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30 octobre 2009

les premières fois, comme s'il en pleuvait

les feuilles mortes par Luc Quinton.jpg

(photo collage par Luc Quinton)

Les premières fois se ramassent à la pelle,

tu vois je n'ai rien oublié...

Les premières fois se ramassent à la pelle,

les souvenirs et les regrets aussi.

Bon. Quine, Bougrenette, corto74 s'y sont mis : en deux temps trois mouvements. Manu, juste un train derrière, mais il en a fait une ribambellePrincess en a fait un sourire, dont j'avais failli ne pas voir qu'il fut son premier. Gicerilla en a traversé la mer. Olivier a presque joué les siennes aux dés. Rouge l'a déroulée sous une mezzanine... En fait de ramassage à la pelle, les souvenirs sont embrumés, épars, et il y faut un peu de décrassage. Ou alors ils se résument à l'essentiel : leur poésie.

Quant aux regrets, j'ai comme l'impression qu'elles en ont guère laissé, ces premières fois.

Tu trouveras celle de Zoridae, et une série d'autres qu'elle nous a rassemblées.

Autre chose, tiens. J'hésite à conclure la consultation pour choisir mon p'tit coin du paradis. Allez, je te laisse ta chance jusqu'à la fin du week-end, une issue se dessine, de toute façon. Lundi, j'envoie la sauce à mtislav, qui m'a laissé du sursis.

[édit du 30 octobre : plus de sursis, dixit mtislav ! And the winner is : l'Usurpateur !]

27 octobre 2009

ma première lune

open-hearts-2002-02-g.jpg

Une chaîne a été lancée, et je remercie Zoridae de m'avoir invité à m'y associer. L'initiateur importe peu, au fond. Il s'agit de raconter sa première fois. Enfin, tu vois ce que je veux dire.

En fait, j'ai tardé à réagir, parce que je tarde toujours à réagir, attendant le moment propice, ou laissant maturer des choses dans ma petite tête. Et aussi parce que je l'ai déjà écrite, ma première fois, en fait, et encore il n'y a pas si longtemps. Il s'agissait de ma vraie première fois, celle où je rentrais dans une sexualité épanouie, qui me correspondait, où j'entreprenais la grande réconciliation avec moi-même.

Mais avant que l'on me marcha ainsi sur la lune, il y eut bien-sûr cette autre fois, mon so-called dépucelage.

Je n'étais pas précoce. Comment aurais-je pu l'être, alors que je n'avais pas d'attirance pour ce avec quoi le devoir m'obligeait à m'accorder. C'était donc à l'aube de mes 19 ans. Durant l'été, après une première année de Deug poussive en maths-physique, je m'élançais dans les centres de vacance d'un comité d'entreprise bien connu, au sud de la France, pour des animations sur le thème de l'astronomie.

Avec un collègue, pas beaucoup plus brillant que moi en maths, et assurément moins en communication avec le public, nous installions une exposition sur différents objets célestes connus : nébuleuses, galaxies, super novas, etc. Le soir, nous présentions un diaporama, il assurait la logistique et moi les commentaires, puis à l'aide d'un télescope, le temps en général le permettait, nous observions les anneaux de Saturne, les cratères de la lune, Jupiter, et puis nous envoyions tout le monde au lit. Le lendemain matin, nous fabriquions des cadrans solaires en carton avec les enfants les plus vaillants, et puis parfois, nous observions les projections solaires.

L'animation durait deux jours, puis nous partions dans un camp de vacances voisin. Nous avons tourné ainsi tout l'été sur six centres, retrouvant à chaque étape les équipes d'animateurs des fois précédentes, nouant avec eux des relations amicales empruntes d'adolescence.

Un jour de "permission", nous allâmes passer la journée à la plage. Nous étions cinq dans la voiture. La directrice du centre de Six-fours, ou de Sanary, je ne sais plus bien, nous accompagnait, car c'était aussi sa journée de repos.

