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24 avril 2013

un mariage et quelques enterrements

 mariage gay,mariage pour tous,christiane taubira

Voilà, c'est fait. Maintenant, il faut choisir : se marier, ou pas. C'est le début des emmerdes, mais celles-là valent la peine...
 
Au moins, les politiques et les clergés vont pouvoir nous lâcher la grappe et laisser la vie s'occuper de nous. S'arranger avec la vie, c'est déjà bien assez compliqué comme ça... A quand le premier divorce pour tous ?

Bravo Christiane Taubira, vous avez été lumineuse d'humanité, brave, digne. Vous avez franchi la porte de l'histoire par le sens le plus grand, celui de Simone Veil, de Robert Badinter, de Stéphane Hessel. Vous pouvez passer celle du gouvernement dans l'autre, maintenant, vous échapper par la lucarne, avant que le décès de Petroplus, l'inhumation de Florange, la crémation du code du travail ne se referment sur vous. Il y aura toujours un grand peuple de gauche pour vous accueillir à bras ouverts.

J'ai reçu hier mon formulaire de déclaration de revenu. Il n'y avait pas de lettre de Jérôme Cahuzac : les services de Bercy ont évité le pire. Mais ils n'ont pas eu le temps de se retourner pour en glisser une de Pierre Moscovici, tant mieux. Sauf que pour la première fois, personne ne nous dit à quoi vont servir nos impôts. Comme s'ils ne servaient à rien, comme si la dépense publique était trop honteuse - en soi - pour qu'un ministre en parle. Comme si les administrations et les services publics n'étaient qu'une épine dans le pied, une croix à porter, le grand fardeau de l'économie.

Les scandales à répétition, financiers, sanitaires, fiscaux, s'invitent chaque jour dans l'actualité, convoquent des émois aussi véhéments qu'éphémères, mais dès qu'il faut parler moyens et effectifs, c'est toujours trop. Le cheval dans les boucheries, les gels industriels dans les implants mammaires, la fraude aux comptes bancaires à l'étranger, mais aussi la sécurité dans les rassemblement publics, la qualité des eaux dans les hôpitaux ou les cantines scolaires... il n'y aura bientôt plus aucun fonctionnaire, plus aucun service préfectoral, plus aucun laboratoire public, pour s'atteler à ces obligations, déceler les abus ou prévenir les risques, mais personne n'a l'air de vouloir faire le lien.

Alors voilà, c'est de ça qu'il faut s'occuper, maintenant. Fermer la morgue du déclin social, et en ouvrir une pour les politiques libérales.

Mais bon, pardon. N'en parlons pas maintenant, on a la vie, pour ça. Aujourd'hui, c'est la fête. Une vraie et belle fête. Une Saint-Valentin à la Saint-Fidèle, et ça, ça ne s'invente pas !

 

09 avril 2013

lettre ouverte à Philippe Torreton

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Encore un effort, Philippe !

Tu permets que je t'appelle Philippe ? C'est une façon d'établir la sincérité de ma démarche, d'exprimer la sympathie que je te porte, et de manifester mon admiration pour le courage de ta parole, malheureusement trop rare dans l'entre-soi du show business.
 
Si je m'autorise cette familiarité, c'est aussi pour plagier le ton que tu as choisis d'employer pour adresser tes remerciements à Jérôme Cahuzac, dans l'admirable tribune que tu as publiée hier dans Libération.

Et puis, je te dois des excuses : entre les deux tours de l'élection présidentielle - mon Dieu, il y a déjà jeröme cahuzac,philippe torretton,moralisation de la vie politique,vie républiqueun an et nous n'avons rien vu ! - je postais ici la lettre à Jean Ferrat que tu avais écrite à sa mort, car je venais de la découvrir par un mail anonyme, et elle avait à ce moment-là une résonnance forte. Cette publication valut à mon blog un record de connexions, toutes époques confondues, et un flot inégalé de commentaires dont beaucoup étaient des remerciements simples, venant de gens simples, qui croyaient te les adresser alors qu'ils me les confiaient. Je n'avais pas su alors comment en porter l'écho jusqu'à toi. Voilà, c'est fait et j'en suis soulagé.

A mon tour, donc, de te remercier. Avec une même sincérité que celle que tu emploies à l'endroit de Jérôme : non feinte. Je vois dans ta lettre l'occasion d'une mise au point comme tu vois dans l'affaire Cahuzac l'occasion d'un retour à gauche de la politique gouvernementale. Tu préconises un sursaut fiscaliste, une moralisation politique, la pénalisation de la faute en politique. C'est dans la lignée de ta réaction à l'évasion fiscale de Gérard Depardieu, et cet ancrage moral qui réjouit les coeurs de gauche dans sa constance, est honorable et salutaire.

