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06 octobre 2009

madame est servie

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Et c'est là que ça se passe, dans la boîte à caprices. Une semaine que je la laissais macérer, je lui devais bien une note un peu mûre, à madame de K !...

07 septembre 2009

ils vont tous bien, ne nous en faisons pas

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Il n'a échappé à personne que c'était la rentrée. Elle n'a évidemment pas la même odeur selon que l'on aie des enfants ou non, selon que l'on soit de ce côté-ci ou de celui-là du manche.

Une chose est sûre : le plus important se passe ailleurs que du côté de la grippe A.

Mon ami Manu fait à cette occasion un retour tourmenté au bercail. Prof par défaut, mais ambitieux, il livre ses doutes dans deux textes fascinants, une lettre à ses futurs élèves et le récit de sa première journée - qui ont sans doute fonction de le soulager de la pression qu'il s'inflige. Peut-on être prof sans s'interroger sur sa fonction ? La confrontation concrète avec des jeunes en pleine génération peut-elle éclairer plus que toutes les digressions sur la chose ?

Extraits en vrac :

"Dans quelle mesure être prof consiste-t-il à reproduire le système qui nous a façonnés ? À rêver de premiers de la classe qui deviendraient profs à leur tour ? Dans quelle mesure, au contraire, suis-je en train de scruter les programmes de la République en cherchant les sous-jacences et les failles, avec l'envie de vous mener au refus de tout système ?"

"Cette nuit, dans le rêve, un élève te tenait tête. Tu finissais par t'asseoir en tailleur contre un arbre, attendant sans doute que quelque chose se passe."

"Construire en kit, pas à pas, pour amener à l'indépendance."

"Quand ils sortent du collège, ils sourient s'interpellent allument des cigarettes parlent de vélos et de skate. Ils vont tous bien, ne nous en faisons pas."

"Sachez, mes chers élèves, que je ne sais rien. Je vous souhaite d'être les lumières qui me guideront vers le métier d'enseignant. Ou les panneaux rouges vifs qui m'indiqueront que je me suis fourvoyé."

06 septembre 2009

l'ovni et la nébuleuse blogosphérique

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Bien. J'ai mis du temps à trouver un angle pour ce billet. Mais je le tiens, et je me lance.

Je viens, avec quelques poignées d'autres, de traverser huit jours de conjonctions astrales blogosphériques, une sorte de nébuleuse. En faisant attention à n'être pas happé par un trou noir, ni à couper la trajectoire d'une météore.

A la charnière de cette traversée, il y eut la rencontre avec cette brouette, chargée d'une grenouille entre deux "O" : Gee Mee. L'Ovni blogosphérique. Celui qui dédie tout un blog à l'amélioration de la plateforme Hautetfort. A la délivrance de conseils techniques pour ses usagers, dont je suis. Mais qui reste néanmoins en alerte sur les contenus, et se montre sensible à la poésie et à l'esthétique des mots, à leur sens. Et qui, va savoir pourquoi, au détour de ses pérégrinations, s'est amouraché de moi, et de Bougre' - entre autres "amitiés sulfureuses" que la blogosphère sait parfois nouer.

N'eut été le plaisir que nous prîmes à nous découvrir, c'eût été un speed dating. Une heure douze chrono au Café du Nord, entre travail et train de banlieue. Nous avions peu d'indices pour nous reconnaître, et comme j'étais arrivé le premier, j'ai passé une gros quart d'heure à scruter chaque homme seul, installé ou arrivant, puis à en rire une fois rejoint par Bougre.

Un homme noir exagérément bedonnant, le regard perdu entre Le Monde et sa bière, un jeune homme ébouriffé, debout à la portière d'un taxi, que j'aurais bien débraillé davantage mais qui hélas fut vite rejoint par une femme, un professeur fou, deux fois l'âge de la retraite, qui traversait la terrasse avec impatience, un quinqua névrosé devant ses boules de glace... notre fantasmagorie s'agitait d'autant plus que seul lui avait les clés pour nous reconnaître. Bougre était sûre qu'il devait s'agir de quelqu'un de relativement âgé. Finalement, il arriva en retard, nous surprit par derrière. Ma foi jeune et beau garçon, un tantinet propre sur lui - contexte professionnel oblige. Et tout à fait sympathique.

