21 octobre 2009
rebond foot (2), remballez le champagne !

Le problème avec les rebonds, c'est qu'il peut y en avoir plusieurs.
On s'était pris à croire à une belle histoire d'amour. Commencée mal, dans les anathèmes, avec des noms d'oiseaux balancés-là, non dépourvus de relents xénophobes, mais finissant bien, dans une réconciliation générale sur l'oreiller. Je m'amusais à penser à la séquence vestiaire du match de gala, les Créteil-bébel et les PFG se congratulant d'une belle victoire, félicités par Thuram et Dhorasso, s'arrosant le slip au champagne et se savonnant le dos sous les douche... Las ! Le symbole était trop beau.
La connerie aura donc été la plus forte. Et ce sont les jeunes de banlieue qui sortent tout petits de cet épisode. Au moins l'incident ne leur aura-t-il pas été banal, puisqu'ils ont décidé de jeter l'éponge et de s'auto-dissoudre. Le vent médiatique les avait inspirés puis, ne leur laissant guère de répit, les a finalement emportés. Belle occasion manquée !
Je veux toujours croire que l'intelligence peut triompher des obscurantismes, j'y crois toujours, d'ailleurs, cet incident vient juste rappeler que la route n'est pas pavée que de bonnes intentions. Je suis peiné de ce gâchis, comme tu l'es toi, je présume.
Les seuls, au fond, à jubiler, ce sont les barbus et les bigots, les fachos et les réacs, les intégristes de tout bord, unis encore et toujours comme les doigts d'une seule main, s'évertuant à nous vendre la même vision haineuse de l'humanité. Eux ils rebondissent comme ils pêtent : de travers !
09:37 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : foot, homophobie, paris foot gay, créteil bébel, islamophobie, intégrisme
19 octobre 2009
rebond sur une pudibonderie
Tu connais Gee Mee. C'est lui qui fut à l'origine de la mise en forme des chroniques du Cobaye, cette réflexion introspective que je fus invité à accomplir dans le cadre d'une étude sur les blogs et les blogueurs, en début d'année. Blogueur atypique, calé sur un registre technique, il n'en est pas moins un lecteur attentif, sensible et, ce qui ne gâte rien, qui a des choses à dire. Mais une certaine réserve le conduit parfois à faire ses commentaires dans la confidentialité des messageries. C'est arrivé encore ces jours-ci, avec un point de vue qu'il a voulu m'adresser par mail concernant l'affaire Polanski, et le billet que j'en fis là.
Avec son accord, bien évidemment, j'ai décidé de publier son analyse parce qu'elle complète intelligemment le regard que l'on peut avoir sur cette affaire, au delà de la seule question des mœurs.
"Bonjour Oh!91,
Je fais de tes notes une lecture maintenant régulière, pour ainsi dire instantanée. Je ne réagis qu'avec parcimonie, parce que la plupart du temps, je trouve mes idées dans les commentaires des autres. Quand je ne les trouve pas directement dans tes notes. J'évite donc d'abord la redondance, qui me semble être une forme de mépris. Je ne veux pas être de ces "m'as-tu vu quand je blogue", pour paraphraser Georges.
Ta note à propos de l'armée pudibonde, comme celle à propos de du PFG montre la profondeur de tes analyses, et de certains de tes parti-pris, que je partage.
Cela étant, j'ai quelques points de désaccord, de nuance tout du moins.
Je n'accorde pas plus quitus à la justice américaine que toi. Son fonctionnement n'est pas à la hauteur de ses prétentions universalistes, et il y a belle lurette que nous avons constaté que la population des prisons n'était pas révélatrice de la société, sinon de ses profondes inégalités. Dans l'affaire Polanski, on oublie souvent de dire que les juges impliqués sont dans un contexte électoral, et que la relance de cette affaire n'est pas pour rien dans l'évolution à venir de plans de carrière très personnels. Cela étant, seul le temps de prescription légal (là où l'acte a été commis) permet de savoir si l'on peut oublier. D'ailleurs, il s'agit plutôt de savoir à partir de quel moment l'on doit oublier. Si les crimes contre l'humanité ne sont pas prescriptibles, c'est bien parce que tous les autres le sont.
