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13 juin 2008

la requête des vieilles dépravées

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Ça fait longtemps que je ne t'ai pas fait le coup de la requête. C'est un de mes exercices préférés quand je manque d'inspiration. Ou quand mes collègues de boulot, ou plus précisément mes supérieurs hiérarchiques adorés, qui s'y entendent, se sont attachés à m'éprouver au cours de la journée. Il y a souvent un rapport de cause à effet.

L'exercice confirme toujours la nette prédominance des navigations à caractère sexuel ; il y a des fois où émergent quelques requêtes d'intérêt culturel. C'est pas chaque jour. Je m'autorise donc à les souligner.

Bon, ces petites séries ont plutôt tendance à m'amuser. En même temps, il faut que ça t'alerte sur les capacités dont sont dotés nos mouchards, il y a finalement peu, ou pas, de confidentialité avec les usages du Web. Et je trouve que ça fait peur. Quand je pense qu'on est là à chercher à nous offrir des sphères d'intimité avec les blogs, et voilà nos manies et petites perversités étalées au grand jour... La petite séquence ci-dessous, pour amusante qu'elle soit, en est une illustration.

Hier, tout a commencé à 0h12 avec cette requête so charming (je corrige les fautes d'orthographe, parce que je ne les supporte pas) : "branler des mecs à travers un trou dans le mur" hmmm ! bon, ben on va pas se coucher tout de suite alors...

Puis à 0h21, plus sérieux : "la vie de boudiafe".  On peut filer sous la couette...

A 0h45 débarque un "BLOG BRANLE GAY". Et là, non seulement c'est plutôt sympa comme idée, enfin je parle pour moi, mais y'a comme une histoire qui commence. Parce que le gars, il reviendra avec la même requête à 0h51, à 8h43, puis le soir à 22h54 et 23h04.

Au tout petit matin, à 5h52, un fan de Wajdi, sans doute, débarque avec un "je jouis dans mes slips en cachette" (note qu'il vaut mieux que ce soit en cachette, enfin moi je dis ça...).

A 9h49, c'est le début des révisions du bac, avec "lorenzaccio explication" et à 10h26 la première pose de la matinée avec "pour branle ensemble".

La deuxième pose, c'est à 12h11, avec "recit de teub de copains". les révisions du bac m'avaient fait le même effet. Il faut dire que l'été 1982 avait été particulièrement chaud.

Tant de branlette méritaient bien, à 12h57, cet "éloge aux mains".

Le miracle, c'est que mon premier "prépuce" n'a débarqué qu'à 13h45 hier. Mais une fois dans la bergerie, il ne m'a plus lâché. Il est revenu à 13h54, 14h49, 15h22, 15h29, 16h04, 17h26, 17h34, 19h49, puis en rafale à 20h52, 20h56, 21h44 et 22h00. Dire que j'avais écris un jour que j'aimais mon prépuce... Mais la preuve est là : c'est le prépuce qui est dingue de moi !

Entre temps, à 14h24 et 14h55, c'est "entre2eaux" qui s'est rappelé à moi. Un pote, sans doute, salut à toi, qui que tu sois.brutos6395.jpg

A 15h41, la lutte contre le coup de barre de l'après midi commence avec "branlette entre mecs". Je confirme, c'est efficace.

A 16h22, on commence à planifier ses "vacances naturistes".  Pourquoi pas ?

Et à 16h29 commencent les premières introspections, avec "partagions la même chambre - frère". Et sa déclinaison incestueuse à 18h34, "branle entre frères", prévisible compte tenu des trois requêtes précédentes : "branlette massage" à 16h37, "raconte tes explois sexuels" à 17h01, et à 17h44, "je bande gay".  (comme si il y avait une façon hétéro de bander, enfin bon...)

Nouvelle pause culturelle en access prime time avec à 18h58 "omayma khalil la chanteuse", puis un peu de politique à l'heure de l'apéro, comme à la bonne époque, avec à 19h26 "noyau de résistance".

