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30 septembre 2012

mariage en eau claire

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Hier, j'ai marié un vieux pote. Vieux, enfin... il a dix ans de moins que moi, mais on se connaît depuis une bonne douzaine d'années, on a travaillé quelques temps ensemble dans le domaine du sport. Je crois même me souvenir que nous avons été co-auteurs d'un article, publié dans une obscure revue scientifique sur le sujet du pillage des sportifs des pays du sud.

Originaire de Dordogne, il porte sur lui son goût pour l'activité physique, et pour ses valeurs, malheureusement mal en point depuis la récente affaire qui entache le vertueux handball : très brun, le sourire timide, l'accent enchanteur, le corps dépourvu d'imparfaites proportions...

La vie a fait que nous ne nous voyons plus trop régulièrement : il a gagné la sphère politique, là où j'ai intégré un monde plus professionnel, mais la joie de nous revoir est toujours là. Il se plaît à maintenir une certaine ambiguité, chaque fois qu'en plaisantant je laisse apparaître l'attrait qu'il exerce sur moi. Hétéro jusqu'au bout des ongles, il ne dissimule pas la jouissance qu'il éprouve à se voir séducteur dans le regard des hommes. Plusieurs fois, je l'ai invité à venir participer à une nocturne naturiste de la piscine Roger Le Gall, car il habite à proximité, mais il a toujours évité d'avoir à accepter, sans jamais que le refus n'ait été catégorique ou définitif. Depuis, j'ai arrêté les nocturnes, je n'ai plus l'occasion de le pousser à l'aventure.

Lorsque nous nous sommes vus devant la mairie d'arrondissement hier matin, il m'a présenté à tous comme "de ses amis, le seul témoin de la rencontre avec sa femme". C'est vrai, j'avais oublié ce détail. Nous avions été une quinzaine autour d'une table, pour parler de sport et de féminisme, il y a quatre ou cinq ans. Marie-José Pérec avait été de ce rendez-vous, excusez du peu. J'ai surtout vu dans cette affirmation, répétée au micro le soir-même pendant le dîner, le signe qu'il attache un prix à notre amitié.

D'ailleurs, en arrivant devant la mairie, il m'a confié son appareil photo pour la cérémonie, un magnifique Toshiba comme sorti du futur, laqué blanc, ultra fin, pour garder quelques traces plus intimes que les photos officielles. J'ai senti un grand poids me tomber sur les épaules. Je l'ai tourné dans tous les sens pour réussir à l'ouvrir, tandis que la foule gonflait. Puis j'ai cherché le bouton ON/OFF. Il ne se passait rien, j'étais en panique, jusqu'à ce que je lui fasse vérifier que la batterie était juste totalement à plat. Ouf ! Je n'avais donc plus d'autre rôle que celui d'"unique témoin de la rencontre".

Ravissante, la mariée est arrivée un bon quart d'heure plus tard. La foule était compacte. Dés que la rumeur l'eut repérée, les applaudissements ont jailli, et elle a fondu dans ses premières larmes.

La cérémonie a été sobre. La maire a lu des extraits du code civil, dont de de nouveaux articles abolissant le principe de solidarité financière et matérielle dans le cas de dérives compulsives entraînant des situations de surendettement. Enfin, c'est comme ça que je les ai compris...

Le soir, j'étais à Roger Le Gall. Enfin, juste derrière. Mais pas pour nager cette fois. Juste pour y faire la fête !

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