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16 avril 2012

quand les lignes bougent

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Le Monde publie ce jour une enquête où il apparaît qu'un électeur sur deux a changé d'intention de vote depuis six mois.

Longuement commentée dans les colonnes du journal, Pascal Perrineau souligne en particulier à son propos :

"(...) N'oublions pas Mélenchon. C'est lui qui déplace le plus les lignes, qui crée une vraie dynamique, régulière, qui le fait passer de la marginalité à la position d'outsider. En outre, c'est lui qui, par sa progression, enclenche une dynamique de l'ensemble de la gauche ; avant qu'il ne fasse irruption sur la scène, il n'y a pas de dynamique de la gauche.

Ce qui m'a étonné, c'est sa capacité, dans le temps court d'une campagne, à réactiver des mémoires politiques enfouies, des cultures qu'on croyait lyophilisées. L'historien Marc Lazar le disait : le Parti communiste est mort, mais la culture communiste est toujours là, diffuse, chez bon nombre d'électeurs de gauche, de l'extrême gauche jusqu'au Parti socialiste.

Pour la première fois depuis longtemps, un homme est capable d'incarner cette culture que l'historien François Furet aurait qualifiée de révolutionnaire. Il l'a fait en trois temps : d'abord en solidifiant autour de lui l'électorat communiste, ensuite en mettant à genoux ce qu'avaient construit Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, enfin en s'attaquant au môle socialiste, avec un succès non négligeable. Il y a là quelque chose de très intéressant, qui ressort très bien des entretiens qualitatifs : il réveille des énergies et des électeurs dormants ou démobilisés.

C'est certainement favorisé par le grand mouvement des "indignés" réactivé par la crise, qui n'a pas réussi à s'organiser mais qui est présent en France comme ailleurs. C'est très intéressant cette capacité de renouer le temps long d'une mémoire enfouie avec le temps court d'une indignation. Tout cela est présent dans la parole des électeurs qui ont rallié Mélenchon. En particulier d'électeurs socialistes, qui ont toujours eu un complexe vis-à-vis de celui qui est plus à gauche. Ce vieux complexe est en train de réapparaître(...)"

En une semaine, les lignes vont encore bouger, plus vite et plus fort encore. Avec l'envie de réussir à faire passer Marine Le Pen loin derrière Mélenchon. Avec la tranquilité de savoir que la gauche a suffisemment de dynamique pour s'épargner un nouveau 21 avril. Avec la certitude d'enfin compter face à l'agression des marchés financiers. Avec l'utopie joyeuse des espérences qui se lèvent.

Commentaires

Très bon biyé

Écrit par : Apolline | 16 avril 2012

Oui, faisons bouger les lignes
Obligeons le PS à s'ancrer à gauche

Ce qui est bien aussi, c'est d'avoir eu cette fonction de catalyseur, pour mobiliser ceux qui regardaient ailleurs

Après le mois de mai, il faudrait confirmer en juin ...

Écrit par : olivier | 17 avril 2012

-> Apolline -> Je ne crains que ton lien soit erroné, mais merci quand même (faut-il lire avec l'accent ?) ;
-> olivier -> puis en juillet, en septembre et ainsi de suite... ne pas abandonner ceux qui ne regardent plus ailleurs, leur faire une place dans ce mouvement, démultiplier les prises de parole, de pouvoir.... Oui, il y aura beaucoup à faire, mais une route, enfin, s'ouvre...

Écrit par : Oh!91 | 17 avril 2012

Les commentaires sont fermés.