votre voiture, vous l'avez gagnée au loto, c'est ça ?" Et à la caméra : "voyez, ce sont eux, il n'y a que les Français musulmans qui sont avec Mélenchon". Pujadas fait mine de tenir la preuve qui l'accable "entendriez-vous que tous les Français ne se valent pas ?" Ne se rend-il vraiment pas compte qu'il vient de lui servir sa soupe ? Celle dont elle fait sa campagne de bout en bout, sans autre argument ? Sa "preuve", c'est exactement le faux législatives 2012tract vert en vidéo, la version héninoise de l'affiche rouge, le même message de peur qui cherche à jeter tous ceux que la fragilité accapare ou effraie dans les bras de l'extrême-droite. Le Pen l'a fait à quelques centaines d'exemplaires dans les boîtes de sa circonscription. Pujadas le fait dans la lucarne de 4 millions de foyers. Quand il n'y a personne pour répondre. Le Pen exulte : "Mélenchon surfe sur le vote communautaire". C'est lui le sectaire, lui qui divise, lui qui choisit l'autre quand elle choisit les nôtres. Et Pujadas de sourire bêtement.

Voilà où en est le cirque médiatique, à trois jours du vote.

L'Express, le Nouvel Obs, et bien d'autres s'étaient livrés à cet exercice dans la dernière ligne droite de la présidentielle, et voilà qu'ils nous rejouent le match : plutôt Le Pen que le Front de gauche. Je préfère ne pas me demander qui est derrière cette opération. Pour m'épargner.

Quant à Pujadas, ça se confirme, il n'est qu'un valet !

04 juin 2012

le changement, ça se joue comme ça

08:41 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : législatives 2012

28 mai 2012

Tour Neptune, années soixante

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Le parisien est extraordinaire : il fait une fête d'un rien. Fatigué de tourner en rond dans les étroits mètres carrés de son intérieur, il vient aux premiers rayons de soleil se serrer sur de plus petits mètres carrés encore, d'herbe ceux-là, avec un panier goûter ou un pique-nique aussi élaboré que frugal, et quelques amis pour se voir heureux de sa vie de parisien. L'herbe et l'espace y sont rares et chers, alors on s'y concentre en tâchant d'ignorer ceux qui s'y pressent à côté de vous. On y boit, y parle du dernier Cronenberg. La parisienne excelle dans cet art, avec ou sans enfant. Tiens d'ailleurs, ça va être l'heure, je m'échappe. C'est un tantinet surréaliste, vu de ma banlieue et de mon petit coin de jardin - promis, je le tonds aujourd'hui ! -, mais ça fait l'esprit parisien. C'est plus drôle encore que la scène du bain de soleil dans 1980, une pièce de Pina Bausch.
 
Pour une fois, je n'ai pas infligé à ma maman, avant qu'elle ne rentre chez elle, près d'Aix, hier midi, de longues soirées devant mon ordinateur, à me soucier d'avantage de mes mails, de mon blog, que du temps à lui consacrer. Du coup, je t'ai délaissé toi. Encore un peu. Tu me pardonnes ?

Depuis longtemps, elle avait en elle l'envie de retourner sur les lieux où elle avait vécu dans ses premières années parisiennes, quand elle avait débarqué, presque à l'improviste, pour tâcher d'être près de mon père qui, à sa grande stupeur, venait de se faire arrêter. D'une façon ou d'une autre, tâcher de l'aider, s'attacher à l'aimer. Et ce faisant, se mettre en souffrance. Rude éducation religieuse aidant, elle a toujours eu, chevillée au corps, l'idée qu'elle comptait moins que les autres, que sa douleur ne pouvait qu'être secondaire, ou imaginaire et coupable. Elle s'est toujours crue transparente, autre façon de se croire insignifiante, et exister pour les autres lui a toujours paru la seule façon d'exister vraiment. Elle n'avait pas quitté le catéchisme depuis bien longtemps que son amour pour mon père lui fut de secourables travaux pratiques.

Après avoir été fraîchement accueillie chez des Pères, près de la Porte de Clichy, une bonne chrétienne de la paroisse lui trouva une chambre au 51 du boulevard Beaumarchais. "Avec vue sur les platanes du Boulevard", lui avait assuré la bourgeoise. Maman en rit encore. Du vasistas de sa sous-pente, on distinguait en effet les toutes dernières feuilles du fut des arbres. Le lavabo et les toilettes étaient dans l'escalier. Pour la douche, elle se rendait à un bain public, juste en face dans son souvenir. Aujourd'hui, on y vend des Harley Davidson.

Son diplôme d'assistante sociale lui permettait d'assurer la direction d'une crèche. Encore fallait-il trouver un poste vacant et se faire embaucher. Elle travaillait dans une usine de montage de transistors, en attendant. Les premiers jours, ses collègues avaient du la rappeler à l'ordre : elle assemblait les pièces bien trop vite, les ouvrières craignaient de se voir accélérer la cadence à cause d'elle. Premier contact rude avec la réalité ouvrière, et premières solidarités de classe. Déjà l'éveil.

