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24 septembre 2012

36, rue des morillons

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Bonne surprise, dimanche soir, en rentrant d'un long week-end loin de Paris. Loin, en intention, de mes démons, rendu à mes devoirs pour m'y oublier, j'étais resté poursuivi par des pensées acides, jalouses, vicieuses, toutes à l'ouvrage de la construction de l'imagerie précise, minutée, obscène d'une infidélité annoncée. Sans grande colère contre la préméditation, sans vraie tristesse, sans larme même, mais les dents serrées pour que le temps passe plus vite. Je m'en veux de replonger dans ces réflexes morbides. Au moins avais-je pris à temps la décision de prendre le large. L'esprit n'aura malheureusement pas suivi cette fois. L'image était trop nette, haletante.

Ma mère est en proie à une fatigue tenace. Son cerveau lui joue des tours à elle aussi, organisant une pénible pelote d'angoisses autour de noyaux futiles. Des bulles de savon en vérité, que quelques mots parviennent à rendre au néant. Le prix d'une solitude de bientôt vingt ans. Le prix aussi de tout ce qu'elle a pris sur elle pendant la crise anorexique de ma nièce, ces trois dernières années. Il ne m'est pas désagréable de me rendre disponible pour être plus souvent près d'elle.

Bonne surprise, donc, en rentrant dimanche. Une lettre de la Préfecture m'annonçait qu'on avait retrouvé des objets semblant m'appartenir. Ils étaient "cités en référence". Tu parles ! "Documents divers, et CH". CH ? CH ? Clés d'habitation ? Je me suis pris à rêver qu'après le cambriolage avec effraction de mon véhicule, le soir de ma rentrée lyrique du 11 septembre, les voleurs se seraient débarrassés de mon agenda, et de mes clés - les miennes et celles de mon indélicat complice.

Je me suis donc rendu cet après-midi au 36, rue des morillons, les bureaux de la Préfecture de police de Paris où sont rassemblés les objets trouvés. Un nom qui fleur bon le commissaire Megret. Un peu comme le Quai des Orfèvres. J'avais le cœur léger. Mon agenda rassemble des souvenirs précis, des instants d'amitiés. Et qui sait ce que je me serais autorisé avec les clés ?...

Le service est bien organisé. La convocation par courrier sert d'efficace coupe-file, alors que ceux qui se précipitent en quête d'un improbable Graal forment une queue impressionnante.

Las, en guise de trésor, seuls le programme gratuit - luxueux, certes, pour l'année du centenaire, mais gratuit - de la saison du Théâtre des Champs-Elysées, et deux chéquiers m'attendaient. Lesquels, m'ayant valu déjà 10 euros pour l'un et 13 pour l'autre en frais d'opposition, n'ont plus aucune valeur. Je me suis donc abstenu de payer les 11 euros de frais de dépôt supplémentaires et ai tout laissé sur place. Pour le pilon !

Et pour oublier tout ça, ai plongé tête la première dans la piscine encore découverte de Roger Le Gall. Brise vive et soleil perçant m'y souhaitaient la bienvenue pour deux-mille mètres d'oubli total.

Commentaires

En parlant de pilon et du reste aussi d'ailleurs, faut que je te cause chouchou. j'ai le téléphone dans la voiture maintenant ; -) oui oui je sais je sais.

Écrit par : Bougrenette | 26 septembre 2012

... j'avais oublié d'allumer le Bluetooth, quelle gourde !

Écrit par : Bougrenette | 28 septembre 2012

C'est vraiment pas de chance, j'ai reçu ce type de lettre une fois. J'avais perdu mon portefeuille dans une métropole connue pour son insécurité. Eh bien, tout y était. Tu as du te faire braquer dans un quartier trop class, un contre-coup d'art lyrique.
Dorénavant, ne te gare plus que devant les commissariats ou à côté des voitures de police.

Écrit par : estèf | 29 septembre 2012

-> Bougrenette-> T'as la dent qui a du mal à bleuir, ma puce, apparemment...
-> estéf -> près d'un commissariat, devant une voiture de police... dois-je y voir une invitation à me perdre dans les lupanars ?

Écrit par : Oh!91 | 30 septembre 2012

Une invitation, peut-être, mais lupanar, tu exagères un peu non ?

Écrit par : estèf | 01 octobre 2012

-> estéf -> Ah ! Tu me rassures...

Écrit par : Oh!91 | 07 octobre 2012

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