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28 septembre 2010

un chant d'amour

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Ce pourrait être parce que j'ai vu récemment Un prophète sur Canal, et me suis frotté, dans le confort de mon canapé, pour tromper l'ennui et combler l'absence, à la dureté impitoyable de l'univers carcéral,

parce que j'ai quitté la manifestation jeudi soir, près de Denfert-Rochereau, en longeant le robuste mur de la Santé, haut et interminable,

ou parce qu'avant hier, dans la grisaille du dimanche finissant, je suis allé à la rencontre de L'homme au bain et de son univers érotique déchiré,

ou encore parce que j'ai appris tout à l'heure que Genet fit à Fresnes l'essentiel de sa détention, dans la cellule, peut-être, où mon père éclusa ensuite quelques unes de ses jeunes années...

Mais c'est en fait parce qu'une fée est venue hier délicatement réveiller en moi le captif amoureux, me glissant que cette année il aurait eu 100 ans, et qu'à cette occasion elle aurait bien voulu m'entraîner, moi, dans l'hommage que vont bientôt lui rendre Etienne Daho et Jeanne Moreau, à l'Odéon,

c'est pour cette raison que je t'offre ce soir le plus beau chant d'amour. 



27 septembre 2010

un robinet sonnant et trébuchant

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Ma copine Fiso nous montre encore une fois tout l'intérêt qu'elle porte aux questions de l'eau et son acuité sur le sujet, en publiant un billet fort bien documenté à l'occasion de la sortie d'un documentaire jeudi dernier, Water Makes Money. A défaut de voir le film - dont le nombre de diffusions programmées est réduit, mais qui malgré quelques raccourcis malheureux ne manque pas d'efficacité pédagogique - je ne saurais que trop t'inviter à aller le lire, et à suivre les liens qu'elle te suggère pour approfondir le sujet.

Et si les multinationales perdaient la bataille de l'opinion et, dans la foulée, quelques marchés de l'eau dans nos villes ? Et si les pouvoirs publics retrouvaient un peu de leur pouvoir de contrôle sur la gestion de la ressource, la plus vitale de toutes ?... Affaire à suivre, la plupart des contrats de délégation de service public arrivent à échéance en 2012.

07 juillet 2010

pensée suspecte

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Hier, Boby m'a envoyé ce mail : "Je ne sais pas si tu connais ce blog. Je l'aime bien, (le plus souvent)...
Ce matin, je ne sais pas pourquoi, quand je l'ai ouvert, j'ai pensé à toi...
"

C'était suivi de ce lien.

Je ne le connaissais pas. Le blog, pas le garçon de la photo. Le garçon de la photo, je l'ai peut-être déjà croisé dans une soirée naturiste de Roger Legall. Mais ça fait bien longtemps que je ne suis plus allé y traîner. Alors cette image m'a rappelé de bien bons souvenirs.

Et comme c'est de saison...

06 juin 2010

musique au fil de l'eau

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Gee Mee, blogueur inclassable mais à l'utilité sociale avérée, à qui l'on devait plein de petites astuces sur lesquelles ces dames se précipitaient pour améliorer la décoration de leur blog, qui avait reconnu une fois le cobaye qui sommeillait en moi, et qui en blogueur-citoyen conséquent s'engage pour l'eau et promeut les manifestations qui la célèbrent, vient de pondre un billet qui, sans avoir l'air d'y toucher, constitue la note la plus utile jamais publiée sur un blog depuis que l'homme a marché sur la lune.

Puisqu'il ne s'agit pas moins que de musique.

La musique peut désormais revenir sur nos pages.

Deezer, grand pourvoyeur en ce domaine - beau catalogue, vraiment - qui après avoir alléché les blogueurs de magnifiques lecteurs importables s'en était pourléché d'un bras d'honneur, peut à nouveau venir égayer nos pages. Et ce, grâce au simplissime tutoriel que Gee Mee a conçu et exposé.

Un exemple ?

Exemple dédicacé à la fée, tiens, au goût immodéré pour la musique baroque, qui a besoin d'un petit remontant en ce moment. Water music, évidemment, puisque nous sommes rentrés dans le mois de l'eau, que Danielle Mitterrand vient de lancer la campagne des porteurs d'eau, que Chambly était en fête pour l'eau samedi et que le festival de l'Oh! se profile pour le week-end prochain.