Ce n'est pas à la victime de dire si l'action doit s'éteindre en matière pénale. Car c'est la société qui est atteinte au-delà de la personne. Qu'il y ait plainte ou non, seul un retour sur un témoignage, donné ou obtenu dans des circonstances particulières peut le permettre. Accorder un pardon trop facile, ou un pardon monnayé ne vaut pas plus qu'un acte de vendetta. Le principe est le même, on ne se fait pas justice soi-même.
S'agissant de la délinquance sexuelle, mes limites sont claires. La sexualité est une affaire privée, tant qu'il s'agit d'adultes consentants. La formule, pour être simple, est exigeante. Le consentement doit être libre et éclairé. Cela ne va pas de soi, et mérite que des vérifications régulières soient effectuées. Personne n'a à dire quoique ce soit à propos des histoires de fesse des autres, à moins d'y avoir laissé traîner les siennes. Et encore.
Le statut d'adulte s'acquiert légalement, pas partout au même âge, d'accord. Que la majorité légale n'emporte pas maturité, je te l'accorde également. Nous-mêmes, Français, n'étions pas très clairs sur ces principes, puisqu'il était possible de marier une jeune fille de 15 ans jusqu'en 2006. Où était donc la vraie limite ? D'autres pays entretiennent des différences importantes entre majorité et mariage. Ne raisonnons pas à partir de l'exception, la limite c'est 18.
Avant, des circonstances tenant à la nature du consentement peuvent très exceptionnellement être accordées. C'est difficile à interpréter, et dans le doute, on doit protéger la victime, parfois contre sa volonté.
Un genre de mécanisme similaire existe en droit social où les syndicats peuvent agir, sans ou contre la volonté d'un salarié particulier, pour que le reste de la communauté de travail n'ait pas à faire face à la même situation.
Je ne connais rien à l'affaire Polanski, je m'en tiens là.
Je n'ai pas plus lu Frédéric Mitterrand. Sur le plan pénal, soit on a des éléments et on poursuit, soit il n'y a rien, et on ferme sa gueule en le laissant se dépêtrer avec ses problèmes. Sur le fond, j'avais trouvé le principe du bouquin courageux, et humainement respectable.
Mais c'est la politique qui le rattrape. Que Le Pen ait exhumé ce texte n'a rien d'innocent. Polanski ou pas, cela aurait été fait. Les régionales approchent, il est toujours bon de discréditer les politiques "traditionnels" par rapports aux "intouchables" du FN. Et puis cela a foutu une vrai merde dans la classe politique. Le PS a enfin retrouvé la raison le week-end dernier en arrêtant de taper dessus et en disant que c'est à Notre Petitesse de régler le problème, le cas échéant, laissant cette dernière se débrouiller avec ses contradictions au sein de l'UMP.
Ça ressemble tout de même à un écran de fumée pour ne pas parler des vrais problèmes d'actualité, notamment.
Alors non, il ne faut pas hurler avec les loups, et pour cela ta note était très bien. Sans dec."
Gee Mee
00:05 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : gee mee, roman polanski, frédéric mittterrand, sexualité
08 octobre 2009
l'armée pudibonde
Oui il y eut crime, oui il y eut ignominie. Abuser à 44 ans d’une petite fille de treize ans est criminel. User du sexe comme d’un commerce en exhibant sa puissance est ignoble. Mais je ne chanterai pas avec les sirènes de la pudibonderie. La question n’est pas de savoir si Roman Polanski ou Frédéric Mitterrand me sont ou non sympathiques. La question est de savoir si leurs actes ou écrits les disqualifient ou non.
Les personnages de fiction ont besoin d’être rugueux pour être touchants. Leurs univers sont ceux de la vie, où dans les crépuscules se trament des histoires parfois vilaines, où se murmure l’inavouable, où l’humain existe aussi à travers ses pulsions bestiales, où le stupre et l’addiction viennent trouver leurs exutoires. On ne fait pas Querelle de Brest avec Laurent Delahousse en premier rôle ni les sept mercenaires avec des princes charmants.