Ce qui est impensable, à l'heure du coup d'envoi d'Autriche-Pologne, c'est ce "sites de vieilles dépravées" à 20h43, lancé là un peu comme une énigme... 

Mon petit favori a débarqué à 22h08 ("mecs vestiaires nus"), suivi à 22h23 de son ingrédient naturel ("la vérité lune"). J'en profite pour te rappeler qu'elle n'est plus croissante que pour quelques jours, la lune, et qu'elle sera pleine le 18, mercredi.

La deuxième incursion féminine, un tout petit peu plus ragoûtante que la première, intervient à 22h27, avec un "femme nue sous l'eau" qui me rappelle mon petit balet sensoriel d'avant-hier au soir (oups, je m'étais juré de ne rien en dire !...)

Et puis à la nuit tombée, c'est la jeunesse qui se lâche, normal, on a tous connu ça : 23h13, "vive la branle", 23h30 "branlette entre ados", 23h40, "hommes se branlent devant webcam" et 23h42 "branle gay"

08 juin 2008

laisser passer les années

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Il est comme ça, mon mec. Et c'est sans doute pour ça que malgré tout, malgré le poids, je poursuis ma route avec lui. Une fraîcheur et une spontanéité qui le font vivre à fleur de peau. Tout affleure, la révolte affleure, le dépit aussi. Et le besoin de les partager pour ne pas les laisser se gangrener. C'est ce qui le sauve.

Comme tu le sais, notre vie commune ne nous interdit pas des aventures ni des liaisons, elle les suppose même. Nous sommes dans l'extraconjugalité, elle est inscrite dans notre union. Sauf qu'en général, nous n'en parlons pas, c'est un principe, celui du jardin secret. De l'intimité cachée. Moi, j'y tiens. Non qu'il ne serait pas ouvert à entendre mes histoires, mais parce que je n'ai pas envie de l'y faire entrer. Mon jardin a besoin de rester inavoué, j'y perdrais cette part de liberté qui m'est devenue vitale. Lui a au contraire l'envie de m'entraîner dans son antre, de partager tout ce qu'il vit. Me le dire s'il est heureux d'une rencontre, qu'elle soit simple amitié ou plus engageante, me dire son désarroi quand il affronte une déception.

Il ne lit pas mon blog, c'est notre pacte. Et il s'y tient, mais il a toujours envie d'une réaction de ma part sur le sien.

Donc il a fait une rencontre lundi, une belle rencontre, tandis que j'étais à Toulouse. Qui s'est prolongée le mardi de longs messages et appels téléphoniques. Il y a vu plein de promesses. Il a cru cette relation déjà riche d'avenir, déjà solide, il y a vu pour lui la sortie de la quête frénétique de sexe et le retour à une certaine quiétude. A tel point qu'il a cru pouvoir, devoir, parler de sa maladie. Et puis avec la fin de la semaine, il a attendu de nouveaux contacts, de nouveaux échanges, il les a attendus en silence, puis en serrant des dents, il les as attendus les jours, les nuits, en pleurant. Je le voyait absent, le regard perdu, alors il m'a parlé.

Et le lendemain, ce poème dont il n'a pas su que faire, il me l'a envoyé. Il peine avec cette foutue langue française, mais quand il a une boule de douleur au fond du gosier à exorciser, il sait aussi la sublimer...

_________________________

Laisser passer les années

Tu viens comme une tempête,
Sûreté d’une vedette,
Avec les yeux brillants.

« Je n’ai que le voeux
De te faire heureux
Sur cette Terre. »

Je crois la minute
Comme une pilule
Contre la Vie.

Mais le parfait existe
Sur une autre piste,
Ailleurs.

Tu vois seulement
Le poison de mon corps
Encore.

Il est comme une prune
Séchée, tapée,
Mon âme usée.

Tu pars comme une soufflette,
Qui rien ne regrette,
Bulle de savon.

Il n’y a pas de reste,
Juste une prière
Amère.

