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11 août 2011

traffic

banc de poissons.jpg

Le retour dans le grand bassin parisien est radical pour se décoller la ligne bleue du front. Roger Le Gall, jeudi dernier en fin d'après-midi, ça m'a fait un effet bœuf ! Malgré trois semaines de stage intensif de natation à Budapest, il m'a fallu réapprendre à nager en mode sardine : en évitant les coups ou en les encaissant. Dans cet art de l'esquive, l'attention de l'esprit et la tension des muscles n'est pas la même qu'avec l'osmose insouciante et solitaire dans une eau dédiée.

La tension se ressent aussi dans les maillots de bain, à l'heure des douches. Mais c'est une autre histoire. Là, c'est comme au foot, ce sont les hors-jeux qui agacent...

Nager en eaux si encombrées m'a d'emblée fait revenir de toutes petites douleurs multi-locales : au coude gauche, derrière l'omoplate droite, au genoux gauche. C'est bien-sûr celle du bas du dos qui me ramènera bientôt chez le chiropracteur

le sommeil d'Endymion.jpgLa salle de la Joconde, au Louvre, pour le premier dimanche du mois, était un aquarium où les touristes aussi se pressaient par bancs. A l'occasion, il faudra quand même que je t'en parle, du Louvre, parce que j'y ai été saisi par la splendeur des collections, mes souvenirs d'enfants me les avaient un peu vite banalisées.

Sinon ? Et bien j'aborde depuis huit jours mes chantiers avec une sage distance. Cette sérénité me vaut des gratifications gastronomiques (cherche pas à comprendre, c'est codé !).

Et j'écris sur ce blog sans n'avoir rien à y dire, comme on lance un pavé creux dans la mare. De toute façon, la blogo est fermée pour congés annuels, alors !

Tiens, je vais en profiter pour regrouper mes chroniques de l'été dans une nouvelle "catégorie". Son nom devra parler d'eau et de rêve, évidemment, exprimer un déséquilibre inconfortable, une nostalgie puérile et irritante. Pourquoi pas "Budapest 2011, de vaine houle". Ou "Budapest 2011, la vie rêvée des eaux".

As-tu d'autres idées ?

04 août 2011

les ailes bohêmes

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Budapest, la page 2011 est tournée.

je me souviendrai de Bougre et de sa famille, pour qui se transformer en guide touristique est un privilège,

de l'interdiction du naturisme proclamée par une météo folle,

de la proscription de toute visibilité homosexuelle dans les bains thermaux, revendiquée par les nouveaux règlements,

des névroses higiénistes de la soeur d'Igor,

mais du rire qu'elle en conçoit,

de mes névroses à moi que j'ai tues, sauf sur ces pages,

de l'entrain jovial et étonné de Bernard, au premier jour de son séjour et au premier de ses bains, pour qui je fus, à en croire l'oeil pétillant dont il me gratifia, une belle surprise - et lui le plus abouti de mes pis-aller. J'aurais pu engager plus de projets, pour orienter et accompagner sa semaine hongroise, mais je ne m'en sentais pas l'âme,

du sourire virtuose d'un violoniste aux ailes d'ange, Tomas, l'irradiant jeune homme des bains Király, le seul qui soit redescendu à moitié habillé de sa cabine pour me retrouver dans l'obscurité d'une douche et me remettre un papier comportant son nom et son adresse mail, avant de retourner au bras de sa jeune dulcinée, tchèque comme lui, attraper le train qui les ramènerait à Prague. Tomas m'a parlé du plaisir qu'il avait eu à se retrouver dans des bains qui n'existaient pas chez lui, les Turcs n'y étant hélas jamais arrivés, de son contrat qui prendrait fin avec le mois d'août au sein de l'Orchestre de la Radio nationale de Bratislava, du capitalisme industriel du XIXème siècle dans la condition duquel était à nouveau jetée la jeunesse-kleenex d'aujourd'hui, en dépit des talents, des auditions qu'il passerait prochainement à Oslo, avec l'espoir d'y intégrer l'Orchestre de l'opéra ou, pour retrouver "de l'estime de (lui)", celui au moins d'accéder à la phase finale de la compétition.

Je lui ai parlé d'Oslo, où j'avais voyagé quelques mois auparavant juste pour assister - justement dans cet opéra à l'accoustique subtile et à l'esthétique magistralement déstructurée - à la Lulu d'Alban Berg. De Schoenberg, Webern et Berg, il concéda de ce dernier qu'il fut le plus "compréhensible", et de son concerto pour violon, dit à la mémoire d'un ange, auquel il ne s'était jamais attaqué, des plus inspirés.

En me remettant son papier et dans un sourire de braise, il me précisa juste qu'il était peu fréquent de se découvrir des soutiens dans le métier qui était le sien, et qu'il me promettait, en cas de réussite, de me convier à ses programmes musicaux. L'ange partit par les airs, une heure après m'avoir trouvé auprès d'une fontaine d'eau chaude dans un échange de politesses.

Comme quoi, un semblant de culture n'est jamais vain. Associé à un brin de courtoisie, comme de l'union de l'eau et des rêves, il peut en éclore un instant magique. C'est à dire une rencontre.