Je ne veux pas pardonner à un homme adulte, responsable, riche sans doute, déjà célèbre par dessus le marché, d’avoir usé de son influence
pour obtenir les faveurs d’une fillette de treize ans. J'en suis profondément révulsé. Je ne connais pas non plus la réalité de cette histoire, comme personne ne la connaît puisqu’elle ne fut jamais jugée. Mais je ne donne pas quitus au système judiciaire, surtout américain. Je sais aussi que dans les années soixante-dix, la libération des mœurs rendait possibles, presque tolérables, beaucoup de choses dont on s’est ensuite départi, et que la création artistique, dans tous les domaines, a souvent exalté la jeunesse comme une vertu permise. Et que cette vision était connement masculine ! Est-on bien sûr que dans les chansons de Brassens ou de Gainsbourg ne se trouvaient pas alors des apologies néo-criminelles ? Je crois qu’il nous faut admettre, avec le recul, qu'une fois balayées des barrières morales défraîchies, il a fallu du temps, après 68, pour que de nouvelles limites se mettent en place, correspondant à des exigences revisitées dans nos sociétés, et que les créateurs ne furent pas les derniers, dans leurs actes comme dans leurs œuvres, à pousser loin leurs jeux au risque de se brûler les ailes, et d'imprimer des traces douloureuses. Que Polanski ait fauté, ça semble incontestable. Et au delà même de la faute. L'a-t-il nié ? Et si l'époque n'excuse rien, elle ne peut être occultée. J’ai donc d’abord voulu applaudir aux déclarations courageuses de notre ministre de la culture, lorsqu’il prit sans les précautions d’usage, la défense du cinéaste franco-américain. Et si nul n'est au dessus des lois, je rejoins les sentiments de Marina Zenovitch qui est bien placée pour connaître cette affaire, du point de vue de la victime aussi.
Je ne peux pas pardonner à un homme adulte, responsable, riche sans doute déjà, appartenant à une famille célèbre, d’avoir usé de son argent pour s’acheter les faveurs de jeunes hommes pauvres dans des pays pauvres. La prostitution me révulse. Profondément. Mais je veux prendre la défense d’un homme - dont je connais peu le talent littéraire – qui a choisi de traiter dans un roman de cette réalité, en ayant le courage de s’y mettre en scène. En prenant le risque de s’exposer au jugement des hommes libres, donc à la vindicte. Je sais qu’on le loua à l’époque pour la qualité et la sincérité du propos. Pourquoi devrait-il donc être, pour ce fait, écarté ad vitam de tout exercice public ? Si Frédéric Mitterrand est disqualifié, c’est pour Hadopi, pour une politique culturelle dépourvue de moyens et d’ambition, pour son désintérêt à l’égard des intermittents du spectacles laissés-pour-compte et rejetés dans les arrière-cours des collectivités territoriales. Par pour des écrits romanesques, en fut-il le héros sombre.
Il m’importe peu au fond, même si cela ne me surprend pas, que ce soit Marine Le Pen qui ait rapproché ces histoires et fit mine de débusquer un lièvre. Je suis en revanche profondément troublé par l'armée pudibonde qui se lève, et le peloton qui se forme pour juger, condamner et exécuter. Benoît Hamon a franchement mieux à faire.
Quant à la blogosphère, je l’aimerais parfois moins prompte à faire le buzz, et pour tout dire moins politiquement correcte !
15:53 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : roman polanski, fréderic mitterrand, marine le pen, benoït hamon, prostitution
07 octobre 2009
ne confondons pas islam et homophobie

Une bien triste histoire d'homophobie dans le foot est en train d'alimenter une bien triste campagne d'islamophobie. Suivez mon regard...
A l'origine, la pitoyable décision d'un club de foot de Créteil, inscrit à la coupe de France du foot-loisir de refuser de disputer un match contre le Paris Foot Gay, prétextant des "convictions" de "musulmans pratiquants". Et hop ! Voilà qu'on nous refait le coup de la burqa...