Ma foi, de cette partie de plage je ne me souviens de rien, mais vraiment de rien. Le seul souvenir qui me reste, c'est le chemin du retour. La directrice - comment s'appelait-elle, déjà ? - avait jeté son dévolu sur moi. Je n'avais rien senti venir, mais sur le chemin du retour, elle s'était mise à laisser sa main glisser sur ma jambe, ou mon épaule, peu importe, et je ne sais plus comment les choses se passèrent dans ma tête, scène d'amour.jpgtoujours est-il que j'acceptais l'idée d'aller ainsi à mon dépucelage. Mieux, j'y voyais l'occasion à ne pas laisser filer. Du coup, tout s'effaça des alentours, les autres personnes qui nous accompagnaient, les paysages, les odeurs de sel, il n'y avait plus que sa main, de plus en plus insistante, la mienne qui maintenant lui répondait, les baisers d'abord intimidés, puis rapidement explicites qui se moquaient des rires gras.

Mon cœur battait à n'en plus pouvoir. Cette fille n'était pas belle, mais elle avait du caractère. Elle avait peut-être deux fois mon âge, en tout cas je le croyais, car avoir 25 ou 30 ans c'était déjà être bien vieux, de là où je voyais les choses, et je dois dire que durant ces quelques heures, je ne fus taraudé d'aucune question sur mon orientation sexuelle.

Une fois arrivés, je crois vaguement me souvenir que c'est moi qui ne la lâchais plus, je jouais le pot de colle, mais elle se noyait dans mes caresses et mes baisers où ma langue explorait de nouveaux horizons.

J'avais l'impression que mon inexpérience lui sautait au visage, et je ne saurai jamais si elle se délectait de mes maladresses juvéniles, ou si elle n'en perçut rien.

Sous sa tente à la nuit tombée, il était évident que je partagerai son lit, mais elle m'annonça qu'elle avait son truc de filles, et que, je comprenais bien-sûr, elle ne pourrait pas me donner tout ce que j'en attendais. En fait, elle me suça. Elle me suça et me suça encore. Et je me perdais en caresses dans ses seins, qu'elle avait généreux. Je me souviens aussi de ce détail qui n'en est pas un : je n'ai pas joui alors, bien qu'elle y mit du cœur - trop concentré que j'étais à la découvrir. Mais ma trique ne me quitta pas de la nuit.

A un moment, au milieu de son sommeil, feignant de me rendre aux sanitaires, je me finis seul. En pleine nature. Éclairé d'un simple croissant de lune montante. (ce détail est une pure invention, ajoutée là pour les besoins du récit, l'état de la lune m'intéressait alors autant que la dernière chemise que mon père avait pu mettre dans le panier de linge sale)

Au matin, j'étais collé encore contre elle, avec cette même vigueur qui ne m'avais finalement pas quitté. Elle me dit : "évidemment, c'est pas comme ça que je vais réussir à me lever". Et c'est drôle, parce que quand je suis bien dans les bras d'un amant, il m'arrive de ressortir cette expression, et de la dire exactement de la même façon...

Quelques semaines plus tard, alors que je devais passer non loin du camp où elle travaillait, j'essayais de l'appeler pour demander à la revoir, sans sons truc de fille, espérè-je. Je crois que sa réponse me refroidit. Je ne la revit plus jamais.

Voilà.

Il y eut ensuite les autres premières fois, déjà partiellement évoquées : celle avec mon premier flirt, qui resta platonique malgré nos mésaventures de Vauvenargues, celle avec ma première compagne, libanaise, bien six mois plus tard : ce fut ma première pénétration. Et ma première fécondation.

Et notre première IVG.

Puis mon entrée sur la grande scène des hommes.

Quant à moi, j'invite mes copines Fiso, Véro, Bougrenette, Princess on Line, Petite Française, Gicerilla, Multi-sourire, et Quine à se lancer dans l'exercice. Et pourquoi pas Dalyna, tiens ? Côté garçons, je crois que j'aimerais bien découvrir la première fois d'Olivier Autissier, et de deef. Mais aussi de Manu, parce que ça fait longtemps que je ne l'ai relié. Ou encore de corto74, parce que quelque chose me dit que je pourrais y croiser quelques uns de mes fantômes...

Allez, les p'tits loups, ça s'appelle être tagué. Au boulot ! (les autres - suivez mon regard - ne me remerciez pas...)

23 octobre 2009

mon p'tit coin du paradis

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Mtislav a un projet : rassembler, auprès d'une sélection de blogueurs, le billet qu'ils considèrent comme leur meilleur. Et au bout du compte, construire quelque chose qui serait comme la mère de tous les blogs, le blog des blogs en quelque sorte, ce qu'il appelle "un éphémère paradis"...

