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16 novembre 2012

cinq ans, le miroir dépoli

le miroir dépoli.jpg

Ça faisait un petit moment déjà que ma copine Fiso me tannait le cuir, montrant et démontrant le fonctionnement de la chose et sa simplicité. J'avais passé tout l'été à fréquenter le blog de WajDi, mon mirage amoureux, même durant son mois de jachère estivale, et m'y étais fait de nouveaux amis qui m'encourageaient également. Boby notamment, alors qu'il accompagnait dans une lancinante supplique ce qui allait être, à peine un mois plus tard, la disparition de sa femme. Un monde nouveau s'était ouvert, et la tentation était grande. Je m'étais fait connaître sous un curieux pseudonyme, dans l'improvisation d'un dimanche matin à l'occasion de mon premier commentaire fébrile chez WajDi. Je resterai donc Oh!91.

Mon modèle, c'était Fiso. J'opterai donc pour Hautetfort et lui resterai assidu.

J'avais de nombreuses raisons de me voir instable et suspendu, ce serait donc "entre deux eaux".

Je n'ai rien changé à ces partis pris initiaux, même s'ils avaient été peu réfléchis.

Au début, je parlais de mon coming out attardé, de mes amours de jeunesse, secrètes et douloureuses. Au premier jour, un voyage de nuit vint rencontrer ma trajectoire et resterait l'amie fidèle de mes brunchs et de mes pains perdus.

Puis je mêlais à ces histoires anciennes le récit des rencontres coquines qui égayaient mon quotidien. Balmeyer m'en fit un jour une réputation qui se répandit sur la toile. J'ai vite aussi croisé cette intimité à l'expression de mes convictions et à l'urgence de certains combats. Je racontais notamment la lutte contre la menace d'expulsion qui touchait un ami japonais, un amant, dont je tombais amoureux sous tes yeux sans même m'en rendre compte. Presque par anti-sarkozysme.

Vint alors le temps du chagrin d'amour. L'extimité de ces pages devint poignante, entêtante, pour moi en tout cas, et sans doute thérapeutique. C'était le moment de me donner une bannière.

Les chemins de la reconquête prirent des détours vers la grande musique et l'opéra. Encore de nouveaux mondes qui transformèrent mon intérieur et dont je poursuis chaque semaine l'exploration.

Des amis d'ici m'ouvriront des horizons, des talents d'ailleurs me déniaiseront. Et ils savent que.

Un chercheur me fera écrire des pages et des pages pour les besoins de son étude.

La maladie de ma nièce m'inspirera un chant d'amour. La mort de Ferrat un sourire clair.

Et puis la lassitude viendra. Par vagues éphémères, ou comme inéluctable, m'incitant à un nouveau tempo, moins éreintant.

Le phénomène Mélenchon m'aidera à trouver une place dans une campagne électorale partie pour n'être qu'hypocrisie. Et à reconnaître l'optimisme.

Bref, j'ai consigné : ma vie et ma mémoire, par petites touches inégales dont je ne renie rien.

J'eus mes amoureux, réels et virtuels, mes anges protecteurs, mes sources, de Gaza ou de la Deûle, jamais déchus. J'eus un filleul, qui délaissa vite sa tentative, pourtant prometteuse.

J'eus du bonheur à me voir beau dans ton miroir, puis-je l'avouer ?

J'ai appris à écrire. Appris à penser. A construire un message. A concevoir une idée. A te balancer une émotion à la gueule. A exprimer un sentiment. Appris à vivre autrement que dans le doute.

Il y a cinq ans aujourd'hui, d'un clic, je m'installais ainsi sur la toile pour venir à ta rencontre. Nu. Anonyme mais transparent. Et toujours à ta portée.

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illustration : peinture d’Anne Kruchten

Commentaires

J'ai retenu mon souffle... Mais non, tu vas rester. Bon anniversaire à cette toile si joliment tissée, qui m'est devenue indispensable, qui m'a ouvert l'horizon. Un plaisir de te lire, sans cesse renouvelé, de se trouver dans tes lignes, en émotions et pensées partagées, aussi. Merci de ta portée, le mot est si bien choisi...

Écrit par : estèf | 16 novembre 2012

Bon anniversaire, donc !

Écrit par : Nicolas | 16 novembre 2012

Bon anniversaire !
Je traine sur la toile depuis...5 ans ...juin dernier.
J'y fis de belles rencontres dont la tienne.
Reste nous longtemps !

Écrit par : mume | 16 novembre 2012

"Boldog születésnapot !"
Merci de nous tendre depuis 5 ans ce miroir aiguisé plutôt que dépoli
De nous faire partager tes engagements
De nous faire découvrir de belles personnes
Et de relayer nos indignations : j'ai particulièrement apprécié le billet d'humeur de Virginie D, quelle énergie, quelle justesse !
"je vous remercie de vous"
Chaleureuses pensées

Écrit par : olivier | 16 novembre 2012

Un seul souhait pour ce bloganniversaire, c'est que tu continues à t'épanouir dans cet endroit où tu te sens si bien...

