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09 août 2012

tout commence par le cul

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Les Jeux, c'est quand-même une histoire de cul. Pas pour arriver à ce niveau de performance, où il faut du talent et des années de préparation, mais pour gagner les duels. Une seconde de plus ou de moins, et un match bascule, un shoot réussi ou raté, et c'est l'apothéose ou la bérézina. Il s'en faut parfois d'un milimètre, pour que la barre tienne ou chute.

Grand pourvoyeur de stress en handball, le cul a ainsi souri aux gars et abandonné les filles. Au baskett, la preuve est faite, il faut du cul et des nerfs. Espérons que les filles, ce soir, en auront plus que les gars, ce serait un juste retour des choses.

Et puis en athlétisme, on t'affuble d'un grand "Q" ou d'un petit "q", selon que tu doives ta qualification à un placement direct ou à un repêchage. Force est de constater que les Français sont les rois du petit q, dans ce domaine, alors qu'on trouve profusion de grands Q chez les Jamaïcains et les Américains. S'il décroche une médaille sur 200m ce soir, Christophe Lemaître le devra néanmoins à autre chose qu'à du cul.

Bon, en ce qui concerne les nôtres, on aura eu pas mal de cul en première semaine, et sensiblement budapest,hongrie,blog,londres 2012,jeux olypiquesmoins en seconde. En même temps, les escrimeurs, c'est rare qu'ils montrent le leur, de cul. Alors que les lutteurs l'arborent de plutôt belle manière.

Y'en a même qui disent que des histoires de cul se nouent dans les étages du village olympique, et que ça n'a rien à voir avec la taille des "q".

Je déploie à Budapest des trésors d'ingéniosité pour réussir à voir ces Jeux. Ou plutôt, pour les suivre. Dès qu'une compétition rassemble Français et Hongrois, je suis assuré qu'elle sera retransmise en live à la télé. Ou sur écran géant, en centre-ville. Mais sinon, c'est la radio par Internet. France-Info, qui t'offre de longs couloirs de directs, mais qui parfois sombre dans d''incroyables rediffusions. J'ai dû entendre dix fois, si ce n'est vingt, avant-hier, une chronique sur la chanson "Fais-moi du couscous chéri". C'est toujours plus supportable que Nelson Montfort, tu as raison...

Rassure-toi, je m'échappe aussi. Vers les lieux de mes premières histoires de cul... La terrasse du Palatinus, les bains Rudas. J'y suis sage, me contentant de quelques regards coquins, et autres mains baladeuses.

budapest,hongrie,blog,londres 2012,jeux olypiquesEt puis je me souviens que c'est dans le récit de quelques unes de ces aventures qu'est né ce blog, ici-même à Budapest. Avant de prendre chair et corps dans ces pages, mes émois allaient rencontrer ceux d'un blogueur dont je m'étais épris, boxeur de banlieue, qui nous délectait de ses plans cul de vestiaires, nous bouleversait de ses états d'âmes familiaux, et fédérait toute une communauté avec laquelle des liens durables allaient se tisser...

Pourquoi j'en parle ? Parce que je suis à Budapest, dans l'appartement que j'occupais déjà à l'époque, il y a cinq ans, à deux pas du cybercafé où je commençais et finissais mes journées.

Et que depuis, des flots ont coulé sous ces ponts. Les liens se sont distendus, la ferveur a disparu, les spams ont remplacé la plupart des commentaires, mais qu'envers et contre tout, ce billet est aujourd'hui le 900ème d'Entre deux eaux.

05 août 2012

Budapest, une, trentième !

route des vacances.JPG

Et oui, j'y suis à nouveau ! Quant on aime, hein...

Ma retraite paisible. Je n'avais plus fait le voyage en voiture depuis 2003. Avec apparition de l'aviation low cost, c'est devenu une fantaisie coûteuse et inutile. Fatigante, de surcroît, comme cela vient de se rappeler à mon bon souvenir. Malgré une étape nocturne près de Reggensburg, en Allemagne, et une halte déjeunatoire chez des amis d'Igor à Vienne.

Seulement voilà, j'enchaînerai ce séjour à Budapest avec une petite semaine au festival de Salzburg, la classe, non ? D'où la voiture. Que je me suis juré de ne pas utiliser de tout mon séjour hongrois.