Comme il m'a sollicité, que je n'ai pas de raison particulière de me défausser, et que je trouve plutôt le projet agréable, je me suis penché sur la question. Sauf que l'exercice s'avère plus périlleux que prévu. Car il n'en faudra qu'un !

Donc voivi ce que je m'apprête à faire - c'est un peu risqué, mais je te fais confiance. J'ai moi-même présélectionné six billets, que je crois  sortir du lot, six de mes meilleurs billets, donc, disons plutôt mieux écrits que la moyenne, ou auxquelles j'accorde plus de prix. Si tu pouvais manifester ta préférence - voire en choisir un autre - tu m'aiderais à être présent au rendez-vous de ce p'tit coin de ciel bleu.

Voilà donc ma proposition de top 6 :

A/ de la dissociation du sexe et de l'amour

B/ avec un grand A (5 et fin)

C/ ode à Saiichi

D/ Mes amours secrètes (Menem)

E/ ma part d'usurpation

F/ et la dialectique, bordel !

Bon, c'est pas les textes les plus joyeux - mais bien écrire tout en étant heureux, c'est une problématique que je n'ai pas encore résolue...

Ne te presse pas forcément pour répondre, je m'en vais pour quelques jours, et je te laisse facile jusqu'à la fin du week-end pour me dire ta préférence. Bonne lecture.

22 octobre 2009

5000 sous le signe de Bach

Et voici donc le 5.000ème commentaire. Il est tombé mardi (mais j'ai du retardé son installation sous les projecteurs, pressé que j'étais de mettre des choses au point après les emmêlages de billets auxquelles m'avait conduit l'affaire du match avorté). C'était sur le billet la diva et la midinette.

"J'ai parfois des frissons à l'écoute de certaines musiques, comme l'air de la reine de la nuit dans la flûte enchantée, c'est galvaudé je sais, mais il y a quelques jours j'ai revu le film Amadeus et ça me l'a refait.


Mais je suis plus baroque que classique, et Haendel (par exemple ça) me fait plus frissonner que Beethoven.

Je n'ai pleuré qu'une fois en écoutant de la musique, c'était la Passion selon Saint-Matthieu, de Bach (cet air là très exactement) mais il se mêlait à d'autres émotions que je ne raconterai pas ici, car c'est un endroit comme il faut ;-)"

Pouvais-je espérer mieux ? Les frissons, Mozart, Haendel.... mais surtout Bach, et Saint-Matthieu ! Imagine un peu... J'ai eu déjà l'occasion d'écrire combien Bach surclassait tous les autres à mes oreilles. Et d'écrire aussi ce que représentait pour moi la Passion selon Saint-Matthieu.

Madame de K, savez-vous que j'aurais pu pleurer aussi sur cet aria, qu'il accompagna mes premiers mois d'installation à Budapest il y a, quoi ?, quatorze ans de cela, et d'une certaine façon ma sortie du placard ?

C'est drôle que ce soit tombé sur vous, débarquée assez récemment par chez moi. A la fin de cet été, je crois, sur une humeur capricieuse. Et par l'entremise d'une belle fidèle, écornée par la vie, mais debout, généreuse, digne. Je l'ai vue pour la première fois ces jours-ci, vous le savez, et prenant un infini plaisir à nous découvrir, nous avons parlé de nous, d'elle, de moi, et figurez-vous, beaucoup de vous. Elle est admirative de votre joie de vivre, et je crois qu'elle ne trouve pas usurpée votre minute encyclopédique.

Merci de nous en avoir livré quelques secondes, et de l'avoir fait avec de la grande musique. Vous auriez pu aussi nous dire vos "autres émotions" mêlées à vos larmes, les oreilles qui traînent par ici en ont vu d'autres, et sont d'une discrète bienveillance. Une prochaine fois peut-être...

15 octobre 2009

le blogueur n'est pas qu'un animal paranoïaque (4 et fin)

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Pour clôturer une série de rencontre inter-blogueurs commencée , Bougrenette avait donc pris l'initiative d'un brunch, dimanche matin. Elle est comme ça, la Bougre. Elle aime le social, elle le provoque, elle y cache ses peurs et ses fragilités, elle s'y glisse à petits pas ou organise les choses en grand, avec son air de pas y toucher.

