Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13 décembre 2011

le tigre dans la cuisine

 mug tigre.jpg

La cuisine venait d'être montée. A deux-trois choses près - il y manquait un bout du plan de travail, la crédence et quelques accessoires - tout était en place. Les meubles hauts suspendus, les corniches de finition vissées. Au châpitre des dépenses imprévues, il nous avait fallu changer de frigo et de micro-onde : trop large pour l'un, trop profond pour l'autre. Du coup, question micro-onde, nous avions jeté notre dévolu sur un modèle encastrable. Acheté chez IKEA, il trouvait sa place harmonieusement parmi les placards aux portes en chêne clair, et acceptait la même poignée en inox brossé. Une sous-marque de Whirlpool.
 
Au début, tout se passait bien. Nous bichonnions le four - et du reste chaque élément de cette nouvelle cuisine - comme s'il s'était agi d'un animal de compagnie. Notre nouveau chaton n'était pas toujours simple à dompter. Au début,  sa porte n'avait pas de poignée. Les pictogrammes en façade n'étaient pas excessivement clairs, et n'en permettaient pas un usage intuitif. Il se montrait récalcitrant à la programmation. Mais bon, il était efficace dans sa fonction principale : chauffer.
 
Et puis un jour, il s'est mis à émettre de petits sons. Des bips, pour être précis. Parfois, l'horloge affichait des chiffres bizarres. Quand j'appuyais sur le bouton de la puissance, il modifiait la durée - et inversement. Un peu plus tard, un soir où je regardais la télé, ou que je m'activais à l'ordi dans le canapé du salon, le bruit caractéristique de sa ventilation s'est fait entendre, et je découvrisi qu'il s'était mis en marche tout seul.

Durant deux-trois nuits, je fus réveillé par la sensation que ça se reproduisait, et une fois descendu, je constatais que c'était bien le cas.

Un autre soir, en rentrant à la maison, et en voulant réchauffer des restes de la veille pour notre dîner, je découvris horrifié que la cloche en plastique destinée à éviter aux aliments l'assèchement et au four les projections, était tout déformé : il avait fondu. C'est là que j'ai commencé à avoir peur.

alors, ça boum.jpgCe même soir, le four se mit en marche à plusieurs reprises. Pire, la fonction "stop" ne me permettait plus d'arrêter la minuterie. Je voyais cette dernière s'emballer subitement, afficher une minute, deux minutes, trois cinq, huit, une demi-heure, une heure, tandis que les ondes fonctionnaient à toute puissance. Même porte ouverte, il produisait des ondes, il ventilait. Rien ne l'arrêtait, il devenait fou, il était hors de contrôle. Le chat était un tigre, plein de furie. J'avais un monstre enfermé dans mes mûrs, Fukushima dans ma cuisine.

Le mode d'emploi ne me proposait aucune solution. Une réinitialisation supposait de débrancher la bête, mais elle était scellée avec la prise dans le dos, inaccessible. J'étais alors seul à la maison, et l'état de mon dos ne me permettait pas d'envisager raisonnablement de déplacer le four. Le SAV d'IKEA me proposait une visite technique la semaine suivante. Finalement, en les testant les uns après les autres, je trouvai dans l'armoire électrique le fusible qui lui correspondait et réussis à désactiver le robot fou. Et j'eus la chance que seule la hôte aspirante fut dépendante du même fusible.
 
J'étais sauvé.

Ce qui est bien avec le SAV d'IKEA, c'est qu'il n'existe pas, en fait. Cinq ans de garantie pièces et main d’œuvre, mais recours direct au constructeur. Un professionnel a ainsi débarqué chez moi un matin, sûr de son fait. Un jeune black de banlieue, caleçon blanc dépassant du jeans, vigueur et sens du travail bien fait en bandoulière. Il m'a renversé l'animal, a joué du tourne-vis, remplacé les circuits intégrés en deux temps trois mouvements. Il m'a laissé sur le cul, mais soulagé !

Le chat dort désormais paisiblement dans sa cage. Et ne ronronne qu'à la demande. Ouf !

08:50 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Il y a toujours un jeune gars, beau et vigoureux pour te sauver. Veinard !
Allez au cas où ton blog reste stationnaire d'ici les fêtes, joyeux Noël, bises.

Écrit par : estèf | 21 décembre 2011

-> estéf -> Pas toujours, hélas ! Bonnes fêtes à toi... en espérant que tu sauras où aller chercher le graal ensoleillé...!

Écrit par : Oh!91 | 23 décembre 2011

Les commentaires sont fermés.