D'ici, c'est assez dur de suivre les JO. Dommage, je m'étais pris de passion. Les retransmissions de France-télévision par Internet sont bridées pour l'étranger - question de droits télé - et dans notre petit appartement en ville, nous recevons uniquement les chaînes hertziennes, avec une antenne d'intérieur. Tu te rappelles l'époque des retransmissions enneigées à l'image sautillante ? Eh ben voilà ! En plus, on n'accède qu'aux compétitions où participent des Hongrois ! On ne va pas le leur reprocher, hein, quand on voit le traitement des jeux par les chaînes françaises, mais bon, difficile d'y trouver mon compte. Alors il reste France-Info. Par Internet, ça marche du tonnerre de Dieu. Sauf qu'il n'y a pas l'image, pardi !, et que pour entendre les directs de temps en temps, il faut se fader dix fois dans la journée, les mêmes chroniques et faire son deuil de la trêve des actualités. Triste Syrie...

Autrement, je vais nager, évidemment, mon principal loisir, ici comme ailleurs.

Tiens, tu sais quoi ? J'ai fait 28 kilomètres en juillet. Le site communautaire nageurs.com, qui m'abreuve chaque semaine de mes statistiques à jour, me précise même qu'avec 10 piscines différentes fréquentées dans le mois, je me classe 3ème sur les 550 nageurs de juillet référencés. Je te rassure, en nombre de séances (17 pour moi), je ne suis que 37è, et 75è en ce qui concerne la distance parcourue...

C'est vrai que j'ai éclusé, cet été. Fuyant Paris aux couloirs encombrés, j'ai expérimenté des bassins de la grande banlieue, souvent assez chers d'ailleurs pour les non-résidents. Et puis je me suis offert des pauses aquatiques dans chaque ville où j'ai fait festival : Aix, Chalon, Amiens, Foix... J'ai même fait le "Voyage à Nantes", tout récemment, pour visiter les installations géantes de l'Estuaire 2012, et j'y ai aussi découvert une très belle piscine, à deux pas de l'hôtel où j'étais descendu.

Budapest, donc. Arrivé avant-hier, j'ai commencé hier par Palatinus, histoire de prendre la température budapest,vacances,palatinus,JO,Jeux Olympiques,Londres 2012(qui est élevée, d'ailleurs : la canicule est annoncée pour demain). Il y avait la foule des grands jours, normal pour un samedi, le bassin de 40 mètres restait toutefois largement nageable, le coin naturiste faisait terrasse comble. Seul changement, les douches ont été réaménagées, les céramiques refaites à neuf, et les box troqués pour des cabines... avec des portes ! Ah, pudeur, quand tu nous tiens ! Ça change l'atmosphère. Heureusement certaines cabines ont été laissées ouvertes, énigme, et j'ai pu observer qu'on continuait à y rôder l’œil coquin...

Ce matin, ce sera la piscine sportive Császár-Komjádi, pas de temps à perdre en batifolage, puis un déjeuner dans la belle famille. On y aura je crois de la haute-def pour les Jeux !!

23 juillet 2012

le vivant au prix du mort

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Je descends d'un autre train. Celui-ci me ramène de Chalon-sur-Saône. Trois jours de condensé d'arts de la rue, comme on dit, ou d'"art dans l'espace public", pour coïncider avec la terminologie en vogue.

J'en ai pris plein la tête et les oreilles. Plein le cœur aussi. Les arts de la rue ne méritent pas d'être considérés comme un genre mineur. On est loin aujourd'hui des échassiers et des clowns suiveurs. Ils sont une terre de création, d’expérimentation particulièrement féconde. Un des lieux de la culture où l'on se pose le plus la question de l'accès du public, de sa place, de sa participation. Un des lieux où le réel est questionné avec le plus d'acuité aussi. On y trouve des projets où la qualité d'écriture est exigeante, autant, peut-être même davantage que dans le théâtre ou l'opéra. Ici la scène n'est pas à ton service, avec son plateau tout équipé, sa technique sophistiquée, ses lumières, ses machineries. C'est toi qui es au service de la scène, c'est-à-dire du trottoir, du jardin public, du mur, c'est toi qui lui donne vie, qui leur donne sens. Et le public n'est pas captif, retenu enfermé dans le prix de son billet d'entrée. Tu dois le conquérir, à la force de ta proposition. Tu dois le conserver, à la force de ton verbe, de ton geste. Tu dois lui arracher les larmes quand toute la ville bruisse autour de ses propres misères. La performance est en tout remarquable, les saltimbanques ne sont plus les colporteurs des bonnes ou des mauvaises nouvelles : ils sont des utopistes, des créateurs d'univers, avec des budgets ramenés à la portion congrue, mais souvent avec la rage de changer le monde.

