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31 août 2012

crevaison

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Bon, ben cette fois, c'est bien fini. Retour maison. A cœurs et à corps déchirés. J'ai du mal. A accepter, à reprendre, à devoir tout sortir des cartons : le soin aux plantes mal-traitées par l'absence, le rapport laissé sous la couveuse avant de partir, la mise en vente de la voiture, ce blog.

Il me faut beaucoup d'amour pour toi, éternel passeur de l'improbable, pour que s'anime l'énergie de revenir aussi en ces futiles prairies.

L'Autriche est loin, hélas. Mozart s'en est allé, et Beethoven, et Schubert, reclus dans leurs maisons de mémoire. Les alpages verts et naïfs comme tirés de la mélodie du bonheur s'éloignent eux aussi à toute vitesse des berges du Lac de Constance. Et la Chapelle du Corbusier à Ronchamp, monument d'architecture et de spiritualité, ultime étape de ces belles vacances avec l'ami qui se refuse chapelle_ronchamp-4bc1.jpgobstinément amant, mon mélodiste de la désharmonie. Épilogue sur un pneu crevé et une jante explosée, entorse inaboutie, signal de détresse. On achève bien les chevaux.

Clap de fin aussi sur les espoirs de changement, ils auront fait long feu. L'Europe s'enfonce mais les bavardages suppositoires sont en place sur toute la longueur de la bande FM. Je n'ai pas encore eu le courage d'alumer la télé.

Hors mis une preuve de tendresse glanée dans un sauna de Zürich, le plaisir se conjugue toujours au singulier, d'une main ou de deux. Ah si, j'ai effleuré je crois, de la pointe d'un doigt, l'orgasme prostatique. C'est WajDi qui serait content de le lire... Seule voie prometteuse à explorer. Avec les appels du Front de Gauche à changer vraiment. En se positionnant sur des propositions précises.

Proscrits, prostrés, prosternés... Voilà à quoi nous sommes rendus. Réduits à entendre le fracas des oligarchies assoiffées, de sexe et de pouvoir. Les écuries de Salzbourg dégorgent encore du fiel des officiers alanguis. Insensibles au sort des femmes. Et des faibles. Bachar élimine son peuple avec méthode. Mitt Romney promet chaque centimètre carré d'Amérique à la loi de la fracturation hydraulique. Les athlètes paralympiques se débattent comme de beaux diables, les caméras sont là mais juste pour le décor. Le monde est un opéra de Bernd Alois Zimmermann.

Pourquoi tout ne se finit-il pas comme les sonates de Beethoven : dans un dernier souffle, parcourant en crescendo toute l'étendue du clavier des deux mains, jusqu'à une double volute sur trois octaves, puis en diminuendo, les premières notes de l'histoire rappelée d'une nostalgique transparence pour se fondre dans la sérénité finale de la dernière mesure ?

Commentaires

Comment faire sans accepter tant de choses difficiles ? Sinon, refuser et partir par les chemins, à jamais ? Qu'est-ce qui nous tient au final ?
Ça me fait du bien de te lire et de sentir ton envie d'être malgré les adversités.
J'aime bien l'idée de passer par ton improbable.
Merci pour ton amour.

Écrit par : estèf | 01 septembre 2012

le monde est fou, le monde est incompréhensible, le monde nous fout la déprime. C'est bon, je ne suis pas seul. MAis ce n'est sans doute pas suffisant. Heureusement, il reste quelques bonheurs: la musique, l'opéra...et peut-etre l'orgasme prostatique(tu m'expliqueras? jamais obtenu en ce qui me concerne!!!)..et puis ceux qu'on choisit, même s'ils ne sont pas tout à fait comme on le souhaite (le melodiste de la desharmonie?), mais qui nous font quand même tenir!!et puis, ton blog: n'arrete pas, il te fait du bien, il nous en fait aussi!!!

Écrit par : arthur | 01 septembre 2012

-> estéf -> Comment faire sans refuser toutes ces choses difficiles ? Sinon baisser la tête, plier le dos, gerber les horreurs du monde et attendre le prochain coup de matraque. Les questions sont comme les vestes, elles peuvent se tourner dans un sens ou dans l'autre ? L'essentiel est de ne pas perdre le mode interrogatif pour penser, et de garder ainsi tous les chemins ouverts... Ça me fait du bien de te retrouver aussi, éprouvé mais fidèle. Tiens le coup, frangin !
-> arthur -> C'est vrai qu'il me fait du bien, parfois, ce putain de blog... Bon, comment te donner la recette de ce que je viens moi-même à peine d'effleurer. Tout a commencé, en fait, avec un copain qui m'a orienté vers l'arôma-thérapie (il se reconnaîtra). M'approvisionnant sur ses conseils en Thym à Timol, la pharmacienne me vanta un jour les mérite d'une autre essence : le tégarome, un mélange désinfectant et cicatrisant. La suite, c'est une histoire de crises hémorroïde (je continue ?) - légères, les crises, mais dérangeantes - et de diverses tentatives échouées pour en venir à bout. Avant d'essayer, après lecture d'Internet, un mélange tégarome-lait hydratant. Eh bien figure-toi que ça marche pas mal pour les crises en question, et qu'à force de pratiquer le massage sur les zones incriminées, voire un peu plus en profondeur pour le seul plaisir de la caresse, des choses ont paru s'éveiller, que j'ai cherché à reproduire, et que j'ai fini par approcher de près. Je tiens le bon bout et je n'aurais pourtant jamais cru devoir un jour quelque chose à des hémorroïdes !!... Et vive la poésie dans ce monde de bruttes !!