Écrit par : RPH | 17 novembre 2012

Comme estèf, j ai craint la conclusion de ton billet..
Rassuré, vraiment,

alors bOHn anniversaire!

Écrit par : Gilles | 17 novembre 2012

Comme estef, je m'attendais à ce que tu nous annonces la fin du blog. Ouf!!!ce n'est pas pour maintenant. Continue, même à rythme irrégulier...moi j'attends les dimanches ou lundi, pour ton nouveau billet, qui parait , j'ai l'impression à intervalle dominical. Tes écrits me sont des bouffées d'oxygène, même si je ne commente pas toujours. Bonne et belle continuation. on est là à te soutenir, à te lire, à t'apprécier.

Écrit par : arthur | 18 novembre 2012

Je me joins aux autres pour te souhaiter un joyeux anniversaire de présence sur la toile. Tiens, j'y pense... je célébrerai moi aussi mes cinq ans en janvier. Les rencontres virtuelles que j'ai faites, dont la tienne, m'ont fait grandir et ouvrir mes horizons. Merci d'être là et de nous partager tes voyages entre deux eaux... Ça fait toujours du bien de te lire.

Écrit par : Doréus | 19 novembre 2012

MABROOK et joyeux anniversaire
Toujours autant de plaisir a te lire...
A tres vite
G

Écrit par : Gaetan | 19 novembre 2012

Et vive le pain perdu, hu ! le temps passe vite, trop, mais tu as marqué les jours de tes mots et de tes humeurs. Mon bonheur a moi à l'allure d'un heureux hasard et je remercie celui ci, souvent, pour l'ami tendre qui sait écouter, parler, partager, être là ou pas. Les récits du début me manque un peu, j'avoue décrochée parfois sur les opéras et les concerts, mais tu sais y faire pour glisser malgré tout au milieu des notes (de musique) des notes qui nous attrapent par le cœur, parce que c'est toi, parce que c'est nous avec toi, ou toi pour nous, va savoir mais ce qui est sur c'est que c'est une belle histoire d'amour.

Écrit par : Bougrenette | 22 novembre 2012

Mon parrain, si j'écrivais un billet sur mes 5 dernières années, tu en serais. Sur plusieurs lignes. Réécrire?... Peut être... Bon anniversaire.

Écrit par : πR | 25 novembre 2012

-> estéf -> Oh ben non, pas arrêter, pas maintenant que j'ai trouvé un rythme moins haletant. Et puis on ne sait jamais : faut pas se départir des petits abris, des petits murets vers lesquels on revient s'épancher, comme dirait feekabossee. Et puis pour moi aussi elles comptent, ces rencontres, tu le sais bien...
-> Nicolas -> Ben ouais, merci, donc... et à bientôt !
-> mume -> merci à toi aussi, la fidèle parmi les fidèles ;
-> olivier -> köszönöm szépen ! Ben dis-donc, je ne savais pas que t'avais ces talents-là !!
-> RPH -> Je prends ton souhait avec bonheur ;-)
-> Gilles -> Merci à toi. Et rassure-toi, c'est pas à l'ordre du jour...
-> arthur -> Ouais, et encore, je ne tiens pas tous les dimanche. Je viens quand je peux, sans me prendre la tête. Et puis il faut avoir des choses à dire. Des fois, on se sent un peu vide, tu sais ce que c'est. Merci de cette fidélité amicale ;
-> Doréus -> Toi aussi, ça te fait une longue fidélité déjà. Et puis même fort loin, on est de la même génération, non ? Merci pour tout ;
-> Gaetan -> Oh là là, encore de passage ? Ça me fait bien plaisir de te savoir dans ces parages, à portée d’œil... Je t'embrasse fort !
-> Bougrenette -> Ben je te jure, vaut mieux du pain perdu que cette saloperie que je suis en train de m'avaler pour me purger. C'est très beau ce que tu as écrit là, et ça me touche beaucoup. Je t'aime fort...
-> πR -> Un jour, j'y serai. Dans tes mémoires, dans ton journal, dans ton blog, dans...je sais pas où, mais j'y serai un jour. Merci d'être encore là.

Écrit par : Oh!91 | 26 novembre 2012

Pour le hongrois, je n'ai pas de mérite, c'est un emprunt à un logiciel de traduction !
C'était pour rendre hommage à ta "magyaritude"
Je suis d'ailleurs assez inquiet des nouvelles qui nous parviennent de Hongrie ....

Écrit par : olivier | 06 décembre 2012

-> olivier -> Et moi qui avais pensé que c'était un vestige touristique quelconque. Bon, vive les traducteurs en ligne, alors !! Y'a de quoi être inquiet. Mais pas qu'en Hongrie, hein !?! Toute l'Europe où l'on espère la Révolution citoyenne est en même temps menacée de cette contre-révolution nationaliste ou ultra-conservatrice. J'ai peur pour la France aussi...

Écrit par : Oh!91 | 10 décembre 2012

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