Chalon ne manque pas de snobisme non-plus. Il a ses aficionados, ses programmateurs professionnels, son tout-Paris branchouille à souhait, probablement l'essence de la boboitude. Mais on y trouve aussi des artistes, donc des propos sur le monde. Et le monde. Pour ma part, j'ai souvent été bluffé, et ai eu mon lot d'émotions et de larmes.

arts de la rue,chalon dans la rue,chalon-sur-saöneIl y a les écorchées, qui se frottent à la ville de tout leur corps, à sa rugosité, qui viennent la dénicher dans ses recoins cachés ou dans des espaces éphémères créés à l'adhésif épais, dans un son électro qui reprend et amplifie le déchirement des pas, des heurts et des fuites, qui vient faire grincer le mano a mano auquel la danse se livre avec le street art, qui t'introduit dans les coins sombres de la cité et disparaît comme les papillons de nuit.

L'intime et l'érotique y jouent leur partition.

J'ai entendu une créatrice expliquer son travail sur la transhumance - étonnant, non ? Il y est question de déplacement, d'éphémère, d'absolue précarité, de la rencontre et des constructions nouvelles qui en résultent.
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J'ai vu dans le feu magistral de Carabosse, déchirant la nuit de l'ancien port industriel, vibrer le sort criminel des migrants mexicains victimes en pleine transhumance. Leurs visages t'apparaissaient derrière une cire couleur de sang qui coulait d'une tôle brûlante. Leurs vêtements souillés partaient déjà au recyclage quand leurs tombes se taisaient, recouvertes d'objets anodins mais témoins.

arts de la rue,chalon dans la rue,chalon-sur-saöneJ'ai vu sortir d'un conteneur une montagne de déchets et ces déchets prendre vie, s'animer accéder à des bribes d'humanité. Ou bien étaient-ce des lambeaux d'hommes, jetés malgré eux dans la pâture des effets usagés, qui s'accrochaient malgré tout à leur part d'être humain ?

J'ai vu un homme seul, en costard-cravate tirer une valise, hurler sa détresse, raconter sa mise au placard, son licenciement, le sacrifice de vingt ans de savoir-faire, puis la puanteur d'un job de vendeur de téléphones portables, dont les jeux vidéo t'apprennent à éliminer ton prochain, mire à l'oeil, et en appeler à la désobéissance. Cette veste, qui te fait vendre téléphones, voitures ou crédits bancaires, c'est la veste du menteur, l'instrument de l'élimination !

Une amie croisée par hasard m'a d'abord pris pour Angelin Prejlocaj, pas mal, non ?

J'ai vu un autre homme seul, tee-shirt jaune à l'effigie de Gandhi, traînant un lourd cube rouge comme arts de la rue,chalon dans la rue,chalon-sur-saönele fardeau de l'histoire de sa famille, dansant seul au milieu des gens, dans les boutiques ou les camionnettes du marché, se mettant en péril à chaque pas pour revêtir tour à tour les habits du fils du pied-noir, du fils du Moudjahid, du fils du harki. Il racontait comment son père avait géré, vécu, transmis, sans que l'on sache qui, quoi ou de quel côté tant les mots finalement se ressemblent. Comme les êtres. Qui était le héros, qui était le traître, qui le tortionnaire ? Qui a posé la bombe, qui a pratiqué la torture ? Lequel de ces pères préférait se taire, et faire en sorte que pour la génération d'après, la sauce soit digeste malgré tout, plutôt qu'amère. Est-on ce qu'on est, fait-on ce qu'on fait du fait de l'instruction reçue, des valeurs inculquées, ou bien à cause des hasards qui t'ont mis où tu étais ? Et toi, il était où, ton père, m'a-t-il lancé, lèvre tremblante et main sur l'épaule ?

arts de la rue,chalon dans la rue,chalon-sur-saöneJ'ai vu une femme célébrer ses propres funérailles pour jouir au moins de cet instant sordide, clamant que sa mort n'était la faute de personne.

