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12 novembre 2009

un week-end très gay

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Ce billet n'est pas un acte de foi communautariste. Il se trouve que pour manifester leur différence et réclamer la fin des discriminations, pour pouvoir pratiquer une activité qu'ils affectionnent sans avoir à affronter le rejet, pour y prendre tout simplement du plaisir, des homosexuels, avec des hétérosexuels, se rassemblent sous une bannière multicolore.

Et en général, ce faisant, ce sont les droits de tous pour lesquels ils agissent.

Ce week-end, à Paris, il y en aura pour tous les goûts. Pour tous mes goûts.byourself-04.jpg

Samedi, se déroulera le match contre les discriminations au stade Charlety. Ce sera à 15h00

Malgré le refus du bebel Créteil de s'associer au Paris Foot Gay pour un match contre les discriminations ce club affrontera une équipe d'anciens pros, politiques et de people.

De nombreuses associations seront là : Culture Foot Solidaire, MRAP, LICRA, UEJF, AIDES, Sol-en-Si, FSGL, Nef des Fiertés, SOS Homophobie, Ni putes ni soumises, ACT UP Paris, France terre d’asile, Humanity in Action, Tjenbé Red, Inter LGBT, Groland, Fondation Abbé Pierre, Le MAG, Stars de Champagne, Racing Club de l’Alma, Foot Citoyen, Musifoot, etc.

L'initiative est parainée par France Bleu Ile-de-France. J'y serai, et si ça te dit qu'on s'y retrouve, fais-moi signe.

rectonov2009med.jpgPar ailleurs, et pour commencer sa nouvelle saison, le Rainbow Symphony Orchestra (RSO) se produira en concert samedi à 20h00 et dimanche à 15h30, au temple de l'Oratoire du Louvre, 145 rue Saint-Honoré, Paris 1er.

Au programme :
Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy
Tableaux de Diana Cotoman (Création)
1ère Symphonie de Brahms

Prix des places : 15 euros en prévente, 15,5 euros sur Ticketac, 19 euros sur place le jour du concert, 10 euros pour les chômeurs et les étudiants, avec justificatif. C'est gratuit pour les moins de 10 ans.

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Une exposition des tableaux ayant inspiré la compositrice se tient actuellement jusqu'au 21 novembre 2009 de 9h à 21h à la brasserie L’Oratoire, 143 rue Saint-Honoré, Paris 1er. Entrée libre.

En allant les écouter - pour moi ce sera dimanche, avec Bougrenette et son Bruno national - nous soutiendrons, paraît-il, les futurs projets du RSO.

J'aimerais aussi pouvoir t'y retrouver.

21 octobre 2009

rebond foot (2), remballez le champagne !

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Le problème avec les rebonds, c'est qu'il peut y en avoir plusieurs.

On s'était pris à croire à une belle histoire d'amour. Commencée mal, dans les anathèmes, avec des noms d'oiseaux balancés-là, non dépourvus de relents xénophobes, mais finissant bien, dans une réconciliation générale sur l'oreiller. Je m'amusais à penser à la séquence vestiaire du match de gala, les Créteil-bébel et les PFG se congratulant d'une belle victoire, félicités par Thuram et Dhorasso, s'arrosant le slip au champagne et se savonnant le dos sous les douche... Las ! Le symbole était trop beau.

La connerie aura donc été la plus forte. Et ce sont les jeunes de banlieue qui sortent tout petits de cet épisode. Au moins l'incident ne leur aura-t-il pas été banal, puisqu'ils ont décidé de jeter l'éponge et de s'auto-dissoudre. Le vent médiatique les avait inspirés puis, ne leur laissant guère de répit, les a finalement emportés. Belle occasion manquée !

Je veux toujours croire que l'intelligence peut triompher des obscurantismes, j'y crois toujours, d'ailleurs, cet incident vient juste rappeler que la route n'est pas pavée que de bonnes intentions. Je suis peiné de ce gâchis, comme tu l'es toi, je présume.

