Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08 mars 2011

l'enquête de la Deûle embourbée dans un cloaque homophobe ?

1345636_deule_640x280.jpg

Je regardais de loin, comme un fait divers intrigant sans autre statut, et sans intérêt particulier, l'histoire des disparus de la Deûle, puis des meurtres de la Deûle. Xième épisode du thème de l'insécurité censé reconduire Sarkozy au pouvoir mais installant plus sûrement Marine Le Pen sur un piédestal blanc.

Mais hier, j'ai reçu d'un lecteur, avec sans doute d'autres blogueurs, le mail que je reproduis in-extenso ci-dessous :

"Bonjour

Etant un fidèle lecteur de vos blogs, ou de vos livres - et connaissant vos engagements respectifs - je souhaite vous alerter sur une curieuse coïncidence, et sur un parti pris qui me semble douteux, voire révoltant.

Il s'agit d'une série de morts (pour l'instant inexpliquée) - désolé pour le caractère morbide - qui ont au moins un point commun : ce sont des jeunes hommes, plutôt mignons et potentiellement gays (le premier était ouvertement gay, le deuxième soit disant hétéro sortait d'un bar gay, et le troisième  ? ...), passablement ivres le soir des faits, qui sont morts noyés dans la Deûle à Lille.

L'endroit de leur présumée chute dans l'eau glacée est très important : c'est un lieu de drague homo très connu à Lille.

Les questions sont multiples (rôle de l'alcool, dangerosité des berges ...), mais malheureusement une question reste sans réponse : sont-ils tombés à l'eau accidentellement ou ont-ils été poussés dans l'eau ?

Ce qui me choque, c'est que les éléments relatifs à l'homosexualité réelle ou présuposée des victimes et le lieu des disparitions, voire le caractère homophobe de l'acte ne soient pas retenus par le procureur qui reste sur une thèse accidentelle liée à l'alcool.

Alors, est-ce une stratégie policière (ne pas trop dévoiler ses billes) ? ou est-ce une négligence coupable ?

Si comme moi, cette "bizarre coïncidence" ne vous laisse pas en paix, je vous invite à aller consulter l'article ci-après sur la marche silencieuse de dimanche dernier à Lille, ou le dossier sur La voix du Nord.

http://www.lavoixdunord.fr/actualite/Dossiers/Region/2011...

Et surtout si vous pouvez en parler dans vos publications, afin que cette affaire ne soit pas étouffée.

Je vous remercie de votre attention.

Au plaisir toujours renouvelé de vous lire.

Chaleureuses pensées

Olivier"

29 janvier 2011

toutes des spameuses !

---------Open space------
Lui donnant l'air d'une étudiante, ses lunettes à monture épaisse reflètent les lueurs d'un d'ordinateur ; au centre de la photo, en légère plongée, elle sourit à son écran.
Assise en tailleur sur sa chaise de bureau, elle porte un pull à grosses mailles et à col roulé, des collants au motif fantaisie. Autour d'elle, des livres, un mug, une peluche peut-être - un univers familier, domestique, tranquille.
Elle ne voit pas, derrière elle, la douzaine de corps d'hommes et de femmes nus (les têtes sont coupées par le cadre) qui, les bras croisés ou les mains baladeuses, semblent l'attendre en arrière-plan.
-----------------------------

des peuplées,


dernier délire en vogue chez mon poto-blogueur manu : la mailing liste coquine. Une image virtuelle par jour, sauf les week-ends, avec ses petits enrobements
: mon spam préféré depuis presque dix jours. Ca tombe bien pour le blog, au moment où il y est question de femmes et de salopes...!! Si toi aussi tu veux recevoir ces images parce que là, bon, qu'est-ce que tu veux que, tu me mailes et je transfère, si tu en veux pour tes petits amis ou faire des trucs avec, tu me mailes aussi, si tu es happy et tu know it tu clappes tes hands et sinon, ça roule ? (du manu dans le texte)

