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30 septembre 2012

mariage en eau claire

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Hier, j'ai marié un vieux pote. Vieux, enfin... il a dix ans de moins que moi, mais on se connaît depuis une bonne douzaine d'années, on a travaillé quelques temps ensemble dans le domaine du sport. Je crois même me souvenir que nous avons été co-auteurs d'un article, publié dans une obscure revue scientifique sur le sujet du pillage des sportifs des pays du sud.

Originaire de Dordogne, il porte sur lui son goût pour l'activité physique, et pour ses valeurs, malheureusement mal en point depuis la récente affaire qui entache le vertueux handball : très brun, le sourire timide, l'accent enchanteur, le corps dépourvu d'imparfaites proportions...

La vie a fait que nous ne nous voyons plus trop régulièrement : il a gagné la sphère politique, là où j'ai intégré un monde plus professionnel, mais la joie de nous revoir est toujours là. Il se plaît à maintenir une certaine ambiguité, chaque fois qu'en plaisantant je laisse apparaître l'attrait qu'il exerce sur moi. Hétéro jusqu'au bout des ongles, il ne dissimule pas la jouissance qu'il éprouve à se voir séducteur dans le regard des hommes. Plusieurs fois, je l'ai invité à venir participer à une nocturne naturiste de la piscine Roger Le Gall, car il habite à proximité, mais il a toujours évité d'avoir à accepter, sans jamais que le refus n'ait été catégorique ou définitif. Depuis, j'ai arrêté les nocturnes, je n'ai plus l'occasion de le pousser à l'aventure.

Lorsque nous nous sommes vus devant la mairie d'arrondissement hier matin, il m'a présenté à tous comme "de ses amis, le seul témoin de la rencontre avec sa femme". C'est vrai, j'avais oublié ce détail. Nous avions été une quinzaine autour d'une table, pour parler de sport et de féminisme, il y a quatre ou cinq ans. Marie-José Pérec avait été de ce rendez-vous, excusez du peu. J'ai surtout vu dans cette affirmation, répétée au micro le soir-même pendant le dîner, le signe qu'il attache un prix à notre amitié.

D'ailleurs, en arrivant devant la mairie, il m'a confié son appareil photo pour la cérémonie, un magnifique Toshiba comme sorti du futur, laqué blanc, ultra fin, pour garder quelques traces plus intimes que les photos officielles. J'ai senti un grand poids me tomber sur les épaules. Je l'ai tourné dans tous les sens pour réussir à l'ouvrir, tandis que la foule gonflait. Puis j'ai cherché le bouton ON/OFF. Il ne se passait rien, j'étais en panique, jusqu'à ce que je lui fasse vérifier que la batterie était juste totalement à plat. Ouf ! Je n'avais donc plus d'autre rôle que celui d'"unique témoin de la rencontre".

Ravissante, la mariée est arrivée un bon quart d'heure plus tard. La foule était compacte. Dés que la rumeur l'eut repérée, les applaudissements ont jailli, et elle a fondu dans ses premières larmes.

La cérémonie a été sobre. La maire a lu des extraits du code civil, dont de de nouveaux articles abolissant le principe de solidarité financière et matérielle dans le cas de dérives compulsives entraînant des situations de surendettement. Enfin, c'est comme ça que je les ai compris...

Le soir, j'étais à Roger Le Gall. Enfin, juste derrière. Mais pas pour nager cette fois. Juste pour y faire la fête !

09 août 2012

tout commence par le cul

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Les Jeux, c'est quand-même une histoire de cul. Pas pour arriver à ce niveau de performance, où il faut du talent et des années de préparation, mais pour gagner les duels. Une seconde de plus ou de moins, et un match bascule, un shoot réussi ou raté, et c'est l'apothéose ou la bérézina. Il s'en faut parfois d'un milimètre, pour que la barre tienne ou chute.

Grand pourvoyeur de stress en handball, le cul a ainsi souri aux gars et abandonné les filles. Au baskett, la preuve est faite, il faut du cul et des nerfs. Espérons que les filles, ce soir, en auront plus que les gars, ce serait un juste retour des choses.

Et puis en athlétisme, on t'affuble d'un grand "Q" ou d'un petit "q", selon que tu doives ta qualification à un placement direct ou à un repêchage. Force est de constater que les Français sont les rois du petit q, dans ce domaine, alors qu'on trouve profusion de grands Q chez les Jamaïcains et les Américains. S'il décroche une médaille sur 200m ce soir, Christophe Lemaître le devra néanmoins à autre chose qu'à du cul.