Nous étions donc onze autour de la table, chez Joe Allen. Pour attirer le chaland, si cela ce fut avéré nécessaire, elle mit donc un Bruno aux enchères, avec ses un mètre quatre-vingt-dix-huit, une belle charpente, quelques arguments de l'ordre du charme ajusté, souriant, souligné de subtiles pâtes d'oie, une voix des profondeurs... bref tout pour plaire. Et pas qu'à ces dames. Un homme aux enchères ? Ben c'était pour rire, évidemment, de toute façon, il aurait été hors de la portée de toutes nos bourses réunies. Et puis ces dames sont toutes engagées dans je ne sais quel programme où les hommes sont ramenés, consentants, au rang d'objets à adopter. Quand je te dis que c'était un plan de nanas.

Alex, Deftones, Bruno et moi, on sentait bien qu'on était là un peu en alibis. Voire en faire-valoir ou en amuseurs publics. Je parle de Deftones, là, qui s'y connait dans le domaine.

Donc, retour aux nanas, il y avait Fiso, qui tout comme Bougre avait été empêchée au Paris-Carnet et au Kremlin des blogs, et que je retrouvais là après - wouah !... - une bonne dizaine de jours sans la voir. Véro, entre sorties cul et sorties spectacles - mon équilibre idéal - que j'avais déjà croisée chez Bougre, tout comme Princess on Line. Petite Française, déjà un brunch à notre actif - en compagnie de Gicerilla un mois plus tôt. Multi-sourire, celle qui ne dégaine qu'avec des rimes - en repos momentané. Et Quine, qui m'avoua me suivre depuis longtemps, et qui conçoit le blog comme une façon de se réconcilier avec elle-même, assumant sa part intime grâce au doux confort de l'anonymat.

L'avantage d'être avec des nanas, c'est que si tu croises Edouard Baer sur un Vélib, près de l'Église Saint-Eustache, il te décoche un joli sourire et te salue amicalement de la main. Autrement, ça n'a que des inconvénients : arrêt chaque 10 mètres devant les devantures de magasins, rires putassiers indécryptables... d'autant que chassés vite du Joe Allen - on ne rigole pas avec le petit commerce - il nous fallut trouver une terrasse plus hospitalière pour finir l'après-midi. J'avais projeté de m'éclipser en douce pour faire quelques longueurs de piscine, et me décrasser de la semaine, mais je fus kidnapé sans ménagement.

Note que d'un point de vue anthropologique, je n'ai pas tout perdu à ce rapt : par exemple, j'ai appris qu'on faisait beaucoup dans le bi, chez ces dames. Le bi y est en effet fort bien côté, à ce qu'il paraît : on me demanda si je pouvais entremettre dans ce rayon, je dis sans vouloir décevoir qu'à ma connaissance, le bi préférait quand même surtout le mâle, ce qui n'incommoda pas Véro car elle n'est pas seule dans sa quête...

J'appris aussi que la fellation pouvait être, chez certaines, un moyen de contrôler la cuisson des œufs à la coque, mais que malheureusement, dans de nombreux cas, il fallait plutôt viser le mollet ou même carrément l'œuf dur ! (tu ne comprends pas ? C'est normal, un truc de nanas, je te dis, et je n'ai moi même pas bien saisi si la faute en incombait à l'homme, à la fille ou à la mouillette)

Plus que perturbé par le contexte, Deftones tenta une diversion autour d'une recette de cocktail sexuel, où il y faut un nain bi passé dans un agrégateur de flux RSS. J'espère qu'il développera bientôt dans un prochain billet. En tout cas, il les fit bien rire, ces dames. Et moi aussi, il faut bien le dire.

Voilà. En quatre billets, j'ai mis plus de liens qu'en vingt-trois mois de blogs réunis. Il ne faut plus m'en demander jusqu'à l'année prochaine. D'ailleurs, maintenant, il faut me laisser ou bien je meurs sur place.

Merci mesdames (Bougre, tu me fais signe quand Bruno en est à sa deuxième décôte !)