L'homophobie dans le sport, dans le football en particulier, n'est hélas pas l'apanage du Créteil Bébel. Le Paris Foot Gay lui même anime et soutient, par son objet même, la lutte contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle dans les milieux du football. Et il y a du travail.
Il a noté, par exemple, que la Fédération française de foot n'a toujours pas inscrit l'homophobie dans la liste des discriminations à proscrire dans les stades, qu'un seul acte homophobe, à ce jour, a été condamné dans un stade. Il révèle que pour un joueur, vivre librement son homosexualité sans avoir besoin de se cacher est une gageure, au point que jusqu’à présent, personne ne s’y est aventuré... et pire, que certains équipementiers demanderaient aux professionnels concernés de ne surtout pas dévoiler leur « secret ». Il rappelle en outre que chez les 15/25 ans pourtant, la découverte de leur homosexualité et la crainte de l’homophobie constituent un des principaux facteurs de risque de suicide.
Ce combat est donc légitime, vital, et mérite d'être soutenu sans réserve pour continuer à faire évoluer les mentalités et abattre les archaïsmes : rien n'est jamais acquis, dans ce domaine comme dans les autres.
Mais la tournure qu'a prise cette affaire, et le buzz médiatique qui l'entoure, a quelque chose de dérangeant parce que, de rebonds en ricochets, de blogs en articles de presse, c'est encore une fois le procès de l'islam, et donc des musulmans, dans un joyeux amalgame à faire bander les conservateurs catholiques et autres racistes de tout poil, qui s'est peu à peu substitué au débat sur l'homophobie dans le sport.
En ce qui me concerne, je me souviens que c'est à Alep, en Syrie, dans mes tendres années, que j'ai pour la première fois ressenti le regard d'un homme sur moi, que c'est sur des chansons d'Oum Kalthoum qu'il m'arrive de baiser, sans retenue, dans le sauna gay du Ryad. Et je voudrais bien que celui qui, dans le hammam de la grande Mosquée de Paris, ne s'est jamais livré à de discrets attouchements me jette la première pierre !
Thomas Pitrel a pondu hier un excellent article sur ce sujet, qui constitue une salutaire mise en garde, et un rappel de ce que les jeunes musulmans ou d'origine musulmane, sont eux-même régulièrement stigmatisés pour ce qu'ils sont et n'ont nul besoin de l'être d'avantage sauf à se voir définitivement enfermés dans l'univers de la cité, où l'homophobie n'est hélas pas le seul travers...
J'ai hâte, d'ailleurs, de lire ce livre de Brahim Naït-Balk, paru cette semaine, Être homo dans la cité, où il témoigne de comment, musulman, il a enduré un double martyre parce qu'il n'était pas, dans sa banlieue, la figure type du mâle fouteux...
Autrement, puisque l'on parle foot et parce qu'il est urgent qu'on inverse les regards, je te propose de revoir ce petit bijou :
00:05 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : football, homophobi, islamophobie, créteil bébel, paris foot gay, homosexualité, gay
03 octobre 2009
le tamiflu coule à flots... dans les rivières !

Trouvé cet article sur un site qui s'attache au sens des mots. On y apprend que, selon des scientifiques japonais, le tamiflu se retrouve dans les eaux des rivières et que les oiseaux aquatiques pourraient permettre aux virus des grippes saisonnière, aviaire ou porcine de développer des résistances aux antiviraux.
Ils auraient en effet analysé les eaux des rivières recueillant les rejets de trois stations d'épuration et auraient décelé des traces de la molécule active du tamiflu dans la totalité des échantillons prélevés. La quantité de médicament serait proportionnelle au nombre de grippes déclarées dans les alentours. Concrètement, la molécule, évacuée dans les urines des patients, survivrait aux traitements réalisés en stations d'épuration, ce qui ne serait pas nouveau car depuis longtemps l'on sait que certains perturbateurs endocriniens, par exemple liés à la pillule contraceptive, peuvent bouleverser les équilibres écologiques des rivières.
