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03 septembre 2008

à sec

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Celui qui te parle est un défenseur du service public. Devant l'éternel. Mais que veux-tu, il demeure parfois immensément perplexe devant certaines conceptions à la française du service au public.

Ainsi en va-t-il des équipements sportifs, et notoirement des piscines.

Donc lundi soir, comme à l'accoutumée, sortant du boulot je me dirige vers Roger Le gall, ma piscine de prédilection dans le 12ème arrondissement de Paris. Et là : fermée pour vidange, jusqu'au 14 septembre. Je suis un peu énervé, forcément. Contre moi-même, surtout, de ne pas avoir été suffisamment attentif à cette information, pourtant affichée depuis 15 jours paraît-il à côté du guichet : après tout, il faut bien faire des vidanges de temps en temps : question d'hygiène. Et puis Paris a tant de piscines.

Donc, et pour ne pas risquer de me casser le nez une seconde fois, je prends mon  téléphone : Georges Vallerey dans le 20ème ? fermée pour vidange, jusqu'au 14 septembre. Piscine de Reuilly  dans le 12ème : les horaires d'ouverture pendant la période scolaire vous seront communiqués ultérieurement. Joséphine Baker dans le 13ème : avaries toujours pas maîtrisées, ouverture reportée...

Argh ! Je ne suis pas allé plus loin.

J'avais déjà passé le samedi, dans ma banlieue, à galérer au milieu d'horaires tous uniformes pour arriver à nager quelque part malgré la fermeture de la piscine de Mennecy depuis huit mois.

Voilà : il y a le public familial (et accessoirement les centres de loisir), qui justifient l'ouverture  estivale ; il y a les obligations liées aux usages scolaires, qui imposent que tout soit à nouveau en état au 14 septembre. Et puis les autres, eh! bien ils n'ont qu'à aller se faire voir ! Toi, pratiquant anonyme, sans pouvoir et sans parole, dépourvu de club, libre mais ligoté, tu attendras, comme tout le monde. Et tu iras nager où on te dira, quand on te dira !

Et je ne parles même pas de celles qui sont fermée pour travaux : Mennecy, dans l'Essonne : depuis huit mois et travaux.pngpour une période indéterminée. Montrouge, qui devait rouvrir en septembre aprés trois ans de fermeture, mais dont l'ouverture est reportée. Villejuif, qui devait ouvrir au printemps, mais qui est maintenant annoncée pour l'été de l'année prochaine. Le Kremlin Bicêtre, fermée depuis plus de 9 ans... A croire que ni les ingénieurs-concepteurs, ni les élus qui ont en charge la gestion de ces équipements ne savent ce que c'est qu'une piscine, ce que c'est que nager, ce que c'est qu'un entraînement, et quelles peuvent être les attentes du public.

Il se trouve que j'ai vécu 4 ans à Budapest. On ne peut pas dire là-bas que les scolaires soient moins pris en considération, bien au contraire. Mais quand une piscine ferme, ils s'assurent toujours que celle d'à côté sera ouverte. Et puis les horaires, c'est pas entre 12h et 13h 15, suivi de deux soirs par semaine. Elles ouvrent à 6h du matin, elles ferment à 22h, l'accès du public est continuel, dimanche et jours fériés compris. Tous les bassins sont  équipés de lignes d'eau pour que tu puisses faire tes longueurs, sans être dérangé par les mouflets qui, trés légitimement, sont là pour s'amuser ! Je ne sais pas comment ils font. Disons que le premier critère dans la gestion, c'est le public : le reste, les horaires, le roulement des équipes, les arrêts pour maintenance, c'est organisé en fonction de celui-ci. Et pas le contraire.

C'est dingue comment chez nous, des fois, il faut toujours qu'on fonctionne sur le rythme imposé par l'administration, comme des moutons, sans prise sur la réalité de la vie et des pratiques. Et merde !

P'tet que c'est le moment d'aller noyer ça à la comète !