Chaque chose me choque,
Je cherche donc le jour
Où je lâche les tâches.

Où est la possibilité de
Laisser passer les années
Derrière moi ?

07 juin 2008

La vérité de la pleine lune (ou comment j'ai niqué balmeyer)

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Bon, je m'étais trompé. Ca peut arriver à tout le monde. J'avais cru, à quelques événements sensoriels il y a un peu plus d'un mois, que la lune était dans un cycle croissant. Et sans l'avoir vu de mes yeux, mais m'étant référé à un calendrier que j'avais lu à l'envers, ou m'étant trompé d'année, je m'étais ici même enfermé dans mon erreur.

Or, la lune est seule à connaître sa vérité. Son mystère. Il vaut donc mieux la voir pour la connaître. Les Musulmans l'ont bien compris, d'ailleurs, qui aiment entretenir le suspens sur le jour exact de la sortie du Ramadan. J'avais donc été victime d'un surcroît de chaleur, une sorte d'arrivée impromptue de l'été, d'un beau début de mois de mai. Et j'ai pu vérifier à cette occasion que l'effet chaleur soudaine n'est pas moins radical que l'effet lune.

La dernière pleine lune, c'était donc en fait dans la nuit du 19 au 20 mai. Et une fois de plus, elle n'avait pas menti.

C'était un lundi soir, donc, au début de la nuit. J'étais dans une forme resplendissante. Une petite pointe dans l'épaule droite, qui me faisait craindre un début de tendinite, mais de l'énergie à revendre, de la sérénité, j'ai nagé mille mètres sur le dos, puis mille encore en crawl, brasse et papillon. La présence de ces corps nus comme en apesanteur, dans ce grand bassin calme de Roger Legall, m'était une évidence.brutos7946_BillDerringer.jpg

Avec un gars bien bâti, à la queue épaisse, un rien stressé par le contexte et du coup très attentif à notre discrétion, nous nous sommes enfermés dans une cabine. Il m'a enfilé une capote pour me sucer, une capote colorée et parfumée. J'ai débandé en pensant à Oh!91 (les aventures de balmeyer étaient encore toutes fraiches à ce moment là). Ca m'a fait chier que ces histoires de blog se permettent de surgir au milieu de quelque chose. Je me suis ressaisi en le caressant, puis en le suçant je me suis branlé dans la capote. Il y avait à la fois l'épaisseur exceptionnelle de sa queue, et puis malgré son apparence robuste, ce rien de fébrilité à faire une chose interdite dans un lieu interdit. Du coup, j'ai joui jaune fluorescent, abondemment, et sans qu'il n'y ait rien à nettoyer (juste hop ! pic, poc, poubelle !). Tu le crois ? Il en était heureux et fier, mais n'a pas souhaité aller plus loin.

J'ai vite recommencé à bander sous les douches. Car Yves d'abord s'y trouvait, puis Sylvain. Nous nous sommes caressés très simplement en nous savonnant les dos. A trois, nous étions tour à tour savonneurs, savonnés, parfois pris en sandwich. Sylvain nous a brutos6386.jpgappris qu'il allait commencer une formation de masseur. Je ne sais pas grand chose d'Yves, si ce n'est qu'il a l'intention de prendre l'initiative d'un dîner pour faire mieux connaissance. J'ai aimé laisser sa queue savonnée en érection me glisser des mains tout en me plaquant contre son dos. Du monde arrivait dans les douches, pleins de regards complaisants, j'y ai vu parmi les autres mon premier amant de la soirée, le regard vague que je devinais envieux de cette liberté que nous nous offrions. Je n'ai pas voulu aller plus loin avec eux, ne sachant pas de quelle énergie la pleine lune me laisserait disposer encore pour ma nuit avec Saiichi.