J'ai vu des requins célébrer leur ultra richesse, mettre en scène dans le même spectacle l’obscénité de leur festin et leur acte de contrition. Rire de arts de la rue,chalon dans la rue,chalon-sur-saöneleur fortune, s'éprouver jusqu'à la honte pour souder leur connivence de caste, s'abandonner en partouze et organiser des funérailles pour la perte d'un I-phone, dévorer l'argent comme des bêtes féroces et, oups, c'est bêta !, s'excuser d'être vus dans cette orgie maniaque. Il y en a qui disent que ce sera l'Apocalypse. Il y en a aussi qui disent que c'est la crise économique, ha, ha !... Il y en a même qui disent que le changement, c'est maintenant - et à l'unisson - mais soyez sûrs que quoi qu'il arrive, nous serons toujours, toujours là, à vos côtés ! Tremblez !...

arts de la rue,chalon dans la rue,chalon-sur-saöneJ'ai vu un quinqua marseillais planter sa tente et faire la pute pour retrouver un job, te raconter comment, enfant, la poissonnière annonçait le poisson vivant au prix du poisson mort en fin de marché, parce que le mort, il est toujours moins cher. Jubilatoire et pathétique, il te dit une histoire qui ne peut être que la sienne tant elle est vraie, te prend à témoin, t'entraîne dans le bonneteau du parcours professionnel, là où tu perds ta mise, au troisième crédit à la consommation, sur une délocalisation. Alors tu renonces à un CDI, à des heures supplémentaires, tu renonces aux RTT, tu donnes des heures gratuites, du chômage partiel, tu donnes tout pour garder un chouïa, tu donnes tout quitte à ne plus valoir qu'un mort. Tu penses au sordide chantage de Peugeot à Sevelnord. Tu pleures.

Tu me dis parfois que je parle trop d'art lyrique, trop de théâtre. Ou que je fais trop de politique. Tu préfères quand je parle de famille, de souvenirs. De mon père, de ma mère. Mais qu'est-ce que je fais si tout cela se mêle, comme dans la vraie vie ? Si le plan social chez Peugeot, c'est à la fois ma vie, ta gueule de bois, sa souffrance, si la violence est dans les souvenirs ? Si l'art s'empare du réel et fait de la politique, avec cette puissance ? Si l'art éclaire toute la férocité du monde, jusqu'à oser clamer que le libéralisme nous a ramené à ce point incroyable, où le vivant se donne au prix du mort !

06 juillet 2012

la traversée du Grand Paris

nager,natation

J'aime bien les piscines avec des toboggans. Pas à cause des toboggans, ni des enfants. Juste parce que quand il y a des toboggans dans une piscine, les enfants ne sont pas dans le bassin de nage : ils sont au toboggan et ça nous fait des vacances, à nous, les nageurs. Les vrais.

En ce moment, je m'essaye aux piscines de banlieue pour tenter de trouver un peu d'espace et de respiration. Les parisiennes sont prises d'assaut par tout ce que la métropole compte d'âmes au repos, en quête de hâle et de forme. Les grands bassins olympiques, surtout s'ils ont un toit ouvrant et un solarium attenant, sont infréquentables : s'il fait beau, on croirait les grands magasins à l'ouverture des soldes. Si le temps est maussade, comme cet été, il y a sensiblement moins de monde, sauf qu'ils sont tous dans l'eau : même résultat. Roger Le Gall est un modèle du genre.