Elle rentrait chez elle en mobylette, et s'amusait parfois à faire quatre ou cinq fois le tour de la Bastille avant de retourner chez elle. Sa part de futilité, très nouvelle vague.

Un jour, son oncle - bourgeois et réactionnaire patenté - découvrit son taudis et s'offusqua de voir sa nièce vivre dans ces conditions. Il fit jouer un piston, et maman partit s'installer dans un studio d'une des toutes nouvelles tours de la rue Neptune, dans le nouveau quartier des planètes de Maisons-Alfort. Au 14ème étage du numéro 4, avec vue sur la Marne et confort moderne.

C'est là qu'elle vécut. Quatre ans, entre 1960 et 1965. Avec différentes colocataires, dont elle ne sait plus parler avec précision. C'est là qu'elle vivait quand naquit mon frère, conçu dans une cellule "nuptiale" de Fresnes, à l'occasion du mariage conclu en prison. C'est là qu'elle accueillit mon père à Noël 63, une nuit où elle n'avait pas été prévenue de l'imminence de sa libération. Elle en garde curieusement un souvenir désagréable. C'est là qu'ils habitaient encore à ma naissance, un an plus tard et que je vécus mes premières semaines, avant qu'un emploi ne soit proposé à mon père à Argenteuil, où nous partîmes finalement.

Maman a gardé assez peu de souvenirs de cette époque, sauf ceux qui étaient directement liés à la situation de mon père.

Nous sommes passés hier matin rue Neptune, revoir la tour. Les arbres ont grandi, assurément. Maman a assez vite repéré le marché. Elle se souvenait aussi de ses traversées du bois de Vincennes à mobylette. Mais c'est à peu près tout. De la Marne, des péniches, des ponts, des écluses, très vaguement. Ah si, à Joinville, l'écluse de Saint-Maurice et le tunnel fluvial. Mais rien de Créteil, tout près. Ni de l'Interco, alors son principal hôpital. Rien non plus de l'île du Charentonneau, de son moulin brûlé. Aucun souvenir de pique-nique sur de rafraîchissantes nappes à carreau, jupe légère dans un Paris guindé. En vrai, il n'y en avait que pour mon père, et un peu pour sa galère, parce qu'il fallait bien survivre pour l'aider, et aussi parce qu'il lui avait demandé, s'il elle le pouvait, d'envoyer un peu d'argent à sa propre mère, dont son frère et sa sœur avaient grand peine à s'occuper, pensait-il. Maman était en pénitence.

Nous avons fait des photos de la tour sous le soleil, hier. Elle avait pris auparavant quelques images sous la pluie du 51 Boulevard Beaumarchais. Elle s'en va relire l'abondante correspondance qu'elle eut avec mon père toutes ces années et tâcher de reconstituer cette histoire.

En novembre, il y aura 20 ans que papa est mort, en emportant l'autre versant de l'histoire, dont elle poursuit la quête depuis.

19 mai 2012

pot de confiture

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Pourquoi ce silence ?

Pour rien de spécial, en vrai. J'enchaîne ce qui fut, le week-end dernier, l'aboutissement d'une année de travail, ce temps toujours intense, suspendu, où la réussite se mesure à des indicateurs parfois trompeurs, mais dont la conjonction du beau temps et d'un calendrier propice se sont avérés d'indiscutables révélateurs, avec un week-end prolongé rituel, en compagnie de mes collègues d'il y a douze ans. Cette année, c'est en Bretagne. Et sous la pluie, il n'y a pas de cause à effet. Pour moi, c'est relâche.

A Rochefort-en-Terre, la galette de l'andouille de Guémenée est excellente. Il faut la prendre au Café Breton, rue du porche. La chapelle de La Vraie-Croix est mignonette. Ce matin, c'est Marché de Vannes et, possiblement, sortie en mer.

Entre gens de gauche, nos petits déjeuners se passent à éplucher la composition du nouveau gouvernement. Certains avec des yeux de déraisonnable gourmandise, d'autres avec une circonspection de saison. Les confitures maison font consensus.

Retour à Paris demain soir.

07:47 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (5)

11 mai 2012

l'effet Ferrat

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Voilà à quoi ça ressemble, des statistiques de fréquentation. A entre2eaux, les connections oscillent habituellement autour de 500 visiteurs par jour. Au 21 mars, un mois avant le premier tour et alors que je m'y exaltais, prenant part par ce biais à la campagne, la fréquentation tombait, soudainement divisée par deux : c'est le grand creux au milieu du graphe. Les choses sérieuses se passaient ailleurs, c'est évident. Je m'agitais néanmoins.