Pour finir sur une touche sucrée et titiller les infatigables papilles de Bougrenette, je me souviendrai aussi du strüdel tiède aux griottes, et de sa boule de glace aux pavots de chez Menza. Une tuerie, comme elle dit.

02 août 2011

la proie, ce prédateur en puissance

naked man.jpg

Je suis retourné aux bains Király. Par acquis de conscience. Et aussi parce que l'ami de Renauld, rencontré à Rudas vendredi, m'avait assuré que bien que mixtes désormais, il arrivait, sous l’œil connivent d'un surveillant complaisant, une fois partie la dernière greluche et malgré le port obligatoire du maillot, qu'il s'y passât des choses... intéressantes. Lui-même d'ailleurs, pas plus tard que le mardi précédent...

Donc, un détour de curiosité s'imposait.

Bien mal m'en prit. Peu de monde, par rapport aux affluences orgiaques que j'y connus. Peu de femmes d'ailleurs. Sept, en vérité, samedi en fin d'après-midi. Deux Hongroises cinquantenaires, qui papotèrent ignorantes du reste du monde, comme elles l'eurent fait un jour réservé aux femmes. Et cinq moitiés de couples, toutes trentenaires, qui ne décollèrent pas de leur homme - hors-mis dans les pièces les plus chaudes ou les bains les plus froids, la témérité étant une vertu qui se suffit à elle-même -, se livrant sur eux à quelque massage du cuir chevelu ou des trapèzes. La plupart, des touristes en proie à l'ennui, dont tu pouvais prévoir le diagnostic mitigé : endroit étonnant, dommage que ce soit si sale...

Bref, pas de quoi me rasséréner d'une visite au Palatinus où dans la journée, sous des rafales de vent violentes et glaciales, hors mis deux kilomètres de crawl et autres nages, je n'eus rien de mieux à me mettre sous la dent qu'un retraité californien qui prolongea charnellement les anecdotes dont fourmille le City Boy, d'Edmund White, que je suis en train de lire. Un peu de chaleur pour un mauvais coup, je n'y perdais pas au change, pardi ! J'ai juste évité de m'interroger sur la responsabilité de sa pension vis à vis de la crise grecque et des instabilités monétaires de la zone euro. Après tout, il n'avait pas son fonds spéculatif en bandoulière.

Depuis la semaine dernière, j'expérimente quelque chose. Je me laisse pousser le bouc. Juste autour de la bouche. Je teste, on verra bien. Je sens que j'arrive au bout d'un glissement et qu'il me faut agir. Entre trahir mon âge d'un poil grisonnant et arnacher mon visage du trait de caractère qui lui manque, je cherche à me redonner un semblant de charme. Je tente. Comme dans un protocole médical. Je prendrai une décision esthétique à la fin du mois.

Tous ces bains, le Gellért, le Rudas, surtout le Király, ont connu avec moi un âge d'or. Ou plutôt, j'y ai eu mes heures de gloire. J'avais trente et un ans. Je pénétrais dans un établissement et les regards convergeaient. Je sentais la convoitise. Je n'en ressortais jamais bredouille. Parfois, je me croyais déjà király,király gőzfürdő,thermes,gay,les crocodiles du király,hongrie,tourisme gayvieux, étant passé à côté de mes vingt ans. Mais m'initiant à un tout nouveau style de vie, mon charme était à son zénith. Il y avait alors dans les bains ces hommes âgés, ventripotents, que l'on appelait les crocodiles et que je ne voyais pas, sachant d'instinct clouer mon regard sur une pêche prometteuse, qui ne m'échapperait pas, et me fermer au reste. Seul leur visage dépassait de l'eau, au niveau du nez et des yeux, ils circulaient lentement, silencieusement, en cercles qui se resserraient autour de toi, les mains trainantes sous l'eau, espérant effleurer - ou empoigner pour les plus audacieux - la partie de toi qui les ferait vibrer. Une fois attrapé ainsi un bout de fantasme, ils se retiraient dans le bain d'à-côté, petit et chaud et se paluchaient entre eux, sans te perdre du regard, pour finir rassasiés. Les jeunes, sans considération pour une condition qui pourtant nous menaçait tous, glosaient sur ces prédateurs inoffensifs.

J'y suçai ou caressai des queues par dizaines, auxquelles je ne sais plus donner de prénom. J'y éperonnai des morceaux magistraux, de toutes nationalités. J'ai été ainsi troublé, samedi, de retrouver sur le banc supérieur de la salle des vapeurs un de ces jeunes couples en maillot de bain, là-même où je fis ma première pipe à Péter, il y a quinze ans, inaugurant ma première vraie liaison homosexuelle.

J'ai plaint ces jeunes couples, livrés à l'ennui, d'être si peu à leur place, d'ignorer tout de leur usurpation, d'être incapables de se fondre dans les scènes dont ils occupaient pourtant la scène, d'en concevoir même de la répugnance.

La page Király semble bien tournée... Le Rudas, tout en regards tamisés, lui a pris la place, c'est évident. Mais je ne suis plus le même.