07 juin 2008

La vérité de la pleine lune (ou comment j'ai niqué balmeyer)

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Bon, je m'étais trompé. Ca peut arriver à tout le monde. J'avais cru, à quelques événements sensoriels il y a un peu plus d'un mois, que la lune était dans un cycle croissant. Et sans l'avoir vu de mes yeux, mais m'étant référé à un calendrier que j'avais lu à l'envers, ou m'étant trompé d'année, je m'étais ici même enfermé dans mon erreur.

Or, la lune est seule à connaître sa vérité. Son mystère. Il vaut donc mieux la voir pour la connaître. Les Musulmans l'ont bien compris, d'ailleurs, qui aiment entretenir le suspens sur le jour exact de la sortie du Ramadan. J'avais donc été victime d'un surcroît de chaleur, une sorte d'arrivée impromptue de l'été, d'un beau début de mois de mai. Et j'ai pu vérifier à cette occasion que l'effet chaleur soudaine n'est pas moins radical que l'effet lune.

La dernière pleine lune, c'était donc en fait dans la nuit du 19 au 20 mai. Et une fois de plus, elle n'avait pas menti.

C'était un lundi soir, donc, au début de la nuit. J'étais dans une forme resplendissante. Une petite pointe dans l'épaule droite, qui me faisait craindre un début de tendinite, mais de l'énergie à revendre, de la sérénité, j'ai nagé mille mètres sur le dos, puis mille encore en crawl, brasse et papillon. La présence de ces corps nus comme en apesanteur, dans ce grand bassin calme de Roger Legall, m'était une évidence.brutos7946_BillDerringer.jpg

Avec un gars bien bâti, à la queue épaisse, un rien stressé par le contexte et du coup très attentif à notre discrétion, nous nous sommes enfermés dans une cabine. Il m'a enfilé une capote pour me sucer, une capote colorée et parfumée. J'ai débandé en pensant à Oh!91 (les aventures de balmeyer étaient encore toutes fraiches à ce moment là). Ca m'a fait chier que ces histoires de blog se permettent de surgir au milieu de quelque chose. Je me suis ressaisi en le caressant, puis en le suçant je me suis branlé dans la capote. Il y avait à la fois l'épaisseur exceptionnelle de sa queue, et puis malgré son apparence robuste, ce rien de fébrilité à faire une chose interdite dans un lieu interdit. Du coup, j'ai joui jaune fluorescent, abondemment, et sans qu'il n'y ait rien à nettoyer (juste hop ! pic, poc, poubelle !). Tu le crois ? Il en était heureux et fier, mais n'a pas souhaité aller plus loin.

J'ai vite recommencé à bander sous les douches. Car Yves d'abord s'y trouvait, puis Sylvain. Nous nous sommes caressés très simplement en nous savonnant les dos. A trois, nous étions tour à tour savonneurs, savonnés, parfois pris en sandwich. Sylvain nous a brutos6386.jpgappris qu'il allait commencer une formation de masseur. Je ne sais pas grand chose d'Yves, si ce n'est qu'il a l'intention de prendre l'initiative d'un dîner pour faire mieux connaissance. J'ai aimé laisser sa queue savonnée en érection me glisser des mains tout en me plaquant contre son dos. Du monde arrivait dans les douches, pleins de regards complaisants, j'y ai vu parmi les autres mon premier amant de la soirée, le regard vague que je devinais envieux de cette liberté que nous nous offrions. Je n'ai pas voulu aller plus loin avec eux, ne sachant pas de quelle énergie la pleine lune me laisserait disposer encore pour ma nuit avec Saiichi.

C'est le moment où j'étais étouffé par le boulot, mais où Igor étant parti pour quelques jours en Autriche, je retrouvais Saiichi chaque soir. Il m'avait préparé à manger. Avec Saiichi, nos corps s'électrisent l'un l'autre, nous nous aimantons, toujours, nous ne pouvons être l'un près de l'autre sans que nos mains n'aient besoin de rencontrer nos membres, nos peaux. Ce soir-là, j'ai eu un plaisir infini à lui faire l'amour, j'aurais voulu qu'il me prenne (putain de dos qui le handicape !), mais rien que de me l'imaginer sous la douceur de ses caresses, la vigueur de ses doigts... J'ai été surpris de l'abondance de mon sperme. Oh!91 n'est pas venu me hanter, balmeyer était niqué, tout comme ses avatars ! Saiichi, tout en maîtrise, a joui aussitôt après moi, comme d'habitude, presque sur commande.

