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13 octobre 2012

d'un clavier l'autre

2L au quintal18.JPG

Ma nièce a déménagé. La grande, celle qui étudie la flûte. Elle est partie s'installer à Barcelone, pour un an ou deux. En attendant, elle laisse en dépôt chez moi son piano : un clavier électronique de 88 touches, comme un vrai, au touché et à la sonorité assez authentiques.

Cadeau empoisonné, en vérité, car abandonné depuis plus d'un an, en position verticale dans une de ses armoires, la moitié des touches ne marchait plus. Et va jouer, toi, sur un piano avec une moitié de notes en moins. Alors je l'ai conduit chez un réparateur, et pour 77 euros, j'ai récupéré jeudi mon nouveau joujou.

Je peux désormais me détendre autrement à la maison - avec un casque sur les oreilles, ça va sans dire, pour ne pas casser les oreilles d'Igor tout de suite car ma pause pianistique a duré plus de trente ans, quand même... Et je n'ai pas encore de partition.

Autant dire que, passant d'un clavier à un autre, la vie de ce blog risque de ne pas y gagner. Enfin, c'est un test : je ne sais pas combien de temps l'objet va m'amuser.

Autrement, si tu étais passé à côté, fin juillet, de ce billet, l'un des artistes que j'y évoquais, un Bernard à deux L, m'a trouvé par hasard, et s'est fendu d'un mot bien sympathique, en commentaire du billet. J'aime beaucoup cet échange, et pas que parce qu'il est flatteur, alors je te le livre, ça fera mon billet du jour...

"- Bonjour,

" je suis tombé par hasard sur votre texte sur Châlon dans la rue. Je suis Bernard Llopis , le quinqua qui présentait le spectacle "Le Vivant au Prix du Mort". Je trouve votre réflexion et votre critique très affûtée, d'un regard plein d'intelligence et d'interrogation et je parle bien sûr de votre article dans sa totalité .

" Je n'ai pas souvent l'occasion d'avoir à lire des retours de sensations, de pensées, pas l'habitude de recevoir telle poésie ou tel acte. J'ai été interpellé par votre façon de décrire la liberté, comment vous l'avez traduit au travers les quelques spectacles que vous avez suivis, j'ai été interpellé par la douceur de votre explication et cette volonté de perpétuer les questions posées. C'est grâce à ce genre de partage que je sais que nulle réflexion ne peut être laissée de côté... Merci parce que je suis convaincu que l'espace de liberté qu'est la rue nous appartient à tous, qu'il est beaucoup plus réfléchi que ce que l'on veut bien lui attribuer, que notre travail a une vraie réflexion sociale et artistique dans un espace qui est somme toute celui que nous fabriquons générations après générations... encore merci !! amicalement !! Bernard"

"- Comme je suis heureux que le "hasard" vous ai transporté jusque vers ce petit billet, écrit dans la chaleur de l'événement et l'intensité des émotions - un peut pataud, par moment, à la relecture, mais c'est le propre de ce qui se crée dans l'urgence, non ?

"J'ai aimé votre spectacle - mais ça, vous l'aurez compris, puisque je me suis même autorisé à en faire mon titre sans me soucier d'autorisations préalables.

"Je me suis senti très proche de votre sensibilité, de votre humanité. Vous m'avez accroché d'un bout à l'autre - hommage aussi à celle qui a mis en scène votre propos et qui paye 2L au quintal14.JPGcher la discrétion de son rôle... Le monde auquel j'aspire, c'est le vôtre, je me suis dit, pas celui dont on nous gave à la force de bavardages radiophoniques. On respire à vous voir. Et on se dit qu'on aura la force, un jour d'y arriver parce que l'humanité est de notre côté...

"Je regrette juste d'avoir raté les cinq premières minutes (pas facile de vouloir tout combiner dans la densité festivalière de Chalon), mais j'étais content de pouvoir venir vous dire discrètement en vous serrant la main à la fin de la représentation, entre plein d'autres qui éprouvèrent le même besoin, combien vous m'aviez touché.