Et puis il y eut la lettre de Torreton à Jean Ferrat. Des mots sensibles mis sur la dérive haineuse et inquiétante du pouvoir, l'appel sourd à la raison pour garder espoir. La campagne venait de se terminer pour Mélenchon et les sept autres challengers, mais mon blog connaissait son pic, un niveau jamais atteint avec plus de 1000 clics par jour pendant trois-quatre jours, suivi d'une décrue assez rapide et une stabilisation au niveau d'avant. Comme s'il avait fallu, déception aidant, se retrouver sur des valeurs, se tenir chaud. Puis les choses sont revenues à ce qu'elles étaient. La rivière est finalement revenue dans son lit après l'étiage et la vague impétueuse. Il ne s'est rien passé en apparence.

Tiens, la crue et la vie des fleuves, c'est justement le thème du festival de l'Oh!, qui se déroule ce week-end, à Paris et en Val-de-Marne. Après Torreton, cela nous fera encore un peu de rêve. Ça tombe bien, on va en avoir besoin pour les semaines qui viennent...

07 mai 2012

le changement, et que ça saute !

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J'ai failli ne pas rentrer dans la foule. Une sardine n'y aurait pas retrouvé ses petits. Comprimé, balloté par là, puis par là. Un temps, avec le sourire, j'ai pensé que Mélenchon avait mieux organisé sa Bastille. Mais évidemment, c'était pour rire : ce débordement hier était frais, jeune. Et coloré. C'est ce qui m'a le plus frappé : tous ces jeunes de banlieue, qu'on n'avait pas vus pendant ces mois de campagne, qui avaient disparu des écrans de télé, à qui aucun candidat n'avait vraiment parlé, qu'on aurait cru disparus... Ils étaient là, hier, avaient retrouvé la parole, retrouvé la république, libérés du carcan, le poids de la négation ou de la stigmatisation enfin écarté.

Josiane Balasko avait dit à France 2 qu'elle était militante, mais pas du PS. Militante des sans-papier, militante des sans-logement. Et qu'elle pensait que François Hollande était un honnête homme. Au fond, cette déclaration m'a séduit et je l'ai reprise à mon compte.

Des étudiantes fauchées m'ont offert un gobelet de champagne. L'une d'elles m'a dit : "vous ne pouvez présidentielle 2012,françois hollande,bastillepas savoir combien je suis heureuse". Il y avait de l'espoir et de la joie au cœur. Et du soulagement.

Et  aussi des attentes. Le Front de gauche avait essaimé : drapeaux, stickers, de "l'humain d'abord" sur des tas de poitrines, heureuses de se retrouver là. Le changement, c'est la retraite à soixante ans maintenant. Le changement, c'est l'augmentation des salaires maintenant.

Un peu comme des attentes au pied du mur.

La liesse d'hier n'était pas béate. C'est peut-être pourquoi j'étais heureux d'en être.

06 mai 2012

dix ans

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Dix ans aujourd'hui, jour pour jour, que je suis en poste. Dix ans à la même place, dans le même emploi, avec le même employeur. Oh! j'en aurais connu, des vicissitudes, des contrariétés, des envies de tout lâcher, d'aller voir ailleurs : un sentiment de ne rien savoir y faire au tout début, des collègues castrateurs, une hiérarchie pesante, des bureaucrates à tous les étages, un délitement libéral insidieux... Tout je te dis, parfois même la suspicion, du harcèlement, des remises en cause.

Mais rien n'y fit. J'y suis toujours, à ma plénitude. Débarrassé de mes démons d'imposture, récompensé par le lien que j'ai construit avec mes collègues, fait de confiance et de solidarité dans l'adversité. Et puis il y a les gens avec qui nous travaillons : public, partenaires, prestataires, qui nous reconnaissent des valeurs.

J'ai aujourd'hui, là où je suis, et la paie, et l'utilité sociale, et la stabilité. Qui dit mieux ?

Dix ans : jour pour jour, Jean-Pierre raffarin recevait de Lionel Jospin les clés de l'Hôtel Matignon. La gauche était sonnée. Elle n'avait même pas pu disputer contre Jacques Chirac la mère de toutes les batailles.

Bulletin-Francois-Hollande-Primaire-socialiste_articlephoto.jpgAujourd'hui, nous y sommes, dans la bataille. L'adversaire est plus féroce encore que Chirac. La société en a été défigurée davantage. Ouf ! c'est peut-être ce soir que l'on sort du désert. C'est à portée de main. Derrière, il va falloir payer de nos personnes pour remettre l'Europe et notre pays sur les rails de la conquête sociale. Mais aujourd'hui, il n'y a pas à barguigner : tous derrière Hollande ! Sinon, on en reprend pour dix ans, et encore, dans la version la plus xénophobe...

11:16 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (4)