"Que les eaux de surface soient polluées n'est pas nouveau. Pesticides, polluants organiques, hormones, nitrates, métaux lourds... Des traces de médicaments ont même été détectées dans l'eau du robinet, en France et ailleurs. Soit. Il va falloir s'y faire. Les stations d'épuration ne sont pas prévues pour dégrader ce genre de composants. Si les concentrations de tamiflu relevées par la fine équipe nippone ne sont pas exorbitantes, elles approchent tout de même les limites généralement recommandées. Ce qui complète un cocktail aussi divers qu'avarié, dont les effets se font déjà sentir sur l'environnement. Parmi les plus spectaculaires : l'inversion de sexe chez les poissons et les interdictions de pêche en eaux douces qui pourraient être rapidement généralisées à toute la France (voir le dossier de Marc Laimé, "l'eau dans tous ses états... ").
L'article précise que l'étude japonaise avait été menée entre décembre 2008 et février 2009, soit largement avant l'apparition de la grippe A
H1N1, le tamiflu n'étant alors utilisé qu'avec parcimonie. Des consignes de prescription massive du médicament sont désormais émises par les autorités sanitaires avec à la clé une flambée prévisible de la consommation.
La principale raison d'inquiéture, d'après Napakatbra, l'auteur de l'article, tient à ce que les concentrations mesurées en certains lieux semblent d'ores et déjà "assez élevées pour entraîner une résistance aux antiviraux chez les oiseaux aquatiques". En clair, si les doses de médicament présentes dans les rivières demeurent trop faibles pour avoir un impact sur une éventuelle consommation humaine, elles peuvent en revanche développer des souches grippales résistantes à l'antiviral. Les oies et les canards devenant les vecteurs naturels du virus de toutes les grippes.
Moralité librement inspirée de celle de l'auteur : si tu es japonais, que tu attrappes la grippe et que tu ingurgites du tamiflu, efforce-toi de pisser dans ton violoncelle ! Pour nous, un violon fera l'affaire...
11:58 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : 二つの水の間に, eau, grippe a, h1n1, qualité des eaux de surface
27 septembre 2009
50 ans 50 milliards, bons pour l'arnaque

Carrefour fête ses cinquante ans. Difficile de passer à côté, la pub s'affiche partout. Sur les murs, en format quatre par trois, en pleine page dans les journaux, peut-être à la télé, je ne sais pas je ne la regarde pas. Et sur ton téléphone portable.
J'ai ainsi reçu un SMS avant hier, alors que j'étais au volant de ma voiture. C'était Carrefour. Mon premier SMS de Carrefour... Le message m'informait que pour ses cinquante ans, ils m'offraient 50 euros pour 100 euros dépensés au cours de ce week-end dans leurs magasins.
Putain, je me suis dit. Ils cassent la baraque en deux. Ils avaient le choix entre les producteurs de lait, et les consommateurs, ils ont choisi leurs clients. Ce n'est peut-être pas le plus équitable, mais c'est toujours bon à prendre. Et quand je dis "bon", c'est bien de celà qu'il s'agit : Pour 100 euros d'achat, ils offraient 50 euros en cinq bons de dix euros, à dépenser chaque semaine à raison de un par semaine. Ou un truc du genre. Pas franchement le chèque sonnant et trébuchant.
Mais ça tombait, bien, j'avais le frigo vide, et depuis que Champion a été racheté par Carrefour il y a quelques années, mon Champion de village est devenu un Carrefour-Express. Ni trop grand, ni trop petit, du choix, des produits bio, un boucher à la découpe, et finalement, une atmosphère presque familiale. Donc j'y ai pris ma carte de fidélité, et quelques fois j'en retire quelques petits centimes de réduction.
