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05 mars 2012

vu de Hongrie : une campagne vaseuse

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Je parle le hongrois. Mal. Niveau de conversation courante, mettons. De quoi prendre des nouvelles de ma belle-famille, où j'étais invité à déjeuner samedi. Dans une ambiance joyeuse, rieuse, où je suis toujours choyé, j'ai raconté deux-trois bricoles de ma vie, je me suis intéressé aux études de médecine de la grande, à la curiosité de sa jeune sœur pour la langue japonaise. Je me suis laissé dire "mal au dos un jour, mal au dos toujours", une considération à la hongroise dont j'aurais bien fait l'économie.
 
Bref, je parle un hongrois léger, suffisant pour évoluer dans un quotidien ordinaire. Pour féliciter un compositeur contemporain, comme je le ferai timidement auprès de Kálmán Oláh, dont j'allais, le soir-même, apprécier la création mêlant trio de jazz et ensemble symphonique. Mais évidemment, assez limité pour évoquer les sciences ou la politique.

Or la politique, nous y sommes venus. C'était couru. "Comment va Sarkozy," m'a demandé mon beau-frère ? A la hongroise, Sarkozy se prononce Char-keu-zy. Une sorte d'entre-deux boueux, un marigot, une terre inhospitalière, de la vase. Notre prononciation de ce nom d'origine hongroise les amuse. Car le son sar, comme les Hongrois nous l'entendent dire, qu'ils écriraient szar, ça veut dire... merde. Szar-keu-zy, ce n'est pas un marigot, c'est un tas de fumier.

Je leur ai fait remarquer que de toute façon, entre la boue et la merde, il n'y avait pas beaucoup de différence, hein. Mon beau-frère a aussitôt relevé : "Si, l'odeur". Pas faux !

Puis invariablement, ma belle-mère m'a demandé : "et l'autre, là, comment s'appelle-t-il déjà, qu'est-ce que tu en penses ?" J'ai fait une moue perplexe et, pris de court, répondu qu'entre Sarkozy et Hollande, la différence était à peu près la même qu'entre la merde et la boue. Bon, pas glorieux, je l'admets. Mais le trait d'humour, en même temps que cette répartie énoncée sans faute au milieu de mon hongrois cassé, les a fait rire. "Il y a donc une différence", a dit ma belle mère. "Voilà", ai-je répondu.

Mais en hongrois, il ne faut pas me demander plus de politique que ça... J'ai évité le sujet des Roms, parce que là, on aurait aussitôt fini fâchés, et ma langue en aurait perdu ses moyens.
 
Autrement, il nous reste à désenvaser la campagne, histoire qu'elle finisse par intéresser ! Et je suis bien conscient que ce n'est pas ce billet qui y contribuera... Mea culpa.

Commentaires

Tu n'as donc jamais pris de bain de boue ?
Tant pis si tu le lâches un peu, d'autant qu'on va continuer à s'enfoncer dans la merde...

Écrit par : estèf | 06 mars 2012

-> estéf -> Bon ,ben il faut vraiment que j'en fasse des tonne et que j'aille très haut... euh, bien bas, pour qu'on finisse par te voir revenir commenter sur ces pages... Jamais été tenté par les bains de boue, non. Bien que l'un d'eux ait eu, justement à Budapest et pas très loin de là où j'habitais, une réputation jubilatoire. Mais visiblement, ce n'est pas ma tasse de thé...

Écrit par : Oh!91 | 06 mars 2012

Désolé de t'avoir lâché comme ça - tu sais comme je rame en ce moment - mais bien content de revenir un peu.
Et je n'allais pas te laisser t'enfoncer tout seul...

Écrit par : estèf | 06 mars 2012

-> estéf -> merci de voler à mon secours. Mais la rame, est-ce bien utile dans la gadoue ?

Écrit par : Oh!91 | 08 mars 2012

Les commentaires sont fermés.