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27 juin 2012

cherche synonyme à "rigueur" désespérément

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Le smic augmente de 2%. Ouaiiis ! 22 euros par mois brut, soit une demi-baguette par jour, Ouaiiis ! Il n'augmentera pas, du coup, au 1er janvier, Ouaiiis ! Hormis les secteurs prioritaires, deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite ne seront plus remplacés, ouaiiis ! Les collectivités devront faire les mêmes efforts que l'Etat, Ouaiiiis ! Il y aura 0,6 % de croissance de moins que prévu, Ouaiiis ! Air-France supprime 5.000 emplois, ouaiiis ! Priorité au désendettement de l'Etat, Ouaiiis ! La France compte officiellement 4,5 millions de chômeurs, Ouaiiis ! Le Front de gauche a perdu la moitié de ses députés, les Verts sont tenus en laisse, Ouaiiis ! La France va connaître en 2012 la plus grande baisse du pouvoir d'achat de ces vingt-huit dernières années, Ouaiiis !...

Bienvenue dans la France du changement, dans la France de l'effort "juste" et de la maîtrise "publique" de la dépense. Bienvenue dans la France de mes couilles. Et maintenant, attention mesdames et messieurs ! L'heure est venue de retourner une à une les soixante cartes disposées sur le tapis devant vous. Au recto, visibles à vos yeux, les soixante propositions du candidat Hollande. Au verso, vous allez maintenant découvrir, carte après carte, le principe de réalité qui leur correspond. Au recto la médaille, au verso son revers. Attention mesdames et messieurs. Pas un mensonge, pas une promesse en l'air. Tout était sur la table. Le vote utile, ça s'apelait. Maintenant pour vous, et pour vous seulement, une à une, les cartes vont vous révéler leur vérité : celle de leur contenu concret : le dessous de la mise en œuvre.

Attention Trois, deux, un, allez-y ! Ouaiiiiiiis !

Il n'y aura plus de politique du chiffre dans la police, Ouaiiis ! Mais les régularisations se feront au cas par cas, et il n'y en aura pas plus qu'avant, Ouaiiis ! La France a signé le projet de bouclier anti-missiles de l'OTAN, Ouaiiis !... Ouais, ouais, ouaiiis...

20 juin 2012

France-Suède : ça grimace

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C'est un sport qui se joue à qui perd gagne. Et où ce n'est pas le plus qualifié qui grimace le moins à la fin. Ambiance de dimanche électoral, hier soir, dans un pub où les matchs de rugby ont d'habitude meilleure allure. Pourtant, j'en ai pris l'habitude de me vautrer : deux mois et quatre soirées que je finis déculotté, les jeux brouillés : Mélenchon progresse, mais distancé par Le Pen, il devient transparent. Le Front de gauche gagne en voix et en pourcentage, mais son groupe est laminé par la vague socialiste. La bière est fraîche, mais la béarnaise pèse lourd sur l'estomac... la politique et le foot : même embrouille. Tout ce qu'il faut pour débander.

Bon, à partir d'aujourd'hui, j'essaye de tourner la page des occasions manquées. Et de sauter d'un meilleur pied !

15 juin 2012

un arc-en-ciel emplit Gaveau

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Boris Berezovsky s'est fixé un défi : gravir l'Everest des œuvres pianistiques. Il s'est donné trois ans pour dompter le 2ème Concerto pour piano et orchestre de Prokofiev. Comme l'aurait fait un homme politique. Ou un sportif de haut niveau. Mercredi, c'était à Pleyel son rendez-vous intermédiaire avec l'exploit, sa deuxième tentative publique avant l'aboutissement ultime prévu pour l'an prochain. L'Orchestre de Paris l'accompagnait sous la direction de son compatriote Alexander Vedernikov.

La virtuosité de l’œuvre, quoi qu'austère, nous a une nouvelle fois sauté à la figure - ample et véloce. Je dois dire que je ne vois pas bien ce qu'il a encore à améliorer dans son approche, ni dans sa technique. Il ne rate rien, joue sans ampoule, l'orchestre est raccord. Je suis impatient d'entendre ce que sera la troisième tentative (tiens, je ne l'ai pas vue au programme de la prochaine saison à Pleyel... Se donnerait-il plus de temps, a-t-il jeté l'éponge, ou offrira-t-il à un autre public l'apothéose du drapeau planté au sommet ?)