14 octobre 2009

le blogueur n'est pas qu'un animal paranoïaque (3)

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(Suite d'une semaine de voyage en blogosphère)

C'est donc à nouveau aux aurores - l'horloge affichait 5h50 - que je me présentais devant l'Opéra-Bastille, vendredi dernier. Il s'agissait d'acheter des places à bon prix pour Salomé, de Richard Strauss, d'après l’œuvre d'Oscar Wilde. J'obtins le n°19 au rang des fous de service, ma meilleure performance depuis que je participe à ce rite. Encore un effort, et je serai bon pour Sainte-Anne.

 J'ai observé que le numéro 1, échappé sans doute de cette institution, ou détenteur d'une permission hebdomadaire puisqu'il avait été numéro 3 la semaine précédente, passait ses entre-appels, d'une heure sur l'autre, à faire de la marche à pieds dans les alentours de la Bastille... En ce qui me concerne, j'en suis resté à la farandole des petits cafés. La première heure, passa vite en compagnie de Joël. On évita le sujet des maths, ce qui facilita les choses. Je lui parlais de mes stratégies pour éviter d'arriver fatigué ou mal préparé à un opéra, il me racontait qu'au contraire, un certain état de fatigue l'avait conduit, un soir, à se laisser profondément chambouler par la puissance d'une émotion musicale.

C'est drôle car dès le lendemain, peut-être en raison de cette anecdote, je laissais les larmes s'écouler à grand flots devant une interprétation du concerto pour violon et orchestre de Beethoven par la virtuose japonaise Midori, au théâtre des Champs-Elysées. Je te reparlerai de ce moment intense.

Gilda nous rejoignit à l'appel de 7h, nous parlâmes coïncidences. Joël a une théorie très arrêtée sur ce point : un scénario, pour être crédible, ne peut pas comporter plus d'une coïncidence. Il en faut bien une, soit, pour qu'il y ait intrigue, mais au delà, on est dans la triche. Gilda elle nous raconta comment un jour elle rencontra un auteur dans le métro, alors qu'elle tenait justement sous son bras l'un de ses livres. Moi, je relatais ma rencontre avec Clara au milieu de la mer de Chine...

Au cours de l'heure suivante, alors que je retrouvais une connexion internet, j'évoquai la cyber-attaque dont je venais d'être l'objet la veille, et Gilda fut stupéfaite : elle avait été elle-même, à une autre époque, victime du même cyber-délinquant en mal de bouc-émissaires. Ce n'était sans doute pas qu'une coïncidence : homophobie, racisme et misogynie ont des racines communes.

On se mit à parler blogs, blogueurs, communautés de blogueurs, l'incompréhension que suscite parfois cette activité chez les autres, les fâcheries qui peuvent en découler. Ou au contraire de la propension des blogueurs à se sentir visés par un texte qui ne les concerne pourtant pas... Les exemples fusèrent, et l'on n'en conclut que le blogueur était un animal sacrément paranoïaque. D'où... le titre en contrepoint de cette série de billets. Car il n'est malgré tout pas que cela, le blogueur.

Une fois dans la file d'attente, entre 9h et 9h30, je pouvais confronter avec un autre mélomane mes impressions sur Vozzek, vu la semaine précédente. Je dis que j'avais apprécié la mise en scène, la puissance musicale, le jeu admirable des chanteurs, notamment de Waltraud Meïer, mais qu'il m'avait semblé que les partis-pris scénographiques avaient porté préjudice à l'intensité dramatique dans la scène de la mort de Marie. Le vieil homme, épris d'opéra depuis dix ans à peine et déjà éclairé, détenteur du numéro 17, m'approuva. Entre nous, la numéro 18 avait interrompu sa lecture. Elle avait l'air moins folle que nous. Quand je lui demandais si nous la dérangions, elle répondit qu'elle trouvait notre échange intéressant, mais qu'elle ne se sentait pas en capacité d'y prendre part. Moins dingue, je te dis !

Le vieil homme nous raconta alors son Barbier de Séville, vu l'avant-veille sans décor en raison d'une grève des machinistes de l'Opéra, mais en costumes, avec des chanteurs-comédiens qui s'impliquaient avec plus de cœur encore en raison de la situation. Ce rendez-vous matinal autour de l'Opéra vaut bien des sorties entre amis. Je te jure que j'y prends goût.