Bon, en ce qui concerne les nôtres, on aura eu pas mal de cul en première semaine, et sensiblement budapest,hongrie,blog,londres 2012,jeux olypiquesmoins en seconde. En même temps, les escrimeurs, c'est rare qu'ils montrent le leur, de cul. Alors que les lutteurs l'arborent de plutôt belle manière.

Y'en a même qui disent que des histoires de cul se nouent dans les étages du village olympique, et que ça n'a rien à voir avec la taille des "q".

Je déploie à Budapest des trésors d'ingéniosité pour réussir à voir ces Jeux. Ou plutôt, pour les suivre. Dès qu'une compétition rassemble Français et Hongrois, je suis assuré qu'elle sera retransmise en live à la télé. Ou sur écran géant, en centre-ville. Mais sinon, c'est la radio par Internet. France-Info, qui t'offre de longs couloirs de directs, mais qui parfois sombre dans d''incroyables rediffusions. J'ai dû entendre dix fois, si ce n'est vingt, avant-hier, une chronique sur la chanson "Fais-moi du couscous chéri". C'est toujours plus supportable que Nelson Montfort, tu as raison...

Rassure-toi, je m'échappe aussi. Vers les lieux de mes premières histoires de cul... La terrasse du Palatinus, les bains Rudas. J'y suis sage, me contentant de quelques regards coquins, et autres mains baladeuses.

budapest,hongrie,blog,londres 2012,jeux olypiquesEt puis je me souviens que c'est dans le récit de quelques unes de ces aventures qu'est né ce blog, ici-même à Budapest. Avant de prendre chair et corps dans ces pages, mes émois allaient rencontrer ceux d'un blogueur dont je m'étais épris, boxeur de banlieue, qui nous délectait de ses plans cul de vestiaires, nous bouleversait de ses états d'âmes familiaux, et fédérait toute une communauté avec laquelle des liens durables allaient se tisser...

Pourquoi j'en parle ? Parce que je suis à Budapest, dans l'appartement que j'occupais déjà à l'époque, il y a cinq ans, à deux pas du cybercafé où je commençais et finissais mes journées.

Et que depuis, des flots ont coulé sous ces ponts. Les liens se sont distendus, la ferveur a disparu, les spams ont remplacé la plupart des commentaires, mais qu'envers et contre tout, ce billet est aujourd'hui le 900ème d'Entre deux eaux.

06 juillet 2012

la traversée du Grand Paris

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J'aime bien les piscines avec des toboggans. Pas à cause des toboggans, ni des enfants. Juste parce que quand il y a des toboggans dans une piscine, les enfants ne sont pas dans le bassin de nage : ils sont au toboggan et ça nous fait des vacances, à nous, les nageurs. Les vrais.

En ce moment, je m'essaye aux piscines de banlieue pour tenter de trouver un peu d'espace et de respiration. Les parisiennes sont prises d'assaut par tout ce que la métropole compte d'âmes au repos, en quête de hâle et de forme. Les grands bassins olympiques, surtout s'ils ont un toit ouvrant et un solarium attenant, sont infréquentables : s'il fait beau, on croirait les grands magasins à l'ouverture des soldes. Si le temps est maussade, comme cet été, il y a sensiblement moins de monde, sauf qu'ils sont tous dans l'eau : même résultat. Roger Le Gall est un modèle du genre.

Donc je joue les nomades, au gré des proximités où m'amènent des réunions ou des déplacements professionnels, traversant Paris de long en large : Keller, ou le rendez-vous des surdoués : attention les bleus ! Georges Vallerey, une des plus fréquentables... Georges Hermand, aux lignes si parcimonieuses... Armand Massard, sans une lucarne vers l'extérieur, où il faut donc courir dès que le soleil montre le bout de son nez ! J'évite Suzanne Berlioux, aux Halles, car je n'ai pas goût pour les autoroutes.

nager,natationJ'ai recommencé à prospecter dans la grande banlieue : Mennecy reste fermée pour quelques temps encore, semble-t-il, tant les gens qui ont en charge la vie de nos territoires se préoccupent peu du service au public, mais j'ai récemment découvert celle de Corbeil, au magnifique fond en inox riveté. Sans doute un financement de Serge Dassaut, le local de l'étape, décidément prêt à tout pour garder la ville dans son giron. Avant-hier, celle d'Alfortville, flambant neuf, dans un magnifique paysage tout au bord de la Seine, avec un énooooo00rme toboggan : le bassin ne fait que vingt-cinq mètres, les mômes y piaillaient à tue-tête, mais j'y a nagé en toute tranquillité.
 
