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26 avril 2009

l'âme devient Venise à l'entrée du printemps

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"Savoir que tu es là. Savoir qu'après beaucoup de distance tu es là, l'âme devient Venise à l'entrée du printemps, et la nuit de rêves inachevés devient une nuit de pluie et d'eau.
Pourquoi as-tu surgi maintenant ?
Mes mots racontent derrière le vacarme du passé, des sons, une autre histoire. La nôtre. La vraie. Celle qui ne se dit pas. Celle qui s'est déroulée derrière nos gestes, celle qui tapissait les murs de nos pensées colorant d'étrange façon les heures, les jours, les saisons. Et les mots tombaient au fond de l'urne funéraire du sens. Dans le vrac de notre existence. Dans l'indécence de leurs postures obscènes. Mot bribes. En morceaux. En éclats.
Cherche-t-on le secret dévoilé ou la rémission ? Que vaut-il mieux, l'aveu ou la miséricorde ? Ou rien de tout cela. Ou tout à la fois.

Je ne sais pas. Plus.

Voilà que je recommence un voyage de l'obscur au plus clair. Du chaos à l'évidence, et chaque aube en rejoue la révélation.
"

Chiron joue de son blog avec parcimonie. il fonctionne à l'économie, mais chaque coup fait mouche sur la cible minuscule des émotions majeures. Les douleurs qu'il exprime sont souvent proches des miennes, mais cette fois, le voyage va vers le clair, alors j'ai voulu l'accompagner ici vers cette révélation, le temps que d'autres mots, chez moi, achèvent leur gestation.

16:00 Publié dans mes amis blogueurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : poésie

22 avril 2009

la fontaine de l'inspiration

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Vue l'autre jour sur le blog de St-Loup, téléchargée, et revue plusieurs fois depuis dans le fouills de mon ordi : une image pour te montrer que je suis apaisé, et pour affirmer que j'apprendrai - je le jure, j'en suis capable - à admettre qu'un silence est plus souvent une respiration qu'un abandon. Qu'une contrariété, fût-elle un gros mensonge ou une petite trahison, peut parfois n'être qu'une protection voire une façon de remède, et pourquoi pas l'occasion d'un nouveau départ : lundi, seul, je prends mes affaires en main.

Constant Montald (La fontaine de l'inspiration - 1907) - Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

17 avril 2009

je devrais voir quelqu'un

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Me voilà bien, moi, à devoir me mettre le chagrin dans la poche pour écrire la critique d'un livre. Bon, quand on a écrit sur un opéra, on doit bien pouvoir parler d'un livre, non ? Surtout si on l'a aimé, qu'on s'y est vu, enfin, qu'on y a reconnu quelques unes de ses piteuses évidences. Et ses peurs.

Encore plus si c'est celui d'une amie.

silly - Copie.jpgUne amie. Justement, c'est sa meilleure amie qui conseilla un jour à Sarah d'aller voir quelqu'un. Quel cliché ! Elle pourrait s'en gloser encore, tiens ! Sa meilleure amie... Enfin, l'amie parfaite, quoi, l'exemple, l'irréprochable, la plus-que-parfaite, donc la plus-qu-insupportable, le contre-modèle total - et qui s'ignore comme tel, forcément.

Ce n'est pas qu'elle n'a pas cherché à s'en débarrasser, de ce petit monsieur tapis dans l'ombre, légèrement en arrière de l'orbite, avec son feutre noir. Avant finalement de se résoudre à s'en jouer. Alors maintenant qu'elle l'a domestiquée, sa folie, tu parles qu'elle va aller la brader sur un divan !

Il y a dans ce roman, fluide, trois personnages. Enfin, il y a toi, moi, elle, lui, tous ceux qui se sont frottés aux aigreurs de l'amour jusqu'à s'y perdre, et ceux qui ont cru atteindre le bonheur en s'affranchissant de ses escarpements. Je n'ai pas arrêté d'y voir des gens connus, et d'y croiser mon imbécillité d'homme. Dans Julien, tiens, qui a tout mais se silly - Copie (5).jpgperd dans... comme moi je m'écorche sur... Il y a aussi ce pouvoir magique de l'écriture, qu'en fait tu ne maîtrises jamais puisque c'est lui qui dicte sa loi. En écrivant, tu crois donner vie à un personnage, mais c'est lui qui prend possession de toi. Tu as le pouvoir de lui ouvrir toutes les voies, jusqu'au loufoque, mais c'est hors d'aspect qu'il construit son réel. Le tangible ne s'anime qu'une fois écrit, sinon l'intangible prend toute la place, et la folie s'instille, et les preuves s'inversent, attestant de ce qu'elles sont mais surtout de ce que tu es.