Je me suis donc employé, ce samedi en poussant mon caddy, à atteindre les 100 euros. Et hop, deux boîtes de biscuits au lieu d'une, un peu de saumon fumé, une réserve d'huile d'olive, c'était le moment, quelques paquets de chewing-gum, ça peut toujours servir. Des conserves en pagaille pour reconstituer les réserves, et... 115 euros au passage en caisse. J'étais fier de moi.
Sauf que, "et mes bons d'achats ?" "Ah, mais c'est que ça ne marche pas ici, monsieur, ce n'est que pour les hypermarchés, Carrefour Express ne fait pas partie du programme..."
Je m'indigne : "Et pourquoi j'ai reçu un SMS, alors, je ne fais mes courses que chez vous ?..." "Je sais bien, monsieur, on est très embêtés avec ça..."
Alors je suis reparti avec mes un euro quarante-cinq en bons d'achat, 60 centimes pour mon prochain achat au rayon boucherie et volaille, pour un montant minimum d'achat de 12 euros, 20 centimes sur les biscuits pour mon prochain achat de 2 euros minimum, 65 centimes sur le rayon fromage, coupe et libre service, pour un minimum de 13 euros d'achat... Le tout crédité sur mon compte fidélité.
Fidèle, je me demande si je vais le rester fidèle avec ça, justement... En même temps, il faut les comprendre, leurs résultats ont chuté de presque 50 % cette année (oui, ils ont décidé de faire dans le 50 partout, c'est de la stratégie de com !) avec seulement un milliard deux cent soixante-dix millions d'euros de profit net. En chiffre, c'est encore plus impressionnant : 1.270.000.000 €. Il ne s'agit que du profit net.
11:55 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : carrefour, grande distribution, bons d'achat
25 septembre 2009
le vol d'Olympe
Hier, un tableau de valeur, d'un peintre connu, a été volé dans la maison de l'artiste pourtant bien gardée, dans une grande capitale européenne. Le fait est suffisamment rare pour qu'on s'y intéresse, et pour que j'en fasse un billet, même si le nu dont il s'agit est féminin.
Le peintre est Magritte. Je visitais il y a moins de huit jours le musée qui lui est désormais dédié (j'en faisais une note là) mais pas la maison où il vécut. Question de temps plus que de goût, puisque les maisons d'artistes ont été une thématique des visites de fin d'été que je me suis offertes pour prolonger l'illusion des vacances : Triolet et Aragon à Saint-Arnoult, Millet à Barbizon, Van-Gogh à Auvers sur Oise... j'aurais pu faire Magritte à Bruxelles
Je n'ai donc pas vu cette Olympia-là. Je m'en serai souvenu, même si d'autres toiles m'ont saisi au Musée, par la puissance de la poésie surréaliste. Ainsi que de nombreuses citations de l'auteur.
Tiens, en voici une pour agrémenter ce court billet, et te laisser méditer pour la journée : "Le mot Dieu n'a pas de sens pour moi, mais je le restitue au mystère, pas au néant".
08:15 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : magritte, olympia, vol de tableau
17 septembre 2009
en panne d'essorage

Les piscines ont donc réouvert. C'est la fête. Toi tu te dis : quinze jours de fermeture, c'est bon, au moins, ils auront eu le temps de réparer la douche obstruée, de replacer les porte-manteaux arrachés, de recoller quelques carreaux descellés... Deux looooongues semaines de fermeture, au moins, on va repartir à neuf !
Que nenni : une fermeture pour vidange, c'est une fermeture pour vidange, faudrait pas tout confondre. Pour la douche, l'appel d'offre doit être en cours. Pour le carrelage, sans doute une mise en concurrence infructueuse. Et pour les porte-manteaux, peut-être faut-il attendre l'exercice budgétaire à venir : plus de crédit pour les fournitures... Les travaux auront donc lieu plus tard, et si possible au milieu des nageurs.
Tu sais, c'est le coup des ouvriers de l'assainissement qu'on appelle toujours une fois que la voirie vient d'être refaite à neuf, histoire de tracer immédiatement dans le bitume rutilant sa tranchée baptismale.