C'est le moment où j'étais étouffé par le boulot, mais où Igor étant parti pour quelques jours en Autriche, je retrouvais Saiichi chaque soir. Il m'avait préparé à manger. Avec Saiichi, nos corps s'électrisent l'un l'autre, nous nous aimantons, toujours, nous ne pouvons être l'un près de l'autre sans que nos mains n'aient besoin de rencontrer nos membres, nos peaux. Ce soir-là, j'ai eu un plaisir infini à lui faire l'amour, j'aurais voulu qu'il me prenne (putain de dos qui le handicape !), mais rien que de me l'imaginer sous la douceur de ses caresses, la vigueur de ses doigts... J'ai été surpris de l'abondance de mon sperme. Oh!91 n'est pas venu me hanter, balmeyer était niqué, tout comme ses avatars ! Saiichi, tout en maîtrise, a joui aussitôt après moi, comme d'habitude, presque sur commande.

Cette vérité de la pleine lune est à nouveau en formation, prépare-toi, la prochaine est pour le 18 juin. D'ici-là, je te laisse profiter de son cycle croissant, on est en plein dedans.

05 juin 2008

Excusez-moi !

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Il y avait un beau black mercredi soir dans ma ligne d'eau. Je l'y voyais pour la première fois. Jeune, belle gueule, rigolard, le corps sec et musclé, petit moule-burne serré gris clair, mais avec ça plutôt malhabile dans l'eau... Je l'ai dépassé plusieurs fois, l'effleurant sans intention. A un moment, nous retrouvant côte à côte en bout de ligne, il me dit : "c'est drôle, vous dites tout le temps pardon" ! Et voilà, que c'était reparti, merde, putain ! Je m'en étais même pas rendu compte. "Oui je sais, je lui réponds, on me le reproche bien assez. Mais vaut mieux ça que de donner des coups dans tous les sens sans rien dire à personne, non ?"

Donc c'est comme ça : je suis en trop. Jamais à la bonne place. Jamais au bon moment. Une espèce de bidule encombrant au milieu des jambes, la contrebasse dans un studio d'étudiant, le cheveu sur la soupe, l'éléphant dans un magasin de porcelaine, le chien dans le jeu de quilles, que sais-je ? C'est comme ça, j'arrive pas à me percevoir autrement.

Alors je m'excuse tout le temps. Et forcément, ça énerve. Et pour le coup, je n'ai pas besoin de passer des heures sur un divan pour savoir d'où ça me vient... Ah! sacrée maman, tu nous as peut-être pas si mal réussis, mon frère et moi, mais si tu avais pu te la garder pour toi, cette putain de saloperie de culpabilité à la con, toujours mal placée, cette gêne aussi idiote que permanente, je te jure, on t'en aurait pas voulu tant que ça !

Si je fais un peu de prospection dans mes souvenirs, je me suis toujours vu soit complètement transparent, invisible, un peu comme si ma complexe-males-250x175.jpgprésence quelque part, parmi des amis, ne comptait pour rien, juste une truc comme ça, sans impact d'aucune sorte, dépourvu de sens, incapable de s'installer dans un champ de vision.

Soit totalement encombrant. A m'excuser à tout bout de champ.

L'invisibilité avait un mérite : elle alimentait des rêves érotiques dans mon enfance : je circulais parmi d'autres garçons. Parfois exhibitionniste, j'étais au milieu de tous les autres, mais seul moi me savais nu. D'autres fois en mateur acharné, j'avais la faculté de voir les autres nus grâce à des lunettes magiques. Il y avait surtout des garçons dans ces rêves-là, sauf une grande et mince fille noire, je ne saurais trop dire pourquoi. Mais bon, là n'est pas mon propos.

Encombrant ou invisible, en tout cas, j'ai toujours pensé que où que je fus, le mieux était de ne pas y être. Au pire ça ne changeait rien, au mieux ça soulageait.