Seulement voilà, mon cher Philippe, je crains qu'il ne suffira pas de repeindre les murs en blanc pour que les hommes et les femmes qui constituent le pouvoir d'aujourd'hui ne redonnent sa virginité à la gauche. La gauche leur est devenue lointaine dans leur pratique, mais aussi dans leur visée. As-tu entendu l'autre soir François Hollande rappeler sa priorité au désendettement ? L'as-tu entendu annoncer que, vu l'allongement de l'espérence de vie, il faudrait retarder encore l'âge de départ à la retraite - ou plutôt augmenter le nombre des années de cotisation, ce qui revient au même ?

Pourquoi, Philippe, ne ligoter la gauche qu'à sa bonne conscience morale, à son éthique républicaine, et la dédouaner de ses impérieuses obligations économiques et sociales ?

Le Pape peut bien, pour Pâques, baiser les pieds de jeunes détenus dans une prison pour mineurs de Rome, mais à quoi cela sert-il si c'est pour stigmatiser l'usage des préservatifs et condamner le droit au mariage pour tous ?

Voilà où en est notre gauche ! A quoi sert-elle, quand bien même serait-elle capable de se moraliser, quand bien même en connaitrait-on le patrimoine, si ce n'est pas pour augmenter les salaires ? Si ce n'est pas pour remettre en cause les dogmes libéraux qui interdisent la dépense publique ? Si ce n'est jeröme cahuzac,philippe torretton,moralisation de la vie politique,vie républiquepas pour redonner de l'air aux services publics, redonner de la motivation à ses agents, et du goût pour le vivre ensemble à toute la société ? Si ce n'est pas pour vraiment tourner les pages Thatcher ?

A quoi sert-elle si elle n'apporte pas à chacun la sécurité de l'emploi, du revenu ? Si elle ne promeut pas la transition écologique de nos villes, de nos campagnes et de notre industrie ? Si elle est incapable de dessiner une nouvelle sobriété à la fois sûre et heureuse ?

A quoi sert-elle si les acteurs culturels - hors-mis ceux qui se sont bien logés dans les brillantes niches marchandes - se voient tous asphyxiés, si le spectacle et la création n'ont plus droit de citer dans les quartiers ni les campagnes, parce que nos communes, nos départements et nos régions n'ont plus de moyens à leur consacrer ?

Philippe, crois-moi, en homme de gauche : l'affaire Cahuzac peut constituer l'occasion d'un sursaut, je te suis. Mais alors, c'est toute la politique qu'il faut revoir, tout son lien à l'argent, tout son rapport au peuple. Encore un effort, Philippe, avance, n'aie pas peur de la gauche au pouvoir, puise dans ta lettre à Ferrat, redonne-lui des couleurs, avance encore, concrètement, avec du contenu, oui, du contenu. La vie politique doit être moralisée, oui, mais pas parce "le pays est en tension", pas à cause des "efforts considérables demandés aux Français". Au contraire, pour en finir avec ces sacrifices mortifères et ces mutilations vaines.
 
Tiens, regarde ces trois domaines, juste ces trois-là, ne pourrais-tu me suivre à ton tour ?

1/ D'abord le revenu. Bon, toi comme moi, on a un revenu, disons, confortable. Plus toi que moi, mais je ne me plains pas. Je peux manger, nourrir mes proches, aller au spectacle, prendre soin de ma pauvre maman vieillissante. Mais sais-tu combien sont dans l'effroi, chaque jour, du jour à venir ? Avoir peur du lendemain, avoir honte du regard des autres, vivre au bord du précipice social, c'est une violence qu'il t'est insupportable de concevoir, n'est-ce pas ? C'est aussi celle qui me mobilise. Alors attaquons-nous aux revenus. Ce qui est révoltant avec l'hyper-richesse, ce n'est pas seulement qu'elle flirte avec la légalité, qu'elle s'autorise toutes les entorses aux règles communes, c'est simplement qu'elle prospère. C'est son existence qui pose problème et corrompt tout. Elle suscite toutes les convoitises, elle pervertit jusqu'aux valeurs de ceux que mon grand père appelait avec le plus grand respect les serviteurs de l'Etat, maintenant qu'ils la côtoient. Alors oui, pourquoi pas une armée de fiscalistes pour traquer les tricheurs, mais la conception même du revenu doit être revue.
 
As-tu rapproché ces faits, c'était il y a un mois ou deux, à 24 heures d'intervalle ? Jérôme Cahuzac jeröme cahuzac,philippe torretton,moralisation de la vie politique,vie républiqueexpliquait qu'il manquerait au budget de la France 5 ou 6 milliards d'euros, les experts économiques habituels étaient convoqués sur les plateaux de télé pour se perdre en conjectures sur les moyens de les trouver, on reparlait taxes, impôts, CSG, montant des pensions... Et le lendemain, Challenges publiait le bilan annuel des grandes fortunes du monde où l'on apprenait que Lilianne Bétencourt avait vu en un an son patrimoine passer de 28 à 33 milliards d'euros, si j'ai bonne mémoire. En un an ! Les 5 milliards manquant étaient là et personne n'en disait rien. On y apprenait aussi que le monde n'avait jamais connu autant de milliardaires.