"Je vais vous dire, Bernard - je peux te dire tu ? - je vais te dire, presque avec une boule dans le gosier : j'ai une admiration pour ton parcours. Pas parce que c'est toi : je ne te connais pas autrement qu'à travers ce que j'ai vu en juillet de ton travail. Mais parce que tu as fait le choix de te lancer. Dans l'art. Dans la rue. Parce qu'il y faut un talent que je n'ai pas. Il y faut un courage que je n'ai pas - pour ma mise à nu, je n'ai trouvé d'autre voie que celle d'un petit blog de la vieille école, et anonyme encore pour tout m'autoriser !

"Des fois, sur ce blog, j'y dépose des petites choses qui me semblent sans lendemain, mais peu m'importe au fond, parce qu'au moins je sais que j'y ai consigné de la valeur, de la chaleur, les petites pierres qui me permettront, une fois ou l'autre, de retrouver mon chemin.

"Et puis parfois, ces petites choses rencontrent un témoin, un grand, un authentique, quoi. J'ai cru ne parler qu'à moi et l'écho me répond. Avec un accent chantant du sud, ou une voix rocailleuse.

"Ce que je veux te dire, c'est que je te suis très reconnaissant d'avoir pris la peine de m'envoyer ce petit signe. A moi aussi, ça donne du sens à ce que je fais. Et à ce que je suis.

"Si tu t'es laissé perdre sur quelques pages de mon blog, tu auras vu que j'aime aussi l'opéra et la grande musique, que je fais preuve d'astuce pour y accéder sans y vider mon porte-monnaie. Mais je refuse qu'on dénigre le travail de ceux qui font le job ! De ceux qui se payent la part la plus difficile de l'effort pour aller porter l'art auprès de ceux qu'on a disqualifié d'entrée de jeu. bravo à toi ! Je sais que les pouvoirs publics ne vous facilitent pas toujours la tâche, à toi et tes comparses de la rue...

"J'espère qu'avec "le vivant au prix du mort", et d'autres projets peut-être, tu trouves de nombreux espaces où te produire, où rencontrer, où partager du rêve et du courage.

"Je t'embrasse en attendant."

Commentaires

Très joli texte, comme d'hab' !
Ce serait bien que tu t'abonnes à Twitter, bon outil de partage des textes que l'on lit avec plaisir, sans trouver forcément sur le moment, les mots justes pour un commentaire.
Amicalement

Écrit par : Apolline | 14 octobre 2012

pas trop le temps de commenter ces derniers temps, mais je suis toujours avec passion ton blog. Très beau ce texte, et très reconfortant, oui, de savoir que ca sert à quelque chose, ces petits écrits, et que tu as su touché le bon destinataire, qui t'as "payé" en retour...le monde est bien petit, même dans l'immensité de la toile...

Écrit par : arthur | 18 octobre 2012

Un bel échange, et tu les aimes les retours à la hauteur de ce que tu partages. J'espère que les petits tu les aimes aussi ! Bisous de Tarifa.

Écrit par : Bougrenette | 25 octobre 2012

-> Apolline -> Merci de cette invitation bienveillante. Mais je n'ai pas de smartphone, et je n'en veux pas - trop piégeux ! A quoi sert un compte twitter, sans smartphone ?... Ce qui ne m'a pas empêché - soit dit en passant - de me faire twitter ou facebooker certains articles !!
-> arthur -> disons que c'est la toile qui raccourcit les distances. Je sais que tu n'es jamais loin, va ! J'en profite pour te remercier de cette fidélité. A bientôt !
-> Bougrenette -> les petits, je les kiffe la mort !! Mais toi tu fais partie des grandes aussi, si c'est ta question. Et quand t'es dans ce blog, c'est juste qu'on a vécu un truc sympa ensemble. Ça fait un moment, d'ailleurs, tiens...!!

Écrit par : Oh!91 | 28 octobre 2012

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