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31 août 2011

quand Bruno Julliard comes in

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Voilà une histoire qui me rappelle quelque chose, et me renvoie encore quinze ans en arrière. Bruno Julliard a choisi la fin de l'été pour faire publiquement et sobrement, à travers une interview dans Têtu, son coming out. On pourrait lui reprocher de ne pas l'avoir fait quand il était en charge de l'Unef, banalisant la chose d'un authentique mandat public. Responsable des questions d'éducation au PS, c'est moins sexy que Président du premier syndicat étudiant. Mais où en était-il, alors, avec lui-même, au temps de ses combats contre le CPE et de sa nouvelle gloire ? 30 ans, c'est le bon âge pour s'assumer, s'autoriser l'adolescence de l'intime et s'affranchir des contraintes de l'extime... bravo Bruno, et bienvenue au club !

L'homosexualité n'en finit pas de faire des siennes dans le monde de l'éducation. Au moment où les nouveaux manuels scolaires de SVT s'autorisent enfin, pour les classes de 1ère, une approche ouverte de l'identité sexuelle, y intégrant les dimensions sociales et culturelles de la construction de la personne humaine, et même la notion d'orientation sexuelle - en stricte application des programmes scolaires - des parlementaires rétrogrades, évidemment de droite, s'en émeuvent et invitent les pouvoirs publics à un autodafé pédagogique ! A gerber, vraiment, surtout quand on sait le poids de la chose écrite, et de la parole institutionnelle, à l'âge où l'on se découvre homosexuel.

Le sinistre Vanneste, mais aussi Eric Raoult, Bernard debré (mon Dieu !), 80 authentiques criminels qui portent dans le rouge de leurs mains la pathétique destinée de tous les jeunes qui se suicident (treize fois plus que les jeunes hétérosexuels, estime-t-on) en raison précisément de l'encombrante découverte de leur orientation sexuelle...

25 août 2011

les trois sœurs

les trois soeurs.jpg

Juste en passant...

une petite ressucée de vacances, tu l'auras deviné, avant la vraie rentrée, comme à chaque fois. D'où le nouveau silence...

mes trois nièces qui s'invitent à la fête, d'où la fatigue. Et la fraîcheur. Et le titre dérobé de cette note, il paraît que je suis coutumier du fait...

mon jumeau qui, quinze ans après, découvre Budapest sur mes pas, s'y plaît, s'y reconnaît, et se révèle d'un mail. D'où le sourire...

mon sourire clair, justement, passé à portée de main mais que je n'ai su attraper, même pas au vol. D'où... un truc un peu bizarre au milieu du dos.

un vieux pédé qui m'offre du gel douche, à l'instant, espérant juste, sans doute, que je lui découvre mon sexe gonflé sous les douches crasseuses de la petite piscine de campagne. D'où l'amusement...

ah! et puis, la fée, en virée à Paris, entre enchantement et désenchantement. Une, parmi trois écorchées, à leur façon. D'où son billet - trimestriel. Et une voiture cassée. Rien, quoi, comparé à ce à quoi ses mioches la raccrochent. Un truc qui pourrait s'appeler la vie continue.

la vie, tu sais ? Ce truc poisseux et informe, qui s'accroche aux basques même quand tu sais pas où tu vas...
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(Illustration volée sans autorisation chez Mariette)

10:20 Publié dans divers | Lien permanent | Commentaires (4)

14 août 2011

tout est affaire de sourire

Vinci au Louvre.jpg

Ma copine Fiso, qui n'a pas froid aux yeux, se propose de faire découvrir Paris à des étrangers de passage. Mais attention : un Paris loin des sentiers battus. Histoire d'échapper, une journée durant, au papier glacé - et à laccueil glacial - qu'on leur sert plus souvent qu'à leur tour. Car le Parisien est comme ça : chantant par la gouaille, charmant par l'impertinence, mais inbitable d'impatience et d'arrogance. Et le professionnel de l'étape n'échape pas à la règle, bien au contraire. Alors nul doute que le sourire de Fiso, et sa curiosité contagieuse, leur seront une parenthèse mémorable... Je vois d'ici les albums photos : la Tour-Eiffel, les Champs-Elysées, et des yeux rieurs égarés au milieu comme entrés au patrimoine de l'Unesco.