Écrit par : Oh!91 | 03 septembre 2012

Je te lis et je comprends ton désarroi (je le partage quelque part). Et pourtant, ce n'est pas la première fois que l'humanité semble au bord de la crise... Il faut s'accrocher! Je prends toujours autant plaisir à te lire, surtout parce que tu dis tellement bien les choses. Là où il y a la poésie que tu mets dans ton écriture, tout espoir n'est pas perdu!

Écrit par : Doréus | 04 septembre 2012

Drôle de journée. Ça avait très mal commencé. J'avais oublié cette visite médicale du travail. Évidemment elle m'a posé toutes ces questions en écho de ce qui me taraude depuis des mois. J'ai fini pas craquer et faire le tour de la situation avec elle. J'aurais pu noyer le poisson. Mais à quoi bon et puis d'autres choses sont en jeu qui dépassent mon petit égo. Impossible d'aller bosser après ça. Alors je me suis un peu occupé de moi. Si seulement rénover la façade pouvait rééquilibrer l'intérieur... Si seulement s'envoyer en l'air pouvait...
Puis je te lis et je me retrouve sur psychologie.com avec un article sur l'orgasme prostatique. Drôle d'endroit pour une rencontre selon certains. Mais si étonnant. Une pensée émue pour R. qui m'y a conduit pas loin. Finalement j'arrive à sourire un peu à nouveau.
Drôle de journée quand même. Je crains pour l'après-midi...

Écrit par : estèf | 04 septembre 2012

Tu sais ton blog, c'est comme une belle maison au soleil. On s'y sent bien, on a envie de s'y ococouler. J'avais senti ça chez nR, mais il a fermé les portes. Un an déjà.
Je vais essayer de ne pas abuser quand même. On ne sait jamais, je pourrai faire baisser tes statistiques, et ça je n'y tiens pas du tout.
Cet aprèm, j'ai tenu. J'étais en représentation illusionniste. J'ai serré des mains, fait claqué quelques bises, projeté sur le futur, etc. Tu vois le genre.
L'épisode passé, j'ai foncé sur tes traces, à la piscine. J'ai fait des longueurs, je suis arrivé à compter même. Tu as bien raison, qu'est-ce qu'on peut se vider à les aligner ces longueurs. Ce n'était pas spectaculaire, mais bon...
J'ai aussi pensé à toi sous les douches mais là, rien à signaler ! Ah, la province...

Écrit par : estèf | 04 septembre 2012

-> Doréus -> Je me dis que là où il y a de la poésie, il y a de l'humanité, parce qu'alors les émotions comptent plus que tout le reste, plus que tous les pouvoirs coalisés, plus que tous les circuits marchands. Et puis la poésie, c'est le point de bascule des sens, du dit vers le suggéré, du désespoir vers la petite lumière qui ne s'éteint pas. C'est LA raison d'être... Accrochons-nous !
-> estéf -> Eh! bien, à quelle heure elles commencent, tes journées, pour qu'il s'y passe autant de choses ? Autant d'émotions, autant de rendez-vous, autant de résultats, autant de fantasmes, autant de faux-semblants, autant de pensées, pour R., pour nR, pour tous les hommes de ta vie... Psychologie.com, ça m'amuse : tu ne parles quand-même pas de mon blog, si ?
En tout cas, je suis content que tu vérifies ce que je connais depuis si longtemps : après un exercice d'illusionnisme, rien de tel que des longueurs de piscine.
Et en tout cas, une fois pour toutes : bienvenue chez moi !

Écrit par : Oh!91 | 07 septembre 2012

et en plus, tu donnes des recettes pour l'orgasme prostatique!!trop fort!!merci!! et penses-tu que le tegarome facilite l'accès au 7eme ciel?
bon tu ne peux vraiment pas penser un seul instant de stoper ce blog!

Écrit par : arthur | 08 septembre 2012

C'était une journée extraordinaire par ses horaires tout ce qu'il y a de plus normaux et donc particulièrement inhabituelle pour moi ! Un réveil bonne heure mais avec un lever tardif, une matinée sans boulot et une après-midi de travail terminée à 17h30... Pour finir avec un coucher vers 22h sans avoir bossé en soirée.
Psychologie.com existe vraiment en dehors de ton blog, je mets le lien vers l'article sous ma signature, tu devrais aller le commenter avec ta recette...
Les hommes de ma vie, je les ai tout le temps avec moi, ils m'accompagnent vraiment au quotidien, un rien les fait surgir à des moments souvent inattendus. Quand je ne les ai jamais vu, je les imagine assez bien, quand je les connais, les images sont plus nettes, des sourires tendres dans une belle lumière.
Ben encore merci pour ton accueil permanent ici, j'espère que tu t'en sors, j'ai eu peur pour toi aussi cette semaine.

Écrit par : estèf | 09 septembre 2012

-> arthur -> tu auras noté au passage que je ne donne mes recettes que quand on me les demande...
-> estéf -> merci pour le lien. je m'abstiendrai d'y faire un commentaire pour cette fois. Je m'en sors... Les journées et les semaines ne se ressemblent pas, heureusement. La fête de l'Huma m'a requinqué samedi : l'ambiance y était vraiment belle, comme d'habitude. Les jeunes hommes y sont beaux, les torses nus, et les têtes bien faites pour la plupart...

Écrit par : Oh!91 | 17 septembre 2012

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