Désormais, les garçons qui me plaisent m'esquivent sans même me toiser. J'essuie dans l'eau des revers à répétition. En quinze ans à peine, j'ai basculé, changé de rayon. Ventripotence et mains-qui-traînent en moins. A quel moment s'est opéré le glissement ? L'été 2007 fut tendre et truculent. J'y cueillis l'impossible amitié amoureuse. 2009 avait pu encore être un été de jubilation tranquille. Même l'hiver 2010... Quand ai-je franchi la ligne ? Ai-je basculé, ou en en ai-je simplement pris conscience ? Ai-je perdu ma grâce, ou plutôt ma confiance ? La fin du Király, le seul bain où les jeux étaient ouverts, pèse-t-elle sur ma perception ?
Il y a bien-sûr eu Renauld, du bout des doigts, Bernard, l'ingénieur du bâtiment, gouailleur, rieur et rondouillard, à l'audace bien française, un Magyar solide, qui hier m'a pris avec violence tandis que je philosophais seul sous la douche du Rudas sur ma vigueur disparue, Steve, ce vieux beau californien, rapiécé aux tatouages et aux piercings de couturière... des pis-aller.

Budapest ne m'est pas qu'un marigot, ça m'est surtout une paisible retraite, et j'ai su en profiter. Demain, c'est le retour.
Mais mes prochaines chroniques s'intituleront peut-être "mémoires d'un crocodile".

31 juillet 2011

entre rêves et eau

bain-turc.jpg

(...)(*) Je suis sous cette voûte, étendu sur l'eau, dans une apesanteur aigre, les pieds campés sur une marche, la tête à moitié immergée, les oreilles enfoncées pour échapper à la rumeur tamisée d'une sensualité qui m'échappe.

(Nous sommes lundi, et je ne sais pas encore que, revenu aux bains Rudas le vendredi suivant, donc avant-hier, à cause peut-être d'un soin du poil que je me serai opportunément prodigué, le gars le plus sexy du bassin, une icône bertoluccienne au profil de dieu grec et au buste d'athlète, Renauld de son prénom, un grand Hollandais circoncis à l'orbite profonde et rieuse, m’inclura dans un ballet d'effleurages suaves, m'offrant sans le savoir une réconciliation fragile mais inattendue)

Les lumières au dessus de ma tête ne dansent pas, signe que dehors, le temps est terne. Encore. (Vendredi, sous l'effet du soleil, elles seront projecteurs de théâtre, poursuites animées, faisceaux vivants, changeants, aux lignes nettes, droites, malicieusement soulignées par des vapeurs éparses) Selon leur inclinaison, derrière les petites ouvertures hexagonales qui traversent l'épaisse pierre du dôme, on distingue ou pas le ciel chargé. Je les fixe, je me les décris, me les décrie, je les compte. Je me replie hors des jeux qui m'entourent, m'efforçant de les trouver stériles, puérils. Je compte les couleurs de ce ciel hypnotique. Un tesson central, un premier cercle de neuf ouvertures, puis quatre cercles concentriques qui en ont tous dix-sept. Je recommence, puis encore. C'est bien ça, dix-sept. Neuf d'abord, puis dix-sept. Pour les quatre autres. Le chiffre dix-sept avait-il une signification chez les Turcs ? Je me dis qu'il faudra le vérifier avec Wikipedia (et j'oublierai de le faire). Cela nous fait soixante-dix-huit trous dans cette alcôve minérale, soixante dix huit-moyens de m'échapper, soixante dix-huit méridiens entre le ciel et l'eau, entre l'ombre et la lumière, soixante-dix-huit percées à travers la pierre et le cuivre, à travers l'histoire, à travers un temps qui ne passe pas. Mon esprit rejoint par leur biais les masses aqueuses rassemblées dans le ciel, désormais en orbite autour de Budapest. Aspiré, je somnole.

Je pense à l'eau des rêves.

Il y a quelques semaines, j'ai reçu sous Word, un futur nouveau roman, pour une lecture en avant-première... Privilège de l'amitié avec des écrivains. Enfin, avec un écrivain.

(Je me souviens, il y a longtemps, près de vingt-cinq ans, traversant en ferry la mer du Nord pour aller assister à Wembley au concert pour la libération de Nelson Mandela, Patrick Besson qui avait commencé une partie de scrabble avec un talentueux éditorialiste de l'Humanité - qui des années plus tard deviendrait mon chef malheureux - et quelques dirigeants des jeunesses communistes, abandonna la partie et me demanda de prendre sa place. Sur son chevalet était formé le mot "muse", et je me suis longtemps amusé à l'idée de m'être vu ainsi léguer la bonne fée d'un écrivain, que l'on pressentait de génie. Je n'ai jamais eu d'autres rapports avec Patrick Besson et je ne me rappelle même pas si sa muse a fini disloquée ou déposée sur le damier du scrabble.)

Patrick Besson n'est pas un ami. Ou il n'est pas écrivain. Ni l'un ni l'autre, si ça se trouve. Moi, j'ai un ami écrivain. Il s'appelle Manu.