Pourquoi suis-je ainsi incapable de me voir comme un élément de la scène, un personnage dont le rôle conditionne celui des autres ? Voire comme simplement quelqu'un qui compte ? Qui n'a pas besoin de s'excuser d'être là, mais juste de vivre là au milieu des autres. J'ai beaucoup compensé ces travers. Avec de l'action publique. Avec du militantisme, des convictions, avec de la prise de responsabilités. Il y a ainsi de nombreux contextes où je dissimule ce travers, où on ne le soupçonne même pas. C'est dans ces cas là que je me vis dans l'usurpation. Mais très régulièrement, il ressurgit. Et un beau black musclé dans une ligne d'eau, sans complexe, peut même s'en étonner ouvertement... Excusez-moi.

31 mai 2008

grosse fatigue

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C'est toujours méchant, les lendemains de fête. Je n'aime pas leurs vents contraires.

D'un côté, tu as l'impression qu'une fois la partie dans le dos, tu vas avoir du temps pour reprendre ton souffle, tu vas être à nouveau disponible pour toi et pour les autres, mais tu réalises que tu as tellement repoussé de choses à plus tard, qu'elles se rappellent toutes à toi en même temps, et qu'au milieu des premiers bilans, tu n'as toujours le temps de rien...

D'un autre côté, à la première RTT venue, au premier vrai moment de relâchement, c'est le coup de blues qui s'installe. Pas vraiment de la tristesse, mais plutôt comme une grosse fatigue qui te submerge. Tu ne sais pas vraiment la nommer, tu ne sais pas vraiment quoi en faire, tu t'étais dit "chouette, je retrouve de l'espace pour faire ce que j'aime", mais le temps entre tes mains, tu le laisses s'échapper bêtement, et tu te rends compte que tu restes sec.

Ceci pour te dire que là, je me sens un peu con. Même les quelques bites qui se sont offertes à mon regard et à mes mains, hier, dans les recoins du vestiaires de la piscine, même les caresses d'un homme ou le sourire de l'eau chaude, même une éjaculation prise à la dérobée (tiens, c'est bizarre ce lapsus, j'avais d'abord écrit évacuation...), comme un sevrage qui échoue, m'ont laissé le moral dans les chaussettes.

Et puis il y a Saiichi, devenu mon tendre amant, avec qui nous commencions à prendre l'habitude de nous retrouver chaque soir, et que le retour de mon mec éloigne de mon quotidien.

Bon, je ne voulais pas vraiment me plaindre. Mais trop tard, c'est fait. J'espère qu'au moins tu me pardonneras ce temps mort, et que tu le laisseras filer avec moi, le temps que je revienne vraiment.

26 mai 2008

j'ai laissé l'eau claire

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Il s'est passé une chose bizarre, presque au début de ce blog. Le Père Davezies, qui avait été un compagnon de prison de mon père en raison de leur engagement commun contre la guerre d'Algérie, venait de mourir. Et je fis un billet pour lui rendre hommage. Celui-ci me valut la visite et des commentaires d'un Musulman, ami de l'abbé, qui me toucha profondément, mais dont je craignis qu'il ne fut choqué par la liberté avec laquelle j'évoquais, en d'autres pages, mon goût pour le sexe.

Pour me rassurer sur la tolérance qui était la sienne, il se référa au poète arabe Abu Nûwas, qui vécut à la fin du 8ème siècle, dont les écrits balancent entre hédonisme et mysticisme, auteur entre autres de "Mieux que fille vaut garçon". Depuis "Abou Nouasse" (c'est l'orthographe qu'il employa) fait partie des mots clés récurrents qui conduisent à mon blog.

Et qui rappellent à mon bon souvenir que je t'avais promis de lui consacrer un billet.

En attendant, et pour te mettre l'eau à la bouche, voici un extrait de l'un de ses poèmes :

_________________________

J'ai quitté les filles pour les garçons
et pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire.
Loin du droit chemin, j'ai pris sans façon
celui du péché, car je le préfère.
J'ai coupé les rênes et sans remords
j'ai enlevé la bride avec le mors.