12 décembre 2010

sous le signe du lac

hiver-cygnes-etang-90-belfort-216005.jpg

J'ai bravé la neige vendredi matin, et les grands froids, pour remplir mes obligations à l'Opéra de Paris et prendre ma place dans la queue devant le guichet. C'était le premier jour de la vente de Francesca Da Rimini, un Opéra totalement méconnu de moi, d'un obscur Riccardo Zandonai, un compositeur italien du début du 20ème siècle dont je ne sais rien. Après mon retour mouvementé de Budapest, la veille au soir tard, et la découverte de ma voiture prise dans la neige et la glace, j'aurais probablement jeté l'éponge si je n'avais pris l'engagement auprès d'un ami blogo-mélo-prosélyto-maniaque comme moi - ou pire - mais empêché, de lui prendre une place.

En même temps, l'expérience m'a permis de rentabiliser en une fois mon investissement hongrois dans un bonnet et un cache-nez, qui m'ont été les plus valeureux compagnons. Et puis Gilda, fidèle à ses horaires, m'a rejoint un peu plus tard, ce qui nous a permis de deviser sur les méthodes commerciales de banquiers peu scrupuleux à l'égard de leurs clients ou du service public.

J'avais obtenu le numéro 12, qui devint un numéro 13 en passant à la caisse - selon la règle qui voit s'intercaler les personnes handicapées toutes les dix places -, "le numéro de la chance", me faisait remarquer le chef des caisses dans un petit sourire narquois qui me mit de bonne humeur.

Et en effet, overbooké depuis le premier jour, le Lac des cygnes vit sortir de ses eaux trois places comme par magie, libérées de ses profondeurs pour la matinée de ce dimanche. Le célèbre ballet de Tchaïkovsky, dans la chorégraphie de Noureev, va donc déployer ses ailes tout spécialement pour Bougre, Fiso et moi tout-à-l'heure, et ce sera une façon pas plus désagréable qu'une autre de déclarer ouverte la saison des fêtes !

Et puisqu'une fée n'arrive jamais seule, j'ai le grand plaisir de vous annoncer (roulement de tambours et quelques trompettes), que la mienne de Fée, vient de dégeler. Et de libérer quelques unes de ses belles pensées.

05 décembre 2010

le carré de la chance

carré de six.jpg

Essaie de me suivre : hier, nous étions le 4 décembre 2010, d'accord ? Écrit autrement, le 4/12/10, ou encore le quatre / six plus six / quatre plus six, tu me suis ?

Encore plus capilotracté : nous sommes aujourd'hui à quatre plus six jours d'une date où le quatre et le six formeront à la fois mon année de naissance et mon âge, mais dans un ordre différent, tu vois le truc ?

Et toujours plus fort, regarde bien ça ?

"Mais toi, tu es DINGUE !

Merci, merci, merci !

Je viens de recevoir ma carte postale qui chante et je peux enfin avoir un aperçu de ce que j'ai manqué ...

Tu es un Ange. Je t'embrasse fort mon potO de trop loin." (*)

Ça, c'était hier le six mille six cent soixante sixième commentaire déposé sur ce blog depuis le début, tu le crois ? 6666, quatre six. Le carré magique au Yatzé. Les services postaux n'avaient peut-être pas besoin d'un tel hommage. Mais l'amitié si !

_________________________

(*) signé : feekabossee. J'aurais bien voulu que ce lien te conduise vers un billet nouveau, mais si j'en crois les récentes statistiques de publication sur son blog, il faut encore attendre quatre plus quatre fois six jours, divisés par six sur quatre semaines... Bon ça devrait plus tarder : dans la prochaine semaine des quatre jeudis, sans doute.

(*) bis : sinon, tu peux pas comprendre, c'était un message un peu privé. Un indice ? Ça a à voir avec le spectacle de Daho et de Moreau sur le poème de Genet, le Condamné à mort.

20 novembre 2010

question de temps

horloge.jpg

Putain, pour les trois ans, j'aurais du te bombarder de papiers sur cette expérience bloguesque et les réflexions qu'elle m'inspire. J'avais plein d'idées en tête.

