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21 octobre 2011

le piano quitte la scène

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Ça ne te fait pas drôle, toi, ces dictateurs qui finissent comme des chiens ? Reclus, aux abois, hébétés, semblant ne rien comprendre à ce retournement du sort, et finalement déchiquetés, comme des dizaines de leurs proies avant eux...

Les nouvelles ont des relents de tragédie grecque, quelques fois. Je ne suis pas sûr, pourtant, que des procès équitables ne seraient pas de meilleures voies pour comprendre et se prémunir. La bestialité a sinon la fâcheuse manie de se répéter... Mais le traitement V.I.P - résidences surveillées et procès reportés pour raisons de santé - c'est seulement pour les dictateurs made in U.S, les Pinochet aux avocats de luxe. Les terroristes d'État aux accents musulmans, ils sont faits pour être débusqués comme des lapins, exhibés en lambeaux, barbe hirsute, puis jetés d'un hélicoptère. Surtout sans sépulture, sans trace mémorielle. Avec eux, enfouis sous leur cape, les souvenirs embarrassants des compromissions d'hier, des campagnes électorales occultement financées...
 
Les terroristes passent, la communication continue, Dieu merci.

La salle Pleyel et l'Orchestre de Paris rendaient hommage hier et avant hier soir à Rachmaninoff. J'y étais avant-hier, en solo, pour ne pas rater le 2ème concerto pour piano, une de mes œuvres fétiches, particulièrement réussie sous les doigts du pétillant Cubain Jorge-Luis Prats.

Le piano a une majesté particulière. C'est après un poème symphonique de jeunesse qu'il fut introduit pour le concerto. Rutilant, droit et solide, comme immuable, capot d'abord fermé, il a glissé entre les chaises et les pupitres de l'orchestre pour se positionner au centre de la scène. Un vaisseau émergé des brouillards. Un roc, aux secrets bien gardés. Un tyran, à sa façon, martyrisant ses maîtres et offrant du plaisir à sa cour. Prats s'y est donné à cœur joie. Son interprétation fut brillante, sonore, mais ouverte aux ruptures légères. Il nous a gratifiés de trois bis, empruntés à un répertoire jazzy et la salle lui a fait un triomphe.
 
Après l'entracte, le piano avait disparu, l'orchestre avait repris tout le pouvoir pour des danses symphoniques de fin d'époque, composées par Rachmaninoff à l'orée de sa mort dans son exil américain. En pleine guerre mondiale. Amples, colorées, désespérées, elles étaient juste éclatantes.

La musique a parfois des relents de tragédie grecque.

Commentaires

oui, c'est étonnant, notre monde qui se transforme, à grande vitesse et parfois dans la violence..sur la mort du tyran, un procès aurait eu le mérite de clarifier certaines compromissions..peut-etre..peut-etre pas...la suite m'inquiète autant que le passé: aura-t-on du mieux, il faut l'espérer..mais faute de "mieux", à quoi s'attendre? sinon à ce que notre "nain" libérateur et quelques autres Etats de l'OTAN viennent récupérer les contrats juteux..mais en temps de crise économique, rien de mieux que la guerre pour relancer la machine économique..
Heureusement que le piano, la musique est là....même avec des relents de tragédie grecque...
Et Lulu, c'était comment?

Écrit par : arthur | 22 octobre 2011

J'ai vu hier soir un reportage sur le défilé de la chambre froide. Que penser ? Que dire à ces gens qui viennent de soulever la chape de plomb ? Je suis toujours étonné de ce que je peux lire, comme si notre démocratie n'était pas née et n'avait pas grandie elle aussi avec sa part d'horreurs.
On pourrait ainsi se souvenir, par exemple, du 17 octobre 1961 et donner des leçons aux Lybiens ?
Qu'avons-nous à dire, nous, avec notre histoire parsemée de révolutions, massacres, combats, guerres civiles, colonisations sanglants et de murs de fédérés ?
Certes nous avons atteint l'humanité consumériste, le fin du fin du niveau de civilisation. Qu'ils se réconcilient au plus vite, que les archives gênantes soient enfouies au plus tôt, que les affaires reprennent !
Je finis par douter. Est-ce qu'on peut même penser ça quand on est Français ? N'hésite pas à effacer ce message si j'ai écrit de grosses bêtises.

Écrit par : estèf | 23 octobre 2011

-> arthur -> Lulu ? Grandiose, oeuvre sublime, excellente mise en scène. J'y ai pris tant de plaisir que j'y retournes vendredi...
-> estéf -> Tu parles de salades ! Pas question d'effacer ça, c'est excellent. Il y a beaucoup à relativiser au regard de notre propre histoire. Sinon, c'est trop facile !

Écrit par : Oh!91 | 25 octobre 2011

t'as pas une place pour moi vendredi?..je serais à PAris...

Écrit par : arthur | 25 octobre 2011

-> arthur -> Une place pour toi... hélas non ! Mais si tu as le temps de t'offrir une petite queue dans l'après-midi, tu devrais pouvoir te récupérer une "place debout" à 5 ou 10 €, et trouver facilement une bonne place assise à l'heure de la représentation. Car malheureusement, cette Lulu qui le mériterait pourtant ne fait pas salle comble...

Écrit par : Oh!91 | 27 octobre 2011

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