Et hier, j'expérimentais Massy. Nocturne les jeudis. Le seul moment où ils exploitent la dimension olympique de l'équipement, le reste du temps ils plient les ligne en deux pour des pratiques plus familiales... Aux règles d'hygiène drastiques habituelles, avec les zones "pieds nus" et des cabines "sas" vers les casiers, ils ont ajouté un pédiluve avant les cabines : on s'y trempe les pieds avant d'avoir enlevé ses pantalons, et faut se déshabiller pieds mouillés... Une petite curiosité, déjà observée à la piscine de Brétigny, que l'on doit sans doute à la coquetterie de quelque ingénieur plus malin que les autres qui sévit dans l'Essonne...

J'ai même testé Amiens, le Coliseum, avant que les spectacles du festival de rue ne soient agressés par des trombes d'eau, venues du ciel, celles-là.
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Bref, je ne sais pas si je re-nage parce que mon dos va mieux ou si c'est le contraire, j'ignore qui de la piscine ou de l'ostéo doit quelque chose à l'autre, mais je retrouve du plaisir à fréquenter les bassins. J'y retourne avec cadence. Mes sensations tantôt de glisse, tantôt de puissance, sont là. J'essaye des ondulations, sans trop forcer, et évite le papillon : jamais plus que 100 mètres dans une séance. Et j'ai décidé de m'attaquer aux battements. Ça n'a jamais été mon fort, les battements, mais quelque chose me dit qu'ils pourraient être un bon remède contre... le petit bourrelet qui m'obsède, à défaut de profiter à ma colonne.
Et puis tu sais quoi ? Je ne compte plus... Enfin si : mes mouvements sur une ligne - un repère indispensable. Ou mes longueurs dans une séance. Mais je ne compte plus mes distances sur un mois, ou sur une semaine. "nageurs.com" compte pour moi. Et j'ai appris hier avoir ainsi nagé mon centième kilomètre depuis le début de l'année !
 

Pas mal, non, avec une arthrose du dos ?

Alors je reçois plein d'hésitation ce tag de Fiso : m'attaquer à la Seine pour une séance exceptionnelle de septembre ? Je suis bien placé pour savoir qu'il n'y a pas de grand risque microbien. Mais aurais-je le courage de relever pareil défi ? J'ai jusqu'au 28 août pour prendre une décision. A 35 euros le ticket d'entrée, c'est plus cher que des piscines de banlieue. Mais Paris est Paris.
 
Le ferais-tu avec moi ?

04 avril 2012

l'inventeur du Pacs

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Pacsons, pacsons !?!... A plaisanterie (qu'on voit surtout dans une version féminine qui provoque un buzz assez déplacé - c'est mon avis), plaisanterie et demie !..

C'est vrai que Jean-Luc Mélenchon a été l'initiateur de l'ancêtre du Pacs, le Contrat d'union civile. Et qu'il est aujourd'hui le plus applaudi des candidats dans les assemblées gays et lesbiennes !

Hommage donc, et intérêt pour une approche non dépourvue de philosophie :


08 mars 2012

l'inversion des courbes

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Je suis à l'aéroport de Budapest. Hier dans la nuit se sont croisées les courbes du beau et du mauvais temps. J'aurai passé là huit jour sous un soleil inaltéré, et voilà qu'aux dernières heures un épais brouillard ne parvient à se détacher du ciel, plombant l'air d'une nostalgie qui sied aux grands retours.

Dans un instant, les courbes du plaisir et des obligations se croiseront à leur tour.