Je voulais te parler de ces rencontres qui ont changé ma vie, l'ont orientée, l'ont soulagée et m'ont fait garder prise quand tout s'effondrait autour de moi. Et au delà, de ces nouveaux amis qui rythment mes soirées, mes week-ends, même mes manifs. Je dois aux rendez-vous de blogueurs du Paris-Carnet mon entrée dans le cercle des prosélytes lyriques et ma découverte de l'opéra à peu de frais.

Je voulais te parler de cette histoire de mouchards, que de plus en plus de chefs d'entreprises installent sur les ordinateurs de leurs salariés, pour en limiter l'usage à des fins professionnelles. Je voulais parler de mon temps passé sur ce blog même pendant les heures de travail, de ce qu'il attise de ma curiosité, de mon acuité, de mes capacités lexicales, de mon assurance, de l'expression de points de vue assumés, de réflexions construites. Ce qu'il représente en gratification, entre deux tâches accomplies, fait de ce temps volé en apparence un espace indispensable de reconcentration au service de mon travail et des projets dont j'ai la charge.

Ça échappe à tous les indicateurs de productivité, ça n'entre pas dans les grilles des démarches "qualité" auxquelles nous sommes astreints. Beaucoup trop immatériel pour ça. Mais une étude menée en Australie en a, paraît-il, récemment confirmé l'utilité. Le temps perso sur un ordi, c'est aussi efficace qu'une pause cigarette ou qu'un break devant la machine à café...

J'aurais aussi voulu évoquer l'évolution des requêtes et des mots clés qui dessinent ma nouvelle géographie Google. La grande plaine du sexe, des branlettes, du touche-pipi, des expériences les plus diverses dont je n'ose même pas ici reproduire les termes, est désormais jalonnée de fréquents pics de références culturelles : on s'est chez moi beaucoup intéressé au poignet d'Hélène Grimaud ces derniers temps, à l'histoire de la Vénus hottentote, à Lulu...

J'aurais voulu parler des twitt, des facebook, des wikio, de tout ce à côté de quoi je passe pour ne pas me perdre dans l'univers virtuel, car le temps justement me manque, au travail comme à la maison, et m'empêche déjà d'aborder tous ces sujets. Je sors trop, sans doute, et ai moins l'opportunité du partage.

Je suis juste content, par la magie de la préprogrammation, d'avoir pu te balancer mon billet anniversaire depuis Barcelone où j'étais en week-end prolongé.

horloge-probe.jpgBarcelone, tiens, encore un truc où je suis en train de me mettre en retard. J'en ai plein à te dire, pourtant.

Bon, sur les trois ans, le mieux c'est que je referme le dossier, pas le temps, on essaiera de faire mieux pour les quatre ans !

Quant à Barcelone, promis, je m'y mets bientôt !

16 novembre 2010

trois ans

ttrois.jpg

Elle battait son plein lorsque j'y suis rentré. Chatoyante, effervescente. Décloisonnée et sans tabou. On allait y picorer de la littérature, des états d'âme décousus, des bribes de poésie, de la politique de bistrot, des expertises juridiques, des confessions intimes. Des chroniques culinaires. Des récits de voyage. Des histoires de rencontres. De belles et nobles révoltes. Du sexe, pourquoi le nier ?

Je lui ai d'abord tourné autour à cause du sexe, justement. Devenu par sa magie tension amoureuse. Car comme la grande musique, elle a du mystère qui t'autorise à l'hypnose.

Mon pourvoyeur de sexe avait été WajDi. Il m'avait comblé dans le secret de mes dimanche matin, avant le réveil de mon compagnon. Après l'audace d'un premier commentaire, et d'une première réponse, il était devenu l'objet d'une convoitise, puis le sujet d'une amitié distante, secrète, un sujet en détresse pour lequel je puisais, va savoir pourquoi, une sorte de devoir - peut-être parce que je trouvais dans ma propre histoire, que j'avais jusque-là considéré honteusement, les éléments d'un possible remède.