Les choses étant ce qu'elles sont, c'est à dire mon rapport compliqué à la lecture, l'état instable de ma vue, mal corrigée depuis qu'est apparue la presbytie, la surcharge professionnelle et affective de ces derniers mois, tous les grands et les petits chantiers de ma vie... je n'ai imprimé ce précieux manuscrit qu'avant de m'envoler vers Budapest, sur le fil du rasoir. Et comme je prends toujours les choses dans l'ordre, il m'a fallu d'abord achever un roman commencé et délaissé, repris puis délaissé encore, un roman psy qui m'a plusieurs fois égaré, un Philippe Grinberg. J'ai ainsi fini, assez tard mais avant les deux mois de prescription, par me mettre au manuscrit, feuillet par feuillet.

J'ai été hapé.

Peut-on parler d'un roman qui n'est pas encore paru ? Qui sait, l'éditeur voudra-t-il lui donner un autre style, une autre fin, un autre titre. L'eau des rêves. L'eau des rêves, pourtant.

Manu m'a donné la permission. Comme je le sens, il m'a dit. Alors je le sens, justement. A moitié endormi sous la voute céleste, amidonné de mes aigreurs, emmitouflé de tiédeur dans la position de la planche, des mots me viennent. Les garder. Les mettre en boîte jusqu'à la maison. Ne pas les laisser s'échapper, eux aussi s'évaporer avec l'illusion de la séduction.

Manu a décidément une écriture qui me saisit, inventive, toujours à la limite de la rupture, une écriture automatique sous l'effet du diabolo-menthe - où le diabolo se fume et la menthe se sniffe, à moins que ça ne soit le contraire - où les sons viennent par si, par la, par mi, par ré, par sol, dans une musique qui tambourine, qui cogne, qui ne s'embarrasse pas de bémols, où les sons cassent, caisse de résonance à ceux d'avant ou à ceux d'après, en poésie percussive, déchirée, déchirante. Les mots s'enfilent les uns dans les autres, comme ils viennent, appelés les uns par les autres, aspirés par leur couleur, leur texture, l'odeur de leur peau ou la longueur de leur bite. J'adore ce sens que l'on croit perdre dans ce vagabondage tumultueux et qui t'apparaît haletant. J'aime sa matière, ses traits. On ressent une basse gronder dans la poitrine, on a hâte de découvrir quelle est cette déchirure, le secret apparaît en perspective dans la brume qui se lève, la tempête est annoncée. Et la musique ne s'arrête pas, c'est l'écriture intraduisible d'un gars qui vit pourtant de traductions.

Évidemment, j'ai parfois souffert. Chaque fois que j'ai reconnu le Manu poindre sous le Emmanuel, chaque fois que le dégoût de soi a transpiré sa race, la sienne autant que la mienne, chaque fois que manu causse-plisson,l'eau des rêves,écrivain,littérature,budapest,thermes,rudas,rudas gőzfürdőles doutes ont eu le dessus - et ils ont surtout le dessus. Il exprime un désabusement total, le rejet sans appel de l'existence, une autodestruction sans tain qui se vomit plus qu'elle ne se dit, empruntant des mots qui n'appartiennent pas à l'écriture. Il devient dingue. Tu lis à perdre haleine. A t'assoiffer. Et tu crains un impossible rebond.

L'eau des rêves, c'est l'histoire d'un type qui n'a pas de bouche et croise un fantôme dans un train. Voilà, la quatrième de couverture est faite. Ça se passe dans le sud, c'est écrit en Toulouse majeur, mais ça fleur bon la vigne et le terroir. Un secret de famille, des mythes d'enfant qui se brisent, et une incapacité à conduire sa vie qui n'en finit pas de s'analyser. Tu te dis que toi aussi, tu en veux à tes parents de ne t'avoir donné aucune raison de les détester. Paradoxe de la construction humaine d'où naissent les fantômes... Comme quoi on peut écrire un roman psy et ne pas être chiant.

La voûte t'hypnotise, et tu penses à tes parents, à tes fantômes. Moi à mon vampire...

La boîte n'était pas hermétique, certains se sont échappés, mais c'est bon, tu as pu garder quelques uns des mots venus dans l'alcôve. Assez pour rendre une partie des émotions ressenties. Pour reconstituer un peu de l'état où t'avais mis cette lecture. Tu peux signer ta note et la poster. Et puis attendre l'heure de la parution, en prédisant, ou en souhaitant un beau destin à cette écriture inventive et contagieuse, dépourvue de complaisance, écorchée, les vers à sang.

_________________________

(*) Ce billet est un peu la suite de celui-ci, ou de celui-là, mais de très loin, il n'est donc pas indispensable de s'y référer. Dis-toi juste que je suis dans des thermes, au milieu de créatures sensuelles et viriles, à demi-frustré, et que m'extrayant de toute quête, je me permets pour quelques minutes de revenir à mon état d'homme.
 

28 juillet 2011

la marque du maillot

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J'aime bien écrire des billets qui me sortent des tripes, où je ne joue pas de rôle, où mes états d'âme sont aussi secs que le corps que j'aimerais me faire, aussi crus que les sexes étalés au Rudas, aussi sincères que je le suis. Car je le suis, sincère. Toujours. Surtout là, dans cet espace privé et public à la fois. C'est le seul défaut que je ne voudrais pas qu'on m'impute. Ca me donne l'impression de ne pas faire de remplissage, ni de maintenir le blog dans une survie artificielle.