Fiso t'y fait d'ailleurs de belles suggestions de programme, tout comme Nicolas, si tu as envie d'aller te perdre sur les berges de la Seine ou de la Marne.

Tu pourras, d'ailleurs, y écouter de la musique symphonique, Haendel, évidemment, mais aussi la Sirène, d'Auber, puisque les femmes en sont les invitées d'honneur, ou la Sicilienne, de Fauré (que je te mets en deuxième exemple. Quand on aime...).

Et tout ça parce que le Rainbow Symphony Orchestra y est invité, pour la première fois.

Je n'oublie pas qu'ailleurs, on célébrait la biodiversité, ce week-end. La faune et la flore étaient à l'honneur, et les jardins s'en donnaient à coeur-joie. Je crois avoir entendu un papillon voler.

23 mai 2010

le mot gelé

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C'est l'histoire d'un garçon qui est sur la banquise
tout seul
souvent il se penche pour regarder la mer
il regarde des mots qui sont
pris dans la glace
qui flottent entre deux eaux
lorsque l'un d'eux fait surface
vite vite il le saisit
malgré le froid glacial
il l'emporte sur la banquise
loin loin
en le serrant contre son coeur
il marche longtemps sur la banquise
toujours dans la même direction
il grimpe sur la plus haute des collines
jusqu'à un trou dans la glace
dans lequel il glisse
le mot gelé.

Je ne sais pas ce qui se passe après

c'est une histoire,
le début d'une histoire
qui n'a rien à voir avec...


Et moi, je ne sais pas ce qui se passe avec Manu. Plus il devient môme, plus il gagne en maturité. Dans les mots, dans la voix, dans la musique. Dans le coup de pinceau. Il s'autorise tout. En plus, il joue avec les entre deux, ce qui n'est pas pour me défriser. Entre deux respirations, entre deux yeux, entre deux femmes... Ah non, trois, tiens !

Il parait que RadioLofi, c'est la dernière. Pour l'instant. Ce ne sera pas la fin de l'histoire, Manu est un aventurier d'une autre trempe. Il y a des fois, je regrette de ne pas habiter dans le grand Sud-ouest, aller entendre en direct live ses mots dégelés flotter entre deux airs de guitare et atteindre les cœurs ...

02 mai 2010

RadioLoFi, tome 2...

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Mon ami Manu n'en finit pas d'ajouter des cordes à sa guitare. Après l'écriture, le dessin, la chanson, le Rugby avec un r et des troisièmes mi-temps majuscules, l'enseignement, l'amour (mode exigeant et lucide, un truc de ouf), la traduction, la paternité, les vagues à l'âme, l'impro - inter, multi, pluri ou trans disciplinaire comme on voudra -, les séances de dédicaces quand Monsieur fait salon, les lectures publiques, des machins bizarres sur son épaule, j'en passe car ses cordes ne sont pas toutes avouables, il vient d'inventer la web-radio hebdomadaire du ouiken.

Au tome 1, on pouvait craindre une élucubration de plus, sous l'effet de quelque stupéfiant. Mais au tome 2, on a la preuve que ce n'était pas qu'un pari d'ivrogne.

Allez, cours y rafraîchir ton dimanche matin, le temps n'est pas au barbecue, de toute façon, et son histoire des amants du matin est, comment dire... un peu plus près du trou ?

D'ailleurs, cette nuit, vers une heure trente de la nuit, quelqu'un - une femme troublée, assurément - s'est connecté chez moi via cette recherche google : "un homme dit a sa femme "laisse moi exister", que veut-il lui faire comprendre ?"

Moi j'ai du travail pour la journée, donc je te laisse y réfléchir, voire disserter sur le sujet. C'est l'époque qui veut.

07 mars 2010

quelqu'un connait le numéro du SAV ?

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J'ai la marraine en mode carton et le filleul en mode pause, comment veux-tu que je produise un son ? Ch'uis comme une baudruche entre marteau et enclume. J'attends que passent les giboulées. Reste à me faire déloguer au SAV. Pas de bol, chez Darty, sont fermés le dimanche...