Les ami(e)s, justement, blogueuses elles aussi, c'est le dimanche autour d'un brunch, que je les retrouvais. Et quoi qu'elles en disent, c'était bien un rendez-vous de filles, j'en apporte la preuve demain.

à suivre

12 octobre 2009

le blogueur n'est pas qu'un animal paranoïaque (2)

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(Suite du récit d'un voyage dans la constellation blogosphérique)

Il n'y a pas à dire, parmi ses nombreuses qualités, Nicolas est un fédérateur, et la petite foule qu'il rassemblait ce jeudi soir, à la Comète, avait quelque chose d'hétéroclite. Elsa était arrivée tôt, avant moi. Elle s'est décidée à se rouvrir un blog, ce qui est raisonnable vu qu'elle évolue comme un poisson dans l'eau au milieu des blogueurs.

Dragkouik fut le suivant. Il a une piste pour sortir de la mouise, mais chuuut !.. ne prenons pas le risque de tout faire capoter - on n'en saura pas beaucoup davantage - déjà que son flirt avec Ségo est à l'eau !...

Puis Homer, le tendre héros de la soirée, celui en l'honneur duquel Nico mobilisa la troupe. Gentil garçon, aux yeux pétillants et à l'esprit ouvert. Sans sabot ni boue aux pieds, comme quoi ! On a parlé de plein de choses, c'était sympa. Je me rappelle entre autres qu'il n'est pas encore prêt à mesurer par l'expérience la part d'homosexualité qu'il a en lui. Je précise que ce n'est pas un outing, juste une private Joke !

A l'heure de nous asseoir pour désencombrer le comptoir, Luciamel s'est installée près de nous. La belle Luciamel, posée, le regard profond, sage. On a rigolé de l'étonnant clin d’œil qu'elle me fit début septembre, après être passée devant la devanture du bar Entre deux eaux, dont l'enseigne en mosaïque dansante est très loin de laisser entrevoir ce qui se passe derrière ses portes. Du coup, elle m'a annoncé une prochaine naked party au QG, non loin de chez elle, c'est dire...

A l'arrivée d'Olympe, nous avons polémiqué gentiment sur les affaires Polanski et Mitterrand en cours. Puis j'ai eu quelques minutes pour me perdre dans le regard du grand blond ténébreux Seb Musset, incontestablement le Mister Comète de la soirée - mes excuses aux autres ! Il n'aurait pas fallu que notre conversation dure plus longtemps, j'aurais pu trébucher sur sa nonchalance troublante.

Je n'ai pas eu l'occasion d'expliquer à Cyril, du Betapolitique, la différence entre homosexualité et pédophilie, malgré l'insistance de Nicolas sur ce point. Ce sera pour une autre fois j'espère. J'ai des arguments. Je n'ai vu Tonnegrande que le temps d'une poignée de mains. Et il y eut d'autres blogueurs politiques, mais dont le nom m'échappe encore. Et pas à cause de mon état car je me suis échappé tôt, justement, après n'avoir ingurgité qu'un panaché, agrémenté de quelques cacahuètes et tranches de saucisson (merci à Olympe et à Jacques Rosselin).

En repartant, après une courte conversation avec Henri Swisley, le peintre de la soirée, je ne savais pas encore qu'une cyber-attaque avait été lancée contre moi et mon blog par un vieil énergumène - par ailleurs lié avec quelques uns de mes compagnons de soirée d'une certaine forme d'amitié. Je leur sais gré, du coup, en particulier à Nicolas, de s'en être aussi nettement départi. Ainsi va la vie dans le cyber-espace !

Le lendemain matin, c'est à 5h50 que je me présentais devant l'Opéra-Bastille. Frais et pimpant, je dois le dire. Finalement, la seule queue de cette séquence ! Mais c'est dans le prochain billet que j'en parle...

