Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10 octobre 2011

quand je prends la queue en main

théâtre,lulu,théâtre de la ville,kurt weil,bertolt brecht,robert wilson,berliner ensemble,fiso

C'est au petit matin que j'aime le mieux les queues. Je m'étais bien habitué, depuis deux ans, à mes aurores de la Bastille. Ma queue préférée. Nous commencions doucement, elle et moi, puis elle gonflait au fil du temps, réservant à chaque étape de nouveaux jeux. Parfois, elle battait froid, d'autres fois elle restait riquiqui jusqu'à la fin de la nuit. D'autres encore, elle atteignait des sommets dès la veille au soir. Mais, changement des règles... Les ruptures font parti de la vie, j'ai été triste de l'abandonner. Aujourd'hui, mes rendez-vous de Bastille me coûtent beaucoup plus cher, et il m'arrive de m'y ennuyer.


Alors je vais parfois draguer ailleurs. Je passe beaucoup par Internet. D'ailleurs, avec un peu d'organisation, et en sachant bien ce qu'on cherche, on y trouve encore des plans à 10 euros.

Mais bon, l'appel de l'aventure, l'adrénaline, le manque... tu connais. J'ai replongé et suis allé traîner à l'aube, vendredi, du côté du Châtelet. Au début, j'étais presque seul. Un autre gars, arrivé le premier, cinquantenaire mais apparemment inexpérimenté, semblait partagé entre réserve et excitation. Les queues, il n'en avait apparemment pas connues beaucoup. Il était du genre à attendre de voir ce qui se passe. A tromper sa gêne dans d'inutiles bavardages. Une troisième personne est arrivée, il était déjà 7h30, puis une quatrième, allemande, avec qui nous avons échangé quelques banalités sur Berlin et l'immobilier. Le cinquième gars qui arrivait était exactement mon type : jeune, œil rieur, décontracté, cheveux longs ondulés, tabac à rouler, un léger accent du sud...

J'ai désormais suffisamment d'expérience dans ce domaine pour savoir que les queues, il faut les prendre en main avant qu'il n'y ait foule, sinon elles partent en quenouille.

J'ai donc sollicité mes compagnons d'errance, ai récupéré des feuilles de papier, que j'ai soigneusement pliées et déchirées en petits coupons, et un stylo pour y inscrire "Lulu", suivi d'un numéro. De 1 à 32.

théâtre,lulu,théâtre de la ville,kurt weil,bertolt brecht,robert wilson,berliner ensemble,fisoCar nous ne fûmes, finalement, pas si nombreux. La guichetière du Théâtre de la Ville s'était évertuée ces derniers jours à décourager par téléphone tous les amateurs de ce spectacle attendu dirigé par Robert Wilson, qui fera venir à Paris la compagnie mythique du Berliner Ensemble, fondée par Bertolt Brecht. Même les abonnés n'avaient pas tous pu avoir de billet, c'est vous dire, ce serait la cohue, il faudrait venir avant six heures du matin, n'y comptez même pas mon brave monsieur... Apparemment, son sketch, répété à l'envie si j'en crois chacun des passionnés rencontrés ce matin-là, avait réussi, car il n'y eut ni foule ni émeute.

Dotée de ses numéros d'ordre, la queue est devenue une petite masse vivante et conviviale, d'où chacun pouvait s'échapper quelques instants pour un café ou une course. L'ambiance de Bastille avait rené. Mon cinquième gars du petit matin s'est avéré être décorateur aux ateliers de l'Opéra national de Paris. Il parlait des processus de fabrication et c'était passionnant. Ayant pu voir en avant première certains des spectacles actuellement à l'affiche, Tännhauser et Faust, il m'en a donné grande envie.
Et j'ai obtenu les deux places auxquelles j'avais droit.

(Pour ceux qui veulent s'y essayer, il y a mise en vente de l'ultime contingent de places vendredi prochain, le 14, et là, il est probable qu'il faudra encore se lever tôt et prendre son mal en patience. Prépare tes coupons !).