Alors, on s'y attaque ou pas, au revenu : pour donner plus aux pauvres et aux classes moyennes, et pour prendre aux riches ? On les encadre, ou pas ? On décide, une fois pour toutes, que nul n'a le droit de gagner plus que vingt fois ce que gagne l'autre ? On oblige les grands à augmenter leurs ouvriers chaque fois qu'ils veulent s'augmenter eux ? On prend 100 % d'impôt pour la partie des revenus qui dépasserait, disons, le million d'euro annuel ?

2/ Mon cher Philippe, j'aimerais aussi que tu parles des retraites. Je ne connais pas ta famille, mais je me doute que tu as à te débattre, d'une façon ou d'une autre, avec le problème du vieillissement. Acceptes-tu cette idée sommairement et vulgairement défendue, par Sarko hier, et malheureusement reprise par Hollande aujourd'hui, qui voudrait faire d'une évidence que le départ en retraite doive être retardé parce que l'espérence de vie augmente ? Avec cet argument, la retraite à soixante ans n'aurait jamais existé, tu en es conscient, et la vie ouvrière serait demeurée un esclavagisme moderne indépassable. Mais surtout pourquoi François Hollande n'évoque-t-il pas le rapport de l'INED qui établit jeröme cahuzac,philippe torretton,moralisation de la vie politique,vie républiqueque désormais en France l'espérence de vie "en bonne santé" commence à diminuer, et qui prévoit que ça va s'aggraver ? Celui qui te parle vient de passer une semaine auprès de sa mère à l'hôpital, l'a vue au soir de Pâques, à soixante-seize ans, se vider de sa merde dans ses bras et l'accompagne comme il peut au milieu de troubles cognitifs aigus qui confinent à la démence. La retraite en bonne santé, on y a droit ou des arguments économiques supérieurs nous la dénient pour nous enchaîner au turbin jusqu'à la maladie ? Elle ne devrait pas être là aussi, la gauche, Philippe ?

3/ Et puis la démocratie, merde ! Ces putains d'institutions, qui fonctionnent pour elles-mêmes, pour protéger les nouveaux oligarques en arrosant leurs meilleurs serviteurs, en rond, à chacun son rôle, avec des médias qui servent la soupe, des partis politiques qui sécurisent leur financement, une extrême droite qui joue les chiens de garde, des lobbyistes patentés qui passent d'une sphère à l'autre pour s'assurer que ne sera jamais brisée la grande spirale des connivences... Cette Ve République à la con, où le greffon de la gauche ne peut plus prendre tant la gangrène est profonde, qui laisse au milieu d'un illusoire printemps le sol jonché de promesses dépéries : comment on fait pour redonner du pouvoir au peuple, Philippe ? Pour bouter hors de tout les agences de communication qui gravitent dans ces sphères, nous vendent du "choc" de ceci ou de cela comme toi tu offres du rêve et de la révolte ? Franchement, c'est peut-être le plus difficile, mais c'est peut-être aussi la première chose à faire. Et de toutes façons, c'est plus sûr que d'espérer ramener Docteur François ou Mister Hollande à gauche, au point où nous en sommes... Car le problème n'est pas son éthique, mais le terreau infertile où il tente de la cultiver.

Une partie de la gauche appelle à marcher pour une VIe République, le 5 mai. Eva Joli annonce qu'elle y sera. Mélenchon invoque une Constituante... Je me rallie à ces appels car l'heure n'est plus à protéger le système ni à le ravaler.

Philippe, souviens-toi de ta lettre à Jean, et reste courageux. Quitte à heurter une partie de ceux en qui tu as voulu croire. Avance-toi sur les contenus, redonne à la gauche, avec moi, avec tous ceux qui y sont prêts, de la consistance, de l'aptitude au changement, ses fonctions utopistes.

02 avril 2013

sortie de route

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Je suis entré dans l'âge adulte par la porte étroite d'un amour secret. Menem a été le premier homme auquel j'ai voué passion, déjà en serrant les dents car cet amour était à la fois impossible et inavouable. J'ai passé presque cinq ans, pendant mes années de fac à Marseille, à nouer des stratégies de rapprochement et de dissimulation, à intriguer pour être aussi intime qu'il se pouvait dans une sphère qui ne devait que rester amicale. Passer une nuit à Miramas dans l'appartement de sa mère était la promesse d'apercevoir sa silhouette nue et de flirter avec ce fantasme pendant des semaines. C'est en lui et en cet intrépide imaginaire que je puisais la vigueur dont il me fallait faire preuve dans les bras de ma copine ensuite. Cette relation était exaltante et épuisante, et je ne sais plus trop si j'y ai forgé ma force de caractère, ou si j'y ai scellé ma faiblesse pathétique, me préparant à faire de ma vie une incessante course aux amours impossibles.