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11 octobre 2009

le blogueur n'est pas qu'un animal paranoïaque

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Une fois n'est pas coutume, le titre de ce billet ne correspond pas au thème qu'il aborde. C'est une phrase entendue au cours des nombreuses rencontres de blogueurs qui se sont déroulées la semaine passée auxquelles j'ai eu l'occasion de participer. J'en profite pour m'interroger ouvertement sur ma capacité à supporter, sur une longue durée, physiquement et financièrement, ce régime : la vie sociale et culturelle a du bon, mais elle a aussi un coût, en train de dépasser les limites de ma vaillance, tout comme celles de mon porte-monnaie. Voilà c'est dit. J'ai quand même des notes à écrire, des billets à lire sur des blogs amis, un travail avec des responsabilités, des longueurs de piscine à tenir et quelques devoirs d'ordre familial, ou des envies insatisfaites, qui se situent en dehors du champ de cette activité malgré tout fort stimulante !... c'est re-dit, voilà !

La semaine aura donc été celle d'un Paris-Carnet et d'un Kremlin des blogs, deux planètes qui se côtoient peu, trajectoires divergentes, alignement tous les 112 ans environ... Et aussi celle d'une nouvelle queue devant l'opéra-Bastille, un astre appartenant à une autre constellation. Plus un étrange rendez-vous de nanas ouvert aux hommes, où un Bruno d'un mètre quatre-vingt dix-huit devait être mis aux enchères, encore une idée saugrenue de Miss Bougrenette, et là on était dans le registre de la voie lactée. Bref, pour te ménager, et me soulager, j'en ferai le récit en plusieurs notes, ça devrait nous occuper pour la semaine.

Quoi dire d'abord de Paris-Carnet ? Que c'est bien d'arriver avant tout le monde, cela permet d'entrer en relation avec des gens avant qu'ils ne soient accaparés par leurs réseaux habituels. Donc quelques rencontres nouvelles furent faites. Avec un Benjamen frais émoulu, tout intimidé de sa première participation, un poil sauvage derrière une façade juvénile. Avec un Johann pour le coup pas timide, qui baptisa le parquet à coup de pinte à l'apéro et semblait capable de tout (mais je ne suis pas resté assez tard pour en être tout à fait certain). Avec Mathieu - ah, Mathieu ! - le fameux bon doux matou que tout le monde a envie de caresser. Et je dois dire y avoir lu, non sans plaisir, une empathie profonde, une bonhomie saine et radieuse. Avec Chondre, dont je pourrai désormais dire que je l'ai eu à ma table. Avec Laurent Gloasguen, celui par qui tout a commencé - mais je n'en parle pas car cette histoire appartient à une autre génération - heureux de sa vie à Montréal, rien à retirer, dit-il, et ça ne m'étonne pas. Avec Maître Eolas, qui faillit me snober, et j'ai promis que je ne le manquerai pas. Voilà c'est fait. Avec un latineo artimea (ou quelkechozum komsae) dont tout le monde vante du blog les mérites, je me dis donc qu'il faudra bien que je prenne le temps de m'y perdre. Avec Deef, qui entend consolider son sevrage par un retour à la natation et compte sur moi pour le motiver. C'est promis on s'y met dans quinze jours.

Il y avait également Philippe, qui s'acclimate doucement à sa nouvelle vie parisienne, avec qui nous étions restés sur un non-dit, ou plutôt sur un dit-mais-avalé-de-travers à propos d'une chronique qu'il fit sur la fête de l'Huma, nous avons donc pu nous expliquer. Ma fliquesse préférée, devenue sage par - on ne sait - l'effet de ses fâcheries à répétition, prix à payer d'un propos sans ménagement, ou la présence de son zhom... D'autres, qui ne me pardonneront pas de les avoir oubliés, mais Gamacé, Gilda, Franck, Kozlika... j'ai l'habitude de les retrouver dans un cadre plus... lyrique. Ou Rapha, dont je chope à chaque fois le sourire au vol. Ou les lascars qui nous viennent à chaque fois tout exprès de Nouvelle Calédonie. Ou encore Hadrien, l'hôte des lieux, dont j'ai soigneusement évité les frites, bien qu'elles semblaient mieux réussies qu'à l'accoutumée. Je le complimente au passage pour ses lasagnes aux aubergines, je me suis régalé.

Un peu plus tard, le lendemain, donc, c'est la Comète qui rassemblait des blogueurs.

C'est drôle : on croirait les loges d'une même société secrète...

M'enfin ! Voir un petit bistro de banlieue rivaliser sa race avec un bar parisien branchouille, c'est aussi une belle satisfaction.

(La photo est signée Franck)

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