Cette vérité de la pleine lune est à nouveau en formation, prépare-toi, la prochaine est pour le 18 juin. D'ici-là, je te laisse profiter de son cycle croissant, on est en plein dedans.

01 juin 2008

le bourrin souverain

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Ah ! les piscines... il y aurait des pages à écrire sur les piscines. Celles de Paris, celles de banlieue, celles de Province, celles de Budapest... Elles disent toujours quelque chose de la culture locale de l'eau. Et souvent aussi sur l'état des services publics municipaux.

Dans ma lointaine banlieue, il y en a une qui a toutes les qualités, le stade nautique départemental de Mennecy : bassin olympique de 50m, bassin d'entraînement de 50m aussi, horaires d'ouverture plutôt étendus. La seule chose, c'est qu'elle est fermée depuis Noël pour intervention technique ! Alors le week-end, j'écluse les établissements environnants. Avec horaires de chiottes garantis. Et pataugeoire familiale le dimanche matin. Bon, faut faire avec. A la plus proche de chez moi, ils ne se fendent même pas d'une ligne d'eau. T'es condamné à regarder droit devant à chaque mouvement, et à slalomer. Total, tu sors de l'eau avec la nuque en compote à force de relever la tête.

Mais si tu veux nager le dos, pas d'alternative, il faut t'affirmer. Prendre possession d'une partie du bassin, marquer ta ligne, et ne pas en démordre, quoi qu'il arrive.

Évidemment, tu ne peux le faire que si tu es le plus fort. Il te faut avancer, comme un bourrin. Creuser ton sillon. Ne laisser personne s'y 637096363.jpgimmiscer, obliger tout le monde à s'écarter sur ton passage. Tu dois te blinder sur les premières longueurs, préparer ton corps, tes membres, à prendre quelques coups, tenir tes muscles en alerte, tout en leur gardant leur flexibilité. Et alors, alors le bourrin devient le souverain. Tout autour de toi le monde barbote dans un joyeux désordre, mais  toi, toi, tu es craint, ou plutôt respecté parce que tu dégages de la puissance, tu incarnes l'ordre, la volonté, la rectitude et l'absolu. Tu n'as pas nié le désordre, tu lui a juste contesté son territoire. Tu t'es donné les moyens d'exister.

Et tu as pris une nouvelle revanche sur ton adolescence.

17:55 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : natation, nager, crawl, piscine

15 mai 2008

vingt-quatre heures, parmi d'autres

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A la demande générale - et en particulier de Manu et de Bougrenette (putain, faites chier !), et pour légitimer si besoin un travail en cours de Balmeyer - voici une vraie note, écrite sur du temps volé, au milieu du défilé de mes collègues, et de mes dossiers qui restent en plan.

J'aurais pu appeler ça séquence récente (s'ensuivront, la note ne le dit pas, une nuit épouvantable à ne pas trouver le sommeil, et la voiture retrouvée à la fourrière au petit matin... et dire que demain mon blog a six mois). Avant ça, va jeter un coup d'oeil ici: y'en a encore une qui fait à l'eau un joli festival.

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Zéro heure trente : "Quand on veut biberonner, faut s'en donner les moyens". C'est sur cette phrase gentilment énigmatique que je m'endors avec le sourire.

Sept heures trente: je dépose Igor à l'aéroport pour 15 jours de vacances à Vienne et Budapest.

Huit heure cinq : mon rendez-vous de huit heure cinq - apaisé.

Huit heure trente cinq: je rentre dans le tunnel.

(Commence une séquence noire où se suivent réunions internes, réunions externes, relectures diverses, parapheurs et tutti quanti, prises de bec juste comme il faut, rencontre avec des associations...)

(Oups ! avec quand même la publication d'une petite note alibi en milieu d'après-midi - parce que j'ai pas pu résister)

Vingt heures trente: sortie du tunnel. Finalement, ç'aurait pu être pire !