Me voilà tombé amoureux d'un faon
coquet, qui massacre la langue arabe.
Brillant comme un clair de lune, son front
chasse les ténèbres de la nuit noire.
Il n'aime porter chemise en coton
ni manteau de poil du nomade arabe.
Il s'habille court sur ses fines hanches,
mais ses vêtements ont de longues manches.
Ses pieds sont chaussés et, sous son manteau,
le riche brocart offert se devine.
Il part en campagne et monte à l'assaut,
décoche ses flèches et ses javelines.
Il cache l'ardeur de la guerre et son
attitude au feu n'est que magnanime.
Je suis ignorant, en comparaison
d'un jeune garçon ou d'une gamine.
Pourtant, comment confondre une chienne qui eut
ses règles chaque mois et mis bas chaque année,
Avec celui que je vois à la dérobée :
Je voudrais tant qu'il vînt me rendre mon salut !
Je lui laisse voir toutes mes pensées,
Sans peur du muezzin et de l'îmam non plus.

poème extrait de Le vin, le vent, la vie...
traduction de Vincent-Mansour Monteil
Éditions Sindbad - Actes Sud

21 mai 2008

Oh!91 au Pays de l’Or Noir

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Bon, ben je dois l'admettre, je suis pris à mon propre piège. Il fallait que ça arrive. A force de m'essayer à quelque chose qui serait une sorte d'intégrité d'écriture - et de démarche - à force de vivre une sorte d'inadvertance sexuelle, et d'en parler, je suis rattrapé par ma propre caricature. Balmeyer a lancé la légende, et force est de constater qu'il a réussi à bien faire se marrer tout le monde.

Et voilà que Zarxas reprend le personnage à son compte, dans un récit qui valait plus qu'une simple parution dans un commentaire. Bon, du coup, je suis mal, moi qui avait en préparation un récit plus vrai que nature sur la pleine lune de lundi dernier... En même temps, ça tombe bien, je n'avais pas trop de temps pour le finir là tout de suite, alors en attendant la suite des aventures de Oh!91 chez Balmeyer (c'est pour samedi soir, à minuit), je te propose de découvrir ici le récit de Zarxas :

(Comme quoi je ne suis pas bégueule).

_________________________

112388950.jpgTu te demandes ce que je fais tout seul en plein désert libyen. Je suis venu prospecter du pétrole pour une joint venture socialiste et fraternelle entre le Val-de-Marne et la Jamahiriya Populaire. Mais Fiso a compulsivement taxé mon portable avec GPS pour sa collection et j’erre désorienté sur les dunes, vague après vague.

Que ne suis-je resté entre deux eaux ! Sur ce fait, qu’aperçois-je ? Mais c’est la piscine de Roger Legall, fort à propos délocalisée en plein Sahara, où de jeunes et fournis éphèbes du désert nagent en me faisant signe !

J'accoure, je plonge ! Las, ma gorge, doublement assoiffée à la vue des adolescents bédouins naturistes reste désespérément sèche, mon visage dans le sable. "Relève-toi, étranger, et monte !" ouïe-je, fort surpris d’entendre céans cet arabe marocain populaire mâtiné d’accent parisien banlieusard. Je lève lentement la tête, incrédule. Mais ce n’est pas une vision : ma main tremblante me prouvant la réalité du dromadaire devant moi, monté avec noblesse par un fier homme du désert aux yeux noirs, perçants et pourtant rieurs. A son invitation, je retrouve toute ma vigueur et monte prestement sur sa croupe (du dromadaire). Il m’explique que je serai son hôte dans son camp, proche. Je l’en remercie profusément et me présente ; il me répond se nommer WajDi.

Par Karl et Freiderich ! Mon émotion, à son comble, unie à la perception de son corps fin, dur et souple sous les vêtements amples, et la démarche de l’animal, ressuscite mes sens et mes organes, ce qui semble n’incommoder nullement mon généreux sauveur. Nous nous dirigeons droit vers sa somptueuse tente caïdale, parmi les joyeux cris de bienvenue et les premiers accords des musiciens.