Budapest me fut, peut-être plus encore qu'à l'habitude, une cure d'apaisée jouvence. Je me suis livré à une débauche indécente des plaisirs qui m'appartiennent : pratique intensive de la natation, dans une piscine olympique à la porte de ma chambre. 15,5 km en tout qui ont redonné à mon corps toute la respiration qui lui manquait. En peu de jours, je l'ai vu se reformer, se débarrasser des masses inélégantes, se parer de la nouvelle marque d'un nouveau maillot, et retrouver un inattendu pouvoir de séduction. Je suis allé aux bains trois fois seulement, tant pour l'eau que pour éprouver ce magnétisme revenu, et les suées ont soulagé mon dos, mais aussi ces stupides doutes existentiels.budapest,natation,mélenchon,présidentielle 2012

Je suis allé au spectacle pratiquement chaque soir, six fois en tout, dont trois avec une partie ou l'autre de ma belle famille. Et je peux donc affirmer que si l'opéra de Budapest est l'un des plus beaux d'Europe, il dispose néanmoins de budgets et d'un plateau technique qui en limitent les capacités de production. Décors kitsch et inconsistants, mises en scènes classiques, distributions locales. Ce qui n'empêche ni les surprises ni les émotions. Les deux auditoriums du Palais des arts, en revanche, sont probablement dotés des conceptions parmi les plus performantes au monde. Pour moi à ce jour, la plus belle acoustique que j'ai jamais rencontrée.

Je suis allé un soir dans un boîte à cul. A contre-cœur pour honorer la budapest,natation,mélenchon,présidentielle 2012promesse d'un coup à boire. La courbe du désir y a croisé celle du dégoût. Sûr que je n'y retournerai plus avant six bons mois !

J'ai écrit, beaucoup, plus que tu ne peux en lire. Depuis ma chambre, la salle à manger de l'hôtel ou des salons de thé. Tâchant toujours de croiser dans mes notes les courbes tangibles de mes vagabondages avec celles plus évasives de mes émois. Mais rassure-toi, le blog va bientôt retrouver un rythme pépère de campagne et te laisser à nouveau respirer.

La campagne, justement, à laquelle, ayant retrouvé dans la dynamique autour de Mélenchon une raison d'espérer, j'ai promis à ce blog de participer. Car quitte à te paraître étrange, j'ai dans ma villégiature suivi l'actualité, regardé par internet les directs ou les différés des grandes émissions politiques. J'ai assisté aux irrésistibles performances de Jean-Luc Mélenchon. En intentions de vote, sa courbe à lui semble sur le point de croiser celle de François Bayrou, ce sera la première bonne nouvelle de la campagne. Mais la deuxième très bonne nouvelle, c'est qu'elle pourrait même désormais croiser celle de François Hollande sans que cela n'empêche la gauche d'être présente au second tour. Mathématiquement, s'entend, car nous n'en sommes pas là. Mais cela vaut déjà d'être relevé : grâce à son efficace combat contre la promenade de santé que tout le monde avait, sidéré, laisser se développer sous les pas de Marine Le Pen, celle-ci est désormais hors d'état de nuire, démasquée en quelque sorte, arrêtée autour de 15 ou 16%, quand François Hollande et Jean-Luc Mélenchon totalisent déjà près de 40%, avec donc un point de croisement à 20% qui nous protège d'un 21 avril.

Cette croisade contre la leader frontiste new-look, m'a d'abord laissé perplexe. Mais il l'a nourrie de tant de conviction, d'ancrage dans des références historiques, et de révélation des aspects les plus absurdes - ou les plus abjectes - de son programme, que force est de constater avec lui que "pour la première fois depuis trente ans, c'est l'extrême-droite qui baisse les yeux devant la gauche".

Une autre dimension de sa campagne m'a d'abord désarçonné : la manie qu'il a de se montrer stratège, fralib-02_12-23.jpgde développer à visage découvert, dans ses interventions publiques, le caractère calculé de tel ou tel bon mot, de telle ou telle position. Et puis peu à peu, au delà des accents de théoricien léniniste que cela donne à ses tribunes, écrites ou orales, apparaît une chose extrêmement importante : Mélenchon fait de la politique un enjeu d'éducation populaire. Il ne fait pas de la communication, il fait de la formation politique. Il travaille à la repolitisation de la société, en commençant par les milieux modestes.

En se montrant à la fois stratège et transparent, et mettant les dimensions tactiques de son combat en partage, il permet à chacun de s'en saisir. Et sa pédagogie désarçonne le milieu journalistique qui ne sait par quel coin le rattraper, quel message de circonstance dénoncer ou quel dérapage relever. Il n'y a rien à déceler car tout est assumé. Ce jeu m'est d'abord apparu étriqué, dépourvu d'ambition majoritaire. Mais dans un monde où la première aspiration populaire est de retrouver la force de compter, de participer à un rapport de force, finalement, cette façon d'avancer s'avère plus payante que je ne l'aurais imaginé.