Dans une autre catégorie - quoi que - le Rainbow Symphony Orchestra avait lui aussi rendez-vous avec son histoire. Samedi dernier, il se produisait à Gaveau, rien que ça. Comme a dit son Président Jean-Christophe au cours de la soirée, "on n'a dix ans qu'une fois".

Et quitte à occuper une des salles mythiques du Paris musical, il s'était attaqué à un programme ambitieux. Mendelssohn et l'Ouverture du Songe d'une nuit d'été, dont John Dawkins, son chef, toujours exquis, nous a livré en lever de rideau quelques clés pédagogiques. Au cœur de l’œuvre, le motif que John a appelé l'évocation du cri de l'âne m'a furieusement rappelé le générique d'un feuilleton-télé qui berça mon enfance. Depuis, il me court dans la tête sans que je ne retrouve de quoi exactement il pouvait s'agir (Peut-être pourras-tu m'aider en écoutant cette vidéo ?...). Puis Stravinsky : avec Pulcinella, la barre était haute. Un numéro d'équilibriste, qui est finalement passé, mais tout en tension. La part y fut belle pour de nombreux solos. Gabrielle a merveilleusement réussi à la contrebasse son dialogue avec les trombones. Eve aussi m'a bluffée au violoncelle. Au vrai, l’œuvre est étonnante. Adaptée de Pergolese, elle suit un dessin baroque, dans lequel Stravinsky introduit, par petites touches d'abord, puis à coup de couteaux ou de larges à-plats, des couleurs du 20ème siècle. La modernité s'affirme progressivement dans les touchés de cordes, dans la palette instrumentale, pour livrer un son étonnant, dont John et l'orchestre n'ont jamais perdu la maîtrise. Même dans les turbulences. Bravo !

rso,rainbow symphony orchestra,salle gaveau,les 10 ans du rso,concerto pour violoncelle d'elgar,edward elgar,pierre avedikianLe clou du concert, après l'entracte, était sans contexte le Concerto pour violoncelle op.85 d'Elgar. Dès les premiers coups d'archer, Pierre Avedikian nous a mis en confiance. Son son était grave et assuré, comme une caresse. Il jouait avec engagement et sensibilité. A plusieurs reprises, à la fin de ses phrases ou à la faveur d'un crescendo, des frissons parcouraient l'assistance. Son regard recherchait la connivence. La tête tournée haut au delà du manche vers le chef qui le fixait d'égale intensité, il instaurait avec l'orchestre une entente harmonieuse, amoureuse. Tantôt se fondant, d'autres fois lançant les attaques ou prolongeant ses assauts, il a su faire vivre l'émotion mélancolique de la partition, complaisant à l'égard de l'orchestre, qui de son côté répondait avec générosité à cette fidèle sollicitude.

Une salle quasi-comble, à l'exception de quelques mauvaises places de côté du deuxième balcon, donnait une ovation méritée à l'orchestre et au jeune soliste, visiblement ému de la clameur, presque gêné, beau de cette maladresse.

Le RSO continue ainsi de s'affirmer, à l'occaison de ses dix ans, comme un orchestre amateur exigeant et performant, affrontant sans complexe ses fragilités. Et le ciment que constituent entre ses membres les émotions qu'il s'offre à lui-même, et aux autres, lui promet sans doute encore une belle longévité.

Prochaine étape, à l'UNESCO le 1er décembre. Le concert sera une contribution à la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Le Gloria de Poulenc au programme, avec des chœurs. Prends date !

14 juin 2012

Arabella, Première !

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Ce soir, c'est la Première d'Arabella, à Bastille. Censément mon dernier opéra de la saison (mais j'ai plus d'un tour dans mon sac). Un pastiche de Richard Strauss, léger et brillant, où Renée Fleming excelle dans le rôle-titre. Derrière le vaudeville, où se mêlent lustre, stupre, cupidité, perce la satire d'une Autriche décadente. On est loin du Strauss de Salomé ou d'Elektra, qui empruntaient leur gravité à des mythologies morbides. Loin aussi de son Ariane à Naxos, où se confrontaient des discours sur l'art et pointait une réflexion sur les rapports entre argent et création. Là, tout jubile. Mais l'humour est souvent dans le second degré des situations : tout en retenue dans le premier acte mis en scène par Marco Arturo Marelli, puis largement débridé dans le second...
 