Vingt-et-une heure: nocturne naturiste à la piscine Roger Legall. J'avais besoin de nager, et à cette heure-ci y'avait plus que ça. Et puis j'aime, même si je n'y vais pas souvent -rapport au fait que j'habite loin et que j'ai un Igor qui m'attend à la maison.

Qu'en dire ? Qu'il y a bien des mecs qui "bandent bas" - je confirme -, et que ça leur rend bien service (c'était encore le cas hier soir d'un magnifique métis au corps effilé, avec qui il m'était arrivé juste une fois, il y a de cela deux ou trois ans, de me branler de concert). Que le gel-douche magiquede ma copine Fiso, que j'expérimentais pour l'occasion, et son supposé effet Mr. Freeze, ne m'a pas du tout permis de contrôler ma bandaison, mais m'a au contraire provoqué un phénomène incontrôlable (tu parles d'une congélation ! Ça m'a rappelé la juvénile époque de mes éjaculations précoces), que j'ai bien et beaucoup nagé, dans des lignes pas trop encombrées - comme j'arrive peu à le faire ces derniers temps - sans me perdre dans d'inutiles batifolages (c'est l'avantage de s'être branlé avant, même malgré soi), qu'en sortant, un magnifique garçon chevelu et ébouriffé, Christophe, le visage jovial, un beau regard perçant, a eu du plaisir à se laisser regarder -et toucher-, qu'il m'a proposé de nous retrouver à la sortie, que j'ai sereinement décliné l'offre ayant d'autres projets pour la nuit, que mon dauphin palmé, Sylvain, arrivant sur ces entrefaites (de façon inattendue car il ne vient pas le mercredi en général), je lui ai laissé ma place sous la douche, les ai présentés l'un à l'autre, et que je ne sais pas ce qu'il est advenu de leur rencontre...

Vingt-deux heures cinquante: J'arrive chez Saiichi, il me prépare des spaghettis à la carbonara, il a déjà mangé, il est triste : l'incertitude de son rendez-vous à la préfecture la semaine prochaine, sa carte bleue piratée, son dos qui ne le lâche pas, et, à mots couverts, des questions sur où mène notre relation. Je le rassure, mais ne peux pas tout sur tout. Je suis content d'être chez lui, sa tendresse a un côté perpétuel, qui moi me rassure.

Zéro heure trente: Est-ce la lune, ou les images emmagasinées à Roger Legall, je suis à fleur de peau en lui faisant l'amour. Mais cette fois je n'y mettrai que quatre étoiles, parce que je n'ai pas joui de sa main alors que j'étais à deux doigts.

25 avril 2008

au fond de la piscine

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Parce que je n'ai pas le temps, entre vie sociale et mission professionnelle, de dire tout ce que j'aurais à te dire ces jours ci sur la vie, sur le monde, sur l'interview de Sarkozy (pouah !) sur mes amours et sur mon amour (celuis du grand A, tu sais...), je bouche encore un trou avec une petite chansonnette que tu connais. Où l'eau joue un rôle différent. Et aussi un petit pull marine.

Moi aussi, aujourd'hui, je plonge dans le grand bain. Je suis content. Je ne suis pas sûr que c'est dans le fond de piscine qu'on nage le mieux, mais c'est là qu'on change le plus profondément sa perception, parce qu'il y a fusion avec l'élément, qu'on y coupe sa respiration, qu'on y engage donc quelque chose qui a à voir avec sa vie.

10 avril 2008

à l'écoute de mon corps

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J’aurais pu donner un autre titre à ce billet. Par exemple : le battement d'aile du papillon. En référence à ce célèbre principe de la théorie du chaos qui veut qu'un simple petit souffle d'air sur un coin du continent soit à l’origine, par une succession de hasards, d’un ouragan violent en plein océan.

Tu sais que nager est ma pasion.