Bougre et lui avaient plein de choses à se dire, sur un terrain professionnel commun d'abord, puis parce que Bougre bouillonne de l'envie de faire évoluer son blog. D'ailleurs, depuis cette rencontre, elle s'essaye à le garnir de divers branchages dont - soyons honnêtes - on peut dire qu'ils n'en facilitent pas la lecture. Il y a du travail, n'est-ce pas, Gee Mee ? Il nous a manqué du temps pour revenir sur les épisodes du cobaye, ou pour parler de mon toit, mais ce n'est pas plus mal, les histoires d'internet et de coming-out familiaux étaient bien plus intéressantes.

Avant cela, donc, il y avait eu un déjeuner avec le couple de l'année. Le plus improbable qui soit, des écorchés vifs mieux qu'attachants. Une auteure qui n'a plus à faire ses preuves, mais qui souhaite refermer le livre de ses aventures policières après en avoir tourné toutes les pages, et nourrit déjà de nouveaux projets, et le chroniqueur politique talentueux, au verbe acéré et explosif, mais documenté et toujours exigent, qui a tout quitté pour rejoindre sa belle. Leur écriture ne connait pas la complaisance, alors ils ont fâché, Bénédicte surtout, qui a un jour dans un pamphlet mémorable - que Gee Mee a adoré, tiens ! - réglé son compte au paradigme du blogueur malade. Certains s'en sont offusqués, s'y reconnaissant, forcément. J'y ai moi-même vu tous mes travers, et j'ai trouvé salutaire d'être ramené à ma désuète condition dans ma pratique du blog. J'en suis accessoirement reparti avec un petit pot de baume du tigre, et j'en parle parce qu'il m'a servi pas plus tard qu'hier à apaiser un claquage derrière la cuisse gauche que je me suis fait à la caisse de mon Carrefour-Express de quartier.

Il y avait eu aussi, dans un tout autre registre, le rendez-vous du KB. A l'initiative de l'inénarrable Nicolas, l'homme qui parle comme il écrit, et 462.jpgqui écrit plus vite que son ombre. Toujours avec bonhommie. Cinq ou dix blogs, je ne sais plus, cinq à dix billets par jour sur chacun d'eux, une vie professionnelle, pas de vie familiale connue mais : l'animation bénévole d'un café de quartier appelé à un grand destin wikisphérique : la comète. Le rendez-vous était annoncé politique, et j'avais redouté baigner dans une ambiance de gauche bien pensante pleine de politicaillerie. Mais l'assistance était bien plus diverse que ne le laissait présager le contexte, et le plaisir des retrouvailles a vite relégué les chicanes sur Bayrou, les primaires au PS ou les stratégies d'alliance à une petite table du fond de la salle.

J'y ai partagé un apéritif de dames avec des dames qui tiennent des blogs de dames, c'était drôle. J'en ai été arraché par le politicien local des Verts, qui a monopolisé mon attention pour me dire toute son ambition locale et régionale. C'est lui qui m'a appris l'existence du projet de loi sur la fin des Départements - qu'il applaudit - et c'est donc un peu à lui que je dois le billet que j'y ai récemment consacré.

On trouve profusion de comptes-rendus chez les participants (Manu, CCMrs Clooney, Mtislav, Eric, Falconhill, Gaël, Gularu, Hypos, Louis, Luciamel, Olympe, Sarkofrance, Mathieu L, Yann Savidan, Wallen) qui n'intéresseront sans doute que ceux qui en furent. Moi je retiens surtout que l'on m'a trouvé ici craquant, et bel homme. Et que ma réputation fastidieuse à nettoyer me colle encore aux basques. Au fond, je n'en demandais pas tant.