Donc à Roger Le gall, si j'ai retrouvé dès lundi, puis mardi et encore hier, le chemin de mes lignes d'eau favorites, si j'ai renoué à l'heure de la douche avec les petits péchés fugaces qui finalement me suffisent, si j'ai renouvelé mon abonnement trimestriel pour seulement 37 euros, avec une photo toute neuve que je dois à Mlle Cigüe, l'essoreuse à maillots, eslle, est bel et bien toujours en panne.
L'essoreuse, c'est une petite machine toute simple, une centrifugeuse dans laquelle tu places ton maillot pour le récupérer, après une dizaine de secondes, presque sec. Ca évite qu'il traine tout mouillé dans ton sac, ça allonge sa durée de vie, et c'est bon pour les odeurs.
Je n'en ai jamais vu qu'à Roger Le Gall.
Mais va savoir. Y aurait-il eu un cadre administratif, dans un bureau, qui aurait émis une réserve d'ordre hygiénique sur cet appareil avant de signer l'ordre de réparation ? Se pourrait-il que quelque part une note, un rapport, ait soulevé un problème, jeté une opprobre, conduisant le Directeur de la piscine à préférer la suspension de la réparation, dans l'attente du résultat d'un audit complémentaire sur les vertus de l'essoreuse ?
Je m'attends à tout. Et je remballe mon maillot en le pliant soigneusement dans ma serviette, jusqu'au soir, où je peux enfin l'étendre.
00:04 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : piscine, nager, vidange
12 septembre 2009
quand Laurent Delahousse roule pour Brice Hortefeux

J'aime bien Laurent Delahousse. Beau, blond, l'oeil qui se plisse quand c'est grave, le rictus qui s'illumine quand c'est léger, les épaules qui ondulent, le sourcil qui fronce. Années après années, il s'engraine. Il prend confiance. Il joue de la fossette et de la patte d'oie, il s'installe dans le registre du gendre idéal qui lui réussit si bien, mais parfois avec excès et se prend les pieds dans le tapis.
Hier soir était un modèle du genre. Hortefeux était encore en une, dans la tourmente de sa plaisanterie raciste. Mais le journal du beau Laurent banalisait, s'amusait presque de la polémique : la gauche s'indignait, la majorité le soutenait et dénonçait un procès en sorcellerie, finalement, tout était dans l'ordre des choses, limite écrit d'avance. Alors il fallait trouver un autre angle. Et un autre coupable. Et si finalement le seul problème était ces captations abusives d'images, et la sale manie des internautes de se refiler l'info à toute vitesse ?
Qu'importe que le propos soit évidemment, et sans aucun doute possible de facture emminemment raciste. Qu'importe qu'il soit tenu dans un contexte où règne, dans des rires gras, un esprit colinialiste absolument insupportable. Qu'importe que ce pauvre Amine soit exhibé, même si c'est à l'insu de son plein gré, dans une posture humiliante jusque dans son témoignage a posteriori. Et qu'importe que le ministre mente éhontément pour se dédouaner, s'emmêlant les pinceaux pire que Bill Clinton dans l'affaire Monica Lewinsky. Qu'importe que les Auvergnats en prennent pour leur grade au passage.
Qu'importe tout cela qui saute aux yeux, il faut s'interroger, nous dit le journal de Laurent, sur le pouvoir abusif dont dispose le citoyen qui accède à trop d'informations, qu'on se le dise. Pour preuve, toutes les autres malheureuses victimes de ces dernières années, Ségolène Royal qui dans une réunion publique mais sans se savoir filmée déclarait vouloir mettre les profs au régime des 35 heures, ou Sarko lui même qui avait lâché, se croyant pourtant anonyme au salon de l'agriculture, un "casse-toi pov'con !" qui finira peut-être par le faire trébucher.
La "polémique" ? "Encore une fois", c'est le propos "non maîtrisé" d'un ministre, "associé à la caisse de résonnance d'Internet" qui le déclenche. Blogueur, facebookeur, au coin ! Et voilà comment l'affaire n'en est plus une, mais le fait que c'en soit devenu une, selon la technique bien commode du serpent qui se mord la queue.