Comme à son habitude, l'élégant Philippe Jordan dirige l'Orchestre national de Paris avec excellence, ce Jordan-photo-jean-françois-leclercq-opera-de-paris.jpgqui n'est pas une mince affaire avec une partition aux harmonies dissimulées, aux accords atonaux, qui doit malgré tout trouver des marques légères et souriantes. Le décors mêle l'épure totale d'un plateau blanc brillant qu'un véléda à des dimensions cinémascopes. L'astuce de la sortie du cadre, jusqu'au dessus de la fosse, à gauche de l'orchestre pour se fondre dans la salle, donne l'impression au spectateur d'être hâpé par la scène.

Comme il est de mode, les allées et venues de quelques figurants, mimant l'enlèvement du mobilier de valeur par un huissier de justice avant même que la représentation ne commence, et alors que le public en est encore à prendre place dans la salle, contribuent largement à cette relation inclusive que Marelli cherche à mettre en place. Contraste avec le parti-pris glacial de son environnement scénique.

Ah, ah... Tu te demandes comment j'en sais autant, pour te parler de tout ça, de l’œuvre et de sa mise en scène, alors même que la Première n'aura lieu que ce soir. Et qu'il s'agit d'une nouvelle production, jamais encore montée ? Et bien c'est qu'il m'est arrivé une chose inattendue : je me suis découvert une amie, Martine, par ailleurs amie avec quelqu'un qui travaille à l'opéra, qui m'a proposé de profiter d'une des invitations qu'elle avait pour la Générale. C'était lundi dernier.

C'est donc avant tout le monde, gratos, et au troisième rang du premier balcon, de face que j'ai pu profiter de la représentation - car aux générales, l'on n'est pas placé. On choisit sa place dans l'ordre où l'on arrive, et je suis quelqu'un qui n'a pas peur des queues, qui sais courir vite quand il faut. Mal m'en a pris d'oublier mon arthrose du dos, d'ailleurs, car les marches quatre par quatre, c'est un peu antinomique. Mais ça m'a permis, ainsi qu'à Martine et sa petite bande d'invités, de profiter au mieux de la chance d'être là.

Voilà.

Et crois-moi. Après ce premier tour calamiteux des législatives, il me fallait au moins ça pour remettre un peu de baume à mon cœur.

J'ai plein d'autres choses en retard à te raconter. Le Gaveau du RSO. La triste fin de mon permis de conduire. Le combat merveilleux de Berezovsky sur le deuxième concerto de Prokofiev... J'espère que cette fin de semaine y sera propice.

08 juin 2012

Pujadas, l'affiche verte

législatives 2012

Dans la circonscription d'Hénin-Beaumont se joue quelque chose de gros ces dimanches. Ou la fille Le Pen entre à l'Assemblée, et dispose d'un tremplin inespéré pour incarner, en France, la face la plus hideuse de ce que nourrit en Europe la crise capitaliste actuelle : la montée, pourtant faillible, d'une Extrême-droite pétrie de haine et de rejet de l'autre. Ou une voix nouvelle l'emporte, une voix découverte lors de la présidentielle, qui revendique sa filiation avec une gauche européenne neuve, qui n'a plus peur de refuser les recettes libérales et prétend résister à l'arrogance de la finance.

La bataille est féroce, mais elle a du sens. Elle mérite d'être éclairée. On a beaucoup reproché à Jean-Luc Mélenchon de s'y être lancé, mais comment, sinon, ce débat aurait-il pu avoir la place qu'il devait avoir, qu'il aurait du avoir, face à la poussée des menaces fascistes en Europe ?