Donc je joue les nomades, au gré des proximités où m'amènent des réunions ou des déplacements professionnels, traversant Paris de long en large : Keller, ou le rendez-vous des surdoués : attention les bleus ! Georges Vallerey, une des plus fréquentables... Georges Hermand, aux lignes si parcimonieuses... Armand Massard, sans une lucarne vers l'extérieur, où il faut donc courir dès que le soleil montre le bout de son nez ! J'évite Suzanne Berlioux, aux Halles, car je n'ai pas goût pour les autoroutes.

nager,natationJ'ai recommencé à prospecter dans la grande banlieue : Mennecy reste fermée pour quelques temps encore, semble-t-il, tant les gens qui ont en charge la vie de nos territoires se préoccupent peu du service au public, mais j'ai récemment découvert celle de Corbeil, au magnifique fond en inox riveté. Sans doute un financement de Serge Dassaut, le local de l'étape, décidément prêt à tout pour garder la ville dans son giron. Avant-hier, celle d'Alfortville, flambant neuf, dans un magnifique paysage tout au bord de la Seine, avec un énooooo00rme toboggan : le bassin ne fait que vingt-cinq mètres, les mômes y piaillaient à tue-tête, mais j'y a nagé en toute tranquillité.
 
Et hier, j'expérimentais Massy. Nocturne les jeudis. Le seul moment où ils exploitent la dimension olympique de l'équipement, le reste du temps ils plient les ligne en deux pour des pratiques plus familiales... Aux règles d'hygiène drastiques habituelles, avec les zones "pieds nus" et des cabines "sas" vers les casiers, ils ont ajouté un pédiluve avant les cabines : on s'y trempe les pieds avant d'avoir enlevé ses pantalons, et faut se déshabiller pieds mouillés... Une petite curiosité, déjà observée à la piscine de Brétigny, que l'on doit sans doute à la coquetterie de quelque ingénieur plus malin que les autres qui sévit dans l'Essonne...

J'ai même testé Amiens, le Coliseum, avant que les spectacles du festival de rue ne soient agressés par des trombes d'eau, venues du ciel, celles-là.
nager,natation
Bref, je ne sais pas si je re-nage parce que mon dos va mieux ou si c'est le contraire, j'ignore qui de la piscine ou de l'ostéo doit quelque chose à l'autre, mais je retrouve du plaisir à fréquenter les bassins. J'y retourne avec cadence. Mes sensations tantôt de glisse, tantôt de puissance, sont là. J'essaye des ondulations, sans trop forcer, et évite le papillon : jamais plus que 100 mètres dans une séance. Et j'ai décidé de m'attaquer aux battements. Ça n'a jamais été mon fort, les battements, mais quelque chose me dit qu'ils pourraient être un bon remède contre... le petit bourrelet qui m'obsède, à défaut de profiter à ma colonne.
Et puis tu sais quoi ? Je ne compte plus... Enfin si : mes mouvements sur une ligne - un repère indispensable. Ou mes longueurs dans une séance. Mais je ne compte plus mes distances sur un mois, ou sur une semaine. "nageurs.com" compte pour moi. Et j'ai appris hier avoir ainsi nagé mon centième kilomètre depuis le début de l'année !
 

Pas mal, non, avec une arthrose du dos ?

Alors je reçois plein d'hésitation ce tag de Fiso : m'attaquer à la Seine pour une séance exceptionnelle de septembre ? Je suis bien placé pour savoir qu'il n'y a pas de grand risque microbien. Mais aurais-je le courage de relever pareil défi ? J'ai jusqu'au 28 août pour prendre une décision. A 35 euros le ticket d'entrée, c'est plus cher que des piscines de banlieue. Mais Paris est Paris.
 
Le ferais-tu avec moi ?

01 juillet 2012

trente ans de passés bientôt

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Il a rendu l'âme. Celà fait quelques années qu'il traînait en lambeau dans mon porte-feuilles. A l'occasion de contrôles de routine, les agents de la marée-chaussée ne manquaient jamais une occasion d'évoquer le montant de la contravention à laquelle m'exposait de ne pas le faire refaire.

Mais les démarches administratives ne sont pas mon fort, et je ne cours pas derrière les passages à la préfecture, trop longtemps associés aux interminables, incertaines et douloureuses obligations pour régulariser les titres de séjour des hommes de ma vie.

Finalement, tout est allé assez vite. C'était il y a une petite quinzaine. J'ai été orienté par un guichet d'accueil provisoirement installé dans une algéco, en raison probablement des travaux en cours. Puis j'ai du choisir entre deux files, celle qui concernait les permis ne se distinguant pas si clairement que ça de celle qui délivrait les cartes grises. Une fonctionnaire a gentiment vérifié que je disposais bien de tous les documents nécessaires, à l'exception toutefois des photos, me dit-elle, car je devais absolument m'abstenir de sourire. Elle m'a donné un numéro en expliquant que j'en avais pour une bonne demi-heure et m'indiquait la direction du photomaton.