Moi, en parisien-banlieusard de longue date, je me suis récemment offert tout le contraire - peut-être pour me donner l'impression de prolonger mes vacances, ou pour déguster la chaste mais intense lune de miel dont me gratifie ces jours-ci mon ami d'amour : je suis allé sur les sentiers rebattus de Paris-plage et... du musée du Louvre !

Le Louvre, c'est libre et gratuit le premier dimanche de chaque mois, mais pour autant, en ce début d'août, l'entrée par le Carrousel s'est faite assez rapidement. Une queue impressionnante à la porte, mais avalée en un rien de temps par les salles gigantesques de cet ogre de musée. C'était donc il y a tout juste une semaine (le temps que je mets pour écrire un billet, moi !...)

Je passe sur la Joconde, qui n'a plus rien d'une œuvre d'art mais se résume en un phénomène. Je ne sais pas si c'est l'effet d'un marketing organisé, ou d'un buzz hors de tout contrôle, mais cette pauvre Mona-Lisa, qui n'avait rien demandé à personne, méritait sans doute mieux. C'est la belle Ferronnière, ou le beau Jean-Baptiste, aux sourires non moins énigmatiques, aux allures non moins androgynes, aux clairs-obscurs non moins fondus, qui doivent bien rigoler, tranquilles dans la grande galerie, sans carcan ni verre fumé, offrant des connivences intimes à qui veut. Aussi bien, la malédiction aurait-elle pu leur tomber dessus, avec son avalanche de flashs crépitants, ses bousculades barbares et ses sourires idiots. Pauvre Joconde !

C'est le passage dans la salle des grandes peintures françaises qui m'a le plus saisi. Trompé par de vagues souvenirs d'enfant, je n'imaginais pas qu'autant de grands chez-d’œuvre puissent être ainsi rassemblés en un même lieu, offerts au mouvement d'un seul regard. Tu es assommé !

Le Radeau de la méduse, dont j'avais oublié qu'il fut une si grande toile, à côté de la Liberté guidant le meduse.jpgpeuple, jouxtant le Sacre de Napoléon, les fameuses Sabines, avec leurs paires de fesses à croquer, Œdipe s'adressant au Sphynx... toutes ces toiles qui mériteraient à elles seules un musée tout entier, rassemblées là dans une profusion excessive, te rappellent que le Louvre est à part.

La prochaine fois, ma visite sera pour les Flamands.

En passant sous la pyramide pour t'orienter vers une des ailes du Palais, tu ne peux pas rater une grande publicité, avec vue d'artiste, vantant l'installation d'un Louvre à... Abou Dhabi. C'est pour 2013, je crois. Et là tu te dis que c'était peut-être la dernière fois. Que ces collections ne seront peut-être plus jamais rassemblées en un lieu d'exception. Tu te dis que cette commercialisation du Louvre comme une vulgaire franchise va forcément conduire à une dilapidation sourde et besogneuse. Désormais, ce sera Géricault au Louvre, et Delacroix au Emirats, à moins que ce ne soit le contraire. David et Ingres ne sont pas menacés, trop de paires de fesses nues. Mais qui sait, dans des salles VIP Premium Exclusive...

J'ai un bon ami, Jean-Pierre, de l'époque où j'étudiais l'arabe à Damas, qui enseigne désormais l'art et l'archéologie à La Sorbonne, et qui participe depuis deux ans à l'aventure de "la Sorbonne à Abou Dhabi" - autre licence fraîchement, et chèrement, vendue. C'était une philosophie, une conception de l'enseignement supérieur, de la recherche, tout un rapport à la connaissance qui devait s'expérimenter en terre inconnue sous la divine protection de la sainte appellation Sorbonne. Aujourd'hui, il déchante, devant ce que lui imposent l'argent et le népotisme ambiant.

