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22 septembre 2011

la mort d'Obama

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Barack Obama est mort cette nuit. Une injection létale. Tout est allé très vite. Sa culpabilité n'était pas certaine, mais un véto contre une création d'État, après soixante ans de gestation, semblait la preuve suffisante d'un homicide. Ah!, et puis il était noir.

On ne sait trop s'il a souffert ou non, le sourire est trompeur. Mais comme meurent les rêves il y eut quelques spasmes. On en attend d'autres, du reste, du côté de Ramallah ou de Tulkarem. Et dans les faubourgs du Bronx.

Le rapport médical a confirmé le décès. A l'autopsie, sous une peau démocrate décrépie, il est apparu que ses organes, bien tous américains, restaient en bon état : même que le sang y était blanc.

Son corps a été rendu à la famille, qui doit décider d'éventuels dons d'organes. Il n'y aura pas d'obsèques. Pas de fleur ni de couronne. Juste trois illusions fanées au dessous d'un crucifix. Et l'ombre de Troy Davis.

Dimanche, à la fête de l'Huma, Joan Baez chantait pour Sacco et Vanzetti, Yannick Noah pour Angela Davis. L'autre Amérique existe-t-elle toujours ?

Commentaires

C'est vrai, cette histoire est troublante: avec les éléments de doute, creuser un peu plus dans le procès ne serait pas un mal, alors pourquoi les USA insistent-elles contre l'avis de tous...?

Nota: je ne crois pas qu'on puisse recevoir des organes d'un mort d' injection létale, mais je me trompe pitêtre?

Écrit par : Homer | 22 septembre 2011

Le président des USA, à l’instar de la plupart des chefs d’État, a le droit de grâce pour les crimes fédéraux. Cette affaire n'étant pas fédérale, Obama n'est pas mort cette nuit...

Écrit par : RPH | 22 septembre 2011

Un jour que ma mère écoutait ce disque à la maison, je l'ai vu verser quelques larmes, elle m' expliqué l'histoire de Sacco et Vanzetti, j'étais petite fille mais ça m'a marqué à vie. Je me revois en train de la consoler.
Ce soir j'ai parlé avec mon grand de Troy Davis, et à mon tour je lui ai raconté l'histoire que ma mère m'avait raconté, j'ai à nouveau versé quelques larmes parce que j'ai toujours mal au monde quand il est comme ça.
Et là mon grand m'a dit :" Tu vois, il y a presque un siècle et finalement le monde est loin de changer ..."

Écrit par : feekabossee | 22 septembre 2011

La mort du tueur d'un policier "blanc" frappant cette phrase qui a été répétée toute la journée.

Écrit par : Bougrenette | 22 septembre 2011

Je ne connais rien de son cas, juste les quelques commentaires sur France Inter à l'approche de la date fatale. Mais quand je me suis réveillée mercredi matin, j'étais affligée. Comment maintenir la condamnation d'un homme quand sa culpabilité n'est pas prouvée ? Au nom de quoi supprimer la vie d'un homme si le mot justice ne peut être invoqué ? Je suis triste.

Écrit par : Gicerilla | 23 septembre 2011

-> Homer -> Cette histoire devrait plaider pour l'abandon universel, ultime et définitif d'une peine aussi lourde que la condamnation à mort, au caractère irréparable ! Mais au manque de courage des principaux dirigeants américains, il semble que l'on en est loin... Pour les dons d'organe, tu dois avoir raison, c'était une clause de style. D'autant qu'à ma connaissance, le vrai Barack Obama, pas celui de mes rêves, n'est pas encore mort !
-> RPH -> ... et Jospin ne pouvait pas sauver Villevorde, et personne ne peut rien sur rien... Richard Dieter, directeur du Death Penalty Information Center, a indiqué que le président aurait pu empêcher l'exécution s'il avait demandé la tenue d'une enquête sur un aspect fédéral du dossier - tout en estimant que cette hypothèse aurait été peu probable. On peut aussi imaginer, avec une vraie volonté, qu'il aurait pu publier in extremis un décret fédéral suspendant toute exécution capitale jusqu'à nouvel ordre, au moins pour gagner du temps, et quitte à être contesté sur un plan juridique ou constitutionnel... j'aurais aimé qu'il entreprenne un truc, n'importe quoi, mais qu'il manifeste du respect et du courage sur un cas exemplaire ! Il a probablement préféré assuré les prochaines élections. la démocratie produit parfois de ces contre-sens !
-> feekabossee -> j'aime cette pédagogie tendre que tu accomplies avec tes enfants, j'aime leurs yeux ouverts sur des valeurs, les ferments de révolte qu'il y a dans tes larmes. Hélas, oui, le monde change si peu...
-> Bougrenette -> des morts sont plus entêtantes que d'autres...
-> Gicerilla -> A vrai dire, j'étais affligé aussi. Je croyais à un sursaut, ça me paraissait évident. Je pensais que quelqu'un se serait levé pour empêcher ça, pour gagner du temps, encore du temps, une heure, un jour, un mois... Je pensais que l'Amérique s'épargnerait ce nouveau blasphème... Et puis la déception, la tristesse...

Écrit par : Oh!91 | 23 septembre 2011

Mon enfance fût "aussi" de suivre l'exécution du couple Rosenberg.
Couleurs de peaux, couleurs d'idées...
RIEN ne change.

Écrit par : mume | 23 septembre 2011

He's to you. J'étais tout gamin quand cette chanson est entrée en moi. Je ne sais pas pas comment et je l'ai longtemps fredonnée sans comprendre, avant que ma conscience ne s'éveille.
On n'en finira pas de s'empêcher de dormir, quelque part rien ne change en effet. Espérons que ton Obama ne sera pas mort pour rien lui.

Écrit par : estèf | 24 septembre 2011

raccourci saisissant avec le passage à Paris de Madame Joan Baez que j'ai eu l'occasion d'applaudir.... mais je rejoins divers commentaires, Barck Obama n'y est pour rien lui...la "justice" américaine est ainsi faite...

Écrit par : Francis | 26 septembre 2011

exécuter un innocent ou un coupable pour assouvir sa vengeance, c'est la loi du talion, mais aussi c'est la justice américaine.
désespérant !

Écrit par : christian | 27 septembre 2011

-> mume ->Ben si, un peu quand même : toute l'Europe est convertie depuis au bannissement de la peine de mort : dans ce domaine au moins, l'histoire semble avoir une direction - rudement tortueuse, c ertes !
-> estéf -> quelque part, rien ne change. Oui, quelque part... surtout du côté des 400 enfants noirs...
-> Francis -> Je prétends, moi, qu'il y pouvait quelque chose, et que le droit américain l'a bien arrangé, dans ce domaine, un beau refuge en vérité, pour ne pas avoir à se prononcer et se mettre une partie de l'Amérique à dos, à un an de sa ré-élection ;
-> christian -> la justice américaine, on ne l'a jamais aussi bien comprise que depuis l'affaire DSK : elle a ses bons côtés, mais il en reste de détestables ! Et la nôtre ?

Écrit par : Oh!91 | 29 septembre 2011

Les commentaires sont fermés.