Sur place, alors que le candidat du Front de gauche mène une plutôt belle campagne, s'efforce de parler avec dignité au monde du travail, redonne en terres ouvrières ses vertus solidaires aux vagues migratoires successives et à leurs enfants, en réveille les valeurs de résistance et de créativité, les coups les plus tordus sont lâchés. Tracts anonymes, dénonciation d'un patrimoine et de revenus farfelus, faux flyers pour essayer de faire du vote Mélenchon un acte communautaire, religieux même, musulman donc anti-français. Le faux-tract sur fond vert, écrit dans un pseudo arabe - inversé donc illisible, en vrai - que les sbires de Marine Le Pen ont été pris en flagrant délit de distribution, n'a rien à législatives 2012envier à l'affiche rouge du régime nazi. Même procédé, fondé sur la peur de l'étranger et la dénonciation de l'anti-France. Le Pen a du en admettre l'initiative, prise qu'elle était la main dans le sac, mais tout le monde médiatique semble s'amuser des simagrées par lesquelles elle banalise l'affaire.

législatives 2012Hier, c'est une effigie de Mélenchon grimé en Hitler, sur fond de camp de concentration, qui a été diffusée. Paroxysme de l'abject. Mais l'on n'entend rien d'autre que des commentaires badins, qui se contentent d'y voir, ainsi agrémentée, la thèse du grand cirque médiatique que constituerait le duel Mélenchon-Le Pen  - commode pour renvoyer les protagonistes dos à dos, à égale responsabilité de cette chose ! Incroyable lecture !...

Bien triste illustration dans le journal de France 2, hier soir. Pujadas reçoit Marine Le Pen. Après deux-trois considérations embrouillées sur le retour de la retraite à 60 ans, et une tribune jamais contrariée sur la nouvelle version de la préférence nationale - "avec moi, c'est les nôtres plutôt que les autres" -, on en arrive à la séquence Hénin-Beaumont. Tandis que l'on voit à l'image, sans l'entendre, Jean-Luc Mélenchon présenter à la presse les deux nouveaux faux-tracts qui le calomnient et troublent profondément les esprits dans un contexte de campagne électorale, la Le Pen, déploie sans contradiction ses talents de sainte-nitouche. Tribune insupportable à 72 heures du scrutin.

Et là, faisant mine de vouloir la titiller, sur le ton de "là, on tient quelque chose..." Pujadas lance une pastille : on y voit Marine Le Pen dans une rue d'Hénin. Passe une BMW décapotée, deux jeunes à bord, manifestement d'origine maghrébine. Ils crient à son endroit : "Mélenchon, mélenchon". Et elle de les interpeler : "vous l'avez eu comment votre voiture, vous l'avez gagnée au loto, c'est ça ?" Et à la caméra : "voyez, ce sont eux, il n'y a que les Français musulmans qui sont avec Mélenchon". Pujadas fait mine de tenir la preuve qui l'accable "entendriez-vous que tous les Français ne se valent pas ?" Ne se rend-il vraiment pas compte qu'il vient de lui servir sa soupe ? Celle dont elle fait sa campagne de bout en bout, sans autre argument ? Sa "preuve", c'est exactement le faux législatives 2012tract vert en vidéo, la version héninoise de l'affiche rouge, le même message de peur qui cherche à jeter tous ceux que la fragilité accapare ou effraie dans les bras de l'extrême-droite. Le Pen l'a fait à quelques centaines d'exemplaires dans les boîtes de sa circonscription. Pujadas le fait dans la lucarne de 4 millions de foyers. Quand il n'y a personne pour répondre. Le Pen exulte : "Mélenchon surfe sur le vote communautaire". C'est lui le sectaire, lui qui divise, lui qui choisit l'autre quand elle choisit les nôtres. Et Pujadas de sourire bêtement.

Voilà où en est le cirque médiatique, à trois jours du vote.

L'Express, le Nouvel Obs, et bien d'autres s'étaient livrés à cet exercice dans la dernière ligne droite de la présidentielle, et voilà qu'ils nous rejouent le match : plutôt Le Pen que le Front de gauche. Je préfère ne pas me demander qui est derrière cette opération. Pour m'épargner.

Quant à Pujadas, ça se confirme, il n'est qu'un valet !

04 juin 2012

le changement, ça se joue comme ça

08:41 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : législatives 2012