IMG_2141.jpgLa traversée s'est terminée ce mercredi à l'Assassin (photo de Franck). C'était le rendez-vous des Paris-Carnet, plus installé mais qui mit un certain temps à s'animer. Philippe s'y offrait sa première. Et d'évidence, depuis qu'il explore le monde de la police de l'intérieur, il s'en éprend de plus en plus. J'étais content de lui faire rencontrer Igor. J'y ai aussi revu mes prosélytes lyriques et ai promis de contribuer à en réactiver le cocotier. Les filles se sont fait un truc de filles, une sorte de noeud, j'espère qu'elles dépasseront. Enfin, c'est leur affaire... J'ai retrouvé le Noé de mon premier Paris-Carnet, à la fois plus beau, parce que plein de projets, mais plus fragile aussi. Il aimerait réussir à travailler moins bénévolement. La société ne l'aidera pas sur ce plan. Et puis j'ai partagé en riant un bout de soirée avec Deftones, un petit nouveau lui aussi, emmené là par Fiso.

Autrement, je me suis encore fait avoir : pourtant, je le sais que les frites n'y sont pas bonnes !

Voilà. Huit jours en perdition dans le monde de la blogosphère. Il y eut quelques secousses, mais le temps de remettre mon vaisseau sur son orbite ordinaire, et de reprendre mes esprits, j'ai finalement été en mesure d'en dire quelques mots. Trois siècles après tout le monde, mais que valent les siècles à la vitesse de la lumière (c'est par contre la dernière fois que je mets autant de liens dans un billet : quelle plaie !).

09 août 2009

le temps des caprices

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Gicerilla : "Dites donc, je rêve. Il suffit de demander pour voir son voeu exaucé. Alors moi, la Boug', je rêve de découvrir, étendu lascivement sur mon lit, un beau mec glabre et musclé, intelligent et sensible de surcroit, vêtu d'une peau de bête et qui me dirait "I love you Gicerilla !"... Z'avez ça avec Oh!91 en magasin ?"

(commentaire publié , sur le blog de Bougrenette, toute honte bue, le 3 août dernier)

Eh bien oui, Gicerilla, nous avons ça. Et ça se trouve ici. Résultat d'une coopération sans faille avec "la Boug'" !

Je prends même l'initiative, pour l'occasion, d'ouvrir dans ces colonnes une Boîte à caprices ouverte à toutes et à tous. Parce que après tout, il n'y a pas de raison...

02 août 2009

la boîte à caprices

Toi aussi tu as un caprice ? Cette rubrique est intemporelle. Les commentaires te sont ouverts, exprime-toi ! On verra ce qu'on peut faire...

7 février 2010 : caprice de Gicerilla (n°2)

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"C'est maintenant qu'il s'agit de ne pas se planter. Quel sera mon caprice de début d'année ? Hum, en 2010, j'aimerais faire de l'équitation, il parait que c'est bon pour la forme en général et en particulier pour les fessiers. Alors , si vous me trouviez un prof qui m'apprenne à monter, je m'y mettrais immédiatement. Vous voyez, un beau lad, pas ladre de ses conseils et de sa personne et surtout pas un jockey nain, hein ! :-) Bonne année."

Pour la bonne année, on a jusqu'à la Saint-Jean pour les fainéants... Voilà, c'est dit. En fait, sachez, ma chère Gi, que dans l'univers visuel des gays, on trouve plus de macho qui montent des motos que des chevaux. Brokeback Mountain a remis les cowboys au goût du jour, mais ils n'ont pas encore inondé le marché... Bon, en surfant d'un site à l'autre, et trahissant - si peu - mon fournisseur de visuels habituel, j'ai fini par vous trouver un cavalier. La moustache lui trahit une époque une peu révolue, mais il ne dément pas l'idée que vous vous faites de l'impact de l'équitation sur les fessiers... Du coup, les soldes ne se terminant que mardi, je vous en mets deux autres en prime, pour vous relaxer au sortir de l'écurie...

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6 octobre 2009 : caprice de Madame de K

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"mon caprice ? un beau mec, mais qu'aurait plus de 25 ans ! ;-p un quinqua, mais un joli, bien conservé, poivre et sel et plein de charme ! z'avez ça en réserve ?"

Madame de K, j'ai mis le temps, certes, mais - je te tutoie ? - tu avais manifesté un certain goût pour le temps, le temps qui passe et s'écoule sur les peaux, sur les corps, qui les laisse murir, griser, et sublimer le charme. Au fond, ça me va bien de magnifier pareils profils, même si je m'en défausse à toute hâte. A tout hasard, en guise de charme, je te l'ai choisi outillé, ça peut toujours servir...

