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17 novembre 2009

l'après-midi d'un faune

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Le Rainbow Symphony Orchestra a atteint une sorte de maturité. Musicalement, s'entend. Il donnait deux concerts le week-end dernier, à l'Oratoire du Louvre, et nous nous y sommes retrouvés ce dimanche, en famille et avec quelques amis, grâce à l'invitation de notre violoncelliste préféré (suivez mon regard).

Les églises ne sont pas des enceintes spécialement adaptées à l'acoustique symphonique. Aux chœurs, elles sont des caisses de résonance exceptionnelles, ainsi qu'à certaines emphases, mais les instruments ont tôt fait de se confondre les uns avec les autres, et les instrumentistes de ne plus s'entendre les uns les autres. Il faut donc reconnaître la performance de l'orchestration.

Suivant le RSO depuis bientôt deux ans, je dois dire que j'ai perçu une symbiose nouvelle entre le chef et ses musiciens, une maîtrise mieux accomplie, et si parfois l'on aimerait que les violons soient plus puissants, plus enveloppants, il y a dans l'ensemble une justesse de jeu tout à fait réjouissante.

nijinski.jpgLe Prélude à l'après-midi d'un faune ouvrait le programme, suivi de la création d'une œuvre inédite de Diana Cotoman, Les Tableaux, une sorte d'hommage à des peinture de sa cousine Andreea Tincu, qui étaient judicieusement projetées durant le concert. Une composition dont on ne peut pas dire qu'elle soit excessivement contemporaine - je lui ai plutôt trouvé une filiation expressionniste - avec une belle et prenante montée en tension sur la deuxième moitié.

Après l'entracte, le RSO nous offrait rien moins que la 1ère Symphonie de Brahms (que je m'en vais écouter à nouveau ce soir au Théâtre des Champs-Elysées, par l'Ensemble orchestral de Paris cette fois - quand on aime, on ne compte pas). Et je dois dire qu'ils s'en sont plutôt très bien sortis ! Avec beaucoup d'application dans les deux premiers mouvements et un final enlevé.

Ma nièce, qui sait de quoi elle parle, avait apprécié le solo de flûte sur le Debussy, et a décelé quelques imperfections, qui m'ont totalement échappé, sur Brahms. Et puis Bougrenette, Bruno, son fils, Brigitte, tous peu habitués à la musique classique, y ont pris pas mal de plaisir, c'est du moins ce qu'ils en ont dit. Igor s'est à moitié endormi, et l'on ne sait si c'est sous l'effet de la musique ou du massage de la nuque dont je le gratifiais.

Une collègue, venue avec un ami, a apprécié cette après-midi, même si leurs enfants, qui n'avaient rien de faunes, après avoir fait craquer légèrement, par leurs babillages, leurs voisines de devant, ont finalement craqué eux-même au milieu du troisième mouvement de Brahms. C'est déjà méritant... Moi j'aime l'idée que la grande musique puisse être aussi populaire et familiale. Merci le RSO !

12 novembre 2009

un week-end très gay

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Ce billet n'est pas un acte de foi communautariste. Il se trouve que pour manifester leur différence et réclamer la fin des discriminations, pour pouvoir pratiquer une activité qu'ils affectionnent sans avoir à affronter le rejet, pour y prendre tout simplement du plaisir, des homosexuels, avec des hétérosexuels, se rassemblent sous une bannière multicolore.

Et en général, ce faisant, ce sont les droits de tous pour lesquels ils agissent.

Ce week-end, à Paris, il y en aura pour tous les goûts. Pour tous mes goûts.byourself-04.jpg

Samedi, se déroulera le match contre les discriminations au stade Charlety. Ce sera à 15h00

Malgré le refus du bebel Créteil de s'associer au Paris Foot Gay pour un match contre les discriminations ce club affrontera une équipe d'anciens pros, politiques et de people.

De nombreuses associations seront là : Culture Foot Solidaire, MRAP, LICRA, UEJF, AIDES, Sol-en-Si, FSGL, Nef des Fiertés, SOS Homophobie, Ni putes ni soumises, ACT UP Paris, France terre d’asile, Humanity in Action, Tjenbé Red, Inter LGBT, Groland, Fondation Abbé Pierre, Le MAG, Stars de Champagne, Racing Club de l’Alma, Foot Citoyen, Musifoot, etc.

L'initiative est parainée par France Bleu Ile-de-France. J'y serai, et si ça te dit qu'on s'y retrouve, fais-moi signe.

rectonov2009med.jpgPar ailleurs, et pour commencer sa nouvelle saison, le Rainbow Symphony Orchestra (RSO) se produira en concert samedi à 20h00 et dimanche à 15h30, au temple de l'Oratoire du Louvre, 145 rue Saint-Honoré, Paris 1er.

Au programme :
Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy
Tableaux de Diana Cotoman (Création)
1ère Symphonie de Brahms

Prix des places : 15 euros en prévente, 15,5 euros sur Ticketac, 19 euros sur place le jour du concert, 10 euros pour les chômeurs et les étudiants, avec justificatif. C'est gratuit pour les moins de 10 ans.

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Une exposition des tableaux ayant inspiré la compositrice se tient actuellement jusqu'au 21 novembre 2009 de 9h à 21h à la brasserie L’Oratoire, 143 rue Saint-Honoré, Paris 1er. Entrée libre.

En allant les écouter - pour moi ce sera dimanche, avec Bougrenette et son Bruno national - nous soutiendrons, paraît-il, les futurs projets du RSO.

J'aimerais aussi pouvoir t'y retrouver.

10 décembre 2008

Matthieu, la Passion et la chemise bleue

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Le week-end dernier a été chargé en émotions musicales et sensorielles.