Ca me rapporte des marques d'affection, d'amour, de la compassion, de la compréhension. Mails, plus que commentaires. Même au milieu de l'été, ça fait du bien. Continuer, me sortir les doigts du cul pour me laisser les entrailles sortir de la plume, c'est mon challenge de l'été. Parmi d'autres...

J'ai la marque du maillot. Un beau bronzage vient me hâler la peau. Pas de ces teintes un peu rougeâtres qui trahissent des crèmes accélératrices, ni de ces bruns foncés, forcés, surnaturels, obsessionnels, où perce l'insupportable culte de soi. Le mien est charpenté, profond, il résulte d'une exposition quasi quotidienne, oh pas très longtemps, une cinquantaine de minutes tout au plus, même par mauvais temps, juste le temps de mes longueurs de natation. C'est un brun mat, épais. Le brun du labeur. Le brun de la classe ouvrière, des hommes de chantier. Un vrai brun d'homme, un beau bronzage. Un bronzage beau.

J'ai la marque du maillot. Ça veut dire que j'ai fait peu usage des terrasses naturistes du Palatinus ou des bains Széchényi. C'est con, maintenant que j'en connais la longueur du bassin... La pluie, sans doute. Salope !

DSCN0954.JPGMercredi, mais pas une âme ! Je suis seul, putain de seul sur cette terrasse, où je suis finalement revenu. Seul. Comme depuis plusieurs jours dans mes lignes d'eau. Ils se sont passé le mot, ou quoi ?

Pas une paire de fesses, pas une couille, même pendante, pas un ventre... on s'en fout, pas forcément du body-buldé, pas forcément de la tablette de chocolat, juste un petit ventre, une surface un peu plate, un peu lisse, une arrête de poils au dessus du pubis, quelque chose d'un homme, quoi !

Le temps promet quelques généreuses bouffées de soleil, mais pas un nez, pas une peau. Pas un sourire aguichant, pas un regard ténébreux, pas une grimace non plus. Pas de signe que quelqu'un va venir, pas de signe du contraire non plus.

Il se passe quoi ? La veille, c'était fermé, soit. Je le sais, je m'y suis cassé les dents. Je suppose à cause de cette saleté de pluie ! Replié sur Hajós Alfréd je me suis fait une belles séance encore. Seul à seul avec ma ligne bleue, évidemment - ça devient une marque de fabrique - qui est noire, d'ailleurs, dans le 33 mètres de Hajós Alfréd. C'est à n'y rien comprendre. Mais ils sont où ?

Mercredi, c'est moitié prix, merde ! Remarque, ça a peut-être été fermé plusieurs jours, en fait. Je n'en sais rien, je n'avais pas tenté d'y mettre les pieds depuis plus d'une semaine - les derniers beaux jours. Et personne n'aurait eu envie de s'y casser les dents de nouveau, ça se tient... même pour ce timide retour de chaleur ?

Étalage désolé de transats blanches sur ce bitume vert délavé. Seul. Dans un désert. Un désert d'ombres. sans fantôme, ni vampire. Casquette et lunettes noires vissées, la chronique new-yorkaise d'Edmund White en main, City-Boy, que je dois à la fée, ma copine de blog et de ballet et de plein d'autres trucs.

Nu.
Seul, mais nu. Évidemment.
A l'ombre, mais nu. Quoi d'autre ?
Un livre à la main, mais nu.

Pas une âme sur cette terrasse, des plombes que j'y suis désormais, avec mon nouveau roman, ma casquette, mes lunettes de soleil, et moi. Moi brut. Brute épaisse, rendu au rang d'animal. Un singe, un singe savant, voilà ce que je suis. Aux pulsions d'un vieux mâle solitaire. Habillé de rien, surtout pas d'un regard, de quiconque, c'est plus simple. Le temps passe, la chaleur monte, toujours légère. Ma main n'en finit pas de parcourir mon corps et d'aboutir à ce point ultime, ce point unique, d'y revenir sans cesse, de vérifier qu'il y a toujours quelque chose qui vit à cet endroit. Sans pudeur, sans vergogne, ignoré de tous. Seul en cage.

Je joue, je joue avec moi-même, avec mes sensations, comme le jeune brun du Rudas l'autre jour. Je joue avec moi-même, avec mon image. Je sors mon appareil. A bout de bras, debout, assis, allez, bande, bande, espèce de con, vas-y, voilà, je m'excite tout seul. Je me mets droit face à l'entrée, déclencheur, retardateur, je provoque, l'idée de l'arrivée soudaine de quelqu'un au moment d'une pose obscène m'excite encore plus, mon appareil photo me branle, je fais l'amour avec mon image, ma seule compagne, avec mon nouveau joujou, on fait ce qu'on peut en matière de joujoux, je suis chaud, voilà, naturisme,palatinus,obcénité,sexe,masturbationc'est ça, quel con, non mais quel con je suis. Je pavoise pour moi-même. Je laisse des tâches blanches abondantes, des tâches sublimes, sur le vert décrépi de la terrasse, je suis à terre. Ma constellation. Un vieux singe n'aurait pas pu le faire.