 

02 mars 2010

l'auteur et le narrateur

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La rencontre avec un blogueur est toujours un moment un peu spécial, un passage, la disparition d'un quelque chose que l'on s'était construit dans la tête, et l'apparition d'autre chose, insoupçonné. Une pointe d'ironie en plus, une timidité, une dureté, une tendresse, une féminité, une extravagance, une empathie... Passée la démystification, on retient les yeux que l'on a découverts et s'estompent instantanément ceux que l'on s'était figurés. Je dois dire que chez moi, ce "passage" ne s'est jamais traduit par une déception.

J'ai fait connaissance, au cours de ces derniers jours, avec St-Loup, un blogueur venu d'Argentine dont j'apprécie la parcimonie, les choix et les goûts, la retenue, le tact, un tempérament subtile. Sans qu'il le sache, et à distance, il a déjà orienté certaines de mes lectures, certaines de mes visites, et m'a ouvert à certaines formes de la beauté.

Jusqu'aux premiers mails que nous avons échangés afin de préparer notre rencontre, par lesquels j'ai découvert derrière un pseudo intriguant un ravissant prénom hyspanique, je pensais qu'il s'agissait d'un expatrié. Sa langue était précise et raffinée, ne tolérait rien moins que la perfection. Je n'avais pas pensé une fois qu'il pouvait s'agir d'un Argentin.

En fait, c'est à peu près la seule différence entre ma représentation et la réalité. Tout le reste s'est avéré conforme. Un goût prononcé pour l'échange intellectuel. Un sourire séduisant. De considérables références littéraires. De quoi se sentir tout petit à côté - mais je l'assumais, ma foi. Et une connaissance de Paris sans rivale...

Il n'y a guère qu'avec lui que pouvait se tenir une discussion sur la surface textuelle chez Margueritte Yourcenar, sur l'expression de la mélancolie à travers le gris, et surtout sur les postures différenciées de l'auteur et du narrateur. Sa thèse, c'est que quoi qu'on en dise, par le seul exercice de l'écriture, ou par la seule pratique de la lecture, l'auteur est toujours effacé derrière le narrateur.

Ainsi, moi, par exemple. Je n'ai jamais l'impression de me composer une personnage à travers ce blog. Je m'efforce de parler avec sincérité de ce que je fais, de ce que je ressens, de mes attentes, de mes espoirs, de mes états d'âme. J'y livre mon âge, ma banlieue, mon travail, mes racines, mes rencontres, mes émotions, mes amants d'hier et aventures d'aujourd'hui. Parfois à mots à peine couverts pour préserver mon anonymat initial et les personnes que j'y côtoie.

Ce blog est né dans l'ambition d'une mise à nu - si tant est qu'il puisse s'agir d'une ambition. Il est donc plein aussi de mes manies et de mes petits péchés, sexe compris évidemment. D'une arrogance visiblement exagérée pour dire mes rêves de grandeur. D'une assurance assurément feinte pour dépasser mon indécision chronique. Et puis souvent, du moins je le crois puisque je m'y emploie, de l'aveu de ma faiblesse, de mon inculture, du mépris de moi et de ma désolation totale.

Voilà ce que j'écris.

Mais toi, qu'est-ce que tu lis ?

Lui avait lu dix ans de moins. Il avait lu un grand lecteur. Il avait lu une activité sexuelle débordante, et un caractère entreprenant dans ce domaine. J'avais écrit l'anonymat dont je me drapais pour mes écarts et mes aventures, il avait lu que je franchissais allègrement le rubicon dans mes rencontres inter-bloguesques...

Il n'avait pas lu la prudence que je croyais avoir dépeinte.

Alors oui, l'auteur est plus inhibé que le narrateur, sans quoi il n'aurait peut-être pas eu recours à un blog pour s'exprimer. Pour exister autrement. Mais l'auteur lutte contre le narrateur. Il veut à tout prix l'empêcher de prendre le dessus, de s'envoler et de lui échapper.

Je tire fort sur la corde pour le tenir près de moi, tout près, et le dépouiller de ses faux-semblants.