Alors je m'étais mis à écrire, à faire remonter des souvenirs, à m'analyser aussi bien... ce faisant, à donner du sens à mes travers honteux. Je le fis chez WajDi, six mois durant, et singulièrement durant un mois d'août où il avait abandonné son blog à ses lecteurs fidèles, depuis le cybercafé d'un quartier populaire de Budapest. C'est là que je fis la connaissance de Fiso, de Boby, et d'autres qui ont depuis disparu du paysage. On se parlait, on échangeait, on se réconfortait, on prenait plaisir à se côtoyer et parfois... à se rencontrer en vrai !

C'est ainsi que ça se passait alors, la blogo. C'était il y a trois ans. Et ma foi, sans rien savoir de ce où cela allait me conduire, un matin de désœuvrement, un vendredi de RTT je crois, je me lançais, fort des quelques rudiments que m'avait enseignés ma copine Fiso.

generalite-de-120.jpgSans projet. A l'aveugle. J'avais juste vaguement en tête qu'avec tout ce que j'avais écrit chez WajDi, rien qu'en recyclant je pouvais tenir quelques semaines. Et de fait, j'ai recyclé, en pagaille. A peu près tout, d'ailleurs. Tout ce que j'avais conservé d'écrit de mon histoire récente, même des copies de courriers à des amis, à des amants, à mes compagnes... je l'y ai recyclé.

16 novembre 2007, 16 novembre 2010. Trois ans de ma vie, à t'en raconter quarante. 10 % de ma vie d'adulte livrée jour après jour à ton regard, et où j'ai exercé le mien à en comprendre les 90 autres. Comment se fait-il que je sois encore là ?

J'ai mes rituels. Le matin, dès 6h15 au réveil, j'ouvre ma messagerie. C'est là que je reçois les alertes m'avisant qu'un commentaire a été déposé. C'est ma première gorgée de café. Et puis je jette un coup d'œil distrait sur les statistiques, je repère à leur avatar les blogologues de la communauté BlogitExpress et souris intérieurement.

Mais force est de constater que la blogo a changé, en trois ans. Ou alors c'est moi ? L'effervescence me paraît loin. Je constate ici et là quelques communautés encore bavardes, des billets ouvrant des sillons de commentaires par dizaines, surtout quand le sujet est politique. Mais les chicaneries politiciennes, ou les complaisances droitières, je n'ai plus ni le temps ni le goût de m'y frotter. Comment se fait-il que je sois encore là ?

Dans ses débuts, mon blog était nourri de sexe et de politique. Et de souvenirs alliant l'un à l'autre. Je garcons_de_la_piscine1.jpgme régalais dans cet anonymat ouvert, si nouveau pour moi, à parler du plus inavouable, de techniques de branle, de parties de touche-pipi, de partouzes organisées. J'exultais quand mon combat pour la justice trouvait, à travers une rencontre, à se marier à la tendresse et au sexe, et que je pouvais être cru et du coup, totalement sincère, comme aucune autre sphère de la vie sociale ne pouvait se le permettre.

Et puis... est-ce ce chagrin qui vint sanctionner trop de confiance ? Est-ce la perte progressive de l'anonymat, la corruption de la rencontre ? Est-ce parce que ma vie elle-même a changé ? Mon blog aujourd'hui s'alimente d'opéra et de politique. Le sexe y a laissé la place a un objet plus noble, mais pas moins orgasmique. Plus lumineux et moins racoleur. Plus difficile. Je n'en parle pas pour briller, d'ailleurs. Ce pourrait être le cas. Mais parce que partant de nulle part dans cet univers réservé, j'y accomplis comme un voyage initiatique, et l'écriture en est ma mise à l'épreuve. Un peu mes devoirs du soir pour capitaliser et apprendre. Je m'y sens au fond plus à nu que lorsque j'évoquais mes érections. La politique ne vient qu'en parenthèse, parce que je redoute d'abdiquer mes engagements et que le cri me reste la preuve de la résistance. Je refuse de désespérer du monde, et parfois ça me fâche avec les blogo-pessimistes chroniques.

L'eau demeure un fil bleu dans lequel j'aime à me plonger, avec le corps, avec les mots. Mon milieu immuable.