L'eau des rêves n'est pas loin, juste cinq ou six mètres au dessous, un  bassin de quarante mètres, le seul bassin resté fermé toute la journée pour me garder reclus sur cette terrasse déserte...
Il faut que je te parle de l'eau des rêves (...)

26 juillet 2011

la cure

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Sortie de la piscine, samedi, il est presque 16 heure. Deux gars, la quarantaine environ, minces mais patauds, perdus plutôt, et gênés. Il pleut. Ou presque, je ne sais plus. Ils sont dehors et me voient sortir, les alentours sont déserts. Ils cherchent les bains Király, ils ne savent pas trop comment l'expliquer, alors ils me montrent une feuille imprimée d'un site Internet, d'une page dont je perçois parmi les mots du titre : Gay et Budapest. Ils ont l'air espagnols. L'un d'eux baragouine un peu d'anglais, l'autre non. Ils se concertent dans leur langue. A leur accent, à leur taille, à leur bouille ronde, je les soupçonne plutôt d'être latinos. Le taxi les a déposés là, mais je leur dit que c'est de l'autre côté du pont. Ils sont dépités, alors je leur explique que c'est fini, de toute façon : les bains Király, ce n'est plus un lieu gay. C'est mixte, désormais, chaque jour de la semaine, et les week-ends aussi. C'est fini. Je propose des mots à cette situation absurde : changement de politique, homophobie... Ils blêmissent, se parlent entre eux, je n'y comprends rien. Mon bus arrive. Je voudrais aller au Rudas. Je leur dit qu'au Rudas, oui, il est encore possible de s'y retrouver entre hommes, mais que ce n'est pas d'abord un lieu gay, qu'il faut faire attention. Le bus s'arrête à la station, je leur propose de monter, de me suivre. Hésitation, incompréhension. Ils ont visiblement besoin de faire un point ensemble, ne sont pas prêts pour un voyage aventureux, je cours vers le bus et les abandonne. Ils n'étaient pas mon type.

Ils ont bien fait de ne pas me suivre : le Rudas est en version mixte aussi les week-end, déception. Les samedis et les dimanches, question bains, il ne reste aux gays que leurs yeux pour pleurer, et sans doute le Gellért pour patauger en secret. J'essaierai peut-être demain.

Le lendemain, je n'essaie pas. Pas envie. Pas de goût.

Je ne sais plus vraiment ce que je cherche à Budapest. A traiter mon cœur, mon sexe, ma tête, à soigner mon dos, à retrouver mon corps, mon plaisir, mon désir, je ne sais plus. Je ne sais pas. Budapest, c'est ma cure de tout, ma cure de rien.

J'ai encore nagé 2.000 mètres hier midi. C'était lundi. Encore une fois seul dans ma ligne d'eau. Seul avec ma ligne bleue. J'ai retrouvé mon rythme, c'est déjà ça. En sortant de la douche, je me suis vu nu dans la glace, et je me suis trouvé beau. Sexy. Attirant. J'ai longtemps touché le bourrelet qui m'obsède. Il commence à se fondre dans ma peau, dans mon abdomen. Mon corps réponds donc aussi. Le corps, le rythme. Ce séjour n'est pas perdu. Mon mal de dos est très atténué depuis hier matin. Peut-être la nage, les muscles qui reprennent le dessus. Ou alors le lit, que je viens de changer. Ou alors les premiers effets des thermes, fréquentés jusque là en famille avec Bougre.

Bougre, reviens ! Reviens, s'il-te-plaît !

Je déprime.

budapest,gay;thermes,thermalisme,hongrie,déprime,impuissance,bains király,bains rudas,l'eau des rêvesLundi. J'ai nagé et me voilà au Rudas. Cette fois pour de bon ! L'ambiance feutrée, les corps dénudés, la coupole constellée, les odeurs de souffre... Pendant la première heure, je tourne, je sue, j'observe, je suis observé, j'échange un regard, deux, non, j'oublie, je n'ai pas envie de ça, pas avec ça, pas avec lui. Celui là n'est pas mal, mais j'en ferai quoi ? Je tourne encore, je sue encore, puis me plonge dans le bassin froid. Sauna, bain de vapeur, bain froid, bains chauds... Je connais par cœur les parcours qui me détendent. J'oublie mon dos.

Un jeune est dans cette même frénésie. Plus encore que moi. La trentaine ? brun, beau corps, simple, sans exubérance, sans défaut. Il se laisse facilement voir la quéquette. Au sauna, il déplace son tablier vers l'arrière, comme font la plupart, pour s'asseoir sur un semblant de propre, sur un à-soi. Sa verge est belle, calme. Dans le grand bain central, il fait la planche, bras en croix, son tablier flottant à l'eau qui lui découvre le sexe. Il ne regarde personne. Il n'écoute que son corps, il provoque les regards, évite de peu les contacts, comme par simple mégarde. Il ne regarde rien ni personne. Son corps, lui, seulement lui. Et ses sensations. Il s’assoit. Et il bande. Enfin, il bande. Ignore-t-il les hommes qui le scrutent autour de lui ? Les devine-t-il au contraire ? Devine-t-il ma présence à côté, y a-t-il un rapport entre l'une et l'autre ? Entre ma présence et son érection ? Il ne regarde rien ni personne. Mais il bande. Assis, sous l'eau, sur son tablier, il offre sa verge gonflée, droite, étirée vers la coupole, à ta vue qu'il ignore. Je tente de m'approcher, j'hésite, je le regarde, j'en souris avec d'autres observateurs coquins.