Alors je ne sais pas si ma courbe croisera la tienne, si nos trajectoires finiront ou non par se rencontrer, si la révolution citoyenne finira ou non par frapper à ta porte, mais putain que c'est bon de retrouver de la confiance. En soi. Et dans la chose publique.

06 mars 2012

Tosca sur Danube

 

Budapest, ce sont des bains, des rencontres aimables assorties de caresses - et plus quand affinité -, des promenades ensoleillées au pied d'immeubles anciens aux façades décrépies. C'est un stage intensif de natation. C'est une respiration en dehors de toute pression. Et puis ce sont des soirées sous les lambris dorés de l'opéra ou ceux des prestigieux salons de thé. Tiens, tout en écrivant, je croule sous le poids des ors du Book-café au dessus de ma tête. Le cappuccino viennois y est excellent, tout comme le Francia Mákos aux pavots, que je viens de finir de déguster. Le piano y est juste de trop...

Dimanche, c'était Tosca : mise en scène classique, distribution cent pour cent hongroise, plutôt jeune, mais de grande tenue. Épuisé par un coucher tardif la veille, en raison d'un début de nuit agité et DSCN1770.JPGsonore au Capella, une boîte aux kitchissimes shows transformistes où j'avais suggéré à un couple de touristes français rencontré aux bains Rudas qu'on s'y retrouvât, puis par une journée d'excursion à Szentendré avec les mêmes, j'ai bien pensé  avoir du mal à résister au choc. D'autant que je n'en avais pas relu l'histoire, et qu'il faut bien le dire, de l'italien chanté surtitré en hongrois, ça me laissait sacrément handicapé.

C'était sans compter avec l'intensité dramatique de l’œuvre et la beauté de la musique de Puccini. Je n'ai pas sombré une seule seconde. Le troisième acte vibre encore sous ma peau, deux jours après. Je n'ai donc pas résisté au plaisir de te laisser entendre, ci dessus, Jonas Kaufmann dans le rôle de Cavaradossi. Sublime interprétation (à écouter surtout à partir de la minute 2'25'')

Tosca, entre amour et trahison, dans une Rome reconquise sur les bonapartistes par un régime aristocratique secondé par les Anglais : Tosca, célèbre chanteuse d'opéra, manipulée par Scarpia, le chef de la police secrète, trahit Cavaradossi, le peintre pour qui elle nourrit un amour maladivement jaloux qui a caché chez lui Angelotti, consul bonapartiste évadé.

Tosca, c'est le déchirement romantique par excellence. Écartelée entre amour et jalousie, entre promesse de silence et incapacité à résister aux cris venus de la chambre de torture, elle finit par accepter de faire don de son corps au concupiscent Scarpia en échange de la vie sauve pour son amant.
 
Assassinant Scarpia après avoir obtenu de lui l'engagement écrit qu'il organiserait pour son amant un simulacre en quise d'exécution, le stratagème échoue néanmoins. Cavaradossi périt sous les balles des fusiliers, et Tosca se jette du haut des remparts. Fin tragique pour histoire sans issue. Mais de laquelle nous reste cet inoubliable E lucevan le stelle.

Hier soir, c'est au Palais des arts Béla Bártok que nous sommes allés entendre, avec ma belle-mère, le concerto pour violon de Sibelius par le Philharmonia, sous la direction de Esa-Pekka Salonen. En deuxième partie, nous eûmes droit à ce qui restera sans doute comme l'une des plus belles interprétations de la VIIè symphonie de Beethoven, au son clair et aux pianissimo d'une légèreté jamais égalée. Complété, en bis par une interprétation tout aussi magique de la valse triste de Sibelius.

Et j'y retourne de ce pas, seul, pour le 3è concerto pour piano de Rachmaninoff. Sous la direction de Zoltan Kocsis. Les amateurs apprécieront.
 
Oups, je dois me dépêcher, l'heure file à toute vitesse...