A l’intérieur, un serviteur nous apporte le thé sur un plateau d’argent raffiné puis s’efface, me laissant seul avec mon héros. Il garde son turban et son écharpe : je ne connaîtrai pas encore son mystérieux visage. Ce n’est qu’alors que je remarque, à côté de la théière, les pièces disposées sur la table : "Vous aimez les échecs ?", m’exclame-je. "Certes", me répond-il, "désirez-vous jouer avec moi ?" "Oh, oui !" Alors que débute notre face à face silencieux, j’observe, au-delà de l’échiquier, que les vêtements lâches de mon hôte se tendent en leur partie centrale avec plus de force que sa tente caïdale. "Sidi WajDi, vous disposez là d’une fort belle pièce maîtresse", lui dis-je. "Vous de même, noble étranger", me répond-il, "Jouons donc une partie plus intime". Nous procédons à nous branler, au rythme des darboukas dont les échos nous parviennent feutrés, et dont l’accélération conduit notre transe sexuelle à son paroxysme : nous jouissons, de longs jets puissants, fournis.

Dans l’air du désert, nos spermes libérés se dessèchent en deux jets de sable dont les volutes s’entremêlent en de folles arabesques, tels deux serpents charmés par le son de la ney. C’est charmant, mais c’est fastidieux à nettoyer.

16 mai 2008

Six mois de subvertion

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Ce blog a six mois aujourd'hui.

C'est quoi, la durée de vie moyenne des blogs ? Et  c'est à combien, leur âge de raison ? Quand est-on dans l'expérimentation ? Et quand dans la vitesse de croisière ? A quoi juger s'il joue un rôle ? Ou s'il n'en joue plus ? Pourquoi tu y trouves quelque chose, au point d'y revenir ? pourquoi d'autres s'échappent à toute jambe ? Est-ce important d'être lu ? Ou dérisoire ? Y a-t-il une utilité à tout ça ? Je crois que oui, mais de quelle ordre ?

Une fenêtre ? un lien ? Un zoom sur la vie ? Une façon d'être dans la parole, un acte de résistance ? La soumission à une mode ? Une compétition ? Une façon d'exister, de s'affirmer ? D'avoir un pied ailleurs que dans la vie ? Une fuite, en somme ? L'espérance d'un ailleurs ? Cette maison d'hôte avant l'heure, le contre-point en contre-jour ? Une anti-dote à l'habitude, une façon d'éviter les sorties de route ?

Ce blog a été ouvert dans l'anonymat total. J'y reviendrai. Je n'avais mis que deux de mes amis dans la confidence. Deux amis rencontrés eux même dans l'univers bloguesque, et donc déjà rompus, d'une certaine façon, à ma façon gentiment impudique d'exposer des bribes de ma vie. A cette "liberté de parole" que me jalouse - à tort - Manu, et qui était possible du fait même de cet anonymat.

Puis nous avons commencé à nous voir, à nous parler. Parfois à nous aimer. Désormais, tu me lis et fais partie de mon intimité. Tu es à la fois sujet et objet. Tu observais mes infidélités, tu les subis aujourd'hui. Tu t'amusais de mes petites perversités, de mes branlettes ou de mes touche-pipi improbables, voilà que tu pourrais aujourd'hui y voir de l'inconséquence ou de l'abandon.

Ton regard s'est subverti. Comment ma langue n'en serait-elle pas corrompue ?

Je me fais un devoir de rester dans cette "liberté d'écriture". Au risque de te choquer, ou de te lasser. C'est  une façon pour moi de rester fidèle à l'intention originelle, d'éprouver ma capacité à lutter contre cette corruption-là.

C'est peu dire que ma vie a connu des chamboulements depuis le début de cette aventure. J'y ai gagné du détachement, la conviction de ce que le plus important à réussir dans sa vie, c'est sa vie (merci à toi de m'avoir donné cette clé). Et de ça, je reparlerai.