J'abandonne. J'en ferai quoi ? Je le laisse, lui, à ses sensations, aux effets de l'eau sur son entre-cuisse. Plus tard, je le retrouve. Un tout jeune homme est arrivé, au corps sec. Ils se sont vus sans dissimulation, sont allés s'asseoir l'un près de l'autre, et sa main l'a caressé. Je ressens de la jalousie. Du dépit. Un peu de haine. Contre moi-même. Je vais sous les douches, essaie de me branler face à d'autres hommes, des vieux, l'un d'eux hideux, un corps flasque, sans fesse, un abdomen voûté, plissé, un cheveu gras qui lui laisse comme un chignon ridicule à l'arrière du crâne. Une moustache à la Hitler. Dégoût ! Serais-je comme ça, moi, dans vingt ans ? Non, bien-sûr que non. La moustache, au moins, la moustache en moins, elle me sauvera.

Je retourne dans le grand bain. Je fais la planche à mon tour, les pieds sur une marche comme une budapest,gay;thermes,thermalisme,hongrie,déprime,impuissance,bains király,bains rudas,l'eau des rêvesancre pour laisser le corps flotter sans dériver. La coupole étoilée resplendit. Les tessons sont blancs, jaunes, orangés, certains sont verts, d'autres bleus, il y a un rouge fuchsia, un violet... Je les regarde, je les contemple, je m'y noie, j'oublie ce que je fais là, ce que je cherche, je ne sais pas ce que je cherche, je ne veux rien. Je regarde les tessons, ce ciel étoilé au dessus des eaux, je pense aux errances humaines, aux quêtes, aux plus indéfinies des quêtes. Je pense à l'eau, aux mots, je pense à l'eau des rêves, à cette eau qui m'a saisi par la manche dès ses premières pages. A cette eau qui me contamine. Je compare ses fantômes à lui à mes vampires à moi. A mon vampire. Rencontré , il y a quatre ans, et qui depuis se repaît de mon sang, de ma force, qui a vidé mon sexe de son sang, qui hante jusqu'à cette antre où je ne sais plus ni bander ni accrocher un sourire. L'eau des rêves.

Il faut que je te parle de l'eau des rêves (...)

25 juillet 2011

la ligne bleue

ma ligne bleue.png

Il y a entre toutes les lignes, entre les lignes continues, les lignes de conduite, les lignes de fracture, les lignes politiques, entre les lignes blanches et les lignes jaunes, bien plus infranchissable qu'une ligne rouge, une ligne incomparable, une ligne à l'impossible osmose, à l'impossible contour, une ligne d'errance et de contemplation, une ligne de feu, la ligne orgasmique par excellence, la ligne vers laquelle tu tends, tu retends, tout le temps, à laquelle tu prétends : la ligne bleue.

C'est une ligne d'un bleu sombre, épais, impénétrable, qui court au fond de la piscine depuis le point d'impulsion jusqu'à la paroi opposée, qui repart par reflet vers le point de départ, une ligne droite mais toujours instable, un guide visuel imparable, qui longe et rythme, qui attire et repousse, qui prescrit la direction à suivre et impose un sens giratoire, rectiligne au dessous de toi, irisée et dansante au dessus de toi. Tu la touches elle se brouille, tu l'ignores elle te noie.

Voilà trois jours qu'à Budapest, je rencontre la ligne bleue. Oui oui, c'est bien ça, je la rencontre. Je ne la surveille pas d'un œil distrait, je ne m'y cale pas par défaut vaguement à sa droite. Je la rencontre, je la poursuis, je m'y infiltre, je l'intrusionne...

Tu vois comment sont faites la plupart des piscines ? Carrelées, d'un bleu clair et aérien. La ligne dont je te parle n'est pas la ligne de flottaison bariolée de bleu et de blanc, aux terminaisons rouge, qui dessine un couloir, un tiroir d'eau, une zone de nage et non de jeu, elle n'est pas celle que l'on garde attentivement à sa droite, ni trop près pour ne pas s'y érafler, ni trop loin pour ne pas risquer de mauvaise rencontre, à l'aller comme au retour. Elle n'est pas la ligne étriquée, de mauvaise réputation, qui rend les dépassements périlleux - surtout s'il s'agit d'un nageur de brasse jaloux de son amplitude ! La ligne bleue, celle du fond de la piscine, reste au centre du couloir, fixe, impériale, elle est ton maître, ton guide, elle t'évite la cécité quand tu es en immersion.

budapest-fecske2.jpgLa piscine Császár Komjádi, ma piscine de prédilection - pas celle qui m'a vu naître à la natation, mais celle où je m'y suis accompli, celle où je reviens en pèlerinage chaque année - était fermée quelques jours pour problèmes techniques au début de mon séjour hongrois (j'en parlais là). Sa réouverture n'a pas donné lieu à une annonce tonitruante et avec le temps mitigé qui s'est mis en place, j'ai été seul, ces trois derniers jours, absolument seul dans ma ligne d'eau, d'un bout à l'autre de mes longueurs. Seul vendredi, seul samedi, et ce dimanche, seul pour mes derniers 700 mètres.