Les seuls, au fond, à jubiler, ce sont les barbus et les bigots, les fachos et les réacs, les intégristes de tout bord, unis encore et toujours comme les doigts d'une seule main, s'évertuant à nous vendre la même vision haineuse de l'humanité. Eux ils rebondissent comme ils pêtent : de travers !

17 octobre 2009

rebond foot : vers un épilogue coloré

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L'Islam n'est donc pas une homophobie, et l'homosexualité pas une islamophobie. L'affaire que j'évoquais là, et qui fit le buzz toute la semaine passée, va donc connaître un bel épilogue.

Certains s'étaient délectés, derrière de fausses outrances, de la guéguerre entre un club de foot "musulman" de Créteil et le Paris foot gay, le premier ayant refusé de jouer un match contre le second en raison d'incompatibilités fondées sur de prétendues convictions religieuses.

La rencontre devait se dérouler dans le cadre de la coupe organisée par la commission foot-loisir de la fédération française de football. Mais tandis que les médias s'emparaient de l'affaire, stigmatisant à juste titre l'homophobie latente qu'elle révélait, et alors que la fédération décidait logiquement d'exclure de Créteil Bébel de la compétition "pour refus de jeu fondé sur un motif discriminatoire", un dialogue inattendu se nouait en coulisse.

Les membres du Créteil Bébel, "juste une bande de potes qui ont décidé, pour leur loisir après le boulot, de jouer au foot", selon leur avocate, dépassés par le vent médiatique, ont expliqué qu'en fait ce n'est pas jouer contre des homos qui les avait embarrassés, mais qu'ils n'avaient pas compris comment une équipe de foot pouvait "être un étendard pour une orientation sexuelle". Le Paris Foot Gay expliquait de son côté qu'il se trouvait gêné - parce que son combat vise toutes les discriminations - que cette affaire vienne stigmatiser des jeunes de banlieue qui n'en ont vraiment pas besoin.

Bref, ils se sont parlé, et ont décidé de dépasser ce qui relevait de l'ignorance et de la maladresse - comme hélas souvent - plus que de l'homophobie, et ils vont même jouer.

dhorasso_pfg.jpgLes deux clubs vont donc se retrouver dans un match de football. Mieux, ils ne vont pas jouer l'un contre l'autre, mais ils vont jouer ensemble, au stade Charletty, contre une équipe de gala constitutée entre autres, excusez du peu, de Dhorasso et Thuram. Ce sera le 14 novembre prochain.

Face aux dérives communautaires, on peut toujours attiser la haine, stigmatiser, figer les positions, envenimer les choses, et se complaire dans une position qu'on croit supérieure pour installer le communautarisme. Ou bien on peut être pédagogique, travailler au dialogue, et aider à dépasser les incompréhensions. Faire reculer l'ignorance. Je suis plutôt heureux de cette issue-là.

19 mars 2009

du petit lait

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C'est étrange, j'aurais du écrire depuis longtemps, comme d'autres l'ont déjà fait, un avis, ou une critique, enfin dire un peu mon regard sur le film, THE film, qui forcément me concerne, qui doit me concerner, pas plus qu'un autre blogueur, pas plus qu'un autre pédé, mais pas moins non plus, du moins, par la force des choses.

D'autant que bénéficiant d'un désistement de dernière minute, je m'étais raccroché, à l'invitation du beau Yo, (à la nuque soyeuse et aux yeux d'émeraude, tati-tata, ceux qui ne connaissent pas le personnage iront gratter dans les couches quaternaires de ce blog), à une avant-première organisée par le groupe LGBT d'Amnesty International.

Et puis sollicité par la vie, ou par d'autres urgences, j'ai laissé passer le temps de l'écriture, et du coup à l'heure de m'y mettre (avantage de la grève, la manif sera dans l'après-midi, j'y retrouverai Yo d'ailleurs, tiens !), je me suis demandé si dans ce film quelque chose m'avait conduit à ainsi en retarder l'échéance. Je n'ai rien trouvé, que ma flemme.