Ils ont l'art de la victimisation, et les médias pour leur servir la soupe. Merci Laurent !
00:11 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : médias, politique, hortefeux, internet, libertés publiques
09 septembre 2009
interdit de piscine !

C'est comme ça, il faut le savoir : il n'y a pas eu de décret municipal. Il n'y a pas eu de loi. Il n'y a pas eu non plus à ma connaissance de résolution des nations unies ou de convention internationale. Pourtant, durant les quinze premiers jours de septembre, tu n'as pas le droit de nager. Point. C'est comme ça. Et qu'on ne t'y prenne pas à essayer : tu serais fusillé !
Vidange technique, ils appellent ça. Il y a même des règlements qui ont institué qu'il en fallait deux par an. Quelle que soit la qualité de l'eau et des installations. Deux fois par an, il faut tout vider, et tout remplir. Et la DDASS elle est contente. Et le directeur des sports, si jamais un jour un enfant boit la tasse et se retrouve malade, eh bien il aura fait comme on lui a dit, ce ne sera pas sa faute, regarde comme il est joli, son joli parapluie.
Il ne doit plus y avoir guère personne qui se souvienne pourquoi ça a été décidé, par qui, et depuis quand ça se pratique. C'est comme le règlement qui impose le port du bonnet de bain à ceux qui pratiquent le naturisme lors des nocturnes de Roger Le Gall. C'est comme ça. Point.
Donc en septembre, après la saison estivale, et avant que les classes d'EPS ne commencent leur défilé, les piscines ferment.
Roger Le Gall : fermée. L'avantage avec Roger Le Gall, c'est que comme je la fréquente beaucoup, je savais, ça m'a évité de me casser le nez. Mais ne vous inquiétez pas, vous n'aurez qu'à aller à Georges Hernant. Vous verrez, elle est presque pareille, et elle restera ouverte, c'est promis.
Pour comprendre ce billet, il faut que tu t'imagines ce qu'est un désir de nage frustré. Un besoin d'eau rentré. C'est pire que l'étiquette un peu rèche d'un polo neuf qui te gratte dans le cou, pire qu'une mouche qui s'est enfermée avec toi dans ta voiture. C'est probablement pire qu'une ampoule qui te vient en plein milieu d'une randonnée. C'est un comprimpé de mauvaise humeur pour toute la soirée, une nuit foutue en l'air, si ce n'est toute une semaine.
On ne frustre pas une envie de nager, c'est malsain.
Donc hier, alors que j'avais un rencart sur le coup de 19h dans le nord de Paris, et une fenêtre étroite pour nager : un coup de fil préventif à Georges Vallerey, porte des lilas, fermée pour vidange. Ma précaution avait été utile. Je pousse donc en confiance jusqu'à Georges Hernant, porte de Pantin, celle dont on m'avait promis juré-craché qu'elle resterait ouverte : fermée ! En raison des travaux d'assainissement sur la voirie en face. J'hallucinais. Et avec mon petit ticket d'horodateur acheté pour une heure quinze de stationnement, j'avais l'air d'un con ! Je m'essaye à Pailleron, juste à côté. Le temps filait, la fenêtre se resserrait, et si je ne trouvais pas une solution, c'en serait fait de mon apéro avec mes potes... Las - ou évidemment ! - fermée aussi, pour la même période.
Et tous les ans, c'est le même chose. Je le sais pourtant, que c'est interdit de nager, je le sais. Mais rien à faire, je me fracasse chaque fin d'été sur cette règle non écrite, sur cette stupide incapacité à gérer des équipements sportifs à l'échelle d'une toute petite ville comme Paris, en tenant juste un tout petit peu compte de la diversité des usages et des pratiques.
C'est vrai que les nageurs amateurs pèsent sans doute moins dans le grand pool électoral, que des parents d'élèves déjà bien remontés sur le sujet de la grippe A...
00:18 Publié dans eaux bouillantes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : piscines parisiennes, vidanges techniques, gestion des équipements sportifs, nager, natation