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4 septembre 2009 : caprice de Nicolas J

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"Dans ton billet sur le camp de naturistes, pour une fois, tu pourrais pas nous mettre des gonzesses à poil ?" déposé en commentaire le 24 août dernier, sur ce billet pourtant fort cul-turel...

Nicolas, comme tu l'as vu, j'ai aussitôt répondu à ton souhait, en racontant ma journée à Héliomonde. Mais il fallait que j'en fasse quelque chose dans la boîte dédiée, histoire de la faire vivre un peu, sinon ça n'aura été qu'une courte fantaisie d'été... Et qui dit charte dit déontologie, je te livre donc ici une version tout-âge, qui ne choquera personne.doll-homme.jpg

Et pour le pas oublier Lulu ("Ah non, y en a marre des gonzesses à poil. Oh! ne met que cela pour illustrer ses billets...Mets nous des mecs, des vrais, des poilus..." - commentaire déposé le même jour sur le même billet en réponse au tien), en voici le contre-pied :

Au prochain !

(images fauchées sans scupule chez Au détour de...)

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21 août 2009 : caprice de Rouge

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Rouge : "Pas d'un naturel capricieux mais si j'avais un souhait à formuler en ce moment ce serait de réunir autour d'une même table des auteurs morts et des êtres de papier! T'aurais ça en stock?!"

Rouge a le sens du défi, il a donc fallu faire preuve d'imagination, trouver hors de l'Académie des auteurs décédés, avec un pluriel qui ne simplifiait rien à l'affaire, des êtres de papier qui ne pouvaient être que des livres, et une table fédératrice, inspiratrice, pour unir et pour créer.

C'est au Moulin de Villeneuve, à Saint-Arnoult-en-Yveline, que j'ai trouvé une proposition, sans doute parce que je m'y suis rendu pas plus tard que le week-end dernier. Nous sommes dans le bureau d'Aragon - Rimbaud nous excusera. Tout autour de sa table de travail, des livres. Au mur, une photo d'Elsa, sa compagne, l'autre moitié de ce couple mythique de la littérature française.

Nous sommes au royaume de l'universel. C'est hors-stock !

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13 août 2009 : caprice de JG

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JG: "J'ai pas de caprice. Sans doute des fantasmes. Le corps de H.Grant dans Maurice, l'esprit de Oh et fonder une famille avec cette création.Tu crois que c'est possible ? "

Comme tu vois, JG, j'ai substitué le corps de Matt Damon à celui de Hugh Grant. Pas par esprit de contradiction, mais parce que tu m'as demandé d'y ajouter l'esprit de Oh!. Et comme il y a plus d'imposture chez ce talentueux Mister Ripley que chez Maurice... Pour la famille, je n'ai pas la réponse, je sais seulement qu'ils nous en disent l'un et l'autre une sorte d'impossibilité.


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11 août 2009 : caprice de feekabossee

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feekabossee : "J'aimerais bien qu'un beau garçon au teint un peu caramel ou chocolat, enfin tu vois quoi, vienne me chercher tout nu sur une belle moto, tu peux faire un truc là ?"

Faire un truc, on peut toujours. Dans le style bikers, j'en ai trouvé pas mal, des images. Des plutôt hard, avec plein de cuir, et tout ce qui va avec. Ou des plus soft, mais pas assez caramel. Finalement, j'ai fait dans le latino. OK, il n'arrive pas tout nu pour t'enlever, mais comme il se déshabille, je me suis dit qu'un petit collage ferait l'affaire...

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9 août 2009  : caprice de Gicerilla

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Gicerilla :"Dites donc, je rêve. Il suffit de demander pour voir son vœu exaucé. Alors moi, la Boug', je rêve de découvrir, étendu lascivement sur mon lit, un beau mec glabre et musclé, intelligent et sensible de surcroit, vêtu d'une peau de bête et qui me dirait "I love you Gicerilla !... Z'avez ça avec Oh!91 en magasin ?"

Caprice déposé ici sur le blog de Bougre, évidemment, qui porte donc une responsabilité essentielle dans cette initiative (et qui est accessoirement auteure de ce montage) !

OK, le lit a des allures de canapé, la bête revêt davantage l'oreiller que le bonhomme - et c'est tant mieux !- mais qui peut dire que cet homme n'est pas lascif, glabre, sensible et intelligent ? Ça vous conviendra, Madame Gi ?