Ce petit coup d'œil dans le rétroviseur me fait percevoir que trois ans, c'est très long, et que sur un laps pareil, on connaît plusieurs phases. On change. Je n'ai plus mis les pieds dans un sauna gay depuis plus d'un an sans doute, j'ai délaissé mes nocturnes naturistes de Roger Le Gall, je ne donne plus suite aux relances téléphoniques des amants de coins de vestiaires. Nous sommes dotés d'une identité mobile. C'est peut-être de cette fluctuation que vient le mouvement.

C'est peut-être pour ça, que je suis toujours là. Même lorsque toi, tu n'y es plus.

22 octobre 2010

ainsi va la blogo

une terre en chiffon.jpg

Un gros ballon gonflé de mots et d'images, de vérités et de mensonges, d'usurpations et d'exhibitions, une sphère gigantesque, pas tout à fait lisse. De l'eau dans les crevasses. Des sables mouvants, presque inconsistants. Des îles qui se forment sous l'effet des courants, ou qui disparaissent ensevelies, avec leurs passagers clandestins. La faute aux bouleversements climatiques. Quelques plaques tectoniques qui se meuvent avec lenteur, qui font qu'on la reconnaît depuis l'espace. Autour, des réseaux sociaux en anneaux, des météores qui constellent le ciel de twitts fulgurants. On y naît, on y meurt, dans l'indifférence ou les larmes.

Bleue et paisible de loin, hospitalière de prime abord, on peut s'y perdre, s'y enliser, s'en ennivrer, s'encanailler à bon ou à mauvais escient pour peu qu'on y jette l'ancre.

Si tu y touches elle te transforme, si tu l'ignores elle te rattrape. Tu y vois une fenêtre pour échapper à quelque chose, puis elle t'enferme à son tour. Tentaculaire. Illusoire. Prédatrice.

Trente-sixième mois que j'y navigue. J'en côtoie les pièges. Des ailerons tournoient sans cesse autour de mon embarcation. Parfois la houle est tempétueuse. Mais j'y trouve encore les récifs paisibles et les baies protectrices.

Marin des grands chemins, j'ai appris à avancer sans plus me retourner sur les cadavres en décomposition. Mais ils m'habitent.

Parfois le ciel prend la figure des ogres.

17 octobre 2010

une journée bien remplie

cello.jpg

Tiens, je vais te raconter mon samedi...

Souvent, le samedi est une toute petite journée. Tu as travaillé assez tard le vendredi, tu finis ta semaine sur les rotules, en proie à un stress résiduel sournois. Au réveil, tu restes dans le coltard jusqu'à l'heure des courses, la sieste te conduit à la fin de l'après-midi, et tu es encore à moitié déchiré à l'heure d'honorer un dîner.

Mais au lendemain d'une RTT, tu rentres dans ton samedi avec vaillance, et ton week-end a une autre allure. Entre parenthèse : cette expérience me confirme à chaque fois que la société a tort de vouloir minimiser le temps qu'elle consacre à autre chose que le travail, le temps libre n'est pas coupable ! C'est le temps de la vie. Je ne sais pas combien d'années de vie on a gagné en 15 ans, bien qu'on nous en rebatte les oreilles, mais je sais qu'on a gagné bien plus de points de productivité, tous empochés par les seuls grands fortunés, et que cela suffit à ne pas me faire accepter le recul de l'âge de départ en retraite. Comme on lit dans les manifs, on n'a qu'une vie !

Vendredi s'était fini par un moment improvisé au Théâtre des Champs-Élysées. Pierre-Laurent Aimard jouait Bartok, Maessian, Liszt et Ravel dans, non pas un récital, mais un parcours musical d'une exceptionnelle virtuosité, où le piano, exploré de fond en comble, poussé au-delà de ses limites, pla2.jpgdonnait un son ample, épais, entêtant dans les graves, léger dans les trilles aigües, suspendu ou immergé en apnée, limpide ou accroché, souvent haletant. Aimard est paraît-il un grand spécialiste des musiques contemporaines, et c'est sur un coup de tête, car nous passions non-loin de là à la sortie du travail de mon ami, que nous avons décidé de chambouler notre programme pour nous offrir celui-ci. Dans un théâtre à moitié vide, nos places à 10 euros sont devenues des sièges à 65 euros, au premier rang du premier balcon, côté cours de trois-quart  : vue imprenable sur le pianiste et son clavier ! Voilà un miel que l'on aimerait goûter sans fin...