Ce trio te dis la vie et l'impossibilité de l'amour, comment n'y aurais-je pas été en résonance ?

silly - Copie (6).jpgJ'ai hésité à commencer cette note plutôt comme ça : il faudrait que moi j'aille voir quelqu'un. J'y pense sérieusement. Quelqu'un qui m'aiderait à comprendre pourquoi je laisse l'amour m'envahir et me détruire. Qui me ferait admettre que les hommes ne sont que ce qu'ils sont, et jamais ce qu'on voudrait qu'ils soient, quelqu'un qui me ferait digérer, intégrer, assimiler, une fois pour toutes, une bonne fois pour toutes, que je n'aime pas celui que j'aime, mais simplement l'idée que je m'en fais, que ç'eut pu en être un autre, et qu'au fond cette figure de l'homme aimé n'est qu'une chimère - fût-elle bien plantée là dans le champ de vision, ou juste un peu à l'écart. Une intrusion qui n'a d'autre fonction qu'aiguiser ton orgueil. Que te démettre la raison. La souffrance est son alibi.

Quelqu'un qui non seulement me dirait avec le poids de la science tout cela que je sais déjà, mais qui me ferait trouver absolument absurde et loufoque de persister, qui me ferait rire de moi, rougir de honte, me fendre carrément la poire, et ne laisser à la spirale destructrice que la liberté de s'absorber elle-même.

Je vais y aller, d'ailleurs, voir quelqu'un, avant d'être définitivement amouraché de ma folie. Avant qu'un de mes meilleurs amis ne me le silly - Copie (4).jpgsuggère, histoire de lui épargner cette incongruité.

Tout cela, donc, pour te dire - car je m'égare : file lire Tu devrais voir quelqu'un, le premier roman d'Emmanuelle Urien (Editions Gallimard). Heureux en amour ou pathétique dans les tourments, files-y, tu y trouveras ton enfant de Bohême. Et un réel plaisir de lecture.

9782070123568.jpeg(Une version sonore du chapitre premier s'écoute ici, performé avec la complicité de Manu Causse)

(Pourquoi ces illustrations ? C'est que, pour moi qui ne me suis remis à lire qu'à la faveur de mes aventures en blogosphère, je lui ai trouvé, à l'intrus du roman, avec sa silhouette noire et son chapeau sur la tête, une étonnante allure de Balmeyer. Y compris sous les traits du jeune homme naïf et lumineux qu'y dessinera Sarah tantôt. Parce que je connais aussi l'original. Voilà un avatar qui m'a accompagné tout au long de la lecture)

16 avril 2009

4.000ème commentaire : il bat encore

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Une pulsation quand il a le temps, mais ce blog bat encore.

Fauvette passait par là. Elle a déposé un commentaire. Lentement, je l'ai ouvert, lentement je l'ai lu. Je me suis dis j'en ferai quelque chose, c'est bien que ce soit elle. 4.000. Un petit coup de perf. Ce blog veut durer encore, pour elle et pour les autres, passer le cap, même si tu es loin aujourd'hui dans mon arrière plan - et je t'en demande pardon.

"Courage mon garçon... Tu connais le truc : un coup de pied dans le fond de la piscine, on remonte, tout doux, tout doux... Je t'embrasse."

Depuis peu, je connais aussi un proverbe japonais qui dit : "après la pluie, le sol est plus ferme". Le problème, c'est qu'il pleut averse, là.

Moi aussi je t'embrasse.

22 mars 2009

random wikitag

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Encore une patate chaude !

Je laisse le mode d'emploi tel que Bougrenette me l'a transmis, à savoir :

  • On va sur Wikipedia. On choisit "random article" le premier article qui sort c'est le nom de ton groupe.
  • On va sur la page des citations (Wikiquote) et on tape "random quotations" les derniers mots de la dernière citation de la page sont le titre de ton premier album.
  • On va sur Flickr et on clique sur "explore the last seven days" la 3e image, quelle qu'elle soit, sera la pochette de ton album.
  • un p'tit logiciel de traitement des photos qui va bien (ici il y en a des gratuits qui marchent au poil) et on colle les mots sur la photo.