As-tu déjà nagé seul dans un bassin, quand la surface de l'eau devant toi, au dessus de toi, se fait lisse comme une mer gelée ? La ligne bleue alors se reflète immobile. En crawl, ton bras part loin devant en éparpiller l'image, plus rapide que son onde. En brasse ou en papillon - pauvre papillon que je malmène, ou qui me malmène à cause d'un dos qui foire - c'est la tête qui en traverse le miroir et se perd dans sa cataracte. La ligne et son reflet se reconstituent aussitôt à l'identique et te tendent le même miroir. Tu tu mires et tu en oublies que tu nages, ou plutôt ta nage devient ta danse, ton eau ton élément, tes brassées ton pas de deux, ton pas de trois, ta jubilation. Tu es phoque, tu es pingouin, tu es dauphin. Tu voudrais être nu et oublier le monde. Tu oublies le monde. Tu oublies l'effort. Tu jouais 14160462 jpeg_preview_medium.jpgavec les nombres, tu joues avec ton ombre, avec la démultiplication des reflets, avec les bris que tu provoques d'une pointe de la main, avec la magie de l'élément le plus magique de tous, au delà des rêves, l'eau.

Cette sensation est rare, il faut aller la chercher pour quelques courtes secondes à l'ouverture des piscines si tu es assez rapide au vestiaire, et puis le rêve se dissipe dès l'arrivée des autres nageurs. Là, quarante-cinq minutes durant, la sensation s'est prolongée, m'a poursuivi. La ligne bleue m'a absorbé.

M'a transformé.

Aujourd'hui, après ma séance, je retrounerai dans une autre eau, sans ligne, celle-là : celle, chaude et sensuelle des bains Rudás.

23 juillet 2011

quarante mètres

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Je compte. Je suis un obsédé du chiffre. J'en avais d’ailleurs fait un billet, il n'y a pas si longtemps. C'est mon TOC à moi. Mais ce n'est pas trop grave, car il ne se déclenche qu'au contact de l'eau : je compte en particulier mes mouvements dans l'eau, le nombre de mes longueurs, j'additionne mes distances parcourues.

Alors pas question de me laisser troubler par un bassin à la longueur indéterminée.

J'ai profité de ma visite "en famille" à Palatinus, mardi dernier, non seulement pour en redécouvrir les installations ludiques, mais surtout pour mettre à contribution le grand de Bougre : doté d'un mètre-ruban, nous sommes partis sans nous soucier du regard de l'entourage à l'assaut du grand bain. Il faut dire qu'au fil des maîtres-nageurs, on m'a eu dit qu'il faisait 42, 38 et parfois 33 mètres : rien de cela ne correspondait à mon feeling.

Huit carreaux faisaient 2 mètres, il y avait 160 carreaux par longueur : donc nous tenions le bon bout : la longueur du bassin de natation, à Palatinus (Budapest), fait exactement 40 mètres.

Et je me permets de l'écrire en gras, en couleur, en français, en anglais et en hongrois, dans des tas d'autres jangues encore grâce à Madame Gi, pour aider tous les google-chercheurs, car figure-toi que cette information n'était disponible ni sur place ni sur aucun site internet dans aucunelangues. So, the swimming pool, at Palatinus, Budapest, is 40 meter long - 40 méteres a pontos hosszúsága a Palatinus strand fürdő úszómedencéjének Budapesten - la longitud de la piscina del Palatinus (Budapest) es de cuarenta - la lunghezza della piscina del Palatinus (Budapest) è di quaranta metri - Длина плавательного бассеина Palatinus в 40 метров - C'est réparé !

De ce bassin, on pouvait tout savoir de la température des eaux, de la profondeur, de l'année de construction, de l'heure qu'il était, des préférences alimentaires des surveillants de baignade... désormais aussi de la longueur !

Bougre et sa petite tribu repartent ce matin. C'est triste. Leur compagnie, pendant cette courte semaine ici, n'a été que du bonheur. On en retiendra la brioche-cheminée à la transylvanienne, la soupe froide palatinus,natation,nager,trouble obsessionnel compulsifaux fruits rouges, les escargots au chocolat, le pont de la liberté et une petite lichette de crème aigre. Ah, le chocolat chaud aux épices du café New-York, j'oubliais !

Après le fiston et sa copine, on a déjà signé l'an prochain pour la grand-mère. Et Bougre s"est jurée d'y revenir avec son amoureux. Lui reste à décider lequel, mais en matière d'épices, elle s'y connaît, alors...

Viszontlátásra (note bien, Bougre : VI-SONT-LA-TACH-RA, voilà !)