J'avais aimé Eléphant, de Gus Van Sant. Ce film m'avait même hypnotisé. Son silence, ces parcours qui se croisent, ces lieux qui se répètent à l'infini, sous des angles changeants, ces minutes à l'inéluctable terrifiant scanées sous toutes les coutures et qui n'en finissent pas, ces petits détails qui raccrochent les scènes les unes aux autres et finissent par constituer la loupe grossissante du massacre. J'avais aimé une certaine sobriété, l'effacement total du cinéaste derrière les déambulations, le malaise livré sans accusé de réception sur la simple banalité d'humiliations tues et de frustrations insoupçonnées. Le langage cinématographique m'apparaissait neuf.

J'étais donc heureux de voir que Gus Van ant s'attaquait à la biographie d'un combattant de la cause homo. Dont j'ai découvert l'essentiel de la vie et des combats pour l'occasion. Il s'est profondément renouvelé pour ce film. La construction est plus classique. Le propos plus didactique, avec la répétition pas franchement indispensable en fin de film d'une réplique prémonitoire de Harvey Milk. Mais la reconstitution des années 70 m'a bluffé, le grain de l'image y concoure, les images d'archive se fondent dans le projet. Et, on l'a beaucoup dit, Sean Penn est une magnifique incarnation, sobre et rayonnant. Son jeu est d'une remarquable crédibilité. Et tous les personnages, d'ailleurs.

Ce film vient comme un rappel salutaire de la dureté et de l'actualité du combat contre les conservatismes. Benoît XVI, qui s'est rendu Benoit_XVI_1_-_mains_en_l'air.jpgcoupable avant-hier de crime contre l'humanité en stigmatisant l'usage du préservatif dans le combat contre le SIDA, nous confirme qu'on aurait tort de se croire protégé des régressions les plus archaïques. Mais au delà, j'y ai lu deux messages essentiellement politiques :

D'abord, que le combat contre les discriminations a toujours une portée universelle, que les minorités, en se libérant, libèrent les majorités et leur ouvre des espaces nouveaux. De ce point de vue, je suis assez convaincu que la place de la famille dans la société, et les droits de chacune de ses composantes dans la famille, pourront être revisités quand on aura reconnu, par exemple, aux couples homosexuels qui le souhaitent le droit à l'adoption. Et pas l'inverse (ceci est en référence à un débat que j'ai eu récemment, sur un autre blog, avec Dorham)

19023218.jpgEnsuite, qu'en politique, de fait, l'outrance n'est pas nécessairement antinomique avec le consensus. J'ai aimé le regard que porte le film sur le jeu politique d'Harvey Milk, encourageant sa communauté à se montrer telle qu'elle est, à tabler sur la visibilité gay, tout en manifestant sa plus grande préoccupation pour les sujets qui font la banalité du quotidien : on peut ainsi prendre la tête de manifestations pour que les homosexuels ne soient pas interdits d'enseignement, tout en se levant tôt le matin pour aller ramasser des merdes de chien dans un jardin public. Presque une leçon.

26 février 2009

ce serait une abomination

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Lu, chez Sophie and the Family, cette petite délicatesse - croustillante à mon goût :

"Récemment, une célèbre animatrice radio états-unienne fit remarquer que l'homosexualité était une perversion.

« C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination." La Bible le dit, un point c'est tout. », affirma-t-elle.

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre : "
Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la loi de Dieu. J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils quant à d'autres lois bibliques.

Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. À votre avis, quel serait le meilleur prix ? Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ? Pourquoi ne puis-je pas posséder d'esclaves canadiens ?

Je sais que je ne suis autorisé à toucher aucune femme durant sa période menstruelle, comme l'ordonne le Lévitique, chapitre 18, verset 19.
Comment puis-je savoir si elles le sont ou non ? J'ai essayé de le leur demander, mais de nombreuses femmes sont réservées ou se sentent offensées.

J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière ?

Autre chose. Le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?

Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ. Idem pour sa femme, qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, mon oncle passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique chapitre 24, versets 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des membres de leur belle-famille, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14.

Je me confie pleinement à votre aide. Merci de nous rappeler que "la parole de Dieu est éternelle et immuable. Un point, c'est tout !
"