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2 août 2009 : caprice de Fiso

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Fiso: "Moi je cherche depuis des années un outil qui permet d'ajouter ton prénom sur une pancarte, tenue par un homme nu, qui proclame "I love you (Fiso)"

Premier caprice, donc, il ne s'agissait que d'une pause. En réponse à un commentaire dépoé là. La réalisation étant à mettre au compte de Bougrenette. Parce que les caprices de star, t'as pas le choix : il faut toujours les satisfaire !

17 juillet 2009

quatre petits ronds et puis s'en vont

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Il y a chez elle des ronds. Sa bannière en est pleine : une bougie, une pupille, un compteur, un vitrail, un bol, une lune, une bouée, un drapeau européen projeté dans le bleu de la nuit.... Comme pour dissimuler les piquants qui l'enserrent : la cloture comme sortie de ses gencives, les grains de sable qui font irruption le soir, le sommet de la Tour Eiffel, omniprésent, auto-immuno-présent. Des petits plaisirs accumulés, agglomérés les uns aux autres, des collages à la Max Ernst pour ne laisser transparaître qu'un monde irréel, en partie réenchanté, qui ne gomment pas le malaise mais s'en accommodent. Un bonne dose de courage pour charpenter tout ça.

Aujourd'hui, elle s'ajoute un rond bien rond derrière un chiffre carré, pour en élimer les angles, je présume. Et moi, j'allume une bougie à la gloire de ma marraine.

09 juillet 2009

le fond et la forme, ou le retour du cobaye

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Nous vivons dans la société des paillettes. Tout doit aller vite, il faut plaire, et ne pas laisser à l'ongle le temps de gratter la couche de verni. Allez-y messieurs-dames, approchez vous, le spectacle va commencer ! Tout est or, regardez donc comme ça brille ! Le fond prime sur la forme. Même moi, face à mon psy, je m'applique, voyez comme je travaille bien avec vous... ! Et au travail, pfiou !... Toujours donner le change, se montrer à la hauteur. La forme, toujours cette putain de forme qui prend le pas sur tout le reste. Et le regard de l'autre, par la même occasion, qui prend le pouvoir, inhibe ou stimule le fond. Plaire, plaire, toujours plaire !

Et le fond, alors ! Et le temps de la réflexion, et celui de l'échange ! Et les idées ! Et la pensée construite, argumentée ! On le prend quand, ce temps citoyen, bordel de merde ! Avec nos blogs ?

Nous les blogueurs, j'ai lu quelque part qu'on nous appelait des "créateurs de contenus" - une invention des marchands, sans doute - donc des fabricants de fond. Quoi que sur le fond, faut voir... En tout cas, c'est comme ça que nous générons du trafic, parait-il. Quel horrible sémantique !

Mais c'est quoi, le fond, au juste. Une opinion politique jetée en pâture ? Une vague plaisanterie sur la vie comme elle va ? Une analyse comparative, une mise en perspective ? Un discours disséqué ? L'expression désolée d'un état d'âme, le récit d'une biture, d'une orgie ? La chronique d'un quotidien terne, pour lui insuffler de la vie ? Un récit littéraire, une nouvelle ? Des photos, des vidéos ? La création d'un personnage imaginaire, susceptible d'aller à la rencontre de l'autre, inaccessible ? Des concessions à la société du spectacle, ou des actes de résistances aussi futiles que vaniteux ?

C'est bizarre de se dire que nous sommes des créateurs de fond. Parce qu'au fond, nous n'avons qu'une quête : c'est rendre ce fond accessible, de sorte qu'on y parvienne aussi nombreux que possible. Sans toucher le fond, à toutes jambes ou d'un pas léger, mais qu'on vienne s'y pavaner, s'y écorcher. Qu'il ne soit ni rebutant, ni transparent, qu'on lui trouve des couleurs, de l'attrait, de l'épaisseur.

Et alors, c'est là que la forme fait un retour en force, même si l'on s'en défie. Les sauts de ligne, la typographie, la justification à gauche, l'équilibre général du propos, les illustrations, les intertitres, et accessoirement les liens, la longueur d'ensemble du texte... Alors là, tout compte fait, parce qu'il y a du fond, la forme retrouve grâce à tes yeux, tu oublies les paillettes.