Mais il y a dix jours,  j'ai fait une connerie : c’était mon jour du papillon. J’aurais du renoncer en voyant le bassin blindé de monde, mais j’ai pensé que j’allais pouvoir maîtriser. Et en fait, j’ai voulu trop maîtriser. Tu sais, avec le papillon, tu dois faire très attention, l’amplitude du mouvement et sa rapidité peuvent à tout moment constituer une gêne, voire un risque pour les autres nageurs. Donc tu fais gaffe, tu es sur tes gardes, tu estimes la vitesse du nageur qui te précède, tu essaie de ne pas ramener tes bras vers l’avant au moment où tu croises quelqu’un en sens inverse. Et là, j’ai du compenser, trop, me cambrer un peu plus que d’habitude pour retarder le mouvement des bras, me raidir pour éviter un choc. Et je me suis provoqué je ne sais pas bien quoi, d’ailleurs, une contracture, une déchirure ?…

Je n’ai rien senti sur le moment. C’est le lendemain que j’ai éprouvé une gêne légère dans le bas du dos, j’ai dû plusieurs fois dans la journée me baisser vers l’avant pour étirer ma colonne vertébrale. Je croyais qu’à retourner nager le soir, j’en finirais avec cette douleur. On dit toujours que la nage, c’est bon pour le dos… Mais c’est le contraire qui s’est produit. Je n’avais encore jamais ressenti ça. J’étais complètement bloqué dans mes mouvements, les micro-ondulations qui assurent imperceptiblement d’habitude ton équilibre et ta flottaison me provoquaient de terribles douleurs, comme si un poignard s’enfonçait dans ma colonne. J’ai dû sortir de l’eau ce jour-là sans avoir identifié un seul mouvement qui m’aurait permis malgré tout de barboter une peu.

Et j’ai passé 10 jours dans le doute. A essayer de comprendre ce qui se passait : était-ce un muscle ? Une vertèbre ? Un calcul ? Un nerfs ? Pendant six jours, je n’ai perçu aucune évolution, la douleur était parfois lancinante.

723915079.jpgAu sixième jour, j’ai donc décidé de retourner nager. Mais en utilisant un pullbuoy, ce petit flotteur qui se place entre les jambes, pour ne pas avoir à battre des jambes, j’avais identifié que ce mouvement m’était particulièrement douloureux. Mais cambrure aidant, je n’ai pu faire que mille mètre comme ça, la douleur était toujours bien là. Et le lendemain, évidemment, courbatures aux bras, aux épaules et aux omoplates. J’y suis retourné deux jours plus tard. En essayant cette fois non seulement d’utiliser ce flotteur, mais d’en profiter pour me relâcher vraiment, tirer sur les bras sans comprimer les reins, me débarrasser de toute contraction. On me disait : va voir un toubib, un chiropracteur, un ostéopathe ou autre somatothérapeute, mais ça m’embêtait d’y aller sans savoir dire exactement voilà ce qui me fait le plus mal, voilà ce qui me soulage le plus, voilà ce que je ressens.

Je me suis mis à l’écoute de mon corps. Je n’ai rien chercher à forcer, jamais, juste à éprouver ce que je pouvais faire, ce que je ne pouvais pas faire, approcher la limite de la douleur, sans la provoquer.

Au dixième jour, en fin de séance, j’avais l’impression que la douleur s’était mise en retrait à force de nager, j’ai laissé de côté le pullbuoy, et j’ai pu faire quelques longueurs normalement, sans trop appuyer les battements de jambes.

Curieusement, le soir et le lendemain, la douleur avait finalement presque disparu. Et hier, j’ai pu me faire un séance normale, j’avais vaincu le mal. Je me suis même offert, tout en souplesse, 25m d’un doux papillon. Je n’ai plus mal au dos.

C’est très satisfaisant, rassurant même, d’avoir pu ainsi maîtriser mon corps, dominer la douleur et finalement la vaincre.

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Par moi même, rien qu’en refusant de m'y soumettre.

Mardi soir, plongé dans un océan de caresses, porté par un flot de tendresse comme sur une houle océanique, j'ai joui avec Saiichi au bout d’une longue croisière de baisers et d'effleurements, en n'écoutant que ma peau et la sienne, mes sens et les siens, sans recours à aucune image ni à aucune représentation fantasmée, en n’écoutant que mon corps au contact du sien.