Je n'avais pas suffisamment de pièces, j'ai donc du rechercher une machine à monnaie. Celle de la salle d'attente où je me trouvais était en panne, je me suis donc déplacé vers celle de la salle des cartes de séjour. J'ai introduit un billet de dix euros. La machine m'a rendu le change, exclusivement en pièces de dix et vingt centimes. Ça ne s'arrêtait pas de tomber, dans un doux cling-bling de machines à sous. J'ai eu l'impression d'avoir gagné au jeu, ce qui était quelque peu incongru dans cette salle d'inhumanité où d'autres destins étaient suspendus à de terrifiants pile ou face.

J'en ai rempli comme j'ai pu mon porte-monnaie, les poches de jeans et de veste, me suis installé dans la cabine où j'ai introduit mes pièces jaunes une à une au moyen d'un poussoir - et cinq euros, en pièces jaunes, ça prend du temps. Puis j'ai obéi aux instructions : yeux à hauteur, pas de sourire, le visage de face, la pupille dilatée. La machine ne s'est juste pas préoccupée de savoir si j'étais bien rasé ni si j'avais un col de chemise. J'ai sélectionné l'image de la deuxième prise. L'affaire était dans le sac !

Quelques minutes plus tard, à l'appel du 179, je me suis présenté au guichet, une dame que je flattais de ne pas avoir son âge, au moment où elle me glissait que son permis à elle aussi allait avoir trente ans, me remit mon nouveau graal. Tout beau, tout propre, partiellement plastifié, mais sans encore la puce électronique qui, paraît-il, sera obligatoire à partir de 2013.

C'est ainsi que j'ai pu offrir à ma carte grise un nouveau partenaire, dépourvu de rivet cette fois, avec qui elle cohabitera à longueur de routes au fond de mon sac en compagnie d'un petit bout de papier vert que je lui change chaque année.

Et à toi, la toute première photo que je publie sur ces pages à visage découvert, car la dame en question à bien voulu m'en restituer les boucles juvéniles...

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20 juin 2012

France-Suède : ça grimace

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C'est un sport qui se joue à qui perd gagne. Et où ce n'est pas le plus qualifié qui grimace le moins à la fin. Ambiance de dimanche électoral, hier soir, dans un pub où les matchs de rugby ont d'habitude meilleure allure. Pourtant, j'en ai pris l'habitude de me vautrer : deux mois et quatre soirées que je finis déculotté, les jeux brouillés : Mélenchon progresse, mais distancé par Le Pen, il devient transparent. Le Front de gauche gagne en voix et en pourcentage, mais son groupe est laminé par la vague socialiste. La bière est fraîche, mais la béarnaise pèse lourd sur l'estomac... la politique et le foot : même embrouille. Tout ce qu'il faut pour débander.

Bon, à partir d'aujourd'hui, j'essaye de tourner la page des occasions manquées. Et de sauter d'un meilleur pied !

08 juin 2012

Pujadas, l'affiche verte

législatives 2012

Dans la circonscription d'Hénin-Beaumont se joue quelque chose de gros ces dimanches. Ou la fille Le Pen entre à l'Assemblée, et dispose d'un tremplin inespéré pour incarner, en France, la face la plus hideuse de ce que nourrit en Europe la crise capitaliste actuelle : la montée, pourtant faillible, d'une Extrême-droite pétrie de haine et de rejet de l'autre. Ou une voix nouvelle l'emporte, une voix découverte lors de la présidentielle, qui revendique sa filiation avec une gauche européenne neuve, qui n'a plus peur de refuser les recettes libérales et prétend résister à l'arrogance de la finance.

La bataille est féroce, mais elle a du sens. Elle mérite d'être éclairée. On a beaucoup reproché à Jean-Luc Mélenchon de s'y être lancé, mais comment, sinon, ce débat aurait-il pu avoir la place qu'il devait avoir, qu'il aurait du avoir, face à la poussée des menaces fascistes en Europe ?