02 mars 2012

mes nuits avec Tamás

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Robuste, fier, le muscle bandé et le manche droit, concentré à son affaire, l'engin bien en main. C'est ainsi la deuxième nuit qu'il passe au dessus de moi. Avec lui, je me sens protégé. J'aime le velu de ses jambes, la rondeur de son fessier, et surtout, la profondeur de son orbite. Plus il se laisse carresser de mon regard, plus je me trouble devant la gerbe qui s'élève au dessus de son manche. Tamás Wichmann, trois fois médaillé olympique en canoë. Nous partageons la même chambre. Lui en noir et blanc un tantinet sépia dans un cadre sous verre, figé dans l'exploit. Moi, alangui dans la chambre numéro 4 qui lui est dédiée.

Par la fenêtre, j'ai une vue imprenable sur le large bassin olympique extérieur, où j'irai à nouveau faire mes longueurs ce matin. Car l'eau, c'est mieux en immersion. Qui dit qu'à mon retour de la douche,DSCN1713.JPG devant l'icône de compétition, je ne vais pas m'abandonner à quelque chavirement onanique ?

L'Hôtel Császár est devenu le havre de mon pélerinage hivernal. C'est un paradis pour les nageurs. Pour 28 euros hors saison, j'y ai ma nuit, mon petit déjeuner, et mes entrées à la piscine. Les lignes d'eau sont toutes réservéées aux nageurs, nous n'y sommes jamais plus de deux ou trois. Il m'arrive même d'y être seul. La température de l'eau est idéale. Si l'air extérieur est froid, à sec la morsure n'est pas trop sensible. La traversée jusqu'au bord du bassin te laisse à peine le temps de la ressentir et de vivre l'immersion dans la chaude caresse enveloppante de l'eau comme une jouissance libératrice.

La fine volute s'estompe vite au dessus de l'eau. Ton regard se heurte à chaque respiration aux façades jaune Habsburg du bâtiment néo-classique qui entoure le bassin. Un paradis, je te dis !

Mon premier bain chaud au Rudas, hier, m'a bien soulagé le dos. Mais que le dos car j'y ai fui les crocodiles égarés et je n'avais pas moi-même une âme de prédateur. J'y retourne cet après-midi, dans les mêmes dispositions.

Hier soir, j'avais acheté de bonnes places à l'Opéra de Budapest pour un Cosi Fan Tutte familial. Un premier rang de trois-quart au deuxième balcon. C'était sans compter avec le vertige de ma belle-mère, qui a du échanger sa place contre un deuxième rang, à la visibilité tronquée mais rassurante.

DSCN1718.JPGAh! et puis en marchant sur Andrassy ut, je suis passé devant cette statue de Jokai, que je dédie à Bougrenette. Elle lui rappellera qu'avant d'être une délicieuse soupe de haricots au lard, Jokai était d'abord un écrivain célèbre d'époque romantique, un Flaubert hongrois, dont je ne sais toujours pas pourquoi on lui attribue le nom de ce plat rustique mais inimitable...

30 janvier 2012

faire contre mauvais dos bonne brasse

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Mon dos ne réussit pas seul à se remettre. Une collègue, hier, s'est rit de moi, et du mouvement du crapaud par lequel je m'asseois. J'essaie de faire contre mauvaise fortune bon cœur : il est des postures qui me laissent sans douleur. Debout, assis, couché, en apesanteur dans l'eau... mais des mouvements me sont interdits, et certains matins, enfiler mes chaussettes ou lacer mes chaussures relève du calvaire.

Ça ne m'a pas empêché de mettre la main à la patte, ce week-end, pour le bal symphonique des dix ans du Rainbow Symphony Orchestra. Ni surtout de me faire inviter à la Valse de l'Empereur par... rien de moins que le plus beau danseur de l'assistance. J'avais l'air gourd, le regard accroché à ses yeux au lieu d'aller chercher, menton haut et assurance fière, des repères fixes dans la salle, mais cela m'a flatté.

J'ai aussi réussi à retrouver un rythme de natation, encore loin de mes performances d'antan, mais qui comble une partie de mes besoins. 18.500m en janvier, me dit le site de nageur.com, que je viens de découvrir et où j'inscris désormais chacune de mes séances - avec à la clé, une mémoire de mes entraînements, et quelques statistiques à l'usage encore indéterminé.

Si début mars, les bains chauds de Budapest ne me sont d'aucun secours, promis, j'entame des séances de kiné !