J'étais introduit dans sa famille comme il l'était dans la mienne. Mes parents, mon frère, ont toujours voué à Menem une amitié très forte. Il est vrai qu'il semblait toujours s'intéresser avec sincérité aux activités des uns et des autres, se montrant admiratif pour les peintures de papa, pouvant être absorbé par d'interminables discussions sur l'art ou sur le cinéma avec mon frère, ayant toujours une attention sensible à l'égard de maman. Et lui, toujours rayonnant, dans la joie comme dans les ténébreux récits de la guerre du Liban, délicieux à écouter et à regarder.liban_guerre.jpg

Chrétien et communiste, menacé et chassé par les phalanges fascistes, il était à lui tout seul un défi à cette guerre que l'on nous présentait comme confessionnelle.

Menem est ainsi devenu plus qu'un ami de la famille, un membre. Et de fil en aiguille, à la faveur de visites familiales croisées, toute sa famille a incarné une présence rare, précieuse mais fiable, envers laquelle la mienne a construit un attachement diffus.

Le jeune frère de Menem, Raoul, est de ma génération. Nous étions au même niveau d'étude, lui en biologie, moi en physique sur les pas de Menem. On se croisait constamment dans les artères de la fac Saint-Charles, il était presque toujours entiché de sa copine, Jocelyne. Entré en France à 13 ans, il avait choisi comme antidote à la fuite l'ancrage et la stabilité dans son univers d'accueil. Miramas n'est pas resté pour lui qu'un port d'attache, mais son pré carré. Menem combattait l'injuste déracinement dans un militantisme effréné, à l'image de ses frères aînés qu'il prenait en modèle, tandis que Raoul s'investissait dans la vie locale, accomplissait ses jobs d'été dans la commune, et se préparait à être le bâton de vieillesse de sa maman, rôle dédié au petit dernier et endossé sans mal dès qu'elle fut veuve, quelques mois avant que je ne fasse la connaissance de Menem.

Ils se retrouvaient les week-end dans le football.

Raoul, je ne lui ai jamais connu que Jocelyne. Étudiante avec lui en biologie, il la connaissait depuis les années lycées. Fervente catholique, serviable quoi qu'un peu rigide, elle fut tour à tour son adjointe à la Direction du centre de loisirs municipal, et des différents centres de colonies de vacances, son épouse, et la mère de leurs deux enfants, Rémi et Nadia.

greve_facStCh.jpgRaoul était proche de nous par les idées, proche de son frère, adhérent au syndicat étudiant que je dirigeais, mais il ne fallait pas lui demander de participer à une réunion. Ses priorités étaient toujours ailleurs. Sa façon de participer était différente. Un été, il m'a ainsi recruté comme animateur dans son centre de loisir. Il m'aidait ainsi à gagner un peu d'argent, mais surtout, sans le savoir, à faire un peu plus mon trou dans le giron de son frère, chez qui j'habitais un mois durant, heureux d'y nourrir mes fantasmes et ma désespérance.

Nous sommes ainsi devenus des amis assez sûrs de la solidité de notre relation pour nous affranchir d'obligations. Il a pu se dérouler des années sans que nous nous voyons, surtout depuis que je suis monté vivre à Paris. Peut-être dix, jusqu'à la mort de leur mère, il y a deux ans déjà, où je les ai tous retrouvés, dans une ambiance sinistre, mais nombreuse et réconfortante. D'abord à l'église, puis au cimetière et enfin chez Raoul, le fédérateur familial, le gardien de l'héritage maternel. Rémi et Nadia avaient grandi au delà du concevable et prenaient soin des convives en toute discrétion.

Samedi dernier, nous devions aller diner chez Menem et sa désormais grande famille, dans la banlieue sud de Paris. Nous nous étions peu revus depuis ces obsèques, et nous nous faisions une joie de ces retrouvailles. Il était touché de ce qui je lui disais de l'état de maman, et maman s'efforçait de retrouver le prénom de ses trois grandes filles avant ce dîner.

Seulement voilà, la veille près de Ventabren, entre Aix et Miramas, après son travail, Rémi, le garçon de Raoul et Jocelyne a entrepris un dépassement hasardeux, et fait une entrée fracassante dans les statistiques sordides de la sécurité routière. C'était le vendredi saint. Il avait 26 ans.

Et d'un coup, la démence de maman, son incontinence, son regard hagard qui me prennent de court et dont je t'abreuve, sont devenus juste tellement, tellement dérisoires...