Au fond, le seul problème avec la forme, c'est quand il n'y a pas de fond.

Gee Mee est un blogueur qui fait de la forme une question de fond. Il l'explore de fond en comble, il la dissèque, il l'expérimente, il l'outille et te mets à disposition ses astuces, la soumet à ton avis, exprime le sien. Et puis il prend des initiatives. La dernière en date, il a voulu montrer la différence qu'il pouvait y avoir entre "imprimer" un blog, et un vrai travail d'édition - donc de mise en forme - donc de valorisation, par des éléments structurels, d'un fond porté par un texte ou un ensemble de textes.

Et pour illustrer son propos, il s'est tourné vers moi. A ma grande surprise, car mon blog s'intéresse peu à la forme - quoi qu'il s'efforce de pirater des illustrations à propos. Il y a donc de cela deux semaines environ, d'un air flatteur (ça c'est pour la forme, car il avait sans doute perçu que j'y serai sensible), il m'a demandé l'autorisation de réaliser un travail d'édition succinct à partir de certaines de mes notes. Succinct, mais je sais qu'il y a passé de longues heures. Il s'en explique là.

Mais s'agissant d'un travail d'édition, quoi de plus important qu'un contenu ? Il m'a donc dit avoir trouvé du fond dans cette série d'entretiens que j'avais accordée à un sociologue de la communication de l'Université de Clermont-Ferrand dans le cadre d'une recherche post-doctorale sur les blogs, les blogueurs et la blogosphère. Et du reste, sans fausse modestie, m'y replongeant tout de go pour l'accompagner dans son projet, je me suis surpris moi-même d'être allé si loin dans l'exposé de mon expérience. Et dans la mise à nu de mes ressorts. J'étais donc plutôt content du fond, et plutôt satisfait qu'il me proposa de les mettre en forme.

1755879982.jpgVoilà comment est né ce document, qu'il a appelé Les chroniques du cobaye, qui reprend non seulement les entretiens tels que je les ai publiés à l'époque, mais tes commentaires et les liens afférents.

C'est ainsi la première fois que je mets à disposition, en téléchargement sur mon blog, un document dont je suis l'auteur, guidé par toi et tes commentaires, et par le chercheur, bien évidemment.

Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'une telle initiative pourra bien donner, de ce qu'il pourra advenir de ce fond ainsi mis en forme. Mais rien que pour l'intérêt qu'il a porté à cet exercice, et pour ce qu'il a cru y déceler de ma personnalité, je veux dire un grand merci à Gee Mee. C'est drôle, mais au fond, une rencontre comme celle-là, même si elle s'effectue à distance, me remet en forme et fonde - en le légitimant - le choix d'avoir un jour de novembre 2007 formalisé ce blog.

31 mai 2009

le vaste ravissement bordélique

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J'aurais aussi pu titrer ce billet : transcender le désespoir ontologique. De toute façon, il s'agit des mots de Manu Causse.

Il s'est à son tour livré à un jeu de questions-réponses sur le sens de l'écriture dans sa vie, et sa fonction, et les intéractions avec son quotidien, son entourage, sa façon de gérer ses sentiments avec l'écriture... Bel exercice de sincérité.

Comme d'habitude avec Manu, je me sens proche de ce qu'il exprime. Et je suis envieux de ses capacités - même si je ne suis pas sûr qu'il porte en lui moins de souffrances.

A la question "Lorsque vous avez connu des « crises » dans votre vie (deuil, séparation, doute, maladie, chômage…), vous avez écrit plus que d’habitude, moins que d’habitude, ni l’un ni l’autre ?", il répond "ni l'un ni l'autre", en précisant :

"Je serais tenté de penser que l’écriture permet de mettre ces crises à distance (...) je me méfie de la surécriture, du mélodrame, (...) j’essaie d’accueillir les crises et la tristesse au même titre que les autres émotions.

En résumé, pendant les moments difficiles, j’écris différemment (comme d’habitude…)
". Contrairement à moi, lui écrit.

Avec, au delà de cette habituelle différence, cette capacité d'auto-distance, derrière laquelle je cours.