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02 février 2013

la faute à la CGT

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Sous le titre "Le cas Goodyear, apprenez à argumenter", Jean-Luc Mélenchon rétablit, dans son blog, quelques faits têtus, qui font pièce à tous les articles, chroniques et reportages qui rendent les syndicats, et singulièrement la CGT, responsables du plan social et la fermeture du site d'Amiens chez Goodyear.

Avant de t'inviter à aller lire le rappel pédagogique de la situation, voilà ci-dessous quelques faits qui permettent de remettre à leur place l'eau, le vin, et les engagements de François Hollande, candidat du changement...

Goodyear, c'est 23 milliards de dollars de chiffre d'affaire par an (chiffre 2011, le plus haut depuis 2000) et 343 millions de bénéfice net. Une fois déduit le salaire du PDG (12 millions de dollars) et les charges afférentes.
 
Troisième fabricant de pneus dans le monde, c'est un groupe possédé presque en totalité par des fonds d'investissement, par définition sans projet industriel mais à la recherche de rentabilité constante et maximum.

Le repreneur Titan, dont on accuse les salariés d'avoir fait capoter l'opération de reprise, avait révélé dès 2011 dans le Monde que son ambition était de se séparer d'une partie de l'activité (pneus tourisme) et de délocaliser l'autre (pneus agricoles) : repreneur mes couilles ! Mercenaire du sale boulot, plutôt, que Goodyear, du coup, doit accomplir à visage découvert, escorté par l'armada des chroniqueurs économiques de la place...

goodyear,mélenchon,mouvement social,Le "plan de modernisation", quant à lui, refusé par la CGT, supposait, en échange de 52 millions d'euros d'investissement, plus de 400 suppressions d'emplois, une augmentation du temps de travail et une remise en cause de toute l'organisation du travail avec le passage en 4×8.

L'abandon du site d'Amiens-Nord correspond à une stratégie pensée de longue date : fermer un site où les salariés sont combatifs pour aller là où la main d'œuvre est moins chère et plus corvéable. La conjoncture n'est qu'un prétexte.

La direction prétend que la rentabilité du site aurait brutalement chuté de 23% fin 2012. Mais si le site rencontre des difficultés, c'est que la direction a elle-même organisé ces difficultés, sous-investi depuis des années, et constamment privilégié d'autres sites du groupe dans l'attribution des volumes de production. Pour mieux justifier aujourd'hui la fermeture.

Si, comme s'y était engagé François Hollande, une loi avait été votée interdisant les plans sociaux dans les groupes réalisant des bénéfices, la question de Montebourg ne serait pas de mettre ou d'enlever de l'eau dans le vin de qui que ce soit, mais juste de remettre de l'ordre social dans un monde de prédateurs qui menacent tous les équilibres de notre civilisation !

Commentaires

Basta sur Méluche que je connais très bien et qui ne remontera PAS dans mon estime ... quand on est allé trop bas ! ...
Mais ta note est parfaitement documentée et je suis OK à 100%
sur' l'historique.
Pas sur la conclusion :
Interdire les licenciements c'est ce à quoi on aspire ... dans son coeur ! Mais juridiquement, si on veut rester un état de droit, est-ce faisable ? Dans notre pays, la "chienlit", ça donne la Manifestation de l'Etoile ! Y'a pas que chez nous d'ailleurs !
Aussi, je sais que la "république sociale" dont je rêve, autant que Méluche, qui, sur ce point ... ou alors, ch'crois plus à rien est sincère ... cette république sociale, nous devons, selon moi, accepter d'y aller petit pas, après petit pas ... et son aboutissement, nous ne le verrons pas.
Je pourrais te donner un exemple avec la question des "services publics" en droit européen : d'où l'on part : un refus radical. Où l'on arrive : un protocole n°9 dans le traité de Lisbonne; une reconnaissance des SP non régaliens et non économiques ...
Mon grand-père qui a subi dans sa chair, la guerre la plus horrible, l'emprisonnement, la torture, la déportation ... me disait :
- " Je suis fier de toi, tu es ma chair. Mon aïeul (arrière grand-père), avait 4 ans en 1789 ! Il a vu sans le savoir, la Révolution ! Nous ferons la 2ème, nous ne la verrons pas, mais nos enfants, oui !".
C'est beau, c'était un super Papy !

Écrit par : Apolline | 02 février 2013

-> Apolline -> C'est pas ma faute, si c'est Méluche qui les met à jour, ces faits et ces chiffres, qui remet de la vérité au cœur de l'entreprise idéologique, mais ce n'est pas lui le sujet du post, en effet. Pour ma part, j'ai cessé de croire aux petits pas. Car derrière les petits pas, il y a le risque de grands pas vers les replis haineux et violents, vers les explosions conservatrices, et ça, je veux qu'on l'empêche s'il en est encore temps... C'est peut-être ça qui se joue sur les services publics... C'est sûr, il était super, ton papy !

Écrit par : Oh!91 | 05 février 2013

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