 

30 novembre 2007

Zoltan (1) l'amant romantique

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Comment j'ai retrouvé Zoltan, un de mes premiers amants...

Dans mes étés à Budapest, il y a toujours une part de pélerinage. 2007 n'a pas dérogé, ça a même été l'occasion d'une plongée troublante dans des souvenirs sensibles, liés à un certain art de vivre, et à une libération sexuelle. Un jour d'août, j'ai ainsi été rattrapé par l'un d'eux.

J'étais allé passer une nouvelle après-midi dans cette strand familiale Palatinus, déjà évoquée sur ce blog. Avec mes deux visées habituelles : nager, et m'offrir un petit extra d'ordre sexuel. Encore sur la digestion, j'avais décidé de commencer par l'extra. Sur la terrasse naturiste, nous étions quinze, tout au plus. J'observais l'état des stocks et les mouvements d'un oeil distrait. Rien de très convaincant, il faudrait prendre son temps... Assez vite pourtant un homme est arrivé, du genre que j'aime : belle carure, pas enrobé, le port droit, et une bonne gueule, quasi-familière. Il est venu s'installer presque face à moi, les genoux ramenés vers l'avant le temps de fumer une cigarette. Il me regardait, avec plus d'insistance à la vue de mon érection naissante. En quelques minutes à peine, à vrai dire le temps de sa cigarette, nous n'avions plus de doute sur nos intentions. Il a renfilé son maillot, s'est levé, je l'ai suivi, il est descendu dans la direction des douches, puis a bifurqué comme pour descendre vers les bassins, mais lentement, s'assurant que je le suivrais. Un peu décontenancé par cette déviation, je décidai de poursuivre droit sur la coursive directement vers les douches, sans le regarder. Bien m'en a pris car à peine avais-je ôté mon maillot et pris possession d'un box de douche, que je le vis arriver à son tour. Malgré un mouvement de tête insistant de ma part pour qu'il me rejoigne dans mon box, il préféra s'installer dans celui d'à coté.

d17221984881db6fe34bf736192e32fb.jpgJ'ai fait ni une ni deux, j'ai empoigné mon gel-douche, mon maillot, et l'ai rejoint. A partir de là, tout reste assez classique : caresses, baisers langoureux, aimables érections, jeux d'épée avec nos bites, baisers encore, une tendresse incroyable se dégageait de ce mec. J'étais vraiment bien. Mais assez vite, il s'est dit gêné par les regards et les déambulations autour de nous, et m'a proposé de sortir pour aller dans une piscine. Frustrant. Mais ce mec me plaisait, alors j'ai acquiescé. Une fois sortis, il me demande comment je m'appelle, quand-même (...!), se présente lui-même : Zoli, me demande si je suis touriste, ce que je confirme, me demande d'où je suis, s'étonne de mon hongrois, ce à quoi je lui réponds avoir vécu à Budapest pendant quatre ans, de1995 á 1999. Là, un éclair semble traverser son regard : c'est marrant, me dit-il : il y a onze ou douze ans, il a eu un amant français, il vivait pas très loin de l'île Marguerite, il croit bien d'ailleurs qu'il s'appelait, lui aussi...

Putain, c'était moi ! Zoli, Zoltan, cette familiarité du visage, cette tendresse. Incroyable. Oui, c'est sur, je le connaissais, nous nous étions connus. Tout était trouble malgré tout, des amants, j'en avais eu tant, dans cette ville où je me suis découvert, où je me suis libéré, où j'ai quasiment vécu mon adolescence homosexuelle. Etait-il un amant de la première époque, quand j'avais encore tout à apprendre, quand j'ignorais tout de là où j'allais ? Avait-il été un amant plus tardif, quand je sombrais dans une frénésie de sexe, mais toujours en quête de l'âme sœur ? Chez lui au contraire, les souvenirs étaient limpides : notre rencontre aux bains Kiraly, nos retrouvailles le lendemain, puis le surlendemain ce dîner au Malomtó, cette nuit entière passée chez moi... une nuit entière, ce qu'il peut y avoir de plus beau, pour lui comme pour moi, au delà de tous les coups à la petite semaine qu'on ramasse ici ou là...7de321897086c9df6a1ed2f9bfb39555.jpg