Comment pourrait-il arriver autre chose au plus prestigieux musée du monde ? Ce n'est certes pas demain matin qu'on lira "vendu" sur la porte du Louvre (ça commencera par un "Prêté pour quinze ans" devant la salle de la Joconde), mais comment l'appel de Mona-Lisa résisterait-il à l'appel de l'argent ?

De toute façon, et heureusement, il restera pour longtemps encore le sourire de Fiso pour conserver son attrait à Paris.

11 août 2011

traffic

banc de poissons.jpg

Le retour dans le grand bassin parisien est radical pour se décoller la ligne bleue du front. Roger Le Gall, jeudi dernier en fin d'après-midi, ça m'a fait un effet bœuf ! Malgré trois semaines de stage intensif de natation à Budapest, il m'a fallu réapprendre à nager en mode sardine : en évitant les coups ou en les encaissant. Dans cet art de l'esquive, l'attention de l'esprit et la tension des muscles n'est pas la même qu'avec l'osmose insouciante et solitaire dans une eau dédiée.

La tension se ressent aussi dans les maillots de bain, à l'heure des douches. Mais c'est une autre histoire. Là, c'est comme au foot, ce sont les hors-jeux qui agacent...

Nager en eaux si encombrées m'a d'emblée fait revenir de toutes petites douleurs multi-locales : au coude gauche, derrière l'omoplate droite, au genoux gauche. C'est bien-sûr celle du bas du dos qui me ramènera bientôt chez le chiropracteur

le sommeil d'Endymion.jpgLa salle de la Joconde, au Louvre, pour le premier dimanche du mois, était un aquarium où les touristes aussi se pressaient par bancs. A l'occasion, il faudra quand même que je t'en parle, du Louvre, parce que j'y ai été saisi par la splendeur des collections, mes souvenirs d'enfants me les avaient un peu vite banalisées.

Sinon ? Et bien j'aborde depuis huit jours mes chantiers avec une sage distance. Cette sérénité me vaut des gratifications gastronomiques (cherche pas à comprendre, c'est codé !).

Et j'écris sur ce blog sans n'avoir rien à y dire, comme on lance un pavé creux dans la mare. De toute façon, la blogo est fermée pour congés annuels, alors !

Tiens, je vais en profiter pour regrouper mes chroniques de l'été dans une nouvelle "catégorie". Son nom devra parler d'eau et de rêve, évidemment, exprimer un déséquilibre inconfortable, une nostalgie puérile et irritante. Pourquoi pas "Budapest 2011, de vaine houle". Ou "Budapest 2011, la vie rêvée des eaux".

As-tu d'autres idées ?

04 août 2011

les ailes bohêmes

opéra d'oslo,national radio orchestra of bratislava,musique,bains thermaux

Budapest, la page 2011 est tournée.

je me souviendrai de Bougre et de sa famille, pour qui se transformer en guide touristique est un privilège,

de l'interdiction du naturisme proclamée par une météo folle,

de la proscription de toute visibilité homosexuelle dans les bains thermaux, revendiquée par les nouveaux règlements,

des névroses higiénistes de la soeur d'Igor,

mais du rire qu'elle en conçoit,

de mes névroses à moi que j'ai tues, sauf sur ces pages,

de l'entrain jovial et étonné de Bernard, au premier jour de son séjour et au premier de ses bains, pour qui je fus, à en croire l'oeil pétillant dont il me gratifia, une belle surprise - et lui le plus abouti de mes pis-aller. J'aurais pu engager plus de projets, pour orienter et accompagner sa semaine hongroise, mais je ne m'en sentais pas l'âme,

du sourire virtuose d'un violoniste aux ailes d'ange, Tomas, l'irradiant jeune homme des bains Király, le seul qui soit redescendu à moitié habillé de sa cabine pour me retrouver dans l'obscurité d'une douche et me remettre un papier comportant son nom et son adresse mail, avant de retourner au bras de sa jeune dulcinée, tchèque comme lui, attraper le train qui les ramènerait à Prague. Tomas m'a parlé du plaisir qu'il avait eu à se retrouver dans des bains qui n'existaient pas chez lui, les Turcs n'y étant hélas jamais arrivés, de son contrat qui prendrait fin avec le mois d'août au sein de l'Orchestre de la Radio nationale de Bratislava, du capitalisme industriel du XIXème siècle dans la condition duquel était à nouveau jetée la jeunesse-kleenex d'aujourd'hui, en dépit des talents, des auditions qu'il passerait prochainement à Oslo, avec l'espoir d'y intégrer l'Orchestre de l'opéra ou, pour retrouver "de l'estime de (lui)", celui au moins d'accéder à la phase finale de la compétition.