Sur place, alors que le candidat du Front de gauche mène une plutôt belle campagne, s'efforce de parler avec dignité au monde du travail, redonne en terres ouvrières ses vertus solidaires aux vagues migratoires successives et à leurs enfants, en réveille les valeurs de résistance et de créativité, les coups les plus tordus sont lâchés. Tracts anonymes, dénonciation d'un patrimoine et de revenus farfelus, faux flyers pour essayer de faire du vote Mélenchon un acte communautaire, religieux même, musulman donc anti-français. Le faux-tract sur fond vert, écrit dans un pseudo arabe - inversé donc illisible, en vrai - que les sbires de Marine Le Pen ont été pris en flagrant délit de distribution, n'a rien à législatives 2012envier à l'affiche rouge du régime nazi. Même procédé, fondé sur la peur de l'étranger et la dénonciation de l'anti-France. Le Pen a du en admettre l'initiative, prise qu'elle était la main dans le sac, mais tout le monde médiatique semble s'amuser des simagrées par lesquelles elle banalise l'affaire.

législatives 2012Hier, c'est une effigie de Mélenchon grimé en Hitler, sur fond de camp de concentration, qui a été diffusée. Paroxysme de l'abject. Mais l'on n'entend rien d'autre que des commentaires badins, qui se contentent d'y voir, ainsi agrémentée, la thèse du grand cirque médiatique que constituerait le duel Mélenchon-Le Pen  - commode pour renvoyer les protagonistes dos à dos, à égale responsabilité de cette chose ! Incroyable lecture !...

Bien triste illustration dans le journal de France 2, hier soir. Pujadas reçoit Marine Le Pen. Après deux-trois considérations embrouillées sur le retour de la retraite à 60 ans, et une tribune jamais contrariée sur la nouvelle version de la préférence nationale - "avec moi, c'est les nôtres plutôt que les autres" -, on en arrive à la séquence Hénin-Beaumont. Tandis que l'on voit à l'image, sans l'entendre, Jean-Luc Mélenchon présenter à la presse les deux nouveaux faux-tracts qui le calomnient et troublent profondément les esprits dans un contexte de campagne électorale, la Le Pen, déploie sans contradiction ses talents de sainte-nitouche. Tribune insupportable à 72 heures du scrutin.

Et là, faisant mine de vouloir la titiller, sur le ton de "là, on tient quelque chose..." Pujadas lance une pastille : on y voit Marine Le Pen dans une rue d'Hénin. Passe une BMW décapotée, deux jeunes à bord, manifestement d'origine maghrébine. Ils crient à son endroit : "Mélenchon, mélenchon". Et elle de les interpeler : "vous l'avez eu comment votre voiture, vous l'avez gagnée au loto, c'est ça ?" Et à la caméra : "voyez, ce sont eux, il n'y a que les Français musulmans qui sont avec Mélenchon". Pujadas fait mine de tenir la preuve qui l'accable "entendriez-vous que tous les Français ne se valent pas ?" Ne se rend-il vraiment pas compte qu'il vient de lui servir sa soupe ? Celle dont elle fait sa campagne de bout en bout, sans autre argument ? Sa "preuve", c'est exactement le faux législatives 2012tract vert en vidéo, la version héninoise de l'affiche rouge, le même message de peur qui cherche à jeter tous ceux que la fragilité accapare ou effraie dans les bras de l'extrême-droite. Le Pen l'a fait à quelques centaines d'exemplaires dans les boîtes de sa circonscription. Pujadas le fait dans la lucarne de 4 millions de foyers. Quand il n'y a personne pour répondre. Le Pen exulte : "Mélenchon surfe sur le vote communautaire". C'est lui le sectaire, lui qui divise, lui qui choisit l'autre quand elle choisit les nôtres. Et Pujadas de sourire bêtement.

Voilà où en est le cirque médiatique, à trois jours du vote.

L'Express, le Nouvel Obs, et bien d'autres s'étaient livrés à cet exercice dans la dernière ligne droite de la présidentielle, et voilà qu'ils nous rejouent le match : plutôt Le Pen que le Front de gauche. Je préfère ne pas me demander qui est derrière cette opération. Pour m'épargner.

Quant à Pujadas, ça se confirme, il n'est qu'un valet !

04 juin 2012

le changement, ça se joue comme ça

08:41 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : législatives 2012