Quelques minutes plus tard, j'allais nager à Roger Le Gall - oh, juste quelques longueurs en dos pour me remettre en forme, et dans le vestiaire je pris une autre queue en main. Les yeux dans les yeux, celle-ci. Et je pris une main par la queue. Lui arrivait pour commencer sa séance, j'avais moi un rendez-vous professionnel à honorer, un sourire et un clin d’œil suffirent à nous dire au-revoir...

Poursuivi par les queues, décidément, un gros bouquin dédié surgissait dans la même soirée, au titre sans équivoque - "Big bites 3D" -  sous la forme d'un cadeau de ses amis espiègles à ma copine Fiso, qui fêtait ses vingt ou trente balais j'ai oublié, dans un café de la rue Richelieu. Des beaux spécimens, assurément, qui n'attendaient que des mains pour... Sauf que le copain espiègle en question racontait à l’intéressée que, question astiquage, il s'en était occupé avant de venir, on attendait donc de comprendre de quoi il en retournerait.

Tiens, pour les amateurs de Brecht et de Kurt Weil, je suis donc allé voir L'Opéra de Quat'sous à théâtre,lulu,théâtre de la ville,kurt weil,bertolt brecht,robert wilson,berliner ensemble,fisoSartrouville samedi. Ça valait largement le déplacement, belle mise en scène, étonnante symbiose entre les acteurs-chanteurs et les musiciens. A "l'homme est un loup pour l'homme", Brecht ajoute : "mais il oublie souvent qu'en fin de compte, il est un homme". Et moi : "doté d'une queue, pour le meilleur et pour le pire".

Commentaires

J'adore ce genre de billet...ca me plait beaucoup...
Je crois que je devrais te demander de prendre la queue pour moi de temps en temps, vu que je suis un peu loin...j étais à PAris hier , suis passé devant BAstille et belle affiche de lulu..je ne savais pas qu'il y avait aussi au Chatelet...c'est pour quelles dates? je serais de nouveau à PAris fin octobre, debut novembre..j'essaerais peut-etre alors?

J'irais aussi à Roger le GAll qui a l'air interessant aussi pour faire la queue...

et je rève de voir les coulisses de l'opéra....

Écrit par : arthur | 10 octobre 2011

C'est de mieux en mieux les titres : -) et te revoila dans les queues ca me manquait faut le dire et l'avouer, je pense au bouquin et je me dis quand même faut oser, surtout avec les lunettes pour la 3D j'ignorais même que celui puisse exister.

Écrit par : Bougrenette | 10 octobre 2011

Ah ces histoires de queues... Hier soir j'ai accompagné brièvement un bon ami au théâtre. Je découvrais sa face visible. On s'est fait un tout petit bout de queue ensemble. Original...

Écrit par : estèf | 11 octobre 2011

-> arthur -> C'est du 4 au 13 novembre au Châtelet : mais attention, Bastille présente l'Opéra d'Alban Berg, alors que là, il s'agira de la pièce d'origine de Frank Wedekind. A tes dates, tu pourras tester l'une et l'autre, entre deux matinées à Roger LeGall...
-> Bougrenette -> J'ai hâte de les enfiler, les lunettes en question, histoire de voir ce que ça donne ;
-> estéf -> Un ami avec qui tu te fais des bouts de queue ?... Comme c'est original, en effet...

Écrit par : Oh!91 | 13 octobre 2011

J'ai essayé hier soir ... bah heu comment dire, enfin tu verras : -)

Écrit par : Bougrenette | 14 octobre 2011

il veut pas prendre mon commentaire ce soir ton blog ...
bon je disais donc j'ai essayé hier soir et comment dire ... enfin tu verras par toi même : -)

Écrit par : Bougrenette | 14 octobre 2011

il faut aller le matin à Roger leGAll pour faire la queue? je ne pense pas que je pourrais voir les deux lulus...je serais je pense déjà reparti...mais tu nous feras un beau compte-rendu, j'en suis sûr...!

Écrit par : arthur | 15 octobre 2011

-> Bougrenette -> C'est à cause des lunettes, le dédoublement de tes commentaires ?
-> arthur -> J'espsère que je serai inspiré...

Écrit par : Oh!91 | 16 octobre 2011

surement un léger traumatisme ... ; -)

Écrit par : Bougrenette | 17 octobre 2011

Les commentaires sont fermés.