Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15 juin 2012

un arc-en-ciel emplit Gaveau

rso,rainbow symphony orchestra,salle gaveau,les 10 ans du RSO,concerto pour violoncelle d'Elgar, edward elgar,pierre avedikian

Boris Berezovsky s'est fixé un défi : gravir l'Everest des œuvres pianistiques. Il s'est donné trois ans pour dompter le 2ème Concerto pour piano et orchestre de Prokofiev. Comme l'aurait fait un homme politique. Ou un sportif de haut niveau. Mercredi, c'était à Pleyel son rendez-vous intermédiaire avec l'exploit, sa deuxième tentative publique avant l'aboutissement ultime prévu pour l'an prochain. L'Orchestre de Paris l'accompagnait sous la direction de son compatriote Alexander Vedernikov.

La virtuosité de l’œuvre, quoi qu'austère, nous a une nouvelle fois sauté à la figure - ample et véloce. Je dois dire que je ne vois pas bien ce qu'il a encore à améliorer dans son approche, ni dans sa technique. Il ne rate rien, joue sans ampoule, l'orchestre est raccord. Je suis impatient d'entendre ce que sera la troisième tentative (tiens, je ne l'ai pas vue au programme de la prochaine saison à Pleyel... Se donnerait-il plus de temps, a-t-il jeté l'éponge, ou offrira-t-il à un autre public l'apothéose du drapeau planté au sommet ?)

Dans une autre catégorie - quoi que - le Rainbow Symphony Orchestra avait lui aussi rendez-vous avec son histoire. Samedi dernier, il se produisait à Gaveau, rien que ça. Comme a dit son Président Jean-Christophe au cours de la soirée, "on n'a dix ans qu'une fois".

Et quitte à occuper une des salles mythiques du Paris musical, il s'était attaqué à un programme ambitieux. Mendelssohn et l'Ouverture du Songe d'une nuit d'été, dont John Dawkins, son chef, toujours exquis, nous a livré en lever de rideau quelques clés pédagogiques. Au cœur de l’œuvre, le motif que John a appelé l'évocation du cri de l'âne m'a furieusement rappelé le générique d'un feuilleton-télé qui berça mon enfance. Depuis, il me court dans la tête sans que je ne retrouve de quoi exactement il pouvait s'agir (Peut-être pourras-tu m'aider en écoutant cette vidéo ?...). Puis Stravinsky : avec Pulcinella, la barre était haute. Un numéro d'équilibriste, qui est finalement passé, mais tout en tension. La part y fut belle pour de nombreux solos. Gabrielle a merveilleusement réussi à la contrebasse son dialogue avec les trombones. Eve aussi m'a bluffée au violoncelle. Au vrai, l’œuvre est étonnante. Adaptée de Pergolese, elle suit un dessin baroque, dans lequel Stravinsky introduit, par petites touches d'abord, puis à coup de couteaux ou de larges à-plats, des couleurs du 20ème siècle. La modernité s'affirme progressivement dans les touchés de cordes, dans la palette instrumentale, pour livrer un son étonnant, dont John et l'orchestre n'ont jamais perdu la maîtrise. Même dans les turbulences. Bravo !

rso,rainbow symphony orchestra,salle gaveau,les 10 ans du rso,concerto pour violoncelle d'elgar,edward elgar,pierre avedikianLe clou du concert, après l'entracte, était sans contexte le Concerto pour violoncelle op.85 d'Elgar. Dès les premiers coups d'archer, Pierre Avedikian nous a mis en confiance. Son son était grave et assuré, comme une caresse. Il jouait avec engagement et sensibilité. A plusieurs reprises, à la fin de ses phrases ou à la faveur d'un crescendo, des frissons parcouraient l'assistance. Son regard recherchait la connivence. La tête tournée haut au delà du manche vers le chef qui le fixait d'égale intensité, il instaurait avec l'orchestre une entente harmonieuse, amoureuse. Tantôt se fondant, d'autres fois lançant les attaques ou prolongeant ses assauts, il a su faire vivre l'émotion mélancolique de la partition, complaisant à l'égard de l'orchestre, qui de son côté répondait avec générosité à cette fidèle sollicitude.

Une salle quasi-comble, à l'exception de quelques mauvaises places de côté du deuxième balcon, donnait une ovation méritée à l'orchestre et au jeune soliste, visiblement ému de la clameur, presque gêné, beau de cette maladresse.

Le RSO continue ainsi de s'affirmer, à l'occaison de ses dix ans, comme un orchestre amateur exigeant et performant, affrontant sans complexe ses fragilités. Et le ciment que constituent entre ses membres les émotions qu'il s'offre à lui-même, et aux autres, lui promet sans doute encore une belle longévité.

Prochaine étape, à l'UNESCO le 1er décembre. Le concert sera une contribution à la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Le Gloria de Poulenc au programme, avec des chœurs. Prends date !

Commentaires

Merci, merci l'ami ! Pierre nous a tous fait vibrer en effet. La fidélité et l'enthousiasme de notre public nous aident à franchir les difficultés. Nous renouvèlerons avec plaisir le défi le 1er décembre à l'UNESCO !

Écrit par : Jean-Christophe | 18 juin 2012

-> Jean-Christophe -> Oups.... Et j'avais oublié : divins solos de hautbois, par dessus le marché, évidemment !!

Écrit par : Oh!91 | 20 juin 2012

Les commentaires sont fermés.