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22 août 2012

les lunettes de Frantz Schubert

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Quelques mots de mes vacances de riches ?

De Salzbourg, s'il-te-plait. Plus précisément, d'une petite pension aux fonctionnalités wifi aléatoires.

Je t'ai laissé en posant ma valise à Budapest. La quinzaine olympique, puis l'arrivée d'une amie, m'ont tour à tout absorbé de diverses manières et éloigné de ce clavier. D'autant que je n'ai pas dérogé de ma séance quotidienne de natation, le plus souvent en début de matinée pour ne pas compromettre les agréables découvertes touristiques qui nous étaient promises.

Puis je me suis échappé retrouver en Autriche celui qui se déroba si souvent à moi ces cinq dernières années, pour devenir peu à peu mon compagnon de musique, mon mentor dans ce domaine, mon amant diatonique. Ou dodécaphonique, tant il s'emploie à escamoter les harmonies faciles.

Le village-frontière avec l'Autriche s'appelle en hongrois "rêve vallonné".

A Vienne, la petite auberge retirée que nous avions choisie pour son calme supposé s'est avérée prise dans un grand festival du vin. On y buvait surtout de la bière, en vérité, les rues alentour étaient bloquées pour quatre jours, ce qui est juste incompatible avec les nécessités d'un voyage en voiture.

En voyant ce florilège de chemises à carreau dans des bermudas de cuir tyroliens, portés par toutes les générations, j'ai souri, pensé à l'exposition visitée à Budapest trois jours plus tôt "Qu'est-ce-qu'être hongrois", dans laquelle des plasticiens hongrois apportaient leur réponse, artistique et contemporaine, parfois nostalgique, souvent moqueuse, tout en symboles détournés, à la question identitaire.

En traversant la foule à pied le soir pour retourner à l'hôtel, si loin de l'atmosphère envisagée, je remarquai qu'on ne trouvait ici aucun voile, ni aucune peau de couleur. C'est dans le parc de Chambrun, entre chien et loup, qu'on observait sur les pelouses des familles "de la diversité" venues profiter de l'éclipse nocturne de la canicule, ou de la fin du Ramadan.

DSCN3468.JPGNotre pèlerinage musical nous a conduit de la maison de naissance de Schubert à une demeure estivale de Beethoven, en passant par le centre Schoenberg. Dans l'appartement où Mozart résida plus de trois ans et composa, notamment, Les noces de Figaro, arpentant le parquet du séjour où se trouvait une table de billard, entendant que dans cette pièce même, dont la fenêtre n'a rien perdu de sa vue d'alors, Mozart créa, en présence de Joseph Haydn, les quatuors à corde écrits en son honneur, son propre père Léopold au violon, je me suis vu surpris par une soudaine bouffée d'émotion.

A Salzbourg, nous poursuivons cette escapade sur les pas des Mozart : la maison natale, la grande résidence plus tardive, les places, les chocolats, tout ici ne bruisse que de ce nom magique.

Dans une ambiance guindée à outrance, les plateaux du festival nous offrent des horizons variés : les trois dernières sonates de Beethoven, Maurizzio Pollini au piano, un programme symphonique éclectique, par l'Orchestre des jeunes Gustav Mahler. Et surtout, surtout, l'objet de ces vacances extravagantes, la nouvelle production d'un opéra rarement monté, tant sont complexes les agencements musicaux, scéniques et lyriques : Die Soldaten, de Bernd Alois Zimmermann !

Voilà. Je te reparlerai sans doute de cette création et de certains de ces épisodes, mais peu probablement avant mon retour, dans une grosse semaine. Ce clavier est dur à caser dans pareil programme... Quant aux pensions modestes aux liaisons wifi aléatoires, c'est la contrepartie obligée de vacances ruineuses.

Commentaires

Alors on a hâte de te lire!
Belle semaine d'ici là......

Écrit par : Gilles | 22 août 2012

-> Gilles -> merci de ces vœux... Et tu vois ? Déjà là !!

Écrit par : Oh!91 | 31 août 2012

Les commentaires sont fermés.