Nous avions été bien ensemble, au moment présent, j'en avais l'absolue certitude. Et plus nous parlions, plus des choses revenaient à la surface. Combien de temps nous étions nous vus ? Je ne sais plus le dire, lui non plus. Assez vite, c'est lui qui aurait mis fin á la relation. Pourquoi ? Il semble que lui était insupportable l'idée que je sois avec une femme. Ou alors c'était sur le plan sexuel, j'avais parait-il la manie de vouloir reproduire avec lui ce que je faisais avec elle. C'est lui qui le dit, mais c'est possible, j'étais novice, sans imagination, mais c'est drôle parce que j'ai bien changé alors !... mais surtout, ça faisait de moi un mec marié comme les autres : qui s'assume pas, qui aime tirer son coup, mais avec qui il n'y a pas d'avenir. Il avait donc mis fin à la relation. Pour se protéger. J'avais souffert, parce que j'avais besoin à cette époque d'être accompagné dans la découverte de moi-même, et parce que cet homme m'avait plu. Il avait souffert parce qu'il s'était attaché, et je restais dans sa tête l'inoubliable souvenir du seul amant français qu'il avait jamais eu. En apprenant que ma relation avec ma copine était finie, que je m'assumais désormais totalement, que je vivais même depuis dix ans avec un amant hongrois, il s'est défait, je l'ai vu se décomposer. Il s'est senti bête, c'en était immensément touchant. Seul encore aujourd'hui comme il y a douze ans, il porte un regard dépité sur les hommes en général, surtout ceux de son pays et de sa génération : toutes ses tentatives de vie commune ont échoué, de son fait ou d'un autre.

Et d'un coup, je l'ai vu voir en moi la grande occasion ratée de sa vie, l'occasion dérobée par un autre, mais par sa faute, parce qu'il n'avait pas voulu croire, pas voulu être patient, qu'il avait préféré se protéger quand moi pourtant j'étais prêt pour le grand amour, quand j'avais besoin du grand amour pour avoir la force de dévaster derrière moi plus de quinze ans de vie usurpée...

Notre conversation a bien duré deux heures dans les eaux tièdes de la piscine, c'était intense, des petites caresses discrètes nous maintenaient en tension. Mais je devais partir pour rejoindre mon mec chez des amis communs. Nous sommes remontés dans les douches. Ce qui s'y est alors passé est indescriptible. C'était beau, dense, intense, nous étions fermés á tous les regards, au point que je crois bien qu'il n'y en eut même pas. A la 99b4a8e9a8e06d7b3a8f674aad5bfd01.jpgfin, il me dit : ce que l'on vient de faire, ce n'est pas tirer son coup, n'est-ce-pas ? Non, ce n'était pas tirer son coup. Nous nous sommes revus, j'avais l'impression de sauter dans l'inconnu, mais je voulais replonger dans son regard et ses caresses. J'allais y aller les yeux fermés. j'en reparlerai.

(lire la suite ici)

Nage libre

Une version libre - et libertine - de la nage, dénichée avec complicité sur le blog de ma copine Fiso, qui l'y avait déposé aux premiers jours de lété... (voir ici sa version originale, et le chapelet de poèmes apportés alors par ses commentateurs-trices)

"Poésie de mon corps dans l'espace miroitant

Vaguelettes et remous sur un gouffre sans fond. 

Par à coups réguliers, mes nageoires de dentelle

Troublent la surface plane et font jaillir des gerbes.

Entre mes doigts des rubans glissent et s'envolent

Goulées d'air avalées, souffle qui s'accélère,

Fluide de la vie qui remplit

Et dilate doucement mes muscles alanguis.

Lente mouvance du corps qui flotte et qui s'enfonce

Dans la ouate nacrée et chaude.

A l'écoute des sons feutrés et chuchotés

Mes doigts cherchent dans l'air un appui, un refuge,

Cramponnée aux parois, d'un pic vertigineux, je plonge".