Bref ! Lancé sur de pareils rails, samedi fut donc gaillard.

Entre petit déjeuner tardif et déjeuner précoce, la matinée fut courte et s'est passée en cuisine. Puis ce fut une virée épique, à soixante kilomètres de ma lointaine banlieue, autant dire dans les confins de l'Ile-de-France où je devais laisser mon ami et son violoncelle pour quelque obscur séminaire de répétittion. Ah! la vie des musiciens !

J'avais prévu d'être de retour à Paris assez tôt, pour ne surtout pas manquer cette nouvelle manif, mais je n'avais juste pas prévu que mon réservoir serait vide, qu'il me faudrait réaliser un plein de gazole, et que cela me vaudrait près d'une heure d'attente devant la station service d'une grande enseigne de distribution.

Finalement, j'ai rejoint la place de la Nation à 16h 10 et ai trouvé sans difficulté une place où stat201010171446_zoom.jpgionner. Je fais ça désormais, les jours de manif : je me gare au point d'arrivée, et rallie la tête du cortège par le métro ou à pied selon l'état des perturbations : ça marche très  bien, dans tous les sens du terme.

Bon, à l'heure où j'arrivai, il était inutile de me rendre à République. J'ai donc remonté l'avenue Faidherbe et rencontrai bientôt la tête de l'un des deux cortèges, puis j'ai continué presque jusqu'à Bastille pour retrouver Yo, avec qui nous avons pris l'habitude de manifester ensemble, ce qui nous permet de nous signaler l'un à l'autre les beaux garçons du défilé. Il n'en manque pas, et la SNCF est plutôt bon pourvoyeur, soit dit en passant...

Mon Dieu, quel monde ! Les manifs en sens inverse, pour le coup, c'est spectaculaire. Je n'avais pas fait celle du samedi précédent, avec ces jeunes qui sont là en couple, ces familles, cette présence paisible mais déterminée qui rend si dérisoire l'arrogant déploiement des brigades de CRS dans les rues adjacentes. Rien semble ne pouvoir arrêter ce flot simple. Ce pouvoir est face à un os imprévu, je ne sais pas comment il va s'en sortir.

Revenu à Nation avant 17h 30, j'ai eu le temps d'aller à ma piscine de prédilection, juste à côté, de me faire un petit 1.200 mètres avant l'évacuation du bassin - dont six cents mètres d'un papillon dont je brutos12844.jpgmaîtrise de mieux en mieux la fluidité, quand-même ! - et de ne pas résister, lorsque le grand métis athlétique qui se douchait juste à côté de moi s'est dévêtu complètement dans la claire intention de s'offrir à ma vue, à la tentation de laisser aboutir une petite caresse, vite-fait bien-fait, sans un mot ni même un regard échangé, exactement comme j'aime.

J'étais ainsi repu, un océan de sérénité, en me rendant chez Fiso rencontrer quelques amies blogueuses et amis tout-court. Au milieu d'une ambiance chaude et sympathique comme elle en a le secret, le meilleur ami de son frère, cerise sur le gâteau, a fait une irruption aussi intense que fulgurante, magnétisant les convives du regard qu'il porte sur la vie depuis la capitale du grand pays d'Amérique centrale où il officie comme correspondant d'un quotidien du soir. J'aurais pu gober la cerise toute crue ! J'aurais pu.

Je pouvais rentrer chez moi tranquillement, sans avoir abusé du petit Sancerre blanc de derrière les fagots, ravi de toutes ces choses utiles et inutiles qui avaient empli ma journée.

As-tu remarqué que dans la vie, plus on se vide, plus on en ressort plein ?