Je meurs d'envie, évidemment, de te dire tout ce qui a parcouru ma poitrine pendant le concert des deux orchestres dimanche, à l'espace des Blancs-manteaux. Mon trouble tenait à la fois de la musique et de ses musiciens multicolores, français et britanniques, de la petite tâche bleue au milieu d'eux, de son jeu besogneux et sensible. Mais j'aurais trop peur de trahir quelque sentiment turbulent, alors je ne t'en dirai qu'une chose : parmi les découvertes que je fis durant ce concert, il y eut Hamish MacCunn, un compositeur anglais de la fin du 19ème, début du 20ème siècle. L'Ouverture de The Land of the Mountain and Flood, dirigé par John Dawkins, le chef du Rainbow Symphony Orchestra, m'a touché.

Je regrette de n'avoir pas trouvé le moyen de te la faire écouter, parce que je suis sûr que tu aurais apprécié l'impressionnisme de cette musique, la campagne verdoyante baignée de brumes, les vallons, des flûtes qui font surgir des sources ou des fontaines, un gibier qui gambade, un cor au loin qui te rappelle une scène de chasse. Le tout habilement exécuté. Bien sûr, forcément, de la fierté a palpité dans la chemise bleue, et ailleurs. A juste titre. Olivier Autissier rend compte du concert de la veille, je partage ses impressions.

Mais je vais surtout te parler de Pitié ! Moins de risques d'indiscrétions. On est pourtant dans l'introspection totale.

Je suis un fan de Bach. C'est comme ça. La conviction, formée un matin en écoutant le Magnificat, et depuis toujours, toujours, toujours renouvelée, qu'il est le meilleur. De tous et de tous les temps. Et il se trouve que j'ai un faible tout particulier pour ses Passions. Plus précisément pour Saint-Matthieu.

Alors quand un jour d'octobre j'entendais qu'un certain Alain Platel avait mis en scène un spectacle chorégraphique contemporain sur une partition de Fabrizio Cassol toute entière écrite à partir de la Passion selon Saint-Matthieu, je me suis pris de l'idée d'aller le voir coûte que coûte.

Manque de chance, quand il était programmé à Paris, je l'avais découvert trop tard, il restait donc l'Opéra de Lille en décembre. Il y était à l'affiche en fin de semaine dernière. Un prétexte idéal pour une virée avec et chez des amis.

Saint-Matthieu revisité par Fabrizio Cassol, ça donne un ensemble instrumental léger, deux-trois cordes, deux-trois vents, un accordéon, de la darbouka, et un son qui peut s'étirer et parler de fragilité, comme s'emballer sur des rythmes entraînants. Ce dépouillement te plonge au coeur de l'intime, et forcément t'atteints.

Les Ballets C de la B, quant à eux, explorent l'âme humaine en allant la chercher au plus près des corps, dans leurs recoins, dans chaque repli de la peau, dans la profondeur des entrailles. La vie s'habille et se déshabille selon son cycle rituel, et les corps s'attachent à expurger leurs insondables frustrations de soubresauts frénétiques.

Certains tableaux sont magnifiques, les corps sont plus que nus, ventres rentrés, aspirés jusqu'à ne laisser parfois que la peau sur les os. D'improbables radeaux de la Méduse, des monstres inconsistants formés de corps retournés, retroussés même, et des entre-chocs : les corps se cognent plus qu'ils ne se touchent, s'éprouvent toujours, comme pour aller chercher l'inapparent.

Les trois chanteurs sont pris par la danse, presque malgré eux, quand soudain le contre-ténor, Serge Kakudji, exécute un hip-hop inattendu.

Et ultime émotion, le soupir plusieurs fois répété de Magic Malik : je me suis longtemps interrogé sur la nature de ce son lancinant : une voix ? Une flûte ? Les deux, en fait, l'une prolongeant l'autre sans à coup, fin, tendre, et tout simplement magistral. La Pitié !

04 décembre 2008

you love music, don't you ?

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Evénement musical à Paris ce week-end. Pour célébrer on ne sait pas trop quoi, d'ailleurs, mais peu importe, le Rainbow Symphony Orchestra accueille le Gay and Lesbian Symphony Orchestra de Londres pour un concert exceptionnel.

Ca se passera à l'Espace des Blancs manteaux, 48 rue Vieille du Temple, dans le quartier du Marais à Paris (excusez ce trait parisianiste, il se passe plein de belles choses en Province aussi, on est d'accord).

Au programme :

Boléro de Maurice Ravel

Les planètes - Mars et Jupiter de Gustav Holst

Suites de Carmen (extraits) de Georges Bizet

The Land of the Mountain and the Flood d'Hamish MacCunn

London Suite de Coates

Un américain à Paris de Gershwin

Ce programme, donné à Londres le week-end dernier, et qui a remporté un vif succès, sera donné deux fois :

le samedi 6 décembre à 20h 00,

et le dimanche 7 décembre à 15h 30.

Moi j'y serai dimanche. Normal, je suis dans le fan-club. Mais il n'y aura pas que moi. Quelques indiscrétions laissent penser que la p'tite Fiso, le puce Bougrenette, le terrific Igor, un charmant blondinet connu pour sa nuque soyeuse, notre grand gentil patriarche à tous qu'on aime, et j'en passe, seront de la partie. Sans parler de la pub qu'on leur a faite à Paris-Carnet !

L'entrée est à 15 euros pour un pré-achat (aller sur le site internet du Rainbow Symphony Orchestra : www.rso.asso.fr - je ne mets pas le lien, c'est compliqué à expliquer, mais t'as qu'à faire du copier-coller), ou de 19 euros sur place. A la Fnac pour les abonnés, c'est à 17,20 euros, va savoir pourquoi...

Si tout le monde ne vire pas gay, simplement par goût pour la musique, c'est à n'y rien comprendre.