Voilà. Le reste n'est pas beaucoup plus compliqué. En pilotage automatique, et en usant de la fonction random de mon cerveau, je tague St-Loup du bout du monde, parce que ses secrets et ses mensonges s'accommodent pas mal des images, Marcel Dugomier, c'est sa punition pour avoir boycotté la manif du 19 mars, sans raison valable, Deef, parce que quitte à se complaire dans la fiction, autant se laisser guider par de joyeux hasards, Fabrice, parce que le bon goût peut aussi se perdre dans une pochette de disque, après tout, et pour finir Chiron, juste pour tenter de donner un petit coup de fouet à son blog, qui connaît la torpeur.

 

15 mars 2009

Mars Max

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Nous voici donc au milieu du mois de mars. Pile. J'en profite pour publier cette photo qui constitue la page du mois de mars du calendrier des pédéblogueurs. Parce que Fauvette m'a rappelé sans le savoir, dans un commentaire bien senti, que j'avais envisagé un temps de contribuer à cette aventure. Mais que je me suis dégonflé... C'est pas comme mes potes commerçants d'une grande ville du Nord qui prévoient de remettre le couvert... pour 2010.

 

12 mars 2009

à livre ouvert

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Il me faut encore te faire un aveu. Parce que c'est l'ouverture aujourd'hui du salon du livre, qu'il est de bon ton de lire, de mauvais goût de ne point le faire, et que je me traîne donc une honte que je m'en vais, une fois de plus, affronter devant toi. Comme ça, ce sera fait : je ne lis pas. Enfin, presque pas. Depuis des années. Juste comme ça, un ou deux livres par an, en général des Van cauwelaert, à l'occasion des vacances d'été, pour tuer le temps sur des plages naturistes de Budapest, ou pendant de longs voyages en train.

Sans doute par ennui. Par flemme aussi, c'est sûr. Sans doute aussi parce que je passe mon temps au travail à lire des notes et des rapports, et que je pensais atteint mon seuil de saturation.

Depuis un an, j'ai commencé doucement à m'y remettre. Avec des blogs, bien-sûr. Mais pas seulement, des rencontres m'ont fait ouvrir un peu plus de livres que je n'en avais pris l'habitude, et m'ont entraîné sur des territoires où je ne me serais probablement pas aventuré.

C'est donc toi qui m'y as invité, finalement. Qui m'as parfois presque forcé la main. Et c'est sans regret.

Il y eut d'abord Les oiseaux vont mourir au Pérou. Des nouvelles prêtées par Fiso pour me dire sa passion de Romain Gary, qui nous conduisit dans les premières semaines de notre rencontre à aller voir aussi La vie devant soi au théâtre.

Puis il y eut Yukio Mishima et sa Confession d'un masque, qui accompagna ma campagne amoureuse en terre japonaise. Et s'y fracassa.

Ce choc fut paradoxalement prolongé par ces opportuns Bruits du coeur, du Danois Jens Christian Grøndahl, offerts par un de mes lecteurs préférés, riche d'une sensibilité perspicace, que je retrouve souvent tout près de mon coeur même si ses pas se sont tristement éloignés de ces pages. Par acquis de sagesse, je crois.

A la rentrée d'automne, je me suis plongé dans les chroniques de Bénédicte Desforges devenue à son tour une amie. Avec Flic, je m'immergeais dans un univers étrange et étranger, et trouvais de l'humanité là où je n'étais pas préparé à en reconnaître.

Puis titillé depuis longtemps par le style détaché et tendrement sarcastique de Manu Causse, je saisis l'occasion de la parution de son recueil de nouvelles, Visite au purgatoire, pour découvrir quel auteur se cachait derrière le blogueur, et ne fus pas surpris d'y retrouver cette plarton11860.jpgume mâle si jalouse de sa féminité. J'y ai donc loué un emplacement.

Et m'apprête, à l'occasion du salon, à me plonger dans l'univers de sa compagne Emmanuelle Urien, qui vient de publier chez Gallimard son premier roman, Tu devrais voir quelqu'un, parce que quelque chose me dit que j'entendrai scintiller du talent de ce côté-là encore.

Je viens aussi de finir un Thriller, J'ai épousé un inconnu, de Patricia MacDonald, parce que Laurent me l'avais offert à la suite d'un dîner mémorable à Paris, en présence de la traductrice, par ailleurs sa grande amie.

Et puis, à l'invitation de mon ami d'amour, à travers d'abord une adaptation théâtrale, puis surtout, quelques heures après, l'écoute audio d'une lecture par Mickaël Lonsdale, je me suis laissé glisser dans la prose d'Albert Camus, par la porte de L'étranger. Que dis-je, glisser. Je m'en suis laissé pénétrer, et là je suis au comble de ma honte en t'avouant n'avoir découvert cet incontournable qu'à l'orée de mes quarante-cinq ans.

Mais qu'importe la honte. Seul le plaisir, le transport comptent. Le verbe léger de Camus, son mot acéré, son personnage dépouillé des inutiles fioritures morales, brut et par ce fait étranger au monde et à ses codes. Splendide. Je comprends qu'il ait enjambé le siècle, dommage qu'il ait eu à passer par la case "école", qui m'a éloigné de lui. "C'est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait de toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur."

Faut-il me plonger dans La chute à présent ?

 

07 mars 2009

les esthètes

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Bon ben voilà, je l'ai fait.

Je m'étais arrangé pour passer la nuit non loin de la Bastille. J'avais mis le réveil à 5h15. A 5h37, j'y étais, ça m'a valu le ticket n° 24 : jolie prouesse pour une première ! La petite ribambelle déjà en place était plutôt joyeuse, et en verve malgré l'heure matinale. Le n°9, arrivé à 3h15 m'a dit que la n° 1 était sans doute arrivée vers 3 heures moins le quart.

Je me suis mis de côté, il me restait juste quelques pages à lire pour finir mon thriller, un livre que m'a offert Laurent il y a quelques semaines, J'ai épousé un inconnu, de Patricia MacDonald, traduit par son amie Nicole.

Les prosélytes lyriques sont arrivés assez vite, j'avais fini ma lecture.

Le ballet rituel a commencé. Premier café, au Falstaff après l'appel de 6h. Pas de croissant, il y avait de l'arrêt maladie en cuisine. Après l'appel de 7h, nous sommes allés aux Associés. La rue s'animait. Après celui de 8h, j'ai quitté le groupe pour rejoindre mon hôte de la nuit dans la lumière du jour et lui porter des pains au chocolat avant son départ au travail. Pour me prémunir, j'en ai profité pour placer à ma lucarne un ticket d'horodateur valable jusqu'à 11h.

Après l'appel de 9h, la file d'attente s'est mise en place sur le trottoir. Mes voisins de queue commentaient leurs derniers spectacles, leurs impressions sur le Werther, encore fraîches, et Zeffirelli ceci, et Peter Sellars celà, et que je l'ai connu meilleur, et que sa mise en scène a vieilli, et qu'au dernier Fidelio je suis parti à l'entracte... J'avais l'impression d'être perdu au milieu de ce monde d'esthètes, fallait-il porter toute cette culture en soi pour apprécier l'opéra ? Avais-je besoin de ce sens critique, de ces outils pour oser m'avancer vers Verdi et Shakespear ? je me faisais tout petit. Je disais que c'était ma première, que j'avais juste aimé le Lady Macbeth de Mzensk, de Chostakovitch, fin janvier, ça m'évitait de jouer un rôle de composition. Et de toute façon, Macbeth ou autre chose...

A 9h30, les portes du hall se sont ouvertes, et les agents d'accueil de l'Opéra Bastille troquaient nos tickets de fortune contre un numéro d'appel officiel. Il restait une heure à attendre. Nespresso faisait de la pub pour sa nouvelle cafetière et offrait le café. J'en ai commandé un plutôt fruité et suave. J'ai cherché George Clooney du regard. Ça m'a permis de constater qu'il y avait quelques beaux garçons.

Kozlika a sorti son tableau et les commandes des uns et des autres, a vérifié d'un ou deux coups de fil que personne ne s'était oublié en route, a distribué les commandes, les noms, les dates, et les nombres de billets à acheter. Ils iront tous le 7 avril. Sauf moi, ma contrainte des mardis soir, qui irai à la première, le 4 avril.

Puis à 10h30, par groupes de 30, nous avons été invités à rejoindre la salle de la billetterie. Je faisais partie du premier wagon. Dans la file, on s'enflammait encore. J'ai eu les places que j'escomptais, au rang 7 du premier balcon, celles qui sont à 20 euros, mais où l'on voit comme à 70, sur-titres bien visibles.

A 11h, billets en poche, je rejoignais ma voiture pour aller au turbin. Sur les marches de l'Opéra, il y avait quelques jeunes, jeans à mi-fesse baillant aux genoux, sac à dos en toile kaki.

Je continue à découvrir l'Opéra, j'espère longtemps y trouver goût en ingénue.

Tiens, un autre ticket en passant : le 400. Ceci est ma 400ème note.