Je lui ai parlé d'Oslo, où j'avais voyagé quelques mois auparavant juste pour assister - justement dans cet opéra à l'accoustique subtile et à l'esthétique magistralement déstructurée - à la Lulu d'Alban Berg. De Schoenberg, Webern et Berg, il concéda de ce dernier qu'il fut le plus "compréhensible", et de son concerto pour violon, dit à la mémoire d'un ange, auquel il ne s'était jamais attaqué, des plus inspirés.

En me remettant son papier et dans un sourire de braise, il me précisa juste qu'il était peu fréquent de se découvrir des soutiens dans le métier qui était le sien, et qu'il me promettait, en cas de réussite, de me convier à ses programmes musicaux. L'ange partit par les airs, une heure après m'avoir trouvé auprès d'une fontaine d'eau chaude dans un échange de politesses.

Comme quoi, un semblant de culture n'est jamais vain. Associé à un brin de courtoisie, comme de l'union de l'eau et des rêves, il peut en éclore un instant magique. C'est à dire une rencontre.

Pour finir sur une touche sucrée et titiller les infatigables papilles de Bougrenette, je me souviendrai aussi du strüdel tiède aux griottes, et de sa boule de glace aux pavots de chez Menza. Une tuerie, comme elle dit.

02 août 2011

la proie, ce prédateur en puissance

naked man.jpg

Je suis retourné aux bains Király. Par acquis de conscience. Et aussi parce que l'ami de Renauld, rencontré à Rudas vendredi, m'avait assuré que bien que mixtes désormais, il arrivait, sous l’œil connivent d'un surveillant complaisant, une fois partie la dernière greluche et malgré le port obligatoire du maillot, qu'il s'y passât des choses... intéressantes. Lui-même d'ailleurs, pas plus tard que le mardi précédent...

Donc, un détour de curiosité s'imposait.

Bien mal m'en prit. Peu de monde, par rapport aux affluences orgiaques que j'y connus. Peu de femmes d'ailleurs. Sept, en vérité, samedi en fin d'après-midi. Deux Hongroises cinquantenaires, qui papotèrent ignorantes du reste du monde, comme elles l'eurent fait un jour réservé aux femmes. Et cinq moitiés de couples, toutes trentenaires, qui ne décollèrent pas de leur homme - hors-mis dans les pièces les plus chaudes ou les bains les plus froids, la témérité étant une vertu qui se suffit à elle-même -, se livrant sur eux à quelque massage du cuir chevelu ou des trapèzes. La plupart, des touristes en proie à l'ennui, dont tu pouvais prévoir le diagnostic mitigé : endroit étonnant, dommage que ce soit si sale...

Bref, pas de quoi me rasséréner d'une visite au Palatinus où dans la journée, sous des rafales de vent violentes et glaciales, hors mis deux kilomètres de crawl et autres nages, je n'eus rien de mieux à me mettre sous la dent qu'un retraité californien qui prolongea charnellement les anecdotes dont fourmille le City Boy, d'Edmund White, que je suis en train de lire. Un peu de chaleur pour un mauvais coup, je n'y perdais pas au change, pardi ! J'ai juste évité de m'interroger sur la responsabilité de sa pension vis à vis de la crise grecque et des instabilités monétaires de la zone euro. Après tout, il n'avait pas son fonds spéculatif en bandoulière.

Depuis la semaine dernière, j'expérimente quelque chose. Je me laisse pousser le bouc. Juste autour de la bouche. Je teste, on verra bien. Je sens que j'arrive au bout d'un glissement et qu'il me faut agir. Entre trahir mon âge d'un poil grisonnant et arnacher mon visage du trait de caractère qui lui manque, je cherche à me redonner un semblant de charme. Je tente. Comme dans un protocole médical. Je prendrai une décision esthétique à la fin du mois.

Tous ces bains, le Gellért, le Rudas, surtout le Király, ont connu avec moi un âge d'or. Ou plutôt, j'y ai eu mes heures de gloire. J'avais trente et un ans. Je pénétrais dans un établissement et les regards convergeaient. Je sentais la convoitise. Je n'en ressortais jamais bredouille. Parfois, je me croyais déjà király,király gőzfürdő,thermes,gay,les crocodiles du király,hongrie,tourisme gayvieux, étant passé à côté de mes vingt ans. Mais m'initiant à un tout nouveau style de vie, mon charme était à son zénith. Il y avait alors dans les bains ces hommes âgés, ventripotents, que l'on appelait les crocodiles et que je ne voyais pas, sachant d'instinct clouer mon regard sur une pêche prometteuse, qui ne m'échapperait pas, et me fermer au reste. Seul leur visage dépassait de l'eau, au niveau du nez et des yeux, ils circulaient lentement, silencieusement, en cercles qui se resserraient autour de toi, les mains trainantes sous l'eau, espérant effleurer - ou empoigner pour les plus audacieux - la partie de toi qui les ferait vibrer. Une fois attrapé ainsi un bout de fantasme, ils se retiraient dans le bain d'à-côté, petit et chaud et se paluchaient entre eux, sans te perdre du regard, pour finir rassasiés. Les jeunes, sans considération pour une condition qui pourtant nous menaçait tous, glosaient sur ces prédateurs inoffensifs.

J'y suçai ou caressai des queues par dizaines, auxquelles je ne sais plus donner de prénom. J'y éperonnai des morceaux magistraux, de toutes nationalités. J'ai été ainsi troublé, samedi, de retrouver sur le banc supérieur de la salle des vapeurs un de ces jeunes couples en maillot de bain, là-même où je fis ma première pipe à Péter, il y a quinze ans, inaugurant ma première vraie liaison homosexuelle.

J'ai plaint ces jeunes couples, livrés à l'ennui, d'être si peu à leur place, d'ignorer tout de leur usurpation, d'être incapables de se fondre dans les scènes dont ils occupaient pourtant la scène, d'en concevoir même de la répugnance.

La page Király semble bien tournée... Le Rudas, tout en regards tamisés, lui a pris la place, c'est évident. Mais je ne suis plus le même.

Désormais, les garçons qui me plaisent m'esquivent sans même me toiser. J'essuie dans l'eau des revers à répétition. En quinze ans à peine, j'ai basculé, changé de rayon. Ventripotence et mains-qui-traînent en moins. A quel moment s'est opéré le glissement ? L'été 2007 fut tendre et truculent. J'y cueillis l'impossible amitié amoureuse. 2009 avait pu encore être un été de jubilation tranquille. Même l'hiver 2010... Quand ai-je franchi la ligne ? Ai-je basculé, ou en en ai-je simplement pris conscience ? Ai-je perdu ma grâce, ou plutôt ma confiance ? La fin du Király, le seul bain où les jeux étaient ouverts, pèse-t-elle sur ma perception ?
Il y a bien-sûr eu Renauld, du bout des doigts, Bernard, l'ingénieur du bâtiment, gouailleur, rieur et rondouillard, à l'audace bien française, un Magyar solide, qui hier m'a pris avec violence tandis que je philosophais seul sous la douche du Rudas sur ma vigueur disparue, Steve, ce vieux beau californien, rapiécé aux tatouages et aux piercings de couturière... des pis-aller.

Budapest ne m'est pas qu'un marigot, ça m'est surtout une paisible retraite, et j'ai su en profiter. Demain, c'est le retour.
Mais mes prochaines chroniques s'